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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 10:15

Une évocation de l'existence tourmentée du peintre Vincent Van Gogh, et le récit de son amitié ambiguë avec Paul Gauguin.

En 1878, le jeune Vincent Van Gogh, fils de pasteur calviniste hollandais, débarque en Belgique où il est chargé d'une mission évangéliste chez les mineurs du Borinage. Bien qu'il apporte aide spirituelle et instruction religieuse à ces derniers, ses supérieurs s'inquiètent de son ardeur et de son dévouement jugés trop intenses. Dégoûté, Van Gogh abandonne alors son sacerdoce et regagne La Haye sur les conseils de son frère Théo, dont il est très proche. C'est là que le jeune homme passionné se lance avec tout autant de passion dans la peinture, et fait la connaissance de Paul Gauguin, qui ne tarde pas à devenir son ami, malgré le fait que les deux hommes ne partagent pas toujours les mêmes idées. Bientôt, Van Gogh s'installe en Provence, où Gauguin le rejoint...

Avis:

Pour avoir lu, il y a de cela quelques années déjà (!), un résumé de la vie du peintre Vincent Van Gogh sous la forme d'une bande dessinée (bande dessinée dans laquelle je me suis d'ailleurs replongée avec un grand intérêt suite au visionnage de ce film), LA VIE PASSIONNÉE DE VINCENT VAN GOGH est un long-métrage que j'ai découvert avec une vive curiosité lors de sa récente rediffusion télévisée sur la chaîne franco-allemande Arte (chaîne d'excellence dont on ne vante pas assez les mérites, hélas). Bien que n'étant pas du tout une fan ou une experte en matière de peinture (peu importe d'ailleurs, car il n'y a pas forcément besoin d'aimer ou de s'y connaître en tableaux et autres toiles de maître pour apprécier cette évocation biographique !), je dois néanmoins dire que LUST FOR LIFE (tel est le titre de ce film dans sa version originale), réalisé par Vincente Minnelli en 1956, est un long-métrage qui m'a beaucoup plu et beaucoup touchée. Très fidèle à la vie du véritable Vincent Van Gogh, LUST FOR LIFE est tout à la fois le portrait bouleversant de l'un des plus grands artistes que le XIXe siècle ait jamais connu, et une réflexion métaphysique sur la création artistique et la valeur symbolique de la peinture. À mesure qu'il retrace respectueusement le destin tourmenté de cet artiste hors du commun, sans rien oublier des grandes étapes de son existence (sa rencontre avec Paul Gauguin, ses échecs sentimentaux, sa correspondance avec son frère Théo dont Van Gogh était - on le sait - très proche...), et sans non plus chercher à faire l'impasse sur la personnalité trouble et ô combien complexe de cet homme amoureux de la vie mais incompris par une société qui semblait ne pas être faite pour lui, ce qui provoqua chez cet écorché vif des souffrances d'une violence indescriptible; le réalisateur s'interroge en parallèle sur le sens caché de la peinture, en posant des questions fondamentales qui ne peuvent laisser le spectateur indifférent: pourquoi Van Gogh (je dis Van Gogh parce qu'ici il s'agit de Van Gogh, mais je pense que ça aurait très bien pu être un autre peintre) éprouvait-il ce besoin vital de peindre ?... Que cherchait-il à montrer à travers la peinture ?... Que voulait-il exprimer à travers la peinture ?... Quel sens avait véritablement pour lui la peinture ?... Autant de questions passionnantes qui sont soulevées au dedans de ce portrait cinématographique d'un peintre, au dedans de ce portrait cinématographique de l'art de la peinture. Tourné dans les lieux mêmes où Van Gogh est passé, LUST FOR LIFE est également une œuvre d'une grande beauté visuelle. Les couleurs, chatoyantes à souhait, constituent un régal sans pareil pour l'œil du spectateur, qui en prend plein les mirettes sans que jamais l'émerveillement ne s'estompe; et le film lui-même semble avoir été construit comme un tableau de maître. À la beauté et la qualité visuelles s'ajoutent en outre la beauté et la qualité sonores... ou plutôt, devrais-je dire, la beauté et la qualité musicales (!). LUST FOR LIFE bénéficie en effet d'une bande son de premier choix, signée du compositeur Miklos Rozsa. Pour finir, je m'arrêterai sur l'interprétation. Entouré d'un casting prestigieux, parfait jusque dans les moindres seconds rôles, Vincente Minnelli met en scène le face-à-face inoubliable de deux monstres sacrés d'Hollywood: Anthony Quinn, furieusement génial sous les traits de Gauguin (ce qui lui permit de remporter l'Oscar du meilleur second rôle, alors qu'il n'apparaît à l'écran qu'une dizaine de minutes !... D'un autre côté, vous me direz, c'est probablement à ça que l'on reconnaît les vrais acteurs, seuls capables de marquer les mémoires malgré un rôle assez court), et Kirk Douglas, impressionnant Van Gogh. Il ne joue pas Van Gogh, il est Van Gogh; réussissant à se glisser dans la peau de son personnage avec une telle puissance, une telle authenticité, une telle profondeur; qu'on en vient presque à se demander si il n'a pas été Van Gogh dans une autre vie (!). Pour sa composition extraordinaire, Kirk Douglas se verra d'ailleurs auréolé d'une nomination à l'Oscar du meilleur acteur, qui malheureusement lui échappa. Une injustice incompréhensible.



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commentaires

I
magnifique film!Je suis d'accord avec ton article (très bien au passage) lorsque tu dis que Kirk Douglas aurait mérité un Oscar car pour moi, c'est un des meilleurs rôles qu'il ait interprété. Son fils (Michael) a dit dans une interview que lorsqu'il a vu son ère ainsi à l'écran (il était tout petit) il a eu peur et il est sorti du cinéma en courant car il croyait qu'il s'était réellement coupé l'oreille!<br /> Kirk quant à lui, il a été surpris lors du tournage car les habitants du petit village qui avaient vu Van Gogh (et qui vivaient encore) ont dit qu'il était son portrait tout craché. Minnelli a bien eu raison de le choisir pour son film et pour reprendre ta phrase : Kirk "ne joue pas Van Gogh, il EST Van Gogh"!!!