Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 20:41

CARS 2

Flash McQueen, la star des circuits automobiles, et son fidèle compagnon Martin la dépanneuse reprennent la route pour de nouvelles aventures. Les voilà partis pour courir le tout premier Grand Prix Mondial, qui sacrera la voiture la plus rapide du monde ! Mais la route du championnat est pleine d'imprévus, de déviations et de surprises hilarantes, surtout lorsque Martin se retrouve malgré lui entraîné dans une histoire comme il n'en arrive qu'à lui: une affaire d'espionnage international ! Écartelé entre son désir d'assister Flash dans cette course particulièrement difficile et celui de mener à bien une mission d'espionnage top secrète, Martin se lance dans un voyage bourré d'action et une course-poursuite explosive sur les routes du Japon et de l'Europe, suivi par ses amis et regardé par le monde entier. Sur la route, Flash et Martin vont vivre mille rebondissements et rencontrer de nouveaux personnages: agents secrets, redoutables méchants et adversaires décidés sur les circuits automobiles...

 

MON AVIS (vu en 3D relief)

Autant le dire tout de suite: si il est bien la suite de CARS, sorti en 2006, CARS 2 (toujours dirigé par John Lasseter mais co-réalisé par Brad Lewis) est néanmoins très différent du premier opus. Alors que le film original avait pour personnage principal Flash McQueen, bolide arrogant et sûr de lui, obsédé par le fait de gagner les courses automobiles mais qui reverra peu à peu ses priorités au contact des habitants de Radiator Springs, bled paumé dans lequel il aura malgré lui échoué suite à un incident de la route; CARS 2, lui, met en avant Martin, la dépanneuse gaffeuse avec laquelle Flash s'était lié d'amitié dans le premier épisode. Autre différence majeure: là où CARS prêchait la lenteur et l'importance de savoir prendre son temps dans un monde où tout va toujours de plus en plus vite, CARS 2, au contraire, joue à fond la carte de la rapidité; avec une intrigue qui va à 100 à l'heure du début à la fin, entraînant les personnages - et les spectateurs ! - dans une rocambolesque histoire d'espionnage, digne des meilleurs JAMES BOND (!). Les clins d'œil affluent, de l'agent 007 à MISSION: IMPOSSIBLE, les références sont aussi nombreuses que savoureuses (à ce titre d'ailleurs, l'impressionnante scène d'ouverture en est un parfait exemple). L'intrigue, si elle est sans réelle surprise, maintient habilement le suspense et offre, une fois encore, une jolie réflexion sur l'amitié; tout en délivrant une morale écologique qui, au risque d'agacer certains, demeure cependant plus que jamais d'actualité.

La réalisation fait, quant à elle, preuve d'un rythme trépidant, enchaînant les courses-poursuites et les scènes d'action à une cadence infernale sans laisser le moindre répit aux personnages et aux spectateurs, lesquels regretteront alors peut-être le rythme beaucoup plus calme - il faut bien le dire !... - du premier opus. Côté animation, si la 3D demeure assez anecdotique dans l'ensemble, elle apporte néanmoins une belle profondeur de champ aux décors et aux dessins; ces derniers étant toujours aussi magnifiques et aussi sidérants de réalisme. L'ensemble est en outre porté par une bande originale certes un peu répétitive par moments mais toutefois agréable à l'oreille, et par un doublage français (Guillaume Canet, Cécile de France, Gilles Lellouche, Mélanie Doutey, Lambert Wilson...) de qualité. Ajoutons enfin que le court-métrage VACANCES À HAWAÏ (qui, comme le veut la tradition pixarienne, précède le film) est particulièrement savoureux dans la mesure où il nous permet de retrouver, avec un plaisir non dissimulé, une partie des différents personnages du dernier film Pixar, à savoir TOY STORY 3.

Bref, sans avoir l'ingéniosité ou la maturité d'autres films du studio à la lampe (on a connu Pixar plus inspiré...), CARS 2 reste tout de même un divertissement de haute envergure; qui devrait sans problème séduire petits (attention toutefois pour les plus jeunes, qui auront peut-être un peu plus de mal à suivre et à comprendre toute l'intrigue, laquelle se révèlera sans doute un chouilla trop complexe pour eux... drôle de paradoxe pour un film qui se destine en priorité à un jeune public !), grands et autres amoureux du volant et des belles bagnoles. Vroum !...



Partager cet article
Repost0
4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 06:48

LES CONTES DE LA NUIT

Tous les soirs, une fille, un garçon et un vieux technicien se retrouvent dans un petit cinéma qui semble abandonné, mais qui est plein de merveilles. Les trois amis inventent, se documentent, dessinent, se déguisent. Et ils jouent toutes les histoires dont ils ont envie, dans une nuit magique où tout est possible, créant ainsi six contes qui les mèneront dans des époques et lieux divers, de l'Afrique aux Antilles, en passant par le Tibet ou encore... en pays Aztèque. Au programme donc: LE LOUP-GAROU, TIJEAN ET LA BELLE-SANS-CONNAÎTRE, L'ÉLUE DE LA VILLE D'OR, LE GARÇON TAM-TAM, LE GARÇON QUI NE MENTAIT JAMAIS et LA FILLE-BICHE ET LE FILS DE L'ARCHITECTE...

MON AVIS (vu en 3D relief)

Le mois de juillet aura vu le numérique et la 3D s'installer - enfin !... - dans le vieux cinoche de mon quartier, offrant ainsi à ses (rares...) spectateurs un joli (?) cadeau pour démarrer l'été. Pour inaugurer l'arrivée de cette nouveauté, LES CONTES DE LA NUIT me paraissait être un film tout à fait approprié, d'autant plus que les critiques globalement enjouées de la presse m'ont naturellement confortée dans cette idée. Je ne me suis pas trompée, et ait eu raison de faire une nouvelle fois confiance à mon intuition, laquelle me guide souvent vers les films qui sont susceptibles de retenir mon attention. LES CONTES DE LA NUIT marque le grand retour de Michel Ocelot (papa de KIRIKOU et AZUR ET ASMAR, entre autres...) au théâtre d'ombres chinoises, plus de dix ans après son superbe PRINCES ET PRINCESSES, qui utilisait déjà ce procédé, reprenant des courts-métrages qu'Ocelot avait alors à l'origine réalisés pour le petit écran. À ce sujet justement, il faut préciser que les cinq premiers contes proposés dans ces CONTES DE LA NUIT sont également repris d'une série télévisée créée par Ocelot, intitulée DRAGONS ET PRINCESSES (que je n'ai pas vue), diffusée sur Canal+ l'an dernier, et qui comptait au total dix courts-métrages; dont Ocelot a sélectionné les cinq qui se prêteraient le mieux au relief afin de les réunir dans ce long-métrage, pour les besoins duquel il a imaginé et écrit une sixième histoire inédite. La technique, savoureusement désuète, des ombres chinoises offre au spectateur un délicieux voyage dans le temps, le ramenant aux balbutiements du 7e Art et des premiers films d'animation. Si ce n'est que, cette fois, Michel Ocelot a décidé d'y adjoindre les progrès du cinéma moderne et d'utiliser, pour la première fois dans l'histoire de son œuvre, la technologie 3D. Passé l'effet de dépaysement, la conjugaison - quelque peu inhabituelle et atypique - de ces deux techniques radicalement différentes fonctionne parfaitement, la 3D, bien qu'assez discrète et anecdotique dans l'ensemble, donnant une vraie profondeur de champ aux décors, tout à fait fabuleux au passage. Une fois encore, donc, Ocelot nous émerveille et nous en met plein les yeux avec une animation qui, si elle est absolument magnifique sur le plan purement esthétique, est littéralement fantastique sur le plan purement artistique.

Sur le plan purement scénaristique, il est bien évident que les six contes proposés s'adressent principalement aux enfants, lesquels devraient se régaler avec des histoires qui, si elles pourront sembler très simplistes et très naïves à un public plus adulte, feront sans aucun doute le bonheur des plus jeunes; qui trouveront là matière à réfléchir et à échanger autour de récits porteurs de valeurs (paix, amour, tolérance, liberté...) fondamentales et universelles qu'Ocelot, en parfait conteur, s'efforce de transmettre par le biais de ses petits héros de papier, auxquels chaque bambin peut aisément s'identifier. Bien sûr, les contes proposés ne sont pas tous aussi aboutis et aussi réussis qu'on aurait pu l'espérer, et n'évitent pas toujours la facilité. À cela s'ajoute un doublage de qualité parfois inégale, en outre pénalisé par une réalisation qui, par moments, manque sérieusement de rythme et s'étire en longueur, faisant naître un léger sentiment d'ennui chez le spectateur. L'absence quasi totale de musique n'aide pas non plus à accrocher. Mais l'ensemble, plein de poésie et d'onirisme, est heureusement suffisamment bien fait pour captiver jusqu'à son terme.

Peut-être pas aussi féerique que ne le laissait présager son titre, LES CONTES DE LA NUIT n'en demeure pas moins un agréable divertissement, à voir en famille, avec des yeux et une âme d'enfant.



Partager cet article
Repost0
28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 15:00

Fille aînée d'un puisatier, Patricia s'éprend d'un aviateur. Lorsque la guerre éclate, celui-ci part au front, ignorant que Patricia attend un enfant de lui. Repoussée par les parents du jeune homme, Patricia sera en outre rejetée par son propre père, lequel devra alors apprendre à faire la part des choses entre question d'honneur et d'amour.

Fin des années 1930, en Provence. Pascal Amoretti creuse des puits dans la campagne provençale. Il est veuf et père de six filles, qu'il élève dignement. Il aimerait marier l'aînée, Patricia, à son ouvrier, le brave Felipe Rambert; mais la jolie demoiselle rencontre un jour le beau Jacques Mazel, officier dans l'aviation, et se laisse séduire par ce fils de riches commerçants. Malheureusement, peu après, la Seconde Guerre Mondiale éclate et le jeune homme est rappelé d'urgence pour des manœuvres en Afrique. Découvrant qu'elle est enceinte, Patricia est rejetée par son père et se croit alors abandonnée...

Avis:

C'est toujours un plaisir que de se replonger dans l'univers à la fois tendre et pittoresque de Marcel Pagnol, toujours un plaisir que de parcourir ses chaudes collines provençales illuminées par le soleil et bercées par le doux chant des cigales et des grillons, toujours un plaisir que de retrouver ses personnages au caractère bien trempé et à l'accent du Sud bien prononcé ("avé l'accent" !); ces personnages ordinaires dont les histoires extraordinaires sont un peu les nôtres, histoires d'un quotidien fait de grandes joies et de petits chagrins, histoires de la vie, tout simplement. Écrivain hors pair, cinéaste d'exception, dialoguiste subtil jouant avec les mots (et les maux...); Marcel Pagnol aura donné au cinéma français ses lettres de noblesse, lui offrant quelques-uns de ses plus grands chefs-d'œuvre: MARIUS, FANNY, CÉSAR, bien sûr; mais aussi LE SCHPOUNTZ, REGAIN, LA FEMME DU BOULANGER; ou encore, un peu tombé dans l'oubli aujourd'hui (et c'est fort regrettable...), LA FILLE DU PUISATIER, qui date de 1940. Rare film français à avoir été tourné en pleine Occupation, LA FILLE DU PUISATIER célébrait les retrouvailles de Pagnol avec son acteur fétiche, Raimu, tout en réunissant également - pour la première et dernière fois, hélas - un trio de chic et de choc: Pagnol et Raimu, donc, mais aussi... Fernandel, dans le rôle de Felipe, le brave ouvrier et ami du puisatier Pascal Amoretti (Raimu); amoureux de Patricia (Josette Day), la fille de ce dernier et qui, malheureusement pour notre pauvre Felipe, est éprise d'un autre: Jacques Mazel (Georges Grey), aviateur et fils du riche Mr Mazel (Fernand Charpin) et de sa femme, Mme Mazel (Line Noro). De cet amour naîtra un enfant non désiré. Alors que, pendant ce temps, la guerre éclate et Patricia se retrouve seule, repoussée par son père et par les parents de Jacques, lequel est parti au front et ignore tout... De cette trame scénaristique classique et sans surprise, Pagnol - metteur en scène touché par la grâce (!) - avait tiré un long-métrage exceptionnel, dans la droite lignée de ses films précédents, tour à tour drôle et poignant, aux répliques inoubliables et à l'interprétation magistrale; prouvant et démontrant une nouvelle fois au public que les histoires les plus simples sont peut-être les plus belles et les plus fortes (émotionnellement parlant), justement parce que leur simplicité apparente n'a d'égale que leur authenticité (et leur valeur...) permanente; trouvant matière à puiser dans des réflexions vitales, à la portée universelle et intemporelle. Près de soixante-dix ans plus tard, passant pour la première fois derrière la caméra, l'acteur Daniel Auteuil s'approprie l'univers de Pagnol pour signer sa propre version de LA FILLE DU PUISATIER. Ce qui, entre nous, n'a rien de surprenant; quand on sait que c'est justement à travers l'univers du célèbre écrivain-cinéaste qu'Auteuil s'est fait connaître du grand public, en tenant le rôle d'Ugolin dans le diptyque JEAN DE FLORETTE/MANON DES SOURCES réalisé par Claude Berri en 1986 et inspiré de l'œuvre éponyme de Pagnol; et qui vaudra à Auteuil de décrocher un César du meilleur acteur. Vingt-cinq ans après cette consécration mémorable, cette nouvelle version de LA FILLE DU PUISATIER résonne donc comme un retour aux sources pour le comédien, considéré depuis comme une valeur sûre du cinéma français. Pour ceux qui, comme moi, ont vu le film original de Pagnol, on ne pourra que s'incliner en constatant la fidélité et le respect d'Auteuil envers son modèle; Auteuil proposant ici une sage adaptation, qui reprend presque mot pour mot les dialogues du long-métrage initial et se contente d'en copier/coller les scènes clés. Aucune surprise donc de ce côté-là, l'histoire n'a pas changé (et en même temps, c'est tant mieux !). Ce qui a en revanche changé, c'est l'apparition de la couleur (le noir & blanc du film initial possédait un certain charme, même si la couleur - judicieusement utilisée, au passage - met merveilleusement en valeur la beauté des paysages provençaux), la mise en scène (plutôt prometteuse pour un réalisateur débutant, et ce malgré quelques maladresses de-ci de-là), et, naturellement, l'interprétation (de qualité assez inégale dans l'ensemble, il faut bien l'avouer). Sans crainte de se frotter au jeu - inévitable - de la comparaison, Daniel Auteuil reprend le rôle du puisatier jadis tenu par Raimu, rôle qui semble lui tenir particulièrement à cœur et qu'il défend, ma foi, avec tout le talent qu'on lui connaît (se montrant tantôt dur, tendre, drôle ou émouvant); même si il est loin d'égaler son illustre aïeul. Succédant, de son côté, à Fernandel, Kad Merad compose un attachant Felipe, à l'accent du Sud certes pas toujours très crédible, mais attachant. Toute en grâce et en sensibilité retenue, la lumineuse Astrid Bergès-Frisbey prête ses traits à Patricia, la (trop !...) jolie fille du puisatier qui fera tourner la tête du beau Nicolas Duvauchelle, alias Jacques Mazel, l'aviateur un brin volage. Tous deux forment un magnifique couple, même si l'on pourra regretter le petit manque de naturel qui émane parfois du jeu d'Astrid Bergès-Frisbey, et même si l'on pourra reprocher à Nicolas Duvauchelle d'être quelque peu froid et distant dans sa manière de jouer; donnant l'impression fâcheuse de réciter son texte plutôt que de le vivre. Si il ne peut nous faire oublier Fernand Charpin (inimitable Mr Mazel), Jean-Pierre Darroussin s'en tire cependant avec les honneurs, livrant une composition simple, certes, mais plutôt juste. On ne pourra en revanche pas dire la même chose du jeu - littéralement insupportable - de Sabine Azéma (alias Mme Mazel). Surjouant à l'extrême, elle se révèle vite particulièrement agaçante et apparaît finalement comme la seule véritable erreur de casting dans une distribution par ailleurs tout à fait honnête, ce qui est somme toute assez regrettable, dans la mesure où son personnage - bien que secondaire - joue néanmoins un rôle crucial dans le déroulement de l'intrigue. Point de vue réalisation, comme je l'ai déjà noté plus haut, la mise en scène tient globalement bien la route et se révèle plutôt prometteuse pour un cinéaste en herbe; bien qu'elle ne soit pas toujours exempte de quelques faiblesses et maladresses, et bien qu'elle manque un tantinet de vie - et semble donc un peu fade - comparée à la réalisation de Pagnol. La photographie est, quant à elle, superbe, et les décors naturels retranscrivent parfaitement la beauté et le charme de la Provence. Enfin, la musique d'Alexandre Desplat touche par sa simplicité et sa délicatesse. En résumé, sans être un film parfait, cette relecture de LA FILLE DU PUISATIER a au moins le mérite de remettre au goût du jour Pagnol et son œuvre; et émeut de par la sincérité évidente avec laquelle son metteur en scène et acteur principal la revisite; lequel semble d'ailleurs avoir trouvé en Pagnol une jolie source d'inspiration, puisqu'il envisage de réadapter prochainement - toujours pour le grand écran - la mythique Trilogie Marseillaise. Comme le dit, à un moment donné, le personnage de Pascal Amoretti en parlant de sa fille: "C'est comme un trésor que le Bon Dieu m'a donné". Et bien, pour paraphraser le brave homme, et en guise de conclusion; je dirai que Pagnol, ses films, son œuvre, c'est aussi "comme un trésor que le Bon Dieu nous a donné", comme un cadeau que le cinéma nous a offert et continue de nous offrir; un cadeau que l'on déballe avec toujours le même plaisir et la même émotion. Et pour ça, merci, monsieur Auteuil, de nous le rappeler.

POUR ALLER PLUS LOIN... QUELQUES LIENS UTILES:

- À PROPOS DU FILM ORIGINAL DE MARCEL PAGNOL -

Chronique complète du film sur mon ancien blog

Une analyse détaillée de l'œuvre, de son contexte historique et de son DVD par l'excellent site DVDClassik

Fiche du film sur Wikipédia

Fiche du film sur le site officiel de Marcel Pagnol, avec photos et extrait vidéo à l'appui

- À PROPOS DU FILM DE DANIEL AUTEUIL -

Site officiel du film

Fiche du film sur Wikipédia

Fiche du film sur le site officiel de Marcel Pagnol

Secrets et anecdotes de tournage sur la fiche Allociné du film

L'interview vidéo de Daniel Auteuil par Allociné

L'interview vidéo d'Astrid Bergès-Frisbey par Allociné

- Sans oublier, bien sûr, la bande-annonce officielle qui vous est présentée ci-dessous -



Partager cet article
Repost0
18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 09:49

Le roi d'Angleterre George VI (1895-1952), père de la reine Elizabeth II, souffrait de problèmes d'élocution. Ce film raconte comment un orthophoniste peu ordinaire, Lionel Logue, parvint à le guérir. Quand la petite histoire rencontre la grande ou le récit d'une incroyable histoire vraie que l'Histoire a oubliée.

D'après l'histoire vraie et méconnue du père de l'actuelle reine Elizabeth II, qui va devenir, contraint et forcé, le roi George VI, suite à l'abdication de son frère Édouard VIII. D'apparence fragile, incapable de s'exprimer en public, considéré par certains comme inapte à la fonction, George VI tentera de surmonter son handicap grâce au soutien indéfectible de sa femme et d'affronter ses peurs avec l'aide d'un thérapeute du langage aux méthodes peu conventionnelles. Il devra vaincre son bégaiement pour assumer pleinement son rôle, et faire de son empire le premier rempart contre l'Allemagne nazie...

Avis:

Grand favori de la dernière cérémonie des Oscars, avec un total record de 12 nominations (pour finalement 4 statuettes remportées: meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur et meilleur scénario original), LE DISCOURS D'UN ROI (THE KING'S SPEECH), succès surprise de ce premier trimestre 2011, est sans nul doute à classer parmi les meilleurs films de ce début d'année, et, tout simplement, parmi les meilleurs films du moment. Situé dans l'Angleterre des années 30, LE DISCOURS D'UN ROI narre l'histoire vraie (et cependant méconnue, parce qu'oubliée...) du prince Albert (Bertie), duc d'York, qui sera malgré lui précipité sur le trône suite à l'abdication de son frère Édouard VIII (lequel préféra l'amour d'une femme deux fois mariée et divorcée, ce qui était naturellement très mal vu par la société de l'époque; et en outre totalement contraire au protocole) et deviendra roi sous le nom de George VI. Souffrant d'une forme sévère de bégaiement, George VI devra se tourner vers un orthophoniste pour soigner son mal afin de pouvoir assurer pleinement ses fonctions (et ses obligations...) de souverain. Ou plutôt un thérapeute du langage aux méthodes peu ordinaires et au caractère bien trempé, peu impressionné par le fait que son patient - qui deviendra peu à peu son ami - soit prétendant à la couronne: Lionel Logue, australien d'origine et acteur raté de son état, qui a fait de sa vocation manquée une véritable institution du langage et de la parole. Si LE DISCOURS D'UN ROI touche autant, c'est peut-être parce qu'il est - bien au-delà de la simple évocation biographique, bien au-delà de la simple chronique historique - le portrait bouleversant d'un homme tourmenté et à fleur de peau, d'un homme en proie à ses démons et à ses blessures secrètes, et qui devra trouver au plus profond de lui-même le courage et la force d'affronter ses peurs, pour finalement accomplir la tâche dont il a été chargée. Un homme qui devra d'abord retrouver confiance en lui pour acquérir la confiance de ses pairs... et de son peuple. Sobre et plutôt classique, la mise en scène de Tom Hooper bénéficie d'une reconstitution très soignée et est en outre soutenue par la bande originale enchanteresse du compositeur français Alexandre Desplat (nominé aux Oscars), qui signe ici une partition inspirée, toute en délicatesse et en émotion contenue; et à laquelle viennent s'ajouter de grands morceaux de musique classique, parmi lesquels la fameuse Symphonie n°7 de Beethoven, qui semble n'avoir jamais été aussi belle que dans ce film. Les dialogues, parsemés d'un humour typiquement british des plus savoureux, rendent le propos d'autant plus intéressant et attrayant à suivre que le contexte historique de l'époque - si il peut dans un premier temps paraître complexe - est en fait très bien expliqué et retracé, sans pour autant que cela ne tourne à la leçon d'Histoire, donnant au contraire une valeur quasi documentaire au récit. La qualité exceptionnelle de l'interprétation (Colin Firth, Geoffrey Rush, Helena Bonham Carter, Guy Pearce...) ne fait qu'ajouter à la réussite incontestable de cette œuvre passionnée et passionnante, aux allures de classique instantané, qui s'avère également être une pertinente réflexion symbolique (presque métaphorique) sur la monarchie et, surtout, sur la force du langage et de la parole et, par dessus tout, sur le pouvoir de la communication. Réflexion qui atteint des sommets lors du flamboyant et tant attendu discours final qui donne son titre au film, magnifique de lyrisme et d'intensité, et qui laisse littéralement le spectateur pantois et... sans voix.



Partager cet article
Repost0
18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 13:34

Dans les années 90, un douanier belge francophobe se voit contraint de faire équipe avec un français, au moment de la construction de l'Europe et de la suppression des frontières franco-belges.

1er janvier 1993: passage à l'Europe. Deux douaniers, l'un belge, l'autre français, apprennent la disparition prochaine de leur poste de douane situé dans la commune de Courquain France et Koorkin Belgique. Francophobe de père en fils et douanier belge trop zélé, Ruben Vandevoorde se voit contraint et forcé d'inaugurer la première brigade volante mixte franco-belge. Son collègue français, Mathias Ducatel, considéré par Ruben comme son ennemi de toujours, est secrètement amoureux de sa sœur. Il surprend tout le monde en acceptant de devenir le co-équipier de Vandevoorde et de sillonner avec lui les routes de campagnes frontalières à bord d'une 4L d'interception des douanes internationales...

Avis:

Trois ans après le phénomène BIENVENUE CHEZ LES CH'TIS et ses 20 millions d'entrées, on attendait Dany Boon (et son nouveau film...) au tournant. Il nous revient donc aujourd'hui avec RIEN À DÉCLARER, nouvelle comédie satirique archi-attendue et troisième réalisation de l'acteur/humoriste, qui - à l'instar des CH'TIS - se joue encore une fois des clichés et des préjugés; prenant pour toile de fond le racisme, sous toutes ses formes et dans toute son absurdité. Le racisme: un sujet ô combien cher à Dany Boon, puisque RIEN À DÉCLARER est un film en partie autobiographique, au travers duquel le cinéaste lance un hymne vibrant à la différence et à la tolérance, tout en restant fidèle à son univers. À l'instar donc des CH'TIS, RIEN À DÉCLARER est une œuvre partant d'une démarche très personnelle, très intime; et, de fait, très sincère, ce qui rend le propos - aussi simple soit-il - d'autant plus touchant, généreux, sensible et attachant. Concernant le scénario, inutile effectivement de s'attendre à quelque chose de grandiose ou de novateur: le récit est tout ce qu'il y a de plus simpliste, narrant les démêlés et mésaventures comiques d'un douanier wallon farouchement francophobe et de son homologue hexagonal, qui, à l'époque de la fin des frontières et de la construction de l'Europe, doivent faire équipe malgré eux et vont, du même coup, se retrouver embarqués dans une intrigue policière prévisible, mais amusante. Forcément, au terme de cette collaboration forcée, notre douanier wallon farouchement francophobe va revoir ses jugements à la hausse, apprenant peu à peu à apprécier son homologue hexagonal que le destin lui a - malgré lui !... - adjoint; même si, au final, le regard général qu'il porte sur le monde et sur les étrangers aura assez peu évolué, bien que l'espoir perce à travers les yeux de son fils... Une histoire très classique et très attendue, en somme, mais qui a le mérite d'éviter le happy ending facile et retient habilement l'attention du spectateur dans la mesure où elle traite - avec humour et causticité - d'une forme de racisme qui ne se voit pas, à première vue... quelle différence en effet entre un belge et un français, physiquement parlant ?... C'est là toute la force et toute l'originalité du propos, lequel se trouve donc assorti d'un efficace plaidoyer contre le racisme, doublé d'une ode lumineuse à la différence et à la tolérance. En résumé, si il ne brille pas spécialement par l'originalité de son scénario, RIEN À DÉCLARER brille en revanche par la qualité de son interprétation, savoureuse à tous les niveaux, dans les premiers comme dans les seconds rôles. Plus en forme que jamais, Benoît Poelvoorde (dont je suis pourtant loin d'être fan !) se livre à une composition désopilante et explosive, se glissant avec plaisir et talent dans la peau du douanier belge raciste et irascible, sans cesse au bord de la crise de nerfs; donnant ainsi vie à un personnage à la De Funès, odieux et particulièrement antipathique, mais cependant plus attachant qu'il n'y paraît. À ses côtés, Dany Boon endosse l'habit du clown blanc, pour un rôle tout en tendresse, sensibilité et candeur; qui n'est pas sans rappeler les personnages jadis incarnés par Bourvil. De Funès/Bourvil: on retrouve un peu de ce duo dans le tandem Poelvoorde/Boon, même si ces deux derniers - qui s'en donnent d'ailleurs à cœur joie et se renvoient admirablement la balle - sont encore loin d'égaler leurs aînés. Les seconds rôles ne sont pas non plus en reste, et on retiendra notamment les croustillantes prestations de Karin Viard, François Damiens, Julie Bernard, Laurent Gamelon et Bruno Lochet (pour ne citer qu'eux). Point de vue mise en scène, rien d'extraordinaire à signaler, hormis un superbe générique de début représentant la Terre en train de tourner sur elle-même et autour des autres planètes; ainsi que des gags plutôt hilarants dans l'ensemble, et des répliques pour le moins cinglantes, sans oublier la belle bande son du compositeur Philippe Rombi. Un bémol, toutefois: là où BIENVENUE CHEZ LES CH'TIS avait su faire rire sans grossièreté ni vulgarité gratuites, RIEN À DÉCLARER, lui, s'enfonce parfois dans un humour de bas étage et des gags lourdingues (sans parler de certains dialogues pas toujours très fins...), ce qui gâche un peu le plaisir, d'autant que le récit souffre en outre de quelques longueurs et autres petits temps morts, qui auraient certainement pu être évités. Un bémol certes regrettable, mais néanmoins tout à fait pardonnable; dans la mesure où, globalement, on rit quand même beaucoup et on passe un agréable moment de détente, en compagnie d'un duo d'acteurs réjouissant et irrésistible. Bref, pas de doute possible: en cette morne période hivernale, RIEN À DÉCLARER s'impose incontestablement comme LE divertissement familial par excellence, sympathique et sans prétention. À voir.



Partager cet article
Repost0
10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 10:59

Un ouvrier américain, une journaliste française et un enfant londonien vont être confrontés à la Grande Faucheuse de différentes façons. Touchés par la mort, ils seront changés pour la vie.

AU-DELÀ est l'histoire de trois personnages hantés par la mort et les interrogations qu'elle soulève. George est un américain d'origine modeste, affecté d'un "don" de voyance qui pèse sur lui comme une malédiction. Marie, une journaliste française, a été confrontée à une expérience de mort imminente qui l'a durablement bouleversée. Et quand Marcus, un jeune garçon de Londres, perd l'être qui lui était le plus cher et le plus indispensable, il se met désespérement en quête de réponses à ses interrogations. George, Marie et Marcus sont guidés par le même besoin de savoir, la même quête. Leurs destinées vont finir par se croiser et se rejoindre. Ensemble, ils vont tenter de répondre au mystère de l'Au-Delà...

Avis:

Ceux qui connaissent déjà - au travers de mon ancien blog - l'admiration et le respect que j'ai, depuis toujours, envers Clint Eastwood et envers, surtout, son travail; trouveront peut-être, après lecture de cette chronique, que je suis trop généreuse ou que je manque vraiment de recul et, par conséquent, d'objectivité. Il est vrai, je ne dis pas le contraire, que le nom d'Eastwood influence forcément un peu mon avis par rapport à ce film, qui a été littéralement (et injustement, à mes yeux...) démoli par la critique. Mais dire que je me base uniquement sur un nom pour juger un film est, en revanche, totalement faux. L'admiration et le respect que je porte envers Eastwood ne m'empêchent pas de penser et de dire que, au cours de sa longue carrière, il n'a pas toujours fait que des chefs-d'œuvre... loin de là. Cependant, à la différence de nombreux autres acteurs/réalisateurs, Eastwood n'est pas quelqu'un qui triche avec son public, et chacun de ses films (même les moins réussis) témoigne toujours d'une vraie sincérité, d'une vraie authenticité; de la part d'un artiste qui n'a jamais cessé de casser son image et d'en jouer, sans crainte de filmer ses propres failles et ses propres défauts; apparaissant finalement, non pas comme un héros, mais comme un homme, dans tout ce qu'il a de meilleur... et de pire. De fait, c'est à nouveau cette sincérité qui transparaît au travers de l'intrigue d'AU-DELÀ (HEREAFTER, pour le titre original), dernier opus Eastwoodien, qui a rencontré un succès plutôt mitigé lors de sa sortie en salles aux États-Unis, en octobre dernier; et n'a guère été épargné par la critique française, laquelle l'a descendu en flèche au moment de sa sortie, voici trois semaines. Mais pourquoi tant de haine, ai-je envie de dire face à tout cet acharnement négatif ?... Certes, AU-DELÀ n'est pas, loin s'en faut, un film parfait. Il n'est certainement pas non plus le meilleur film de son célèbre auteur. Mais il n'est pas non plus, à mon humble avis, le navet tant décrié dans certaines critiques. Disons simplement qu'AU-DELÀ est un film un peu à part dans l'œuvre du grand Clint, un film singulier et atypique faisant figure d'OVNI dans l'œuvre déjà surprenante d'un artiste qui aime surprendre et se surprendre, n'hésitant pas pour cela à alterner les genres de film en film; preuve de la belle maturité qu'il a peu à peu acquise au fil des années. Disons simplement qu'AU-DELÀ, sans être un chef-d'œuvre, est un film qui regorge de bonnes et de... moins bonnes (je ne dirai pas mauvaises, car le mot est trop fort à mon sens, et ne convient pas vraiment) idées. Commençons d'abord, si vous le voulez bien (!), par faire le point sur les bonnes idées et les qualités (car oui, il y en a !...) d'AU-DELÀ. Tout d'abord, premier point fort, le scénario en lui-même (évidemment !); qui ne peut que séduire et captiver l'attention; dans la mesure où il aborde un sujet délicat, aussi audacieux qu'ambitieux, aussi courageux que périlleux. Un sujet fort (et tabou ?...), traité avec sobriété par un Eastwood qui se met encore à nu face à son public, livrant en fait ici ses propres angoisses et ses propres interrogations face à la mort et face au mystère de l'Au-Delà (si Au-Delà il y a, cela va de soi !...). En ce sens, il faut naturellement souligner le choix judicieux opéré par Eastwood, qui a le mérite de ne pas abuser des effets spéciaux ou d'autres effets de mise en scène, se contentant simplement de montrer l'Au-Delà tel qu'on se le représente habituellement, dans notre imaginaire... à savoir, un grand tunnel de lumière, d'où surgissent les silhouettes de nos chers disparus. Il est d'ailleurs intéressant, et particulièrement bouleversant, de constater, au travers de ce drame métaphysico-fantastique teinté de surnaturel, à quel point nos morts comptent dans nos existences de vivants; à quel point il est difficile de surmonter l'absence, à quel point aussi il est difficile (pour ne pas dire impossible) de remplacer l'irremplaçable, de remplacer l'être cher. AU-DELÀ illustre admirablement tout cela, de la plus sobre et de la plus poignante des manières, sans chercher à flirter avec le larmoyant facile (même si il s'y frotte parfois, involontairement...), par l'entremise d'un scénario qui a en outre le mérite de ne pas avoir de parti pris, exposant simplement des idées sans chercher à les présenter comme des vérités absolues... un scénario qui a le mérite de soulever des questions complexes sans apporter de réponses précises, laissant le spectateur libre de répondre lui-même, selon ses propres convictions et ses propres croyances. Deuxième point fort (dont on a longuement parlé - à juste titre - dans de nombreuses critiques), c'est bien sûr cette magnifique scène d'ouverture (incontestablement la plus belle scène de ce film, mais aussi l'un des plus beaux débuts de toute l'histoire du cinéma), impressionnante, saisissante, déchirante; qui restitue avec intensité la force dévastatrice, meurtrière et apocalyptique de cette terrifiante catastrophe naturelle que peut être un tsunami... cette scène - palpable - nous fait véritablement prendre conscience de ce qu'a dû affronter l'Asie du Sud Est, ce jour maudit du 26 décembre 2004 (autre mérite d'AU-DELÀ, c'est qu'il puise une partie de son inspiration dans plusieurs faits réels; donnant à l'intrigue une toute autre dimension et une toute autre puissance émotionnelle). On notera également la justesse et la joliesse de la réflexion, laquelle ne s'attarde pas uniquement sur les questions de mort et d'Au-Delà, mais s'interroge aussi subtilement sur les notions de hasard et de destin (voir la scène des attentats de Londres de 2005, où le jeune Marcus échappe, in extremis, à la mort; grâce, comme on l'apprendra plus tard dans le récit, à une intervention divine de son frère jumeau disparu, qui continue de veiller sur lui depuis l'Au-Delà... belle façon de s'interroger aussi, de manière métaphorique et symbolique, sur l'existence - réelle ou imaginaire - de ces êtres qu'on appelle anges gardiens...). Autre atout encore que j'ai oublié de mentionner, toujours à propos du scénario, c'est la façon dont ces trois personnages principaux, dont ces trois destins à la fois si semblables et si différents vont petit à petit s'emboîter comme les pièces d'un puzzle; commençant d'abord par se croiser pour finalement se rejoindre et ne former, en fin de compte, plus qu'une seule et même pièce d'un seul et même puzzle... un ressort classique et prévisible, certes, mais qui est traité avec son élégance et sa finesse coutumières par le seigneur Eastwood; lequel prend encore un évident plaisir à narrer les parcours extraordinaires de gens ordinaires, tout comme il prend un évident plaisir à filmer les villes de Londres, San Francisco (San Francisco qui est d'ailleurs, rappelons-le, la ville natale de mister Eastwood) et Paris (première fois qu'Eastwood tourne en France, autant dire que ce n'est pas rien !); et tout comme il prend aussi un évident plaisir à signer lui-même - une fois de plus - la musique, composée par ses soins, et ma foi fort belle à entendre et écouter, bien que peut-être légèrement monotone et trop omniprésente par moments (ça reste agréable à l'oreille, ceci dit !). Impossible enfin de ne pas parler du fabuleux casting, d'envergure internationale, réunissant étoiles montantes du cinéma actuel (Matt Damon, Cécile de France, Bryce Dallas Howard...), pointures de renom (Marthe Keller, Derek Jacobi dans son propre rôle...), visages familiers du petit écran français (Thierry Neuvic, Jean-Yves Berteloot, Stéphane Freiss...) et jeunes talents en devenir (les jumeaux Frankie & George McLaren...). Tous se montrent très investis dans leurs rôles, même si on pourra reprocher - par instants - un léger manque de naturel et de conviction dans le jeu de Matt Damon, Cécile de France, et de quelques acteurs secondaires (la faute peut-être à des personnages parfois trop stéréotypés et à une version française pas toujours top et naturelle, pour les acteurs étrangers...). En parlant du casting justement, il est amusant de noter la présence au générique de Steven Spielberg, qui intervient ici en tant que producteur exécutif, après avoir déjà produit MÉMOIRES DE NOS PÈRES et LETTRES D'IWO JIMA, du même Clint Eastwood. Maintenant, pour ce qui est des moins bonnes idées et des faiblesses dont souffre cet AU-DELÀ (qui est, comme je l'ai déjà dit auparavant, un film imparfait... imparfait ne signifiant pas forcément navet, à mon sens...), et bien on pourra regretter une certaine lenteur/longueur (volontaire, ceci dit) dans le déroulement de l'intrigue qui, il est vrai, tarde à se mettre en place et nous donne parfois l'impression étrange et désagréable que les scènes sont grossièrement reliées entre elles sans qu'il y ait de véritable fil conducteur. On regrettera quelques scènes bavardes et parfaitement inutiles. On regrettera le caractère grotesque et volontiers risible (je vous l'accorde !...) de quelques scènes qui, pourtant, étaient animées d'une bonne et intéressante idée de départ; de la part d'un Eastwood dont le seul tort aura peut-être été d'avoir voulu aborder trop de thèmes à la fois, en dénonçant notamment (et maladroitement, il faut bien l'admettre, même si c'est Eastwood, et même si l'idée était bonne; ce qui est d'autant plus regrettable et dommage) le charlatanisme exercé par certains médiums peu scrupuleux qui ne cherchent qu'à s'enrichir sur le dos de pauvres gens aveuglés par le chagrin et le besoin de savoir. On regrettera le larmoyant facile qui se dégage - involontairement - de certaines scènes (reconnaissons aussi qu'avec un tel propos, le piège du larmoyant facile est délicat à éviter; même en faisant preuve d'une grande sobriété). On regrettera cette vision parfois trop naïve de l'Au-Delà, et cette peinture assez caricaturale de la France. On regrettera enfin cet ultime et déroutant plan final, trop improbable pour être complètement vraisemblable, totalement bâclé dans la mesure où il survient brutalement comme un cheveu sur la soupe au moment précis où - enfin - les trois destins se rejoignent et où - enfin - l'histoire trouve son sens véritable; nous donnant la fâcheuse impression qu'Eastwood n'a pas vraiment su comment clore son film, qui s'achève du coup en queue de poisson. Drôle de paradoxe, ce plan final - aussi déroutant soit-il - possède néanmoins une certaine originalité et une certaine beauté... peut-être parce que, justement, il est totalement inattendu et se révèle de fait aussi destabilisant que surprenant. Preuve en tout cas qu'AU-DELÀ est décidément une œuvre à part dans la filmographie de l'ami Clint, sûrement pas un navet, mais assurément une œuvre à part; qu'il faut voir par soi-même, de ses propres yeux, afin de se faire sa propre opinion; tant le sujet qu'elle évoque touche ici à l'intime et au personnel. AU-DELÀ, si il nous démontre à nouveau que le cinéma est bien le plus universel et le plus intemporel des arts, nous démontre surtout que personne ne voit jamais le même film et que la beauté, comme la vérité, est dans l'œil de celui qui regarde. Comme le dit très justement cette citation de Clint Eastwood lui-même: "La vérité, comme l'art, est dans l'œil du spectateur...". Aussi, chacun se fera sa propre vérité sur cet AU-DELÀ qui, à n'en point douter, suscitera encore bon nombre de débats et de questions. Je vous ai donné mon avis. À vous, maintenant, de me donner le vôtre...



Partager cet article
Repost0
6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 10:09

Le film suit Soren, une jeune chouette mâle fascinée par les histoires épiques que lui racontait son père sur les Gardiens de Ga'Hoole, une bande de mythiques guerriers ailés qui avait mené une grande bataille pour sauver la communauté des chouettes des Sangs Purs.

L'enfance de la chouette Soren est bercée par les récits épiques que son père lui conte à la tombée de la nuit. En dépit de son jeune âge, le vaillant oiseau rêve déjà de se joindre à ses héros favoris, les Gardiens de Ga'Hoole, ces guerriers ailés qui sauvèrent le Royaume des Chouettes de l'emprise maléfique des Sangs Purs. Kludd, son frère aîné, se moque de Soren et n'aspire pour sa part qu'à chasser, voler, s'attirer les bonnes grâces de son père et ainsi évincer son cadet. Sa jalousie aura des conséquences dramatiques: un jour, les deux frères tombent de leur arbre, faute de savoir suffisamment voler, et sont kidnappés par les Sangs Purs. Soren va alors révéler toute l'étendue de sa bravoure en s'évadant en compagnie de Gylfie, une jeune chouette femelle. C'est le début d'une grande et merveilleuse - mais aussi dangereuse - aventure à travers les mers, à la recherche des légendaires Gardiens de Ga'Hoole...

Avis:

Ma découverte hasardeuse, il y a quelques mois, de la bande-annonce qui vous est présentée en bas de page (bande-annonce ô combien superbe, qui m'aura personnellement donné des frissons dans le dos... c'est dire !) explique en grande partie la curiosité et l'envie qui m'ont poussée à aller voir LE ROYAUME DE GA'HOOLE LA LÉGENDE DES GARDIENS (LEGEND OF THE GUARDIANS THE OWLS OF GA'HOOLE, pour le titre original), en salles depuis quelques jours. Signé Zack Snyder (le réalisateur de 300, entre autres), ce film d'animation spécialement conçu pour la 3D (je n'ai pas eu la chance de le voir sous cette forme, malheureusement... la poisse des vieux cinoches de quartier !) s'inspire d'une série de livres pour enfants, œuvre de l'écrivaine Kathryn Lasky. Il me paraît toutefois important de préciser que ce film - malgré le fait que ce soit un dessin animé et contrairement à ce que peut laisser penser la bande-annonce, justement - ne s'adresse pas vraiment (à mon humble avis...) aux enfants (lesquels pourraient être impressionnés, voire effrayés pour les plus jeunes, par sa surprenante - mais néanmoins bienvenue - noirceur), mais plutôt aux adolescents, pré-adultes et même adultes tout court (!). LE ROYAUME DE GA'HOOLE se situe à mi-chemin entre le traditionnel conte initiatique d'apprentissage, où le héros découvre le monde et les autres autant qu'il se découvre lui-même, et le récit - plus sombre - d'héroïc fantasy, où la noirceur est sublimée et sert l'histoire autant que l'histoire la sert. Concernant l'histoire d'ailleurs, elle se révèle passionnante et particulièrement palpitante (malgré certains détails parfois confus, quelques petites longueurs de-ci de-là et une fin trop rapidement expédiée à mon goût mais qui semble appeler à une suite), même si on peut lui reprocher un léger manque d'originalité; puisqu'il est encore une fois question ici de l'éternelle et interminable lutte entre le bien et le mal, doublée d'un message sur le courage, l'honneur, la confiance en soi, la fraternité, la foi, l'importance du rêve, et, surtout, le dépassement de soi. Une histoire plutôt classique en somme, mais qui est racontée avec un savoir-faire indéniable et bénéficie en outre d'une réalisation fougueuse et virtuose; nous transportant ainsi dans un univers merveilleux et magique, où les mythes et les légendes perdurent à travers les siècles. En fait, le véritable tour de force opéré par LE ROYAUME DE GA'HOOLE réside dans son animation, saisissante de réalisme et d'une beauté à couper le souffle. Jamais encore un film d'animation n'était allé aussi loin dans le soin - littéralement scrupuleux - apporté aux dessins, inouïs de détails et d'une richesse visuelle pour le moins éblouissante. Si les décors sont féeriques, ce sont surtout tous les personnages d'oiseaux qui marquent l'œil du spectateur, toutes les différentes espèces de chouettes et de hiboux étant ici admirablement représentées, avec une précision véritablement exceptionnelle; ce qui est assez rare pour être souligné. Qui dit oiseaux dit forcément vols d'oiseaux, et LE ROYAUME DE GA'HOOLE a parfaitement su tirer profit de cela, nous offrant de prodigieuses et spectaculaires séquences de ballets et de combats aériens, où les rapaces sont amenés à survoler de majestueux paysages, de façon plus vraie que nature. Les nombreux ralentis, marque de fabrique de Zack Snyder (!), pourront peut-être en agacer certains mais force est de reconnaître qu'ils sont globalement très réussis et donnent l'occasion de contempler pleinement, dans toute sa splendeur et sa grandeur, le formidable travail effectué sur l'animation; tout en permettant également au réalisateur d'apposer et de personnaliser au maximum son empreinte. Un bémol, en revanche: les scènes de combats sont tellement rapides que l'on finit un peu par s'y perdre, ne sachant plus trop qui se bat contre qui. Mais ce n'est heureusement qu'un détail, d'autant que deux scènes que l'on croirait touchées par la grâce émergent de ce film et déchirent tout sur leur passage: la scène sous la pluie, juste sublime, sans aucun doute la plus belle séquence jamais créée dans un dessin animé; et celle où Soren traverse le feu, monumentale et épique à souhait. Ajoutons à tout cela un doublage plutôt convaincant, une musique au top et un amusant court-métrage faisant office de savoureuse mise en bouche, et l'on obtient ce chouette (jeu de mots facile, je sais !...) dessin animé. Un dessin animé qui, en tout cas, a le mérite d'avoir de la gueule... ou plutôt, devrai-je dire, du bec (!).

Si l'on pourra regretter un humour parfois trop enfantin (notamment au début), une action qui s'enchaîne quelquefois tellement rapidement que l'on a par moments l'impression qu'il n'y a pas vraiment de fil conducteur, et une introduction un peu laborieuse, LE ROYAUME DE GA'HOOLE prend peu à peu son envol et atteint dès lors des sommets inattendus, comblant nos attentes au-delà de toute espérance; la quintessence quasi miraculeuse de l'animation faisant très vite oublier les légères maladresses de l'ensemble. Plus de doute possible, LE ROYAUME DE GA'HOOLE s'impose donc, incontestablement, comme l'un des films d'animation les plus audacieux et les plus aboutis de cette année 2010. Bref, voici une œuvre qui vole haut dans le ciel cinématographique. Très haut. À quand la suite ?...



Partager cet article
Repost0
23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 15:44

Désormais infiltré parmi les hommes, Maltazard le Maudit entend former une armée de séides (le nom de ses sbires) géants pour dominer la Terre. C'est sans compter sur Arthur - qui va devoir retrouver sa taille humaine pour faire des étincelles -, Sélénia et Bétamèche. Quand Maltazard attaque, les Minimoys contre-attaquent !...

Maltazard, qui mesure à présent plus de deux mètres, a réussi à se hisser parmi les hommes. Son but est clair: former une armée de séides géants pour imposer son règne à l'univers. Seul Arthur semble en mesure de pouvoir le contrer... à condition qu'il parvienne à rentrer chez lui et à regagner sa chambre, afin de reprendre sa taille habituelle, ceci grâce à l'élixir magique de son grand-père Archibald ! Bloqué à l'état de Minimoy, Arthur peut évidemment compter sur l'aide précieuse de Sélénia et de son petit frère, Bétamèche, mais aussi - surprise ! - sur le soutien de Darkos, le propre fils de Maltazard, qui semble vouloir changer de camp. À pied, en vélo, en voiture et en Harley Davidson, la petite troupe est prête à tout pour mener le combat final contre Maltazard. Allumez le feu !...

Avis:

Ayant manqué le début (j'ai dû rater environ une bonne demi-heure, peut-être moins, peut-être plus, je ne saurai trop dire au juste !...) du premier film ARTHUR ET LES MINIMOYS (2006), lors de sa première diffusion télévisée sur TF1, il y a près d'un an (si j'ai raté le début, c'est tout simplement pour la bonne raison que ce film ne m'attirait pas, aussi n'en ai-je vu que la moitié et ai aussitôt regretté de ne pas l'avoir regardé dans son entier... car, à ma grande surprise, le peu que j'en ai vu m'a plu !... Drôle de paradoxe chez moi, les films qui ne m'attirent pas sont ceux qui, curieusement, me plaisent... ou qui, du moins, ont des chances de me plaire !...); et n'ayant pas du tout vu le second (bah oui, j'avais raté le début du premier, alors pourquoi serai-je allée voir le deuxième, je vous le demande !... Même si ce ne sont pas l'envie et la curiosité qui me manquaient, néanmoins !...) épisode ARTHUR ET LA VENGEANCE DE MALTAZARD (qui, d'après les critiques, n'est pas terrible, comparé au premier... je ne me permettrai pas de juger, puisque je ne l'ai pas vu, tout du moins pas encore !...), sorti en salles en décembre 2009; je n'avais donc - à priori - aucune raison d'aller voir le troisième et dernier opus, ARTHUR 3 LA GUERRE DES DEUX MONDES, à l'affiche depuis quelques jours. Aucune raison, si ce n'est qu'entre-temps (en février dernier, pour être exacte !), la curiosité m'a poussée à lire l'intégralité de la saga. Et oui, parce qu'il ne faut pas oublier que, ARTHUR ET LES MINIMOYS, avant de devenir une saga cinématographique à succès, c'est d'abord une saga littéraire à succès, née de l'imagination de Luc Besson (lequel a également signé la réalisation des trois films... logique !), et découpée en quatre tomes, le premier et le deuxième tome ayant été condensés dans le premier film, le troisième tome dans le second film et le quatrième tome dans le troisième film... ça va, vous me suivez ?... Donc, disai-je (!), j'ai lu l'intégralité de cette saga, et ceci avec un plaisir sans pareil, qui m'a immédiatement fait retomber en enfance. Et c'est ainsi, en ayant encore en mémoire le souvenir de cette lecture si agréable et si rafraîchissante, que je me suis finalement décidée - après moult hésitation ! - à aller voir, sur grand écran, ce chapitre final, ARTHUR 3 LA GUERRE DES DEUX MONDES, inspiré du livre éponyme. Tout d'abord, la première chose qui saute tout de suite aux yeux en découvrant ce long-métrage, c'est qu'il fait preuve d'une très grande fidélité scénaristique, le gros du bouquin et de son intrigue ayant été respectés à la lettre, jusque dans les moindres dialogues; et ce malgré le fait que quelques détails aient été éludés (normal, c'est impossible de mettre tout un livre dans un film de 90 minutes !). Bref, niveau scénario, rien à redire, l'adaptation - d'un point de vue global - est plus que fidèle au livre (peut-être même trop fidèle, certaines séquences supportant plus ou moins bien la transposition sur un grand écran... je pense notamment à ce gag de la fourmi géante, hilarant dans le bouquin, mais beaucoup moins amusant dans le film... les plus jeunes spectateurs ne devraient toutefois avoir aucun mal à se prendre au jeu, tant les trucages sont, par ailleurs, remarquablement bien faits). Débordante d'énergie et d'efficacité, la mise en scène multiplie les morceaux de bravoure (parmi les scènes les plus impressionnantes, on retiendra notamment en mémoire cette incroyable course-poursuite/bagarre dans le train électrique, ainsi que l'attaque des moustiques géants sur la ville) et enchaîne les rebondissements sans laisser le moindre répit aux héros (et au spectateur !), à tel point qu'on a parfois l'impression que les séquences se succèdent sans qu'il y ait de véritable fil conducteur. Par ailleurs, la mise en scène alterne habilement animation et prises de vues réelles, avec un réalisme pour le moins frappant. En parlant de l'animation justement, il faut reconnaître qu'elle est une vraie mine d'or pour les yeux du spectateur, alliant à la fois perfection technique, sens inné du détail et, par dessus tout, magnificence visuelle (ah, cette scène de la ruche... rien que pour cette scène, ARTHUR 3 vaut d'être vu sur grand écran !...). Le doublage - pour ce qui est de l'animation - est en outre de qualité, entre Mylène Farmer pour la voix de la princesse Sélénia (une voix qui colle parfaitement à ce personnage, même si on peut parfois reprocher à Farmer de réciter un peu son texte...), Gérard Darmon pour Maltazard ou encore Marc Lavoine pour Darkos (meilleure voix, avec ses zozotements plutôt touchants). L'interprétation s'avère assez convaincante dans l'ensemble, même si, là encore, on peut parfois reprocher un certain manque de naturel dans le jeu de quelques acteurs (la faute aussi à un doublage très inégal, il faut bien le dire...). Heureusement, Freddie Highmore, qui prête pour la troisième fois consécutive ses traits au personnage d'Arthur, tire brillamment son épingle du jeu. La musique d'Eric Serra, quant à elle, ne manque pas de peps et encore moins de rythme.

Si quelques maladresses et faiblesses perdurent ici et là, et si on peut regretter une fin un peu trop rapide (pour ne pas dire brusque); ARTHUR 3 n'en reste pas moins, malgré tout, un divertissement honorable et attachant, qui se déguste avec un réel plaisir. À noter d'ailleurs que si ce troisième opus marque la fin (?) sur grand écran des aventures d'Arthur et ses comparses, le jeune héros devrait toutefois avoir encore de beaux jours devant lui, le récit de ses exploits faisant bientôt l'objet d'une adaptation en dessin animé, destinée à la télévision... à voir (en principe) en 2012, sur France 3. En attendant, cette GUERRE DES DEUX MONDES devrait aisément faire le bonheur des petits... et des grands enfants (!). Quant aux anti-Arthur et autres anti-Besson, qu'ils passent leur chemin, au lieu de s'évertuer stupidement et inutilement à cracher sur un film avant même de l'avoir vu...



Partager cet article
Repost0
23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 09:38

"Chère moi-même, aujourd'hui j'ai 7 ans et je t'écris cette lettre pour t'aider à te souvenir des promesses que je fais à l'âge de raison, et aussi te rappeler ce que je veux devenir...". Ainsi commence la lettre que Margaret, femme d'affaires accomplie, reçoit le jour de ses 40 ans.

Margaret est une femme d'affaires accomplie et toujours pressée par le temps, sans aucune pitié pour conclure un contrat. Sa vie se résume à son travail et à son petit ami, Malcolm, lui aussi redoutable et intraitable homme d'affaires. Mais le jour de ses 40 ans, Margaret reçoit, des mains d'un mystérieux notaire, une lettre étrange. Une lettre qu'elle s'est elle-même écrite à l'âge de 7 ans et qui va soudain remettre en cause toute sa vie, ravivant également chez elle le souvenir d'un lourd passé. Qu'a-t-elle fait de ses rêves de petite fille ?...

Avis:

Que deviennent nos rêves d'enfant ?, peut-on lire sur l'affiche de L'ÂGE DE RAISON. Jolie question (bien que posée et traitée de nombreuses fois déjà au cinéma...) à laquelle ce long-métrage du réalisateur Yann Samuell tente d'apporter des réponses (prévisibles ?...), avec humour et tendresse, sans chercher à se prendre la tête; le but de ce film étant avant tout de distraire et de toucher les adultes nostalgiques que nous sommes (ou que nous pouvons parfois être !...). À partir d'un synopsis original et attrayant, qui ne peut que séduire d'emblée l'imaginaire du spectateur (quoi de plus captivant en effet que l'histoire d'une femme qui reçoit un beau jour des lettres qu'elle s'était elle-même écrite lorsqu'elle était enfant ?...), Yann Samuell signe une fable des temps modernes, au ton résolument personnel et enlevé; mais malheureusement pas aussi aboutie et pas aussi surprenante qu'on aurait pu l'espérer. À vouloir trop en dire en seulement 90 minutes, le cinéaste se perd dans les clichés et les dialogues parfois moralisateurs, faisant tomber le film dans une émotion qui a plutôt tendance, hélas, à flirter avec le larmoyant facile et les bons sentiments. De fait, l'intrigue, pourtant intéressante au départ, perd un peu en crédibilité et en sensibilité; d'autant que plusieurs détails peu approfondis sont expédiés beaucoup trop rapidement et que certains personnages frôlent la caricature, ce qui est quelque peu regrettable. Le style de la mise en scène, volontairement décalé, risquera peut-être aussi de rebuter certains spectateurs, habitués à une réalisation disons plus "classique". L'ensemble renferme néanmoins de beaux morceaux de pure poésie et de tendresse, et la musique est assez sympa, bien qu'un peu assourdissante par moments. Dans le rôle titre, la rayonnante Sophie Marceau - délicieusement mutine et espiègle - se révèle attachante et lumineuse, même si j'ai parfois trouvé qu'elle en faisait un peu trop et que son jeu manquait, par moments, de naturel. Les seconds rôles s'en sortent globalement assez bien (mention spéciale à Michel Duchaussoy, excellent), et les jeunes enfants acteurs sont incroyables de justesse et de malice. Bref, sans être aussi réussi qu'on pouvait le souhaiter, cet ÂGE DE RAISON, malgré ses quelques faiblesses et autres maladresses; constitue tout de même un divertissement gentillet et rafraîchissant, qui se laisse voir sans déplaisir, à condition bien sûr de ne pas se montrer trop exigeant.



Partager cet article
Repost0
7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 18:10

Les créateurs des très populaires films TOY STORY ouvrent à nouveau le coffre à jouets et invitent les spectateurs à retrouver le monde délicieusement magique de Woody et Buzz, au moment où Andy, le petit garçon devenu grand, s'apprête à partir pour l'université. L'histoire attachante de jouets qui veulent vieillir ensemble.

Woody, le cow-boy, Buzz l'Éclair, le ranger de l'espace, et leurs compagnons sont inquiets. Andy, leur propriétaire, a maintenant l'âge de rentrer à l'université. Résultat, les voilà promis à l'oubli et la poussière du grenier. Pire même: ils manquent d'être embarqués par le camion à ordures. Sauvés in extremis, ils échouent finalement dans une crèche, où les accueillent les nombreux jouets de l'endroit. Parmi ceux-ci, Ken et Lotso, un ours rose parfumé à la fraise, qui semble diriger la petite communauté. Malmenés par une horde de bambins déchaînés et destructeurs, Woody et ses amis déchantent vite. Seule solution pour la joyeuse troupe: s'évader de ce lieu effroyable qui, sous ses allures de paradis, cache un véritable enfer. L'aventure ne fait que commencer...

Avis:

Quand vient la fin de l'enfance (fin de l'enfance, fin de l'innocence...), c'est un peu comme si une première vie s'achevait, sans que l'on s'en rende tout à fait compte. La fin de l'enfance marque en fait la fin d'une double première vie: la nôtre et... celle de nos jouets. Lorsque nous grandissons, que deviennent nos copains de peluche, de plastique, de tissu ?... Que deviennent nos chers joujoux, ceux avec qui on a jadis partagé tant d'aventures, de rires, de bons moments ?... Que deviennent nos petits sujets en figurine et nos poupées de porcelaine, premiers héros de notre imaginaire ?... Que deviennent donc ces jouets que l'on a tant chéris, que l'on a parfois martyrisés sans vraiment le vouloir, mais qui nous sont toujours restés attachés ?... Que deviennent donc nos fidèles compagnons de jeux, premiers témoins de nos joies, premiers confidents de nos chagrins, premiers amis virtuels (si l'on peut dire !) de notre vie réelle; tout cela bien avant que les Facebook, MSN et autres forums prennent place dans notre quotidien ?...... Et encore... que sont devenus ces jouets que l'on a malencontreusement perdus au gré d'une promenade ?... Que sont devenus ces jouets dont on s'est un jour (à regret ?) séparés ?... Que sont devenus ces jouets qui nous ont tant fait rêvé ?......... Toutes ces questions - simples mais ô combien passionnantes - forment l'essence même de l'intrigue de TOY STORY 3, réalisé par Lee Unkrich, suite (et fin ?) logique de TOY STORY (1996) et TOY STORY 2 (2000), classiques du cinéma d'animation estampillés Pixar. Puisant son inspiration dans le commencement de la vie d'adulte et de la fin - inévitable - de l'enfance, le scénario de TOY STORY 3 en explore une fois encore toutes les facettes (bonnes comme mauvaises), toutes les énigmes, tous les paradoxes; réussissant à nous tenir en haleine et à nous faire vibrer avec une histoire bien plus riche et bien plus complexe qu'elle n'en a l'air. De fait, ce troisième opus de la saga TOY STORY - le meilleur, assurément - résonne comme étant celui de la sagesse et de la maturité. De la noirceur aussi. Mais surtout, de l'émotion. Tout à la fois tendre réflexion sur la nostalgie et la mélancolie du temps qui passe, et hymne fulgurant à l'amitié et à la solidarité, TOY STORY 3 effleure des degrés d'émotion rarement atteints dans un dessin animé, ce qui relève véritablement du miracle. L'émotion touchant à son paroxysme lors de la magnifique et renversante séquence finale, poignante, intense, déchirante, mais néanmoins lumineuse. Un adieu bouleversant à l'enfance et une fin en forme d'apothéose pour ce qui est unanimement considéré - à juste titre - comme l'une des plus belles sagas du cinéma d'animation et, tout simplement, du 7e Art en lui-même. Mais si c'est bel et bien l'émotion qui domine dans TOY STORY 3, les magiciens de Pixar n'ont cependant pas oublié d'y insuffler l'humour, l'action, le suspense, la dérision et l'inventivité si caractéristiques de leurs productions. Cet épisode est également marqué par l'arrivée de nombreux nouveaux personnages, hauts en couleur, et qui n'ont absolument rien à envier aux anciens (!). Du côté de l'animation (spécialement conçue pour la 3D, je n'ai personnellement pas eu la chance de le voir sous cette forme), ce n'est évidemment pas une surprise, elle est parfaite, accentuant encore davantage la proximité avec les différents protagonistes, dont les visages demeurent inouïs d'expressivité et de réalisme. L'ensemble étant en outre sublimé par une harmonieuse bande originale et un doublage français des plus croustillants. Cerise sur le gâteau, TOY STORY 3 est précédé d'un court-métrage (JOUR NUIT) rafraîchissant d'ingéniosité et de poésie, savoureuse mise en bouche dans la plus pure tradition Pixar.

Les lumières se rallument. Le film est terminé. Tout en scrutant (plus ou moins distraitement...) d'un œil brillant et quasiment absent (parce qu'encore très remué par le somptueux spectacle cinématographique qui vient de lui être donné...) l'écran où défile le générique de fin (superbe générique au passage, bourré de tendresse et de fantaisie), je sors machinalement un mouchoir de ma poche et sèche (plus ou moins discrètement...) mes yeux encore humides. L'émotion retombe doucement, lentement, timidement, sans pour autant disparaître totalement. Car dans l'air flotte encore ce drôle de parfum. Celui, enivrant, du vieux coffre à jouets, qui depuis le grenier où il a été rangé et oublié voici tant d'années, semble nous appeler pour nous inviter à goûter - ne serait-ce qu'un instant - à la joie et à la magie de l'enfance retrouvée. Un instant seulement pour déguster le bonheur et l'émerveillement de l'innocence enfantine ressuscitée. Nostalgie, quand tu nous tiens...



Partager cet article
Repost0