OSCAR d'ÉDOUARD MOLINARO (1967)

Publié le 15 Juin 2009

Oscar (1967)

Film français | Comédie | 1h24 | Tous publics

Synopsis :

Riche industriel, Bertrand Barnier mène une vie prospère auprès de Germaine, son épouse, et de sa fille, Colette. Mais il voit sa paisible existence bouleversée le jour où Christian Martin, son homme de confiance, débarque chez lui à l'improviste et le fait chanter dans le but d'obtenir une augmentation ainsi que la main de sa fille, dont il est l'amant. Christian lui avoue en outre qu'il le vole depuis des années. Pour Bertrand, les ennuis ne font que commencer...

Chronique et avis [spoilers possibles] :

Impossible pour moi de ne pas évoquer Oscar dans ce blog. En tant que fan absolue de Louis de Funès depuis ma plus tendre enfance (ceux qui me connaissent déjà par mon ancien blog l'auront sûrement remarqué...), je ne pouvais pas me permettre de faire l'impasse sur ce qui s'avère certainement être son meilleur film... l'un des plus réussis en tout cas, et celui, surtout, où l'acteur est le plus énervé (pas étonnant, de fait, que « Fufu » ait été victime de trois infarctus - le troisième lui étant fatal - se dit-on à la vue de cet Oscar particulièrement mouvementé !).

Et j'ajoute que par un heureux hasard (mais est-ce bien un hasard ?...), il se trouve qu'à l'heure où je couche ces lignes, Oscar vient justement de ressortir dans une vingtaine de salles... très belle occasion, pour ceux qui n'auraient pas encore vu ce classique multi-rediffusé (si toutefois il y en a vraiment !), et qui ont la chance d'habiter dans les quelques villes où il est projeté de le découvrir sur un grand écran !

Réalisé par Édouard Molinaro en 1967, Oscar tire son origine d'une pièce de théâtre écrite par Claude Magnier, qui fut jouée pour la première fois en 1958, par Pierre Mondy (dans le rôle de Bertrand Barnier) et Jean-Paul Belmondo (dans le rôle de Christian Martin) ; avant que ce cher « Bébel » ne soit ensuite remplacé par Jean-Pierre Cassel. Mais c'est grâce à Louis de Funès, qui l'interpréta pas moins de 600 fois sur les planches (!), qu'elle rencontra le succès que l'on sait et qui devait tout naturellement aboutir à cette transposition cinématographique à son tour couronnée de succès. Quelques extraits de cette pièce telle qu'elle fut jouée par Louis de Funès sont d'ailleurs visibles sur le Web, mais elle ne fut malheureusement jamais filmée dans son intégralité.

Pour l'anecdote, Oscar fit également en 1991 l'objet d'un remake américain, signé par John Landis (le papa, notamment, des Blues Brothers) ; remake s'intitulant L'embrouille est dans le sac et ayant Sylvester Stallone (!) pour tête d'affiche.

Oui, je sais, Stallone reprenant un rôle initialement tenu par De Funès, c'est plutôt louche, pour ne pas dire très louche... mais je vous rassure tout de suite, je ne suis pas devenue « zinzin » (contrairement à De Funès dans Oscar...), et je n'ai pas non plus fumé de l'herbe aromatisante avant de m'installer devant mon ordinateur !...

Car aussi incroyable et saugrenu que cela puisse paraître, tout ceci est pourtant rigoureusement exact et ce remake « made in Hollywood » existe bel et bien ; mais personnellement, je ne l'ai jamais vu et à vrai dire, ça ne me tente pas du tout ; d'autant plus que Stallone, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé ! Et puis bon, ce n'est pas pour jeter de l'huile sur le feu, mais honnêtement, Stallone qui se prend pour De Funès... on aura tout vu. Comme dirait un très célèbre personnage de bande dessinée dont je préfère préserver l'anonymat (mais dont le nom se termine toutefois en « ix », si vous voyez de qui je veux parler...) : « Ils sont fous, ces Romains Ricains ! »

Mais revenons donc à Oscar. En pleine forme, Louis de Funès endosse ici l'un des rôles les plus marquants de toute sa carrière, et aussi - bien sûr - l'un des plus hilarants. Se donnant à fond du début jusqu'à la fin, il se livre à un irrésistible festival de mimiques et de pitreries, tout en ne cessant de s'agiter pour le plus grand plaisir du spectateur. Et comme dans plusieurs autres films de l'artiste, riches de scènes passées à la postérité, Oscar contient SA scène culte ; à savoir ici celle où notre « Fufu » national pète totalement les plombs et mime avec autant de folie que de brio un nez qui s'allonge encore et encore avant d'exploser subitement devant les yeux, on ne peut plus ahuris, de Claude Gensac, Mario David et Agathe Natanson.

Dans les seconds rôles, on retrouve quelques fidèles complices du comédien, à l'image de Claude Gensac, son inséparable « biche » ; de Mario David, qui offre sa carrure athlétique à un kinésithérapeute très costaud, mais légèrement abruti sur les bords ; ou de Paul Préboist, à qui l'habit de domestique va à ravir.

On retiendra aussi les très bonnes interprétations de Claude Rich, excellent en maître chanteur rusé comme un renard ; d'Agathe Natanson, parfaitement agaçante sous les traits d'une fille pleurnicheuse et pour le moins capricieuse ; ainsi que de Dominique Page, inoubliable Bernadette à la valise, elle aussi, inoubliable (!).

Débordant d'imagination et d'humour, le scénario, quant à lui, respecte à la lettre la trame vaudevillesque d'origine.

Il faut d'ailleurs souligner qu'en matière de pure mise en scène, ce film est plus ou moins construit comme une véritable pièce de théâtre : peu de personnages à l'écran, un décor unique et une absence quasi totale de musique - et à vrai dire, il n'y a pas spécialement besoin de musique ici, car c'est « Fufu » à lui tout seul qui, par sa prestation survoltée et délirante, donne le tempo musical à tout l'ensemble (en commençant par ses partenaires de jeu). Les gags et les quiproquos s'enchaînent sur un rythme de plus en plus effréné, et l'intrigue - abracadabrante à souhait ! - se complexifie de plus en plus au fil des minutes ; à tel point qu'on en perd parfois un peu le fil. Qu'importe, le rire est au rendez-vous de la première à la dernière seconde, et c'est bien là l'essentiel (on ne saurait en effet bouder son plaisir pour si peu, pas vrai ?...).

En guise de conclusion :

Emmené par un Louis de Funès littéralement déchaîné et au zénith de son talent, Oscar constitue un divertissement familial de haute qualité, à savourer sans modération et de préférence autour d'un bon feu, lorsque l'humeur est maussade et que l'on cherche un moyen efficace pour retrouver rapidement le sourire. Une question encore, avant de conclure pour de bon : pourquoi les films les plus drôles sont-ils souvent les plus courts ?...

Fiche AlloCiné ICI
Ma note pour ce film :

 

Rédigé par Kleinhase

Publié dans #CINÉMA, #FILMS, #FILMS DES ANNÉES 1960, #En détail

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G
Personnellement, je suis un fan de Fufu. C'est acteur au style unique en son genre avait le don de sauver des films qui, pour beaucoup, sont loin d'être inoubliables. A mon avis "Oscar en est un exemple. C'est vrai que ça bouge, ça remue, on rigole mais l'on reste sur notre faim par le manque total d'imagination dans la mise en scène. Nous sommes au théâtre filmé avec la proximité des acteurs en moins. Cela dit, on rigole tout de même et ce film reste un bon divertissement sans plus. Amitiés B
N
On ne peut pas s'endormir si on regarde OSCAR! Ca bouge, ça remue, pour certains c'est de l'agitation un peu trop poussée, mais on ne s'endort pas. Les gags se suivent en un véritable mouvement tourbillonnant. Quelque fois on s'y perd un peu, mais ça fait rien, on est là pour rire. Evidemment il ne faut pas regarder OSCAR de haut, trop intellectuellement. Ce qui est arrivé à un certain microcosme de l'intelligentsia qui dédaignait de Funès à cause de ses mimiques permanentes dans ses films. Aujourd'hui ça change, bizarre comme c'est bizarre aurait dit un autre grand comédien ...
A
Comme toi, j'aimais beaucoup Louis de Funès. Certains l'ont boudé par snobisme, détestant son côté grimacier, mais il était unique, il sauvait un film par sa seule présence, car il faut bien l'avouer, il ne tournait pas que des chefs-d'oeuvre. Ceux que je préfère sont "La folie des grandeurs" et " La grande vadrouille". Mais "Le corniaud" était aussi une merveille de drôlerie avec Bourvil. La rencontre de ces deux talents, plus celui de Gérard Oury épaulé par sa fille Danièle Thompson, nous aura valu des fous rires mémorables. Merci de tes coms, cela fait vraiment plaisir. Je crois que nous avons bien des goûts en commun. A bientôt.