UN HOMME ET SON CHIEN de FRANCIS HUSTER (2009)
Publié le 3 Février 2009
ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !
UN HOMME ET SON CHIEN
Film français
Date de sortie: 14 janvier 2009
Genre: Drame Durée: 1h34 Tous publics
Conseil personnel: Pour adolescents et adultes.
Jeanne, séduisante veuve, annonce son remariage à Charles et le met à la porte, avec son chien. Elle fut sa maîtresse à la mort de son mari, meilleur ami de Charles pendant leurs années de marine. Enceinte de père inconnu, Leïla, la jeune employée de maison, ne peut lui offrir que son affection et son lumineux sourire. En retour, Charles lui donnera beaucoup plus. Sans autre ressource qu'une maigre pension, la rue attend Charles et son chien. Aucune main ne se tend vers lui et sa dignité lui interdit de tendre la sienne. Et lorsque Charles et son chien se retrouvent seuls sur cette voie de chemin de fer, le fracas du train qui fonce annonce-t-il la fin ou le commencement d'une autre vie ?...
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MON AVIS:
Mais pourquoi tant de haine ? C'est la première question qui m'est venue à l'esprit après avoir découvert Un homme et son chien. Assassiné par les journalistes, démoli par les spectateurs, ce long-métrage de Francis Huster (librement inspiré de << Umberto D. >>, réalisé par Vittorio de Sica en 1952) a reçu un accueil glacial et hostile au moment de sa sortie en salles. Ce que, personnellement, je trouve totalement injuste, injustifié et dégueulasse.
Sous prétexte que Francis Huster n'est pas un grand réalisateur (je vous l'accorde) et sous prétexte que Un homme et son chien nous montre un Jean-Paul Belmondo âgé et abîmé par la vie (rappelons que le comédien avait été victime d'un grave accident vasculaire cérébral en 2001, qui lui a laissé de lourdes séquelles et l'a éloigné des plateaux de cinéma pendant huit longues années), ce film est un navet ? Non mais excusez-moi d'être aussi franche, mais qu'est-ce que c'est que cette idée à la con ?
Je ne veux vexer personne en disant cela, et je comprends et respecte parfaitement l'avis de ceux qui n'ont pas aimé; mais à quoi ça sert de s'acharner aussi violemment sur ce film ?... Ça n'avance strictement à rien, mais surtout, ça ne fait qu'envenimer le débat au lieu de l'enrichir. D'autant plus que ça me fait sourire de voir que ce film est quasiment considéré comme une honte impardonnable pour le cinéma français et pour la carrière de Belmondo, alors qu'entre nous, il faut bien reconnaître qu'il existe des films encore pires que celui-là.
J'ai eu la désagréable impression, en lisant les vives réactions suscitées par Un homme et son chien, que le handicap (et la vieillesse ?) font encore peur (c'est juste un avis personnel). En effet, de nombreuses personnes ont reproché à Huster de montrer un Belmondo diminué et vieux.
Mais il faut quand même souligner que c'est Bébél lui-même qui a tenu à faire ce film. Et n'en déplaise à certains, je trouve que c'était très courageux de sa part (peu de gens, je pense, auraient eu le courage de tourner un film en ayant son handicap). Rien que pour cela, Bébél reste un grand. Le Magnifique est toujours magnifique. Quoiqu'on puisse en dire. Et à ceux qui affirment que les spectateurs qui iront voir Un homme et son chien sont plus intéressés par l'état physique de Belmondo que par le scénario (remarque que je trouve vraiment stupide et méchante), je réponds qu'en ce qui me concerne, je suis allée le voir en tant que fan de Bébél, et aussi parce que c'était probablement la seule fois de ma vie que j'aurai eu la chance de voir un de ses films sur grand écran.
Un homme et son chien, c'est d'abord une émotion. L'émotion (mais aussi le plaisir) de retrouver un grand monsieur du cinéma français, dont le retour devant la caméra semblait inespéré: Jean-Paul Belmondo. Fatigué mais souriant, l'acteur nous prouve que même après huit ans d'absence, il aime toujours autant son métier; et surtout, il nous prouve que même après avoir eu un sérieux problème de santé, la vie mérite cependant d'être vécue. Forcément, il ne faut pas s'attendre à le voir courir ou faire des cascades comme autrefois. Bébél s'exprime peu, mais c'est à travers son bouleversant regard que se traduit toute la détresse et toute la solitude de son personnage, qu'il interprète de manière sobre et pudique. Lumineuse et attachante, la douce Hafsia Herzi (César du meilleur espoir féminin en 2008 pour << La graine et le mulet >>) lui donne la réplique avec simplicité et sincérité, en incarnant avec justesse une jeune fille paumée et mélancolique. Dans les seconds rôles, nous avons droit à un véritable défilé de vedettes, qui fait peut-être perdre un peu de puissance dramatique à l'histoire... on aperçoit notamment Pierre Mondy, Jean Dujardin (grand fan de Belmondo devant l'Éternel), Michèle Bernier, Robert Hossein ou encore Francis Huster lui-même.
Le scénario, long à se mettre en place, est de plus assez confus sur certains points. Il souffre également d'une mise en scène un peu brouillonne et qui manque d'expérience (il faut savoir que Huster n'est passé qu'une seule fois derrière la caméra avant de signer ce long-métrage). Et on a parfois l'impression qu'il n'y a aucun fil conducteur, car plusieurs plans se succèdent de façon légèrement incohérente.
Mais malgré ça, la sensibilité est quand même au rendez-vous, et le dénouement - bien que bâclé - m'a néanmoins émue aux larmes. La musique de Philippe Rombi, que beaucoup ont qualifiée de << pompeuse >>, est superbe et vous prend directement à la gorge. Et si le côté un peu trop << larmoyant et bons sentiments >> de certaines scènes aurait sans doute pu être évité, l'immense bonheur de retrouver notre Bébél national est bel et bien réel. Et tant pis pour les spectateurs mécontents qui auraient préféré que l'inoubliable héros de << À bout de souffle >> reste paisiblement en retraite et ne se dévoile pas aussi ouvertement devant un objectif, sans tricherie. Bébél, ainsi que je l'ai déjà dit ci-dessus, a fait preuve d'un impressionnant courage en acceptant de se montrer à nu, tel qu'il est aujourd'hui. Pour l'effort et le travail que ce film a dû lui demander, ça mérite bien un coup de chapeau (ou de borsalino !).
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EN BREF:
Sûrement pas le chef-d'uvre de l'année mais pas non plus le navet tant décrié, Un homme et son chien est un véritable OVNI dans la filmographie de Jean-Paul Belmondo. J'imagine qu'après avoir parcouru ces quelques lignes, certains sont en train de vociférer devant leur écran en se disant que je suis trop généreuse et que j'ai vraiment des goûts douteux, mais ce n'est pas dans mes habitudes de massacrer des films, ne serait-ce que par respect envers ceux qui l'ont fait. Et pour ma part, j'ai énormément de respect et d'admiration pour Jean-Paul Belmondo, et ceci depuis mon plus jeune âge. C'est tellement facile de cracher sur un film et de le descendre en flèche en étant tranquillement assis sur un fauteuil à regarder le temps s'écouler...
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K.H.
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