GRAN TORINO de CLINT EASTWOOD (2009)
Publié le 30 Avril 2009
ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !
GRAN TORINO
Film américain
Date de sortie: 25 février 2009
Genre: Drame, thriller Durée: 1h55 Tous publics
Conseil personnel: Pour adolescents et adultes.
Citoyen américain d'origine polonaise, Walt Kowalski, vétéran de la guerre de Corée et retraité des usines automobiles de Detroit; vient de perdre son épouse. Délaissé par sa famille, il passe ses journées à pester contre ses voisins, des immigrants asiatiques; tout en astiquant soigneusement ses armes à feu. Lorsqu'un beau jour il surprend un voleur qui tente de s'emparer de sa Ford Gran Torino de 1972, une voiture de course et de luxe, véritable pièce de collection; il voit rouge...
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MON AVIS:
Sapristi, que le temps m'a paru long et interminable jusqu'à ce que je découvre Gran Torino ! Depuis le 25 février dernier, jour de la sortie en salles de ce chef-d'uvre annoncé; je trépigne d'impatience et ronge mon frein en guettant avec nervosité la projection de ce film dans mon cinéma le plus proche. Enfin, après des semaines et des semaines, je l'ai vu ! Et en VO, s'il vous plaît !
Chose extrêmement rare dans le cinéma de ma ville, puisque la majorité des films diffusés sont en version française. Je vous recommande d'ailleurs de voir Gran Torino en VO si cela vous est possible (enfin c'est valable pour tous les films vous diront les vrais amateurs de VO, et je suis bien d'accord là-dessus. Si une version française peut être excellente, elle n'égalera cependant jamais l'originale...). Bref, passons. J'ai enfin vu Gran Torino, disais-je. Et ma foi, après visionnage, j'ai bien envie de dire qu'il existe des films assez beaux pour qu'on mérite de les attendre.
Ce n'est un secret pour personne, chaque nouveau film de Clint Eastwood constitue un événement majeur attendu avec une effervescence particulière. Une effervescence qui a tendance à s'accroître encore avec le temps. Et l'on comprend aisément pourquoi en voyant Gran Torino. Aussi, si tel est son désir (et même si personnellement j'espère encore le voir faire l'acteur, ne serait-ce qu'une fois), Clint Eastwood peut tirer sa révérence en toute sérénité. Avec Gran Torino, il a littéralement été touché par la grâce et semble avoir atteint la perfection absolue, la maestria ultime.
Affirmer que la filmographie de ce talentueux artiste a peu à peu gagné en maturité au fil des années n'est donc pas anodin. Jouissant de son expérience, Clint Eastwood nous livre depuis un certain temps déjà des films plus profonds, plus réfléchis, plus adultes; dont Gran Torino semble être l'apothéose d'une carrière bien remplie, à la fois devant et derrière la caméra.
Ici, l'acteur-réalisateur endosse un rôle taillé sur mesure, celui d'un ancien soldat, Walt Kowalski; vieil emmerdeur teigneux, raciste, grossier... et seul. Veuf depuis peu, mis à l'écart par ses enfants (davantage intéressés par le futur héritage que par leur père...); Walt est un homme solitaire et blessé. Et puis, le destin met sur sa route Tao, son jeune voisin d'origine asiatique. Introverti, sans cesse harcelé par un gang de dangereux voyous qui cherche à le << recruter >>; Tao est un être perdu, condamné à un avenir incertain. En le prenant sous son aile, Walt apprendra à ouvrir son cur au monde et aux autres et trouvera ainsi un nouveau sens à sa vie. Bref, une trame de fond assez classique lorsqu'on y regarde de plus près, heureusement valorisée par une mise en scène délicate et élégante.
Tout en parodiant ouvertement sa propre légende en multipliant les savoureux clins d'il aux rôles qui ont jadis fait sa gloire (à son personnage culte de << Dirty Harry >>, notamment), Clint Eastwood s'interroge sur la vie, la mort, la violence juvénile; et aborde avec infiniment de tendresse et de pudeur des thèmes qui lui sont chers: la solitude, la rédemption, l'amitié, la foi.
Secondé par des jeunes comédiens prometteurs (mention spéciale à Bee Vang, qui campe un très attachant Tao), il insuffle à ce long-métrage de grande envergure une puissance dramatique rare et un sens de l'humour plus mordant que jamais, en même temps qu'une croustillante note d'autodérision souvent bienvenue. Les répliques fusent, jubilatoires; la drôlerie cède doucement la place à l'émotion; et la musique est d'une discrétion et d'une sobriété sublimes.
Et si Gran Torino réussit brillamment à dépasser le stade de la simple chronique sociale, c'est aussi grâce à un stupéfiant final, aussi inattendu que poignant; remarquable plaidoyer contre la loi des armes et du talion.
Alors que d'autres réalisateurs se seraient enfoncés dans le larmoyant et les bons sentiments en versant dans un côté trop moralisateur, Clint Eastwood, lui, parvient à toucher son spectateur en plein cur grâce à une réalisation d'une grande finesse et d'une subtilité inouïe; qui évite les stéréotypes habituels afin de se concentrer pleinement sur l'évolution du personnage principal, plutôt antipathique au premier abord.
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EN BREF:
Gran Torino ou un chef-d'uvre de plus pour un cinéaste qui a su rester lui-même tout en imposant sa patte et en prenant ainsi l'étoffe d'un maître. Un gran(d !) film, orchestré avec savoir-faire et interprété avec autant d'intelligence que de sensibilité. Clint, I love you ! I love you eternally...
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K.H.
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