CERTAINS L'AIMENT CHAUD de BILLY WILDER (1959)
Publié le 19 Mai 2009
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Certains l'aiment chaud (Some like it hot) (1959)
Film américain | Comédie, film musical | 2h01 | Tous publics
Chicago, 1929. Joe et Jerry, deux musiciens au chômage, recherchent vainement un emploi qui leur permettrait de rembourser leurs dettes et de mener une vie plus stable. Un jour, alors qu'ils se rendent dans un garage pour emprunter la voiture d'une amie, les deux compères sont involontairement témoins d'un règlement de comptes entre truands, dirigé par le caïd Colombo les Guêtres. Pris pour cibles, ils parviennent finalement à s'enfuir en se travestissant et en se faisant engager dans un orchestre de jazz exclusivement féminin. C'est là que Joe et Jerry - respectivement devenus Joséphine et Daphné - vont faire la connaissance de la douce Sugar, jeune beauté fatale et insouciante qui rêve d'épouser un milliardaire...
❤ Découverte coup de cœur ❤
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Tant de films à voir en une seule vie ! Entre les classiques incontournables du 7e Art que je me promets de regarder depuis des mois, mais que je n'ai toujours pas eu l'occasion de découvrir (Les enfants du paradis, Les sentiers de la gloire, Zorba le Grec ; notamment), les chefs-d'œuvre récents que je veux aussi voir, mais sans me précipiter (Platoon, pour ne citer que lui) et les films qui sortent en salles chaque semaine (pour l'instant, aucun ne m'intéresse particulièrement) ; Dieu que la liste est bien remplie ! Une liste qui s'allonge encore et encore au fur et à mesure que les jours passent - si je vous dis qu'il faut au moins vivre jusqu'à 100 ans, ce n'est pas pour rien !
Et dans ma liste de films à découvrir figurait également (depuis belle lurette !)... Certains l'aiment chaud. Comédie culte hollywoodienne, réalisée par Billy Wilder en 1959, dont j'avais beaucoup entendu parler, mais qui ne m'attirait pas spécialement, jusqu'à ce que je finisse enfin par me décider - il y a de cela quelques semaines maintenant - à en emprunter le DVD à la médiathèque de ma ville. Au bout du compte, et après visionnage, chef-d'œuvre ou pas chef-d'œuvre ? « Classic or not classic » ?... Eh bien ! ma réponse est un grand OUI, accompagné d'un sourire béat ! Et encore, ce film légendaire mérite bien plus qu'un simple et stupide « oui ». Toujours est-il que je comprends mieux à présent pourquoi Certains l'aiment chaud a laissé une empreinte indélébile dans les mémoires. Et je ne regrette qu'une seule chose : ne pas l'avoir vu plus tôt. Mais ne rechignons pas pour si peu, car il paraît qu'une longue attente peut parfois précéder un plaisir d'une ampleur unique... autrement dit, tout vient à point à qui sait attendre !
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Avec Certains l'aiment chaud, Billy Wilder introduisit une nouvelle forme de comique dans le cinéma d'alors, une forme audacieuse et délicieusement amorale ; jusqu'ici peu exploitée. Jamais un long-métrage n'avait encore osé traiter des rapports hommes/femmes avec autant de légèreté et d'espièglerie, et tout cela sans sombrer dans l'humour facile ou grossier ; ce qui est tout de même assez exceptionnel !
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Si le début du film avec les gangsters n'est finalement qu'un prétexte pour pouvoir lancer l'intrigue, il permet aussi de la clore de manière virtuose et on ne peut plus croustillante ; tout en donnant au réalisateur une très belle occasion de parodier les films noirs des années 1930.
Le scénario, quant à lui, met merveilleusement en valeur les différences entre les deux sexes et exploite avec maestria tout le potentiel comique que cela peut engendrer à l'écran. Les gags, débordants de facétie, sont à se tordre de rire ; tout comme la plupart des répliques, qui atteignent le paroxysme de la dérision. La musique, de son côté, fait preuve d'un rythme et d'une jovialité permanents.
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Niveau interprétation, on pourrait écrire des pages et des pages ; mais il y a tant à dire que cela serait certainement inutile. Préférons donc quelques lignes à une interminable tartine de texte (!).
Si Marilyn Monroe est bien sûr l'héroïne de cette farce trépidante, elle se fait néanmoins voler la vedette par Tony Curtis (le clown blanc) et son acolyte Jack Lemmon (l'auguste). Tous deux forment effectivement un tandem burlesque des plus cocasses. Tantôt complices, tantôt opposés, tour à tour jour et nuit ; ils se renvoient la balle avec délectation et sont excellents dans cet irrésistible numéro de duettistes.
Mais Marilyn n'est pas en reste et apporte évidemment aussi beaucoup à l'histoire, l'illuminant de sa sensualité, de sa fragilité et de son air un brin taquin ; s'imposant à la fois comme l'atout charme et émotionnel du film. Elle nous gratifie en prime de son envoûtante voix de chanteuse, à travers quelques fabuleux morceaux musicaux. Pour ce qui est des seconds rôles, on retiendra plus particulièrement les remarquables prestations de Joe E. Brown, hilarant en milliardaire flegmatique qui tombe sous le charme de Jack Lemmon (alias Daphné, alias Jerry !), ainsi que de George Raft, parfait sous les traits du « parrain » de la mafia.
Faire rire avec autant d'élégance est une chose qui devient extrêmement rare de nos jours, les comédies récentes ayant hélas une fâcheuse tendance à se servir de la caricature ou de la vulgarité pour parvenir à leurs fins. Heureusement qu'il nous reste des longs-métrages tels que Certains l'aiment chaud pour nous rappeler que la finesse humoristique existe - preuve, une fois encore, et comme le dit fort bien le proverbe, que c'est bien souvent dans les vieux pots qu'on fait les meilleures confitures... poupoupidou !
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