Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 19:26

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

Entre rires et larmes, joie et désespoir, l'histoire des membres de la fanfare d'une petite ville minière de l'Angleterre, Grimley, dont le chef - Danny Ormonedroyd, homme ne vivant que pour la musique - rêve depuis toujours de participer aux finales du championnat national des fanfares, qui doivent se dérouler au Royal Albert Hall. Les virtuoses de la fanfare de Grimley auront-ils la chance de pouvoir jouer à Londres ? Et quand bien même vivraient-ils une journée de gloire passagère, quelle médaille la Direction des charbonnages britanniques leur réservera-t-elle à leur retour ?...

Il y a des films dont on parle peu et qui mériteraient pourtant toute notre attention, tant ils ont su créer la surprise au moment de leur sortie en salles. C'est le cas des Virtuoses (Brassed off, en version originale), sorti en 1997. Ce long-métrage de Mark Herman fait partie de ces chefs-d'œuvre discrets et sous-estimés du 7e Art, qu'il faut absolument (re)découvrir si ce n'est pas encore fait.

À partir d'un scénario puissant, Mark Herman nous a livré une chaleureuse et émouvante chronique ouvrière, dans laquelle le drame humain et la critique sociale n'excluent pas le pittoresque, l'humour et le romantisme. La mise en scène, sobre et généreuse, ne s'embarrasse pas d'effets inutiles, laissant les images et la musique parler d'elles-mêmes. Et concernant la musique justement, je ne dirais que ceci: c'est une musique qui, dès les premières notes, fait se dresser les poils des bras et vous donne de grands frissons dans le dos, des frissons qui font partie de ceux que l'on n'oublie pas de sitôt. Quant aux acteurs, ils mériteraient tous d'être cités, car ils dégagent tous à l'écran une vérité criante et infiniment poignante. En premier lieu, on saluera les remarquables performances de Pete Postlethwaite, Ewan McGregor, Tara Fitzgerald et Stephen Tompkinson.

Quand la beauté et la virtuosité atteignent un tel sommet, ça se passe de mots. On se tait, on ferme les yeux et on ouvre tout grand ses oreilles... le concert des Virtuoses va bientôt démarrer... allez l'écouter sans plus tarder !

 

K.H.



Partager cet article
Repost0
11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 16:59

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

LE NOM DE LA ROSE (Der Name der Rose)

Film français, italien, allemand

Date de sortie: 17 décembre 1986

Genre: Drame, policier, histoire  Durée: 2h06  Tous publics

Conseil personnel: Pour adolescents et adultes.

Disponible en DVD et VHS

En l'An de Grâce 1327. Accompagné du jeune novice Adso de Melk, le franciscain Guillaume de Baskerville arrive dans une abbaye bénédictine du nord de l'Italie pour élucider un curieux phénomène qui frappe le saint lieu depuis peu: un moine est tombé du haut d'une tour, tandis qu'un autre est retrouvé mort dans une cuve pleine de sang, quelques jours seulement après l'arrivée de Guillaume. L'ambiance morbide qui règne dans cet endroit hostile et quasiment coupé du monde représente, pour beaucoup, le symbole d'une présence surnaturelle et malveillante. Il faudra bien du courage et de la perspicacité à Guillaume et Adso pour démêler les fils de cette sordide affaire. L'enquête s'annonce d'autant plus compliquée à résoudre que chaque moine semble cacher quelque chose...

  

MON AVIS:

Je l'avoue sans honte, Le Nom de la Rose est un film que j'ai longtemps craint et redouté. Je suis d'ailleurs incapable de vous dire si je l'avais déjà vu en entier, mais tout ce que je sais, c'est que les quelques extraits vus au cours de mon enfance m'avaient marquée et effrayée au plus haut point; et c'est sans doute pour cette raison qu'il m'a fallu autant de temps avant d'oser le visionner.

J'imagine que cela doit vous paraître étonnant et bizarre, étant donné qu'il existe des films qui sont encore beaucoup plus angoissants que Le Nom de la Rose. Mais sincèrement, il faut bien reconnaître que ce ténébreux polar médiéval - construit comme un huit-clos - dégage une atmosphère très particulière et surtout très austère, qui a l'irrésistible pouvoir de mettre littéralement les nerfs du spectateur en pelote (ce qui fut mon cas !).

Réalisé par Jean-Jacques Annaud en 1986, Le Nom de la Rose s'inspire d'un roman éponyme de l'écrivain italien Umberto Eco (que je n'ai pas lu) et qui était considéré comme inadaptable au cinéma. Intimement persuadé que ce livre avait été rédigé pour lui, Jean-Jacques Annaud a relevé le (lourd !) défi de le porter à l'écran, et force est de reconnaître qu'il a eu raison; car Le Nom de la Rose est un petit bijou de thriller historico-métaphysique, qui s'est imposé - au fil des années - comme un classique majeur du 7ème Art.

Robe de bure, visage empli de sagesse et de gravité et sens infaillible de la logique: en Sherlock Holmes du Moyen Âge, Sean Connery - impérial et flegmatique à souhait - se révèle absolument fantastique et impressionnant. On ressent - simplement en observant sa merveilleuse prestation - l'immense plaisir qu'il a dû prendre au cours du tournage, et par moment, on a presque envie de traverser l'écran pour l'accompagner dans cette tumultueuse énigme.

Pour la petite anecdote, c'est Sean Connery lui-même qui insista vivement pour obtenir le rôle de Guillaume de Baskerville, Jean-Jacques Annaud ne voulant - au départ - aucune vedette. Peu enthousiaste, Annaud accepta finalement d'engager Connery... une décision dont il se félicitera en voyant le jeu parfait de l'acteur écossais. Ce qui, entre nous, n'a rien de surprenant lorsqu'on connaît la maestria et l'élégance avec lesquelles l'ex agent 007 se glisse aisément dans tous les registres.

Les personnages secondaires ne sont pas en reste pour autant et ont également la part belle. Que ce soit Christian Slater - alias Adso, le novice - qui faisait là ses premiers pas (très remarqués) de comédien; F. Murray Abraham, délicieusement machiavélique sous les traits du grand inquisiteur Bernardo Gui (à noter que ce personnage a réellement existé); Ron Perlman, touchant sous la bosse du difforme Salvatore; ou encore Michael Lonsdale, toujours égal à lui-même dans la peau (et la tonsure !) de l'Abbé.

L'intrigue, beaucoup plus alambiquée qu'elle en a l'air, s'avère captivante de bout en bout, sans aucun temps mort. On est constamment étonné par sa profondeur et sa richesse. Mais le plus extraordinaire dans tout ça, c'est surtout la mise en scène, qui est incroyablement calme par rapport au propos (bah oui, en général, les meurtres au cinéma sont représentés avec un peu plus d'action et de sang... tandis que là, tout est lent et sobre, bien que certaines scènes soient un peu glauques). C'est d'ailleurs dans ce calme permanent que surgit ce suspense oppressant et redoutable.

Pour en revenir au scénario, si il est aussi fort, c'est peut-être aussi parce qu'il mêle habilement thriller et reconstitution historique. Le Nom de la Rose dresse effectivement un saisissant portrait de l'Inquisition. Époque de troubles et d'agitation, où l'Église - alors perdue dans ses propres convictions et en proie au doute (le clergé devait-il garder ses biens ou faire vœu de pauvreté, c'est justement la délicate question qui est subtilement évoquée à travers ce long-métrage) - avait transformé l'Évangile d'amour du Christ en un message effrayant et inhumain, presque annonceur de l'Apocalypse.

C'est aussi au cours de cette sinistre période que de nombreux innocents accusés d'hérésie furent torturés et massacrés par l'Inquisition, et tout cela au nom même de Dieu... Bref, Le Nom de la Rose, en plus de nous tenir en haleine avec une savoureuse enquête policière fertile en suspense et rebondissements, nous offre également un passionnant et très instructif voyage dans le temps.

Un petit mot aussi pour souligner le travail méticuleux qui a été réalisé autour de la photographie, belle et froide; de la lumière, discrète mais efficace; et des décors, tout bonnement grandioses (et concernant cela, il faut savoir que la lugubre abbaye dans laquelle se déroule cette macabre histoire n'existe pas en réalité, puisque ça n'est que du décor... oui, j'ai bien dit que du décor !!! Ça mérite un coup de chapeau !).

Parce que même si ces trois détails semblent sans importance, ils ont néanmoins grandement contribué à la réussite de cette œuvre, qui fustige obscurantisme et fanatisme. J'achèverai en applaudissant le talent du compositeur James Horner, qui pour ce film d'exception; nous a concocté une partition musicale sublime, spirituelle mais pas trop, à la fois envoûtante et terrifiante; tout en étant pleine de nostalgie, de mélancolie et de romantisme.

  

EN BREF:

<< L'habit ne fait pas le moine >>: ce proverbe prend tout son sens lorsqu'on l'applique au Nom de la Rose. Le chef-d'œuvre de Jean-Jacques Annaud, sans aucun doute, et probablement le plus beau rôle de Sir Sean Connery.

K.H.

NOMINATIONS ET RÉCOMPENSES PRINCIPALES:

Le Nom de la Rose a obtenu le César du meilleur film étranger en 1987.

Ce film a également été récompensé par le BAFTA Award du meilleur acteur pour Sean Connery.

Au total, 2 nominations et 14 récompenses ont couronné ce long-métrage (le détail complet > ICI).

/>


Partager cet article
Repost0
3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 16:37

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

UN HOMME ET SON CHIEN

Film français

Date de sortie: 14 janvier 2009

Genre: Drame  Durée: 1h34  Tous publics

Conseil personnel: Pour adolescents et adultes.

Site officiel

Jeanne, séduisante veuve, annonce son remariage à Charles et le met à la porte, avec son chien. Elle fut sa maîtresse à la mort de son mari, meilleur ami de Charles pendant leurs années de marine. Enceinte de père inconnu, Leïla, la jeune employée de maison, ne peut lui offrir que son affection et son lumineux sourire. En retour, Charles lui donnera beaucoup plus. Sans autre ressource qu'une maigre pension, la rue attend Charles et son chien. Aucune main ne se tend vers lui et sa dignité lui interdit de tendre la sienne. Et lorsque Charles et son chien se retrouvent seuls sur cette voie de chemin de fer, le fracas du train qui fonce annonce-t-il la fin ou le commencement d'une autre vie ?...

  

MON AVIS:

Mais pourquoi tant de haine ? C'est la première question qui m'est venue à l'esprit après avoir découvert Un homme et son chien. Assassiné par les journalistes, démoli par les spectateurs, ce long-métrage de Francis Huster (librement inspiré de << Umberto D. >>, réalisé par Vittorio de Sica en 1952) a reçu un accueil glacial et hostile au moment de sa sortie en salles. Ce que, personnellement, je trouve totalement injuste, injustifié et dégueulasse.

Sous prétexte que Francis Huster n'est pas un grand réalisateur (je vous l'accorde) et sous prétexte que Un homme et son chien nous montre un Jean-Paul Belmondo âgé et abîmé par la vie (rappelons que le comédien avait été victime d'un grave accident vasculaire cérébral en 2001, qui lui a laissé de lourdes séquelles et l'a éloigné des plateaux de cinéma pendant huit longues années), ce film est un navet ? Non mais excusez-moi d'être aussi franche, mais qu'est-ce que c'est que cette idée à la con ?

Je ne veux vexer personne en disant cela, et je comprends et respecte parfaitement l'avis de ceux qui n'ont pas aimé; mais à quoi ça sert de s'acharner aussi violemment sur ce film ?... Ça n'avance strictement à rien, mais surtout, ça ne fait qu'envenimer le débat au lieu de l'enrichir. D'autant plus que ça me fait sourire de voir que ce film est quasiment considéré comme une honte impardonnable pour le cinéma français et pour la carrière de Belmondo, alors qu'entre nous, il faut bien reconnaître qu'il existe des films encore pires que celui-là.

J'ai eu la désagréable impression, en lisant les vives réactions suscitées par Un homme et son chien, que le handicap (et la vieillesse ?) font encore peur (c'est juste un avis personnel). En effet, de nombreuses personnes ont reproché à Huster de montrer un Belmondo diminué et vieux.

Mais il faut quand même souligner que c'est Bébél lui-même qui a tenu à faire ce film. Et n'en déplaise à certains, je trouve que c'était très courageux de sa part (peu de gens, je pense, auraient eu le courage de tourner un film en ayant son handicap). Rien que pour cela, Bébél reste un grand. Le Magnifique est toujours magnifique. Quoiqu'on puisse en dire. Et à ceux qui affirment que les spectateurs qui iront voir Un homme et son chien sont plus intéressés par l'état physique de Belmondo que par le scénario (remarque que je trouve vraiment stupide et méchante), je réponds qu'en ce qui me concerne, je suis allée le voir en tant que fan de Bébél, et aussi parce que c'était probablement la seule fois de ma vie que j'aurai eu la chance de voir un de ses films sur grand écran.

Un homme et son chien, c'est d'abord une émotion. L'émotion (mais aussi le plaisir) de retrouver un grand monsieur du cinéma français, dont le retour devant la caméra semblait inespéré: Jean-Paul Belmondo. Fatigué mais souriant, l'acteur nous prouve que même après huit ans d'absence, il aime toujours autant son métier; et surtout, il nous prouve que même après avoir eu un sérieux problème de santé, la vie mérite cependant d'être vécue. Forcément, il ne faut pas s'attendre à le voir courir ou faire des cascades comme autrefois. Bébél s'exprime peu, mais c'est à travers son bouleversant regard que se traduit toute la détresse et toute la solitude de son personnage, qu'il interprète de manière sobre et pudique. Lumineuse et attachante, la douce Hafsia Herzi (César du meilleur espoir féminin en 2008 pour << La graine et le mulet >>) lui donne la réplique avec simplicité et sincérité, en incarnant avec justesse une jeune fille paumée et mélancolique. Dans les seconds rôles, nous avons droit à un véritable défilé de vedettes, qui fait peut-être perdre un peu de puissance dramatique à l'histoire... on aperçoit notamment Pierre Mondy, Jean Dujardin (grand fan de Belmondo devant l'Éternel), Michèle BernierRobert Hossein ou encore Francis Huster lui-même.

Le scénario, long à se mettre en place, est de plus assez confus sur certains points. Il souffre également d'une mise en scène un peu brouillonne et qui manque d'expérience (il faut savoir que Huster n'est passé qu'une seule fois derrière la caméra avant de signer ce long-métrage). Et on a parfois l'impression qu'il n'y a aucun fil conducteur, car plusieurs plans se succèdent de façon légèrement incohérente.

Mais malgré ça, la sensibilité est quand même au rendez-vous, et le dénouement - bien que bâclé - m'a néanmoins émue aux larmes. La musique de Philippe Rombi, que beaucoup ont qualifiée de << pompeuse >>, est superbe et vous prend directement à la gorge. Et si le côté un peu trop << larmoyant et bons sentiments >> de certaines scènes aurait sans doute pu être évité, l'immense bonheur de retrouver notre Bébél national est bel et bien réel. Et tant pis pour les spectateurs mécontents qui auraient préféré que l'inoubliable héros de << À bout de souffle >> reste paisiblement en retraite et ne se dévoile pas aussi ouvertement devant un objectif, sans tricherie. Bébél, ainsi que je l'ai déjà dit ci-dessus, a fait preuve d'un impressionnant courage en acceptant de se montrer à nu, tel qu'il est aujourd'hui. Pour l'effort et le travail que ce film a dû lui demander, ça mérite bien un coup de chapeau (ou de borsalino !).

  

EN BREF:

Sûrement pas le chef-d'œuvre de l'année mais pas non plus le navet tant décrié, Un homme et son chien est un véritable OVNI dans la filmographie de Jean-Paul Belmondo. J'imagine qu'après avoir parcouru ces quelques lignes, certains sont en train de vociférer devant leur écran en se disant que je suis trop généreuse et que j'ai vraiment des goûts douteux, mais ce n'est pas dans mes habitudes de massacrer des films, ne serait-ce que par respect envers ceux qui l'ont fait. Et pour ma part, j'ai énormément de respect et d'admiration pour Jean-Paul Belmondo, et ceci depuis mon plus jeune âge. C'est tellement facile de cracher sur un film et de le descendre en flèche en étant tranquillement assis sur un fauteuil à regarder le temps s'écouler...

K.H.

/>


Partager cet article
Repost0
2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 16:51

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

Pour faire son chemin dans le monde corrompu du XVIIIe siècle anglais, un brave garçon - pauvre, tendre et loyal - devient une redoutable crapule. Amant puis époux d'une jeune femme fort riche et non moins titrée, il conquiert la gloire, l'amour et l'argent. Mais pour lui, plus dure sera la chute...

Il y a déjà un certain temps maintenant que je voulais mettre ce film à l'honneur sur mon blog, mais honnêtement, je dois reconnaître que l'inspiration n'était pas au rendez-vous. Ou plutôt, je dirais que mon inspiration n'était pas assez puissante. Effectivement, Barry Lyndon, réalisé par Stanley Kubrick en 1975, est un long-métrage tellement unique et tellement imposant que les mots - aussi nombreux soient-ils - m'ont semblé trop faibles pour exprimer tout ce que l'on ressent à la vision de ce chef-d'œuvre, adapté d'un roman de William Makepeace Thackeray. Aussi, je préfère donc me contenter de quelques lignes pour donner mon opinion. Après tout, tout (ou presque !) a déjà été dit sur ce classique incontournable du 7ème Art.

Bien que Barry Lyndon ne soit pas vraiment le genre de film que je préfère, et bien que j'y ai vu quelques longueurs de-ci de-là (ce qui me paraît normal pour un film qui frôle les trois heures); le propos - d'une richesse et d'une intelligence inouïes - est abordé avec un tel sens du spectacle et de la dramaturgie que l'on ne peut y rester insensible. Et lorsqu'on y ajoute des acteurs au diapason (dans le rôle titre, Ryan O'Neal - tout juste sorti du phénoménal succès de << Love Story >> - est prodigieux, pour ne citer que lui) et une majestueuse musique empruntée aux plus célèbres compositeurs classiques, ainsi que la magnificence exceptionnelle de la lumière, des décors et des costumes; on obtient alors un opéra cinématographique éblouissant, une tragédie symphonique majeure, dont la noblesse et la somptuosité de la mise en scène restent - aujourd'hui encore - inégalées.

Bref, quand l'excellence se mêle à l'élégance, cela donne Barry Lyndon; monument parmi les monuments, mené de main de maître par Stanley Kubrick et soutenu par une interprétation des plus convaincantes. Du bel ouvrage, qui n'a absolument rien à envier aux œuvres de Shakespeare.

K.H.

/>


Partager cet article
Repost0
20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 18:15

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

TWILIGHT - CHAPITRE 1: FASCINATION (Twilight)

Film américain

Date de sortie: 7 janvier 2009

Genre: Fantastique  Durée: 2h10  Tous publics

Conseil personnel: Pour adolescents et adultes.

Site officiel

Isabella Swan - dite Bella - 17 ans, déménage à Forks, petite ville pluvieuse située dans l'État de Washington, pour vivre avec son père. Elle s'attend à ce que sa nouvelle vie soit aussi ennuyeuse que la ville elle-même. Or, au lycée - où elle se fait vite de nouveaux amis -, elle est terriblement intriguée par le comportement de l'étrange fratrie des Cullen, qui est composée de deux filles et trois garçons. Bella tombe follement amoureuse de l'un d'eux, Edward, personnage énigmatique au regard de braise. Une relation sensuelle et dangereuse commence alors entre les deux jeunes gens. Mais lorsque Bella comprend qu'Edward est un vampire, il est déjà trop tard...

  

MON AVIS:

Tout d'abord, il faut savoir qu'à la base, je n'ai jamais - mais alors jamais ! - été attirée par les histoires de vampires, et encore moins par les films de ce genre; tels que << Nosferatu >>, << Entretien avec un vampire >> et j'en passe. De même que je n'ai jamais été attirée par les sagas fantastiques du genre << Harry Potter >>. Oui, je sais que ça peut sembler étonnant de ne pas aimer << Harry Potter >>, mais que voulez-vous ? On est tel qu'on est.

Je vous avouerai donc en toute sincérité que je ne sais absolument pas quelle mouche m'a piquée pour aller voir Twilight - Chapitre 1: fascination, mis en scène par Catherine Hardwicke; étant donné que primo, je n'aime pas les films de vampires - comme je l'ai déjà dit plus haut -; et secundo, je n'ai jamais lu la saga littéraire du même nom. Effectivement, il faut souligner que Twilight, c'est d'abord une saga littéraire née sous la plume de Stephenie Meyer, et dont le succès est semblable à celui d'<< Harry Potter >>.

Bref, si je suis allée voir ce film, c'est tout à fait par hasard, après avoir lu le résumé du scénario dans une revue télé. Résumé qui, je dois le dire, a su séduire mon imagination et m'a soudainement donné envie d'en savoir davantage. Et ma foi, je n'ai nullement été déçue. Je suis allée voir ce film par pure curiosité, sans trop savoir à quoi m'attendre, et je suis ressortie de la projection le cœur conquis. Autrement dit, un beau cadeau pour démarrer cette nouvelle année cinématographique.

Le casting, tout d'abord, frise l'excellence et a été sélectionné avec goût et justesse. Tous les acteurs, des protagonistes principaux jusqu'aux personnages secondaires, sont formidables et possèdent vraiment la << tête de l'emploi >>.

À commencer par le couple vedette Kristen Stewart/Robert Pattinson, dont la complémentarité crève l'écran dès leur rencontre. Kristen Stewart, alias Bella (nom qui lui va d'ailleurs à merveille !), se révèle être une héroïne attachante et douce; à laquelle les spectatrices pourront facilement s'identifier. Plus charismatique que jamais, le ténébreux Robert Pattinson (qui a vraiment tout pour faire chavirer les cœurs et déclencher l'hystérie des fans féminines !) confère au personnage d'Edward un côté mystérieux aussi troublant que fascinant, aussi inquiétant qu'envoûtant; et force est de reconnaître qu'il est absolument divin dans la peau de ce vampire torturé et pris au piège de l'amour. Mention également aux seconds rôles, dont les noms m'échappent, mais qui sont tous parfaits.

Le scénario, particulièrement riche en rebondissements, est ici avantageusement mis en images par Catherine Hardwicke; qui nous gratifie d'une mise en scène prenante et très stylisée, esthétiquement très soignée. Les décors naturels sont en outre d'une beauté renversante et la musique est majestueuse.

Bien entendu, Twilight nous réserve des moments d'action assez spectaculaires; mais il se concentre surtout sur la romance impossible que vivent Bella et Edward, à travers des scènes joliment intimistes, où un simple échange de regards suffit pour comprendre ce qu'ils ressentent l'un pour l'autre, mais voient leur amour sans cesse contrarié par le destin. Bref, voici une métaphore très poétique et très originale sur les premiers émois amoureux et sur le désir adolescent.

Et c'est justement dans cette métaphore que Twilight trouve toute sa puissance. Parce que même si il s'adresse en priorité aux adolescents et aux jeunes filles romantiques en quête d'une histoire d'amour fantastico-gothique, ce long-métrage peut - je pense - aussi séduire un public plus adulte, de par la force de son propos; qui soulève des questions aussi passionnantes que complexes (par exemple, comment une simple mortelle - qui est appelée à vieillir et à mourir - va-t-elle faire pour rester auprès de son bien-aimé, qui lui, a l'éternité devant lui ?...). D'autant plus que Twilight revisite le mythe des vampires de manière audacieuse et le modernise avec autant d'humour que d'inventivité, ce qui donne donc une petite saveur supplémentaire à tout l'ensemble.

  

EN BREF:

Certains vont sans doute penser que je suis trop généreuse, mais sincèrement, j'ai découvert à travers ce << Roméo et Juliette des temps modernes >> un genre de cinéma tout nouveau pour moi, dans lequel je me suis aventurée par le plus grand et par le plus heureux des hasards, et qui au final fut une agréable et surprenante expérience; alors pour cette raison, j'attribue à Twilight la note maximale. Il y a certainement des petits défauts (comme dans tout film qui se respecte, puisque le proverbe affirme que la perfection - la perfection absolue - n'existe pas !), mais j'étais tellement captivée par l'histoire que je n'y ai guère prêté attention. En tout cas, vivement la suite !

K.H.

À LIRE AUSSI SUR LE BLOG, DANS LA MÊME SAGA:

(Cliquez sur les images pour accéder à l'article concerné)

 

/>


Partager cet article
Repost0
14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 19:19

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

Chicago, 1936. Pour venger la mort d'un de leurs amis, qui a été assassiné par les hommes de main d'un certain Doyle Lonnegan, célèbre caïd new-yorkais; les arnaqueurs Henry Gondorff et Johnny Hooker décident de monter une escroquerie de grande envergure destinée à mettre Lonnegan sur la paille. Pour cela, Hooker fait croire au gangster qu'il peut obtenir les résultats des courses avant qu'ils ne soient officiellement connus...

Prenez un réalisateur talentueux nommé George Roy Hill. Puis, choisissez un scénariste de génie tel que David S. Ward. Ensuite, invitez trois acteurs qui ont une gueule et une prestance hors du commun, comme par exemple Paul Newman (le maître), Robert Redford (le disciple) et Robert Shaw (le pigeon). A tout cela, ajoutez une pincée d'humour, un zeste de romantisme et une petite dose de suspense; ainsi qu'une musique légère et facile à retenir. Pour finir, il ne vous reste plus qu'à mixer l'ensemble.

Vous obtiendrez alors L'Arnaque (1973), véritable chef-d'œuvre de la comédie policière américaine, dans lequel l'audace a rendez-vous avec la classe. Du grand art, très justement récompensé par 7 Oscars.

K.H.

/>


Partager cet article
Repost0
19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 14:45

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

GEANT (Giant)

Film américain

Date de sortie: 9 janvier 1957  Date de reprise: 28 septembre 2005

Genre: Comédie dramatique  Durée: 3h10  Tous publics

Conseil personnel: Pour adolescents et adultes.

Disponible en DVD et VHS

Jordan Bick Benedict, jeune et riche propriétaire texan, part dans le Maryland acheter un étalon. Il ramène à son ranch non seulement l'animal, mais aussi une Leslie Lynton, fille de l'éleveur, qu'il vient d'épouser. La jeune femme a beaucoup de mal à supporter l'humeur acariâtre de Luz, la soeur de Jordan, et sa main mise sur le ranch. Révoltée par la condition misérable de la main d'oeuvre mexicaine maltraitée et méprisée, Leslie provoque de vives tensions dans son couple. Un employé de Jordan, Jett Rink, une tête brûlée, pose aussi beaucoup de problèmes à ce dernier. Le jour où Luz décède des suites d'un accident de cheval, Jett hérite d'une petite parcelle de terrain, où il va bientôt découvrir une richesse exceptionnelle: le pétrole...

  

MON AVIS:

Voilà un film qui porte fort bien son titre. Effectivement, Géant, réalisé par George Stevens en 1956; est un monument du 7ème Art, un monument hélas tombé dans l'oubli aujourd'hui, ce qui est vraiment très regrettable.

Ce film fleuve, dans la lignée d'<< Autant en emporte le vent >> (1939), occupe une place de choix dans le panthéon des classiques hollywoodiens; et j'espère donc que cette critique vous donnera envie de (re)découvrir ce chef-d'oeuvre. Car au fond, c'est aussi ça la modeste vocation de ce blog: remettre au goût du jour des films trop méconnus. Si en son temps, Géant a connu un succès plutôt considérable, il est en revanche passé à la trappe de nos jours.

Pour l'interprétation, George Stevens nous gratifie d'un casting en or. Le ténébreux Rock Hudson prête ses traits à un fermier texan fier et implacable, rôle qu'il défend avec une vive ardeur et qui lui sied comme un gant. Plus radieuse que jamais, l'éblouissante Elizabeth Taylor (qui accédera à la consécration planétaire grâce à ce film) est très convaincante en épouse rebelle et franche, dont le caractère têtu n'a d'égal que la générosité et la douceur. Dans son ultime rôle, l'inoubliable James Dean termine sa carrière trop courte sous forme d'apothéose en incarnant - avec tout le talent qu'on lui connaît - un jeune ouvrier pauvre et ambitieux qui va soudainement devenir le plus cynique - mais aussi le plus malheureux - des milliardaires... car l'argent ne fait pas forcément le bonheur... Pour les seconds rôles, on retiendra notamment l'excellent jeu de Dennis Hopper, parfait en fils rêvant de devenir médecin et qui contredit ainsi les projets rêvés par son père.

Le scénario fait preuve d'une richesse et d'une maestria que l'on n'ose même pas soupçonner au premier abord. Entre nous, il faut bien reconnaître qu'il faut vraiment posséder un don hors du commun pour parvenir à passionner le spectateur pendant plus de trois heures avec une simple histoire de famille ! Mais avouons aussi que la distribution est absolument prestigieuse et la mise en scène, particulièrement inspirée, est traversée par un puissant souffle romanesque: bref, tout ce qu'il faut pour faire de Géant une oeuvre grandiose et étourdissante.

D'autant plus que l'intrigue n'est pas uniquement centrée sur cette grande famille du Texas (dont nous suivons les tribulations sur trois générations), puisqu'elle nous donne également l'occasion de découvrir une petite partie de l'Histoire des Etats-Unis, des années 1920 aux années 1950: la place inférieure tenue par la femme dans une société alors très sexiste, le racisme envers les Mexicains ou encore la montée fulgurante du pétrole (entre autres) sont autant de thèmes forts qui sont ici évoqués avec une rare subtilité. A cela s'ajoute la beauté foisonnante des décors ainsi que la magnificence exceptionnelle de la musique, composée par Dimitri Tiomkin.

  

EN BREF:

Réalisateur au zénith de son art, superbe trio d'acteurs (Rock Hudson, Elizabeth Taylor et James Dean, c'est quand même pas rien !) et histoire du tonnerre: que demande le peuple ?... Géant est un film... géant ! A (re)voir à tout prix !

K.H.

NOMINATIONS ET RECOMPENSES PRINCIPALES:

Géant a été nominé 10 fois aux Oscars (dans les catégories meilleur film; meilleur réalisateur pour George Stevens; meilleur acteur pour Rock Hudson; meilleur acteur pour James Dean; meilleur second rôle féminin pour Mercedes McCambridge; meilleure adaptation pour Fred Guiol & Ivan Moffat; meilleure direction artistique pour Boris Leven & Ralph S. Hurst; meilleurs costumes pour Moss Mabry & Marjorie Best; meilleure musique originale pour Dimitri Tiomkin et meilleur montage pour William Hornbeck & Philip W. Anderson). Il n'a finalement obtenu qu'un seul Oscar, celui du meilleur réalisateur.

Ce film a également été nominé 2 fois aux Golden Globes (dans les catégories meilleur film dramatique et meilleur réalisateur).



Partager cet article
Repost0
9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 17:33

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

L'ECHANGE (Changeling)

Film américain

Date de sortie: 12 novembre 2008

Genre: Drame, policier  Durée: 2h21  Tous publics

Conseil personnel: Pour adolescents avertis et adultes. Déconseillé aux âmes sensibles.

Los Angeles, 1928. Un matin, Christine Collins, jeune mère célibataire, dit au revoir à son fils Walter et part au travail. Quand elle rentre à la maison, celui-ci a disparu. Une recherche effrénée s'ensuit, et quelques mois plus tard, un garçon de neuf ans affirmant être Walter lui est restitué. Christine le ramène chez elle, mais au plus profond d'elle-même, elle sait qu'il n'est pas son fils. Elle va alors essayer - par tous les moyens - de convaincre les autorités de continuer les recherches. Mais à qui faire confiance dans cette ville où règne la corruption et le sexisme et dans laquelle il est hors de question (surtout pour une femme) de remettre en cause le système judiciaire ?...

  

MON AVIS:

Quand Clint Eastwood passe derrière la caméra (aussi bien lorsqu'il est devant d'ailleurs), on sait - d'emblée - que l'on peut s'attendre à du lourd, voir même à du très lourd. Il nous le prouve une fois encore avec L'Echange.

Malsain, dérangeant, révoltant, oppressant, parfois même choquant (certaines scènes frôlent l'insoutenable, âmes sensibles s'abstenir): le nouveau long-métrage de l'acteur-réalisateur américain est tout cela à la fois.

Mais c'est aussi dans ce côté traumatisant et coup de poing que réside toute la puissance dramatique de cette oeuvre. L'Echange, c'est d'abord et surtout l'histoire d'un combat, l'histoire d'un amour, l'amour d'une mère qui - pour retrouver son fils disparu - va devoir affronter une justice corrompue et inhumaine, une justice qui n'hésite pas à tuer et à emprisonner des innocents lorsque quelqu'un ose se dresser contre elle. Où est la justice dans tout ça ? C'est justement la question que l'on se pose après avoir vu ce film.

L'Echange fait partie de ces films qui vous mettent littéralement K.O. et il est bien difficile de rester indifférent face à un sujet aussi fort et aussi captivant. Il faut justement souligner que ce film s'inspire d'un fait divers incroyable et pourtant véridique, survenu en Amérique à la fin des années 20.

Personnellement, L'Echange m'a profondément secouée et m'a - pardonnez-moi l'expression ! - remué les tripes. D'ailleurs, je mentirais en affirmant que je n'ai détourné la tête à aucun moment. Le moins que l'on puisse dire, c'est que Clint Eastwood frappe encore très fort et nous colle une gifle mémorable !

Visage marqué, yeux tuméfiés, teint pâle: Angelina Jolie, absolument époustouflante, trouve enfin un rôle à la hauteur de son talent et force est de constater que c'est une véritable révélation. Criante de vérité et de sensibilité, elle ne se contente pas uniquement d'interpréter son superbe rôle de mère-courage, mais le vit avec une rare intensité et une profondeur inouïe. Nul doute que sa prestation restera gravée dans les mémoires. Et pour longtemps.

Mais les seconds rôles ne sont pas en reste et ont également la part belle, dont notamment John Malkovich (pour ne citer que lui), impeccable sous les traits d'un révérend contestataire.

A travers ce scénario sordide et beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît, Clint Eastwood s'intéresse à nouveau aux défaillances du système judiciaire et dresse un portrait peu flatteur de l'Amérique des années 20.

Epoque noire et effrayante de l'Histoire des Etats-Unis, au cours de laquelle << corruption >> était le maître mot; et où les femmes - considérées comme des êtres inférieurs et stupides - avaient juste le droit de - excusez-moi pour le gros mot ! - fermer leur gueule, sous peine d'être jetées dans un asile psychiatrique pour y être - soi-disant... - soignées. Les personnes qui entraient à l'asile avec toute leur tête en ressortaient, bien souvent, complètement cinglées... Autant dire que L'Echange vous glace le sang et vous hante immédiatement. On notera la qualité de la mise en scène, sobre mais très réaliste; le soin méticuleux apporté aux décors et à la photographie; ainsi que la sublime musique.

  

EN BREF:

Poignant et particulièrement éprouvant, L'Echange est un très grand cru et probablement l'un des films les plus aboutis de cette année 2008. A ne surtout pas manquer.

K.H.

NOMINATIONS ET RECOMPENSES PRINCIPALES:

L'Echange a été présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2008. Il y a obtenu le Prix du 61e anniversaire.

/>


Partager cet article
Repost0
29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 17:02

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

EL DORADO

Film américain

Date de sortie: 7 juin 1967

Genre: Western  Durée: 2h00  Tous publics

Conseil personnel: Pour toute la famille.

Disponible en DVD et VHS

Le shérif Jimmy Harrah vient prévenir son vieil ami Cole Thornton que l'homme pour lequel il travaille est une crapule qui s'approprie illégalement des terres. Aussitôt, Thornton va trouver son patron et lui donne sa démission. En partant, il essuie un coup de feu et, en ripostant, tue le tireur caché, un jeune homme qu'il connaissait. Il rapporte le corps à sa famille, et la soeur de la victime, folle de douleur, lui tire dans le dos et l'atteint près de la colonne vertébrale. Une blessure qui provoquera par la suite une brusque paralysie partielle. Quelques temps plus tard, se trouvant dans un bar, Thornton empêche Mississippi, un jeune cow-boy, de tomber dans un guet-apens. Ils deviennent amis et Thornton lui apprend à tirer. Un jour, Thornton découvre son ami, le shérif Harrah, ivre mort dans sa propre prison...

  

MON AVIS:

Tout d'abord, je dois vous avouer que je n'ai jamais été une très grande fan de John Wayne (et je ne le suis toujours pas !), mais si il y a cependant un western du << Duke >> (c'est ainsi qu'était surnommé l'acteur américain, si vous ne le savez pas) que j'ai toujours chéri, c'est bien El Dorado.

Réalisé par Howard Hawks (un spécialiste en la matière) en 1967, ce classique absolu du genre (qui figure parmi les derniers grands westerns hollywoodiens) a bercé toute mon enfance et s'impose sans conteste possible comme mon John Wayne préféré. D'ailleurs, je trouve fort dommage que ce film soit un peu tombé dans l'oubli aujourd'hui.

Pour l'interprétation, le cinéaste a su s'entourer des meilleurs: de John Wayne bien sûr, impeccable (comme d'habitude !) en mercenaire brave et entêté qui essaye tant bien que mal de faire appliquer la justice dans un Far West rongé par la violence; mais aussi d'un autre monstre sacré (Robert Mitchum, véritablement habité par son magnifique et émouvant personnage de shérif désemparé et alcoolique), ainsi que d'un beau gosse à l'avenir prometteur (James Caan, qui faisait là des débuts très remarqués sous les traits d'un jeune premier vengeur et insouciant).

Côté seconds rôles, on retiendra notamment les excellentes prestations d'Arthur Hunnicutt (hilarant en ancien chasseur d'Indiens rusé et grognon) et de Charlene Holt (lumineuse en amoureuse impatiente).

Le scénario n'est pas sans rappeler celui de << Rio Bravo >> (1959), du même réalisateur. Sans crainte de se répéter, Howard Hawks reprend à peu près les ingrédients similaires qui ont fait le succès de ce précédent long-métrage et nous ressert pratiquement la même intrigue; mais la corse en y ajoutant la déchéance physique des deux protagonistes principaux.

Ce qui n'est nullement un obstacle à la mise en scène, toujours aussi dynamique, riche et puissante; faisant preuve de beaucoup d'humour et de noblesse.

Le tout tourné dans des paysages à vous couper le souffle et sublimé par une musique envoûtante et agréablement rythmée.

  

EN BREF:

Servi par une interprétation sans faille et par la verve nerveuse d'Howard Hawks, El Dorado est un film de grand seigneur; pétillant, exquis et enlevé. A savourer sans modération !

K.H.



Partager cet article
Repost0
21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 16:49

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

2001: L'ODYSSEE DE L'ESPACE (2001: A space odyssey)

Film américain, britannique

Date de sortie: 27 septembre 1968  Date de reprise: 7 mars 2001

Genre: Anticipation, science-fiction  Durée: 2h21  Tous publics

Conseil personnel: Pour adolescents et adultes.

Disponible en DVD, VHS et Blu-Ray

A l'aube de l'Humanité, dans le désert africain, une tribu de primates subit les assauts répétés d'une bande rivale, qui lui dispute un point d'eau. La découverte d'un monolithe noir inspire au chef des singes assiégés un geste inédit et décisif. Brandissant un os, il passe à l'attaque et massacre ses adversaires. Le premier instrument est né... Quatre millions d'années plus tard, en 2001, un vaisseau spatial évolue en orbite lunaire au rythme langoureux du << Beau Danube Bleu >>. A son bord, le Dr. Heywood Floyd enquête secrètement sur la découverte d'un monolithe noir qui émet d'étranges signaux vers Jupiter... Dix-huit mois plus tard, les astronautes David Bowman et Frank Poole (ainsi que six savants en état d'hibernation) font route vers Jupiter à bord du << Discovery One >>. Les deux hommes vaquent sereinement à leurs tâches quotidiennes sous le contrôle de HAL 9000, un ordinateur exceptionnel doué d'intelligence et de parole. Cependant, HAL - sans doute plus humain que ses maîtres - commence à donner des signes d'inquiétude: à quoi rime cette mission et que risque-t-on de découvrir sur Jupiter ?...

  

MON AVIS:

Difficile de s'attaquer à un monument incontournable tel que 2001: L'odyssée de l'espace (1968), d'abord parce que c'est un film terriblement ardu et ensuite parce qu'il a déjà été critiqué, étudié, analysé des centaines et des centaines de fois par les plus illustres spécialistes de cinéma au monde.

Je ne l'ai découvert que très récemment, il y a environ deux mois, et il est resté gravé dans ma mémoire comme une empreinte indélébile. 2001 est effectivement un film que l'on n'oublie pas de sitôt.

A partir d'un roman éponyme d'Arthur C. Clarke, Stanley Kubrick nous a livré un OVNI intemporel, qui en son temps, révolutionna (et c'est peu de le dire !) considérablement le 7ème Art et plus particulièrement le domaine de la science-fiction. Désormais, il y aurait un avant et un après 2001. Et bien que les effets spéciaux se soient améliorés et perfectionnés depuis, force est de constater que 2001 n'a pas pris une seule ride et fait toujours preuve d'une sidérante modernité.

Mais comme je le disais ci-dessus, 2001 est également un film très complexe et très froid, qu'il faut savoir digérer. C'est justement à cause de cette complexité (et probablement aussi à cause de sa lenteur) que 2001 n'est pas accessible à tout le monde dès le premier visionnage.

2001 est une oeuvre déstabilisante, déroutante car elle est complètement hors-norme du fait qu'elle soulève beaucoup plus de questions qu'elle ne donne de réponses, et au final, c'est le spectateur lui-même qui doit se faire sa propre réfléxion au sortir de la projection; alors que dans la plupart des films que l'on voit (les films anciens comme les films récents), le spectateur se contente uniquement de recevoir et d'accepter la morale délivrée par le metteur en scène.

J'avais d'ailleurs lu une phrase à ce sujet: << 2001 n'est pas un film qui se comprend, c'est un film qui se ressent >>. Dans un certain sens, je crois que c'est vrai, car chacun est libre d'interpréter 2001 à sa manière, comme il le souhaite, comme il l'entend et comme il l'a vécu.

A travers cette modeste critique, je veux justement essayer de partager avec vous mon ressenti personnel face à 2001, en revenant sur les détails qui m'ont principalement marquée et interrogée.

Je ne prétends pas révolutionner quoique ce soit en exposant mon opinion (puisque j'imagine que tout ce que je vais dire - ou plutôt écrire ! - maintenant a sûrement déjà été évoqué à de nombreuses reprises) et je ne prétends pas non plus que j'ai raison sur tous les points de vue et que c'est indiscutable.

Bien au contraire, si après avoir lu cet article, vous souhaitez ajouter/contester des choses ou simplement me faire part de votre avis, sachez que je serais très heureuse (mais aussi très curieuse !) de le connaître; car ça me permettra peut-être d'avoir un regard encore nouveau sur ce long-métrage d'exception qui, 40 ans après sa sortie dans les salles obscures, continue à déchaîner les passions et les débats et fait toujours couler autant d'encre.

Etant donné que j'en perds un peu mon latin (!), autant commencer par le début du film, à savoir la mythique introduction avec les hommes-singes. Cette superbe séquence (entièrement muette) nous fait savoir d'emblée que nous allons avoir droit à du grand cinéma, puissant et rare.

Une faible tribu de primates, victime d'une bande rivale qui lui dispute un point d'eau, découvre un jour un monolithe noir. Sous son influence, les animaux deviennent des hommes, acquérant l'intelligence en comprenant qu'un os peut devenir une arme idéale de défense. Après avoir tué son ennemi, le chef des singes assiégés rejette l'os, qui vole dans l'air pendant un bref instant avant de nous projeter directement dans l'espace, comme si finalement, quelques secondes seulement séparaient la préhistoire de notre monde contemporain (ça me rappelle d'ailleurs une fameuse citation de Buster Keaton: << Si l'homme descend du singe, il peut aussi y remonter >>). Ce magistral et touchant prologue fait preuve d'une beauté fulgurante, mais aussi d'un pessimisme surprenant. En effet, Kubrick nous démontre que lorsque l'homme préhistorique devient intelligent, c'est pour commettre le premier crime de l'Histoire (!). Scène qui en dit long tout en créant une émotion palpable et inoubliable.

Secundo, la conclusion, aussi énigmatique que poétique et sur laquelle pas mal de spectateurs restent perplexes (il faut bien reconnaître que ce dénouement est vraiment très étrange, tout comme ce film d'ailleurs !).

Réincarnation ? Ou retour dans le passé (Bowman, l'astronaute, se revoit lorsqu'il n'était encore qu'un nourrisson) ?... Le mystère plane sur ce final d'anthologie.

Pour ma part, je crois que ce plan représente le Paradis (dans le sens religieux, je veux dire): Bowman meurt et son âme monte au ciel, âme qui prendrait donc la forme d'un foetus astral (?). Ainsi, il renaît (au sens propre comme au figuré) en revenant aux origines mêmes de la vie.

Je désire à présent m'arrêter sur les deux éléments majeurs de l'histoire: le monolithe noir et HAL 9000, le super-ordinateur super-intelligent (trop intelligent ?...), qui sont tous deux étroitement liés. Le monolithe, lui, s'avère être la définition par excellence du mot << universel >>; puisqu'il est ce qu'on pense qu'il est ou ce qu'on veut qu'il soit.

J'aurai tendance à supposer que le monolithe représente Dieu (c'est en tout cas la première idée qui m'est venue à l'esprit après avoir vu la dernière image). Car dans le plan précédant la fin - lorsque Bowman se retrouve dans une suite de style Louis XVI et se voit, vieux, sur un lit (de mort ?); le monolithe noir apparaît à nouveau devant lui -. Hors, dans beaucoup de livres religieux (ou d'après ce que j'ai appris, du moins), il est dit que lorsque les hommes meurent, ils se retrouvent face à Dieu, avant de pouvoir << entrer >> dans le Paradis. Pour faire plus court, je dirais que le monolithe représente (à mes yeux) tout ce qui dépasse l'être humain, le genre de trucs existant dans l'univers et face auquel l'homme est tout petit. Et concernant le << personnage >> d'HAL (l'ordinateur), je pense qu'il met lui aussi en valeur cette notion de dépassement (en l'occurence ici, HAL représente l'homme dépassé par ses propres inventions... plutôt effrayant).

Enfin, l'ultime chose qui m'a marquée dans 2001, c'est la place tenue par la musique.

Contrairement à beaucoup d'autres longs-métrages, la musique joue ici un rôle primordial dans le déroulement de l'intrigue, car elle contribue à lui donner ce souffle hors du commun, cette apesanteur qui fait que le spectateur se sent comme élevé au dessus de la Terre (ou au dessus de son fauteuil plutôt !), littéralement transporté dans l'espace au même titre que les comédiens. On voyage au rythme de la mélodie (qui est par moment très mystique), sur les plus célèbres airs classiques (personnellement, le cultissime << Also sprach Zarathustra >> - que l'on entend justement dans la bande-annonce présentée en bas de page - me donne des frissons dans le dos et m'émeut dès les premières notes), et 2001 prend ainsi la forme d'une symphonie spatiale... vraiment spéciale !

C'est aussi pour cette raison, je pense, que 2001 est le genre de film qui s'apprécie et se déguste pleinement au cinéma. Parce que 2001 n'est pas un film qui se voit, c'est avant tout un film qui se vit, qui se ressent et qui se contemple (je me répète, je sais...).

Enfin bon, même si le petit écran ne parvient pas à restituer toute l'ampleur et toute la magnificence extraordinaires de ce joyau, 2001 n'en reste pas moins une expérience sensationnelle et unique, à vivre au moins une fois dans sa vie de cinéphile.

Je crois que 2001 est une oeuvre qui, après avoir été vue de multiples fois, peut se regarder les yeux fermés et les oreilles grandes ouvertes... Pour ma part, il me faudra sans doute encore quelques visionnages supplémentaires avant de découvrir 2001 par mon ouïe, sans l'image...

  

EN BREF:

J'achèverai en disant que 2001: L'odyssée de l'espace est un délire cinématographique incroyable, un délire gigantesque mais visionnaire; comme le 7ème Art n'en n'avait jamais vu auparavant, n'en voit pas aujourd'hui et n'en verra plus du tout dans les années à venir. << Un film de ouf >>, comme qui dirait...

K.H.

NOMINATIONS ET RECOMPENSES PRINCIPALES:

2001: L'odyssée de l'espace a été nominé 4 fois aux Oscars (dans les catégories meilleur réalisateur pour Stanley Kubrick; meilleur scénario pour Stanley Kubrick & Arthur C. Clarke; meilleure direction artistique pour Tony Masters, Harry Lange & Ernest Archer et meilleurs effets spéciaux pour Stanley Kubrick & Wally Weevers). Il n'a finalement obtenu qu'un seul Oscar, celui des meilleurs effets spéciaux.

/>


Partager cet article
Repost0