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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 10:35

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

LES HOMMES PRÉFÈRENT LES BLONDES (Gentlemen prefer blondes)

Film américain

Date de sortie: 21 avril 1954  Date de reprise: 9 juillet 2008

Genre: Comédie musicale  Durée: 1h27  Tous publics

Conseil personnel: Pour toute la famille.

Disponible en DVD et VHS - Couleur

Dorothy Shaw et Lorelei Lee sont deux ravissantes chanteuses de cabaret. L'amoureuse, c'est Dorothy: une grande brune apparemment cynique qui, en fait, s'éprend du premier venu... pourvu qu'il soit beau garçon !... Lorelei, elle, est tout le contraire. Cette blonde incendiaire, qui séduit les hommes d'un seul clignement de l'œil, prétend être une idiote pour mieux sonder la fortune de ses soupirants. D'ailleurs, elle a fait son choix. Sa prochaine << victime >> sera Gus Esmond, fils de milliardaire timide et légèrement niais sur les bords...

  

LA CHRONIQUE DE KLEINHASE:

Si l'on me demandait de citer le nom d'une star de cinéma que j'apprends à découvrir depuis quelques mois et dont le style me séduit de plus en plus de film en film au point d'en tomber amoureuse (artistiquement parlant, entendons-nous bien !), je répondrais sans hésiter Marilyn Monroe. Ah, Marilyn !... Mythe sacré d'Hollywood, icône glamour par excellence, Marilyn Monroe est une star à qui je ne portais aucun intérêt particulier il y a encore quelques années, et qui est pourtant en train de devenir l'une de mes actrices fétiches (comme quoi !...). Chacun de ses films est un paquet-cadeau, source d'un plaisir toujours nouveau et différent. 

Ainsi, après avoir vécu un délicieux moment de détente devant << Rivière sans retour >>, << Sept ans de réflexion >> et << Certains l'aiment chaud >>, et en attendant de voir ses autres films (qui, je l'espère, me plairont tout autant !); j'ai récemment découvert Les hommes préfèrent les blondes. Avec un régal semblable à celui éprouvé face aux longs-métrages précédemment évoqués et une joie identique, peut-être même encore plus grande.

Réalisé par Howard Hawks en 1953, Les hommes préfèrent les blondes offrait à Marilyn Monroe son premier vrai rôle important, le rôle qui allait définitivement lui ouvrir les portes de la gloire et faire d'elle la star que l'on sait. Rappelons d'ailleurs que la belle avait déjà travaillé sous la direction de ce cinéaste, pour les besoins de << Chérie, je me sens rajeunir >>, en 1952. Il faut aussi préciser que Les hommes préfèrent les blondes fut la seule comédie musicale réalisée par Howard Hawks qui, bien que mélomane, ne se sentait pas très à l'aise dans ce genre cinématographique plutôt spécial, il est vrai (!).

Le scénario, diablement coquin et farceur, aborde avec une certaine ingéniosité deux sujets plutôt osés et assez tabous pour l'époque: le sexe et l'argent. Effectivement, si l'histoire peut aujourd'hui prêter à sourire par son côté un peu désuet (absolument charmant, d'ailleurs !), il faut dire qu'en son temps, elle bluffa tout le monde de par la légèreté et l'espièglerie avec laquelle elle traite des relations hommes/femmes et du pouvoir que le << Dieu Fric >> exerce sur nous, pauvres imbéciles que nous sommes à nous mettre dans tous nos états pour quelques malheureux billets...

Ce qui peut fortement agacer de nos jours, car le sexe masculin comme le sexe féminin n'est nullement épargné et la caricature est poussée jusqu'à l'extrême, entre la représentation de la brune très maligne mais qui se laisse mener par le bout du nez à cause de l'amour, la blonde un peu cruche qui jubile dès qu'on prononce devant elle le mot << diamant >>, le vieux riche qui passe du bon temps avec de jeunes et jolies femmes sans se soucier de son épouse mais fait néanmoins preuve d'une certaine lâcheté, le détective beau gosse et manipulateur, et le fils << à Papa >> milliardaire mais assez crétin. Cette caricature volontairement excessive peut énerver, mais elle apporte justement à l'histoire tout son sel et toute sa saveur.

Surtout que derrière ce ton très grotesque se révèle une vraie profondeur, Howard Hawks ayant réussi à dresser une fine peinture des rapports garçons/filles, et cela avec beaucoup d'élégance et de maîtrise. En outre, on ne peut que vanter la splendeur étourdissante des chorégraphies et de la musique, ainsi que la magnificence incroyable et divinement envoûtante du Technicolor.

À noter également la richesse et la précision des gags, souvent forts drôles sans jamais être lourds ou déplacés (voilà bien ce qui manque dans le cinéma comique actuel: l'humour qui fait vraiment rire sans être vulgaire ou méchant... de nos jours, si on n'entend pas le mot << cul >> toutes les dix répliques, ce n'est pas drôle... Mais bon sang, on peut faire rire sans forcément se sentir obligé d'employer la grossièreté !... La preuve avec Les hommes préfèrent les blondes... non, c'est trop compliqué de faire rire sans être malpoli ?... Bah tant pis alors, faudra se contenter des vieilles comédies...).

Enfin, point de vue casting, on applaudira bien sûr la remarquable performance de Marilyn Monroe, au sommet de sa beauté et de son talent, plus craquante que jamais dans le rôle de la femme fatale à qui aucun homme (ni aucun diamant !...) ne résiste. On ne peut d'ailleurs s'empêcher de penser, en voyant ce film, que sa mort brutale et prématurée constitua une perte majeure pour le 7e Art... chienne de vie, tiens !

Pour autant, même si les hommes préfèrent peut-être les blondes, les brunes ne comptent pas pour des prunes (!) et on soulignera donc le jeu subtil de Jane Russell, qui forme avec Marilyn un duo hilarant et très complémentaire, qui tire brillamment profit de l'opposition de leurs caractères et de leurs personnalités, donnant ainsi lieu à un face-à-face enlevé et explosif (la scène du tribunal, où Jane Russell se fait passer pour Marilyn, vaut le détour à elle seule !). Devant ce tandem à priori improbable, les personnages masculins peuvent sembler bien fades mais tiennent toutefois une place capitale dans le déroulement de l'intrigue, alors saluons comme il se doit tous ces messieurs qui ont contribué, par leur présence et par leurs prestations, à la réussite de Les hommes préfèrent les blondes: Charles Coburn (le vieux riche), Elliott Reid (le détective) et Tommy Noonan (le fils milliardaire timide et naïf). Sans oublier l'apparition inattendue, dans un second rôle, du comédien français Marcel Dalio.

  

EN GUISE DE CONCLUSION:

Les hommes préfèrent les blondes est le genre de film que l'on peut revoir plusieurs fois d'affilée sans se lasser, car c'est du cinéma multicolore, pétillant, joyeux, farfelu, enchanteur; servi avec entrain et classe par deux partenaires de chic et de choc, Jane Russell et Marilyn Monroe, la brune à l'esprit rapide et la blonde faussement stupide, la brune romantique à la répartie bien caustique et la blonde un peu machiavélique aux idées gentiment diaboliques, la brune aussi amoureuse que généreuse et la blonde langoureuse aux mains cajoleuses. En bref, nous avons affaire ici à un véritable bijou de malice et d'humour, qui donne furieusement envie de chanter et de danser, mais qu'il est préférable de voir en version originale car le doublage français (excepté une ou deux voix) a très mal vieilli et est globalement assez moche, surtout dans les passages musicaux (quel massacre d'avoir adapté - si l'on peut dire ! - les chansons dans la langue de Molière, ça dénature totalement l'histoire et ça casse le rythme...). Doubler un film, c'est bien, mais lorsqu'il s'agit d'une comédie musicale, il vaudrait mieux ne pas toucher aux chansons et les traduire par l'entremise de sous-titres... au moins, le spectateur pourrait profiter des voix originales tout en comprenant les paroles... mais c'est encore un autre débat... Quoiqu'il en soit, voyez au plus vite Les hommes préfèrent les blondes si vous ne le connaissez pas encore !

K.H.

Nominations et récompenses obtenues, le détail complet > ICI



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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 11:26

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

INTO THE WILD

Film américain

Date de sortie: 9 janvier 2008

Genre: Aventures, drame, biographie  Durée: 2h22  Tous publics

Conseil personnel: Pour adolescents et adultes.

Disponible en DVD et Blu-Ray - Couleur

Site officiel

Christopher McCandless a 22 ans, de brillants diplômes et un avenir qui semble déjà tout tracé. Le jeune homme a pourtant bien d'autres routes dans le sang. Animé par une soif d'absolu et de liberté sans limite, il plaque tout du jour au lendemain pour partir à l'aventure. Des champs de blé du Dakota aux flots déchaînés du Colorado, en passant par les déserts de Californie, Christopher croisera des hommes et des femmes qui vont façonner sa vision de la vie. Au bout du voyage, le choc avec la nature brute: l'Alaska...

  

LA CHRONIQUE DE KLEINHASE:

C'est ce que j'appelle se prendre (pardonnez-moi l'expression qui, je le conçois, n'est pas très jolie !) une putain de claque dans la gueule. Balancé ainsi, je sais bien que le terme peut paraître honteusement grossier (d'ailleurs, je m'excuse sincèrement si je vous ai choqué, ce n'était nullement mon objectif !), mais afin de définir d'emblée ce que j'ai ressenti face à Into the Wild - qui est un film à l'état brut - il me fallait donc, logiquement, une phrase à l'état brut.

Si l'on me demandait de résumer Into the Wild en seulement deux mots, je dirais que ce fut pour moi un film coup de cœur en même temps qu'un film coup de poing. Coup de cœur parce que je raffole de ce genre de récit à but initiatique et philosophique, et parce qu'ensuite, j'apprécie les films qui mettent en valeur la beauté du monde qui nous entoure, que ce soit le monde sauvage, animal ou social. Coup de poing parce qu'il y a bien longtemps qu'un film ne m'avait pas autant secouée, remuée, touchée.

Mais attention !... Quand je dis << toucher >>, je l'entends de deux manières. Parce qu'il existe selon moi deux manières d'être touché(e) par un film: la manière << douce >> et la manière << forte >>. La manière << douce >>, c'est lorsqu'un film m'émeut et m'arrache éventuellement de discrètes larmes, sans pour autant m'empêcher de maîtriser mon émotion. La dernière fois qu'un film m'a touchée de manière << douce >>, c'était en août dernier, avec << Là-haut >> des studios Pixar, dont le début plein de nostalgie m'aura humidifié les yeux durant l'espace de quelques secondes.

La manière << forte >>, c'est lorsqu'un film m'émeut tellement que j'éclate - malgré moi ! - en sanglots, et dans une situation pareille, je crois que je serais capable de verser toutes les larmes de mon corps (!). La dernière fois qu'un film m'a touchée de manière << forte >>, c'était... pffiou, je ne m'en souviens même plus. Au hasard, je dirais que c'était avec << Les Lumières de la Ville >>, de Chaplin.

Car oui, sans vouloir passer pour une dure à cuire, je dois dire que je pleure vraiment très rarement devant un film. Non pas que je sois indifférente au spectacle qui se déroule sur l'écran, bien au contraire, mais disons plutôt que j'arrive généralement à dominer ma sensibilité. Sauf face à Into the Wild, devant lequel je n'ai rien dominé du tout (j'ai bien essayé pourtant, mais en vain !) et qui m'aura donc touchée de manière (très !...) << forte >>. La nuit qui a suivi, je n'ai d'ailleurs pas pu dormir pendant près d'une heure (ce qui, là aussi, ne m'était pas arrivé depuis un bon bout de temps...).

Tandis que je me tortillais dans tous les sens dans mon lit et me retournais encore et encore dans l'espoir de retrouver le sommeil (j'ai fini par le retrouver, au passage !), les images se bousculaient dans mon esprit: inconsciemment, je repensais à Into the Wild, à ce film qui a continué à me bouleverser et à me faire pleurer plus de dix minutes après que le générique de fin soit passé.

Et maintenant que je rédige ces lignes (d'ailleurs, cela vaut-il vraiment la peine de commenter ce film sur lequel tout - ou presque ! - a déjà été dit ?...), les poils se hérissent sur mes bras, les frissons me bousculent le dos et Into the Wild défile à nouveau dans ma tête. Comme si, finalement, l'émotion qui m'a envahie il y a près de deux semaines, lorsque je l'ai découvert pour la première fois, m'habitait encore et était toujours enfouie au plus profond de ma chair, sans que je ne m'en rende compte.

Réalisé par Sean Penn en 2007, Into the Wild (qui peut se traduire par << En pleine nature >>) est l'adaptation cinématographique de << Voyage au bout de la solitude >>, un livre écrit par Jon Krakauer en 1996 et qui relate l'histoire vraie de Christopher McCandless; un brillant étudiant qui quitta ses proches et sa maison en 1990, pour partir à l'aventure (<< Être libre, ce n'est pas seulement ne rien posséder, c'est n'être possédé par rien >>, se dit-on à la vue de ce fait divers incroyable et pourtant véridique).

Ce voyage - lourd de sens - s'achèvera en Alaska, en 1992, dans des circonstances tragiques; puisque Christopher McCandless fut retrouvé mort par des chasseurs, dans le bus abandonné où il avait élu domicile depuis quatre mois, après s'être intoxiqué en mangeant des plantes non-comestibles. Ironie du drame, cette nature où il avait voulu s'enfoncer à tout prix l'aura finalement tué... preuve que l'homme n'est rien du tout face à l'univers, rien d'autre qu'un passeur qui cherche depuis la nuit des temps à devenir le maître du monde; mais oublie toujours qu'une infinie puissance règne au-dessus de lui, une puissance insoupçonnable face à laquelle même le plus riche et le plus fort des hommes ne peut rien. Car nous, mortels, ne sommes qu'ombre et poussière... de la poussière, l'homme est né, de la poussière, l'homme finira... Et si la nature peut être pendant un temps plus ou moins éphémère une consolatrice idéale, elle se révèle bien souvent dangereuse et oppressante, incompréhensible et capricieuse.

Nul doute qu'en signant Into the Wild, Sean Penn a concrétisé un projet qui lui était très cher, puisque il lui aura fallu dix ans de négociation pour que la famille de Christopher McCandless accepte que ce film voit le jour. Et le résultat final est à la hauteur de son ambition.

Beau sans être tape à l'œil, poignant sans être larmoyant, lent sans être long; Into the Wild dégage une pureté et une émotion exceptionnelles, dont l'authenticité est pour le moins saisissante. Entièrement tourné en décors naturels, dans les lieux mêmes que son protagoniste principal a traversé, Into the Wild est l'un de ces rares films qui ont la valeur de classique instantané, de chef-d'œuvre immédiat. Traité sur un mode narratif qui alterne habilement flash-back et retours dans le présent, le scénario est très fidèle à l'histoire originale dont il s'inspire, Sean Penn étant allé jusqu'à reproduire à l'identique le bus où Christopher McCandless a vécu les ultimes mois de sa courte et singulière existence.

Si Leonardo DiCaprio fut initialement pressenti, c'est finalement le jeune et prometteur Emile Hirsch qui hérite du rôle de Christopher McCandless. Charismatique tout en restant on ne peut plus sobre, il s'impose sans conteste comme une révélation à surveiller de très près et nous livre une prestation éblouissante, pleine de retenue et de sensibilité (il faut d'ailleurs savoir que le comédien s'est beaucoup investi durant ce tournage, perdant près de 20 kilos pour le besoin des scènes finales).

Pour l'entourer, Sean Penn a su sélectionné une pléiade d'excellents seconds rôles et retrouve notamment Marcia Gay Harden (à qui il avait donné la réplique dans << Mystic River >>, en 2003) et qui interprète ici - avec beaucoup de délicatesse - la mère du héros (ou du anti-héros devrais-je dire, car Christopher reste un être humain tout au long de son voyage, un être humain avec ses qualités et ses défauts, ses forces et ses faiblesses, ses joies et ses peines), tandis que William Hurt incarne avec conviction son père et Jena Malone, sa sœur, la seule personne qui l'a réellement compris et avec qui il entretenait une relation très proche et très complice. N'oublions pas de saluer les jolies performances de Brian Dierker et Catherine Keener (le couple de hippies qui se déchire), et de Hal Holbrook, tout à fait attachant en ancien militaire rongé par la solitude; ainsi que de Vince Vaughn, sympathique en patron un peu truand sur les bords. À noter aussi la présence au générique de Kristen Stewart, l'héroïne de la saga << Twilight >>, lumineuse en jeune chanteuse hippie qui s'éprend de Christopher. La somptuosité des grands espaces naturels associée à une musique aux notes parfois très mystiques évoquant encore davantage la liberté recherchée par Christopher ne font que renforcer la magie si particulière et si forte qui règne dans Into the Wild.

Si les spectateurs moyens que nous sommes ont une fâcheuse tendance à considérer le cinéma avant tout comme un banal moyen de divertissement et de passe-temps, Sean Penn le réhabilite à travers ce long-métrage en nous rappelant ce qu'il est vraiment: un formidable vecteur de découvertes, de surprises, d'interrogations; un art (le 7e du nom) universel et unique en son genre, qui se met ici au service d'une ode flamboyante à l'homme, à la nature, à la liberté, à la grandeur, à la beauté, à la foi (oui, il est aussi question de foi dans Into the Wild: foi en Dieu, foi en son prochain, foi en l'avenir); qui renoue avec la vieille tradition des fresques hollywoodiennes dans lesquelles le romanesque et le grand spectacle côtoient régulièrement une pertinente réflexion sur la valeur de l'existence (ce qui me rappelle cette célèbre citation que l'on attribue à André Malraux: << Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie >>) et sur la place de l'être humain sur Terre.

Tel Christopher McCandless à la fin de ce film (une fin d'une magnificence extraordinaire, malgré sa noirceur poignante et littéralement hors norme), tel Christopher McCandless au bout de son périple et de sa quête de soi (et des autres...), Sean Penn semble avoir été touché par la grâce et a atteint, ce qu'on peut modestement appeler, l'illumination de la perfection cinématographique (bien que la perfection - la perfection absolue - n'a jamais existé, n'existe toujours pas et n'existera certainement jamais !).

Bon, je crois avoir fait le tour de Into the Wild, alors je vais conclure sur ces mots, car j'ai les yeux qui commencent sérieusement à me titiller et à me picoter... ce doit être l'émotion, je suppose. Pardonnez-moi si j'ai été un peu longue dans mon développement (très longue, même...), je n'ai pas l'habitude d'aller aussi loin dans les détails, mais toute la palette de sentiments que j'ai éprouvé par l'entremise de ce long-métrage était vraiment spéciale (pour ne pas dire rare); et je me devais donc d'aborder comme il se doit cette œuvre qui se vit autant qu'elle se contemple et qui fait partie de celles qui marquent toute une vie de cinéphile. J'espère simplement - et je le dis en toute humilité - que cette chronique aura servi à vous apporter un regard encore différent et encore nouveau sur ce film qui se redécouvre à chaque visionnage. Et à mon tour, je serais sincèrement enchantée de connaître votre avis personnel, votre vision des choses et le souvenir que vous en gardez (qu'il soit bon ou mauvais !). Car Into the Wild est un film qu'il est intéressant de partager avec sa famille ou ses amis, afin de l'apprécier encore et encore sous un angle neuf, à travers les yeux de quelqu'un d'autre.

  

EN GUISE DE CONCLUSION:

Into the Wild est une œuvre qui se vit non seulement avec son esprit et ses tripes, mais aussi et surtout avec son cœur. Quoiqu'il en soit, si vous ne connaissez pas encore ce film déjà considéré comme un incontournable du 7e Art (et si c'est le cas, je vous envie jalousement, en me disant que vous aurez bien de la chance le jour où vous le découvrirez pour la première fois !...), ne perdez pas davantage de temps à lire ces lignes et regardez-le absolument sans plus tarder. Ce n'est pas un conseil, c'est un ordre: REGARDEZ-LE !!!... Ne soyez pas découragé par sa durée, qui peut certes paraître longue (un peu plus de 2h20 tout de même !), mais qu'on ne voit vraiment pas passer et qui s'écoule à une allure folle. J'aurai même envie de dire que si Into the Wild durait une heure de plus, il se terminerait néanmoins toujours aussi vite, car une fois que l'action s'installe pour de bon et que le souffle passionné cède peu à peu place au souffle passionnant; on se sent immédiatement transporté par la fabuleuse épopée à la fois humaine et philosophique que va vivre ce jeune homme assoiffé d'absolu et de vérité; et plus l'histoire avance, et plus on a l'impression désarmante d'être à ses côtés et de marcher dans ses pas. Alors, n'hésitez plus une seule seconde et voyez-le dès que possible, lorsque l'occasion se présentera devant vous (et le plus tôt sera le mieux...). Quant à moi, Into the Wild fait d'ores et déjà partie de mon top 10. Merci, monsieur Sean Penn, et surtout, bravo. Du cinéma de cette ampleur et de cette qualité, on (j'en...) en redemande plus souvent...

K.H.

Nominations et récompenses obtenues, le détail complet > ICI

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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 10:57

Beau gosse, acteur talentueux, idole des jeunes... James Dean avait toutes les cartes en main pour plaire et pour réussir. Mais derrière la star adulée et vénérée par les foules se cachait un être complexe et insaisissable, un écorché vif à la personnalité tourmentée, un ange déchu aux ailes fragiles de papillon et au regard infiniment mélancolique. Enfant terrible d'Hollywood, James Dean aura eu l'une des carrières les plus brèves du 7e Art, mais aussi l'une des plus légendaires. L'intensité et la justesse extrêmes de son jeu d'acteur auront apporté quelque chose de révolutionnaire dans le monde du cinéma, et aujourd'hui encore, nombreux sont les jeunes comédiens qui s'inspirent de lui. Souvent imité, mais jamais égalé, James Dean possédait une sensibilité à fleur de peau, dont il a rapidement su tirer profit et qui aura ému toute une génération de spectateurs.

 Avec Julie Harris dans À l'est d'Eden (1954)

Cette fureur de vivre qu'il a si merveilleusement restituée à l'écran dans le film du même nom, James Dean l'avait vraiment au plus profond de lui-même. Marqué par une enfance douloureuse (sa mère mourut lorsqu'il eut 9 ans), et entretenant un rapport très conflictuel avec son père, James Dean prit sa revanche en choisissant le métier d'acteur. Élève de l'Actor's Studio, il ne tarde pas à se faire remarquer grâce à ses multiples rôles au théâtre. En 1954, le réalisateur Elia Kazan s'apprête à tourner << À l'est d'Eden >>, une adaptation d'un roman de John Steinbeck. Pour le rôle de Cal Trask, le jeune rebelle qui recherche vainement l'affection de son père qui ne l'a jamais compris, Kazan fait passer des auditions à deux débutants: Paul Newman et James Dean. Ce sera James Dean. Le tournage débute et Kazan décèle très vite en Dean un réel potentiel d'acteur dramatique. Un an plus tard, sur les conseils de Kazan, le metteur en scène Nicholas Ray propose à Dean le rôle principal de son prochain film, << La fureur de vivre >>, dans lequel il donne la réplique à la douce Natalie Wood.

 La fureur de vivre (1955)

Durant tout le tournage de << La fureur de vivre >>, Nicholas Ray laisse à Dean une grande liberté d'improvisation, qui lui permet de peaufiner le personnage qu'il incarne, Jim Stark; adolescent à problèmes incompris par ses parents et qui tente d'échapper à son quotidien morose en participant à des jeux dangereux (bagarre au couteau, course de voiture...). Ce long-métrage qui pose un regard pertinent sur une certaine jeunesse en proie aux doutes et au mal de vivre va permettre à son acteur vedette de devenir la nouvelle idole d'Hollywood. La même année, Dean achève le tournage de << Géant >>, une fresque romanesque sur l'Amérique et ses rêves, également interprétée par Elizabeth Taylor et Rock Hudson.

 Géant (1956)

Sa carrière semble définitivement lancée. Mais le 30 septembre 1955, sur une route de Californie, James Dean perd brutalement la vie dans un tragique accident de voiture. Il n'avait que 24 ans. Fauché en pleine ascension, il appliqua ainsi à la lettre la << devise >> qu'il ne cessa de prononcer tout au long de son existence trop brève: << Vivre vite, mourir jeune et faire un beau cadavre >>. Une étoile prometteuse du cinéma américain s'est à jamais éteinte, partie briller vers d'autres horizons. Étoile filante parmi les cieux, James Dean aura à jamais marqué l'histoire du 7e Art.

ARRÊT SUR IMAGES:

Avec Richard Davalos dans À l'est d'Eden (1954)

Avec Raymond Massey dans À l'est d'Eden (1954)

Avec Julie Harris dans À l'est d'Eden (1954)

Dans La fureur de vivre (1955)

Avec Sal Mineo dans La fureur de vivre (1955)

Avec Corey Allen dans La fureur de vivre (1955)

Avec Elizabeth Taylor dans Géant (1956)

Avec Elizabeth Taylor dans Géant (1956)

Dans Géant (1956)

Si son meilleur film reste incontestablement << À l'est d'Eden >>, l'image de James Dean que je garderai néanmoins en mémoire est cette magnifique scène d'ouverture de La fureur de vivre (qui fut d'ailleurs totalement improvisée), où il apparaît ivre mort, étendu sur la route comme un nourrisson dans le ventre de sa mère, serrant contre son cœur un petit singe en peluche; tel un orphelin apeuré et sans défense, un enfant perdu qui lance à ses parents un déchirant appel à l'aide en même temps qu'un profond cri d'amour...

Ci-dessous découvrez une vidéo-hommage dans laquelle le chanteur Johnny Hallyday interprète << Il n'y a plus de géant à l'est d'Eden >>, une chanson dédiée à la mémoire de James Dean.

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IL L'A DIT:

<< Pour réaliser tout ce que je veux entreprendre, il me faudrait 100 ans... >>



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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 17:07

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

LÀ-HAUT (Up)

Film américain

Date de sortie: 29 juillet 2009

Genre: Animation  Durée: 1h35  Tous publics

Conseil personnel: Pour toute la famille.

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Enfant, Carl avait pour idole l'explorateur Charles Muntz. Plus tard, il épousa Ellie, avec laquelle il vécut un bonheur sans nuages. Mais celle-ci n'est plus et Carl est à présent un vieux grincheux de 78 ans. Sa petite maison menacée par un projet immobilier, il décide un jour de lui attacher des milliers de ballons et s'envole vers l'Amérique du Sud. Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est que le jeune Russell, un scout rondouillard et débordant d'énergie, s'inviterait à son bord...

  

LA CHRONIQUE DE KLEINHASE:

Chaque année à la même période, vers la fin juillet-début août, c'est toujours le même rituel: dès qu'un nouveau Pixar sort en salles, tout le monde (journalistes et spectateurs) s'accorde à dire que c'est LE chef-d'œuvre ultime du studio, parce que c'est le plus beau, le plus magique, le plus audacieux, le plus étonnant film d'animation jamais fait. Or, l'année suivante, ce qui était pourtant considéré comme << LE chef-d'œuvre ultime >> est détrôné par une autre production du studio, bien plus merveilleuse, plus fantastique, plus inventive, etc, etc, etc.

Autrement dit, lorsqu'un nouveau Pixar débarque sur le grand écran, on croit toujours avoir vu l'apothéose finale. Mais Luxo Jr. (la lampe qui sert de logo au célèbre studio) s'illumine aussitôt, comme pour nous dire qu'une œuvre encore plus lumineuse s'apprête à voir le jour.

Car la force de Pixar est de surprendre le public à chaque fois en l'entraînant dans des histoires toujours plus rocambolesques les unes que les autres, tout en l'enchantant avec une animation qui se veut de plus en plus virtuose et créative de film en film. Sorti en salles il y a tout juste un mois, Là-haut en est une nouvelle preuve par excellence.

Mais d'ailleurs, qu'est-ce que Là-haut ? Un endroit mystérieux, un sommet difficile à trouver, un paradis secret où chacun d'entre nous aimerait aller un jour ??... Pour Carl, le personnage principal de ce long-métrage, Là-haut ressemble plutôt à un rêve d'enfant. Un vieux rêve de môme qui ne s'est malheureusement jamais réalisé, faute de chance et peut-être aussi de temps, la vie étant hélas bien trop courte...

Aujourd'hui, Carl est un vieillard bougon et solitaire, qui ne vit plus que dans le souvenir d'Ellie, sa défunte épouse, et attend tristement sa dernière heure. Mais après tout, pourquoi ne pas profiter du temps qui lui reste pour exaucer ce rêve qu'il entretient depuis si longtemps, ce rêve fou qu'il aurait tant voulu partager avec Ellie ?... N'ayant plus rien à perdre, Carl fait s'envoler sa maison en l'amarrant à des milliers de ballons et met le cap sur l'Amérique du Sud. Une destination bien lointaine, où un mythique explorateur s'était jadis rendu alors que Carl n'était encore qu'un gamin timide et peureux. En décidant d'aller là-bas aujourd'hui, Carl espère donc marcher sur les traces de son idole. Seulement, il ignore que Russell, un jeune scout intrépide, s'est embarqué avec lui... d'autant plus qu'une odyssée dangereuse et semée d'embûches attend les deux voyageurs...

Résumé ainsi, le synopsis de Là-haut pourrait sembler complètement banal et sans intérêt: un grand-père ronchon et taciturne qui accomplit un rêve d'enfant et apprend à ouvrir son cœur au monde et aux autres en prenant sous son aile un scout dévoué et bavard, lui aussi victime d'une solitude pesante.

Réduire Là-haut à un simple voyage initiatique et à une réflexion moralisatrice sur les rapports entre un vieil homme et un enfant, c'est vraiment mal connaître Pixar, qui puise dans d'immenses ressources afin d'apporter le plein d'imagination à l'intrigue, qui se révèle donc toujours aussi étoffée et surprenante. Les réalisateurs Pete Docter et Bob Peterson ont également su lui donner un côté très loufoque souvent bienvenu, ainsi que ce petit grain de folie douce qui caractérise toujours les productions Pixar. Sans oublier, bien sûr, la poésie et l'émotion nécessaires à la magie de ce conte tendre et farfelu.

Et une fois n'est pas coutume, l'animation rime avec quintessence. Que ce soit les milliers de ballons multicolores attachés à la maison, les paysages tellement grandioses qu'ils finissent par sembler réels ou les expressions particulièrement saisissantes des visages, l'animation atteint comme d'habitude le zénith de la beauté et de la qualité.

Il faut d'ailleurs savoir que Là-haut est le premier long-métrage Pixar à avoir été spécialement conçu pour la 3D. Si pour ma part je n'ai pas eu le privilège de le découvrir en 3D (le cinéma où je me rends n'étant pas équipé), l'émerveillement et la féerie étaient quand même au rendez-vous. La musique est en outre somptueuse et le doublage, très réussi (quelle bonne idée d'avoir choisi Charles Aznavour pour être la voix française de Carl !).

  

EN GUISE DE CONCLUSION:

Annoncé comme l'une des sorties majeures de l'été 2009, Là-haut aura également eu l'honneur, en mai dernier, de faire l'ouverture du 62e Festival de Cannes... une grande première pour un film d'animation, qui en dit très long sur la place de choix qu'occupe désormais Pixar dans ce genre cinématographique trop longtemps sous-estimé parce que soi-disant principalement destiné à un public surtout fait de jeunes. Avec Là-haut, les brillants créateurs de << Toy Story >>, du << Monde de Nemo >> ou - plus récemment - de l'innovant et prodigieux << WALL.E >> tordent une nouvelle fois le cou à ce stupide préjugé, nous invitant à ranger nos yeux d'adultes au placard et à retrouver pendant 90 minutes notre âme éternelle d'enfant, afin de prendre un bon bol d'air frais en compagnie d'un papy certes un peu emmerdant mais qui, au final, se montrera bien plus attachant qu'il n'y paraît...

K.H.

Nominations et récompenses obtenues, le détail complet > ICI

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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 10:46

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

DUEL

Film américain

Date de sortie: 21 mars 1973  Date de reprise: 28 janvier 2009

Genre: Thriller  Durée: 1h25  Tous publics

Conseil personnel: Pour adolescents et adultes.

Disponible en DVD et VHS - Couleur

Site officiel

Sur une route quasi désertique de Californie, David Mann, représentant de commerce sans histoire, est pris en chasse par un mystérieux poids-lourd alors qu'il se rendait à un important rendez-vous. Si David ne prête d'abord guère d'attention à ce << traqueur >> obsessionnel, il va cependant très vite comprendre que sa vie ne tient plus qu'à un fil...

  

LA CHRONIQUE DE KLEINHASE:

Imaginez: vous êtes au volant de votre voiture et conduisez tranquillement sur une route peu fréquentée et parsemée de magnifiques paysages désertiques, lorsque vous vous retrouvez derrière un impressionnant camion-citerne américain (qui n'a pas non plus l'air très pressé, vu la vitesse à laquelle il circule...), que vous ne tardez pas à doubler... jusqu'ici rien d'anormal ou d'extraordinaire.

Mais à peine une poignée de secondes plus tard, en jetant un furtif coup d'œil à votre rétroviseur, vous constatez avec stupeur que ce camion fonce droit sur vous avec colère et vous double à son tour... pour rouler aussi lentement qu'auparavant !...

Impatient et têtu que vous êtes, vous décidez donc de le doubler une nouvelle fois... ce qui ne semble alors être qu'un petit jeu ridicule et sans importance tourne rapidement au cauchemar lorsque vous vous apercevez que le chauffeur de ce poids-lourd (dont vous ne voyez jamais la trogne...) prend visiblement un plaisir malin et sadique à essayer de vous assassiner, en tentant - par exemple - de pousser votre voiture sur une voie ferrée alors qu'un train est justement en marche...

Ce scénario à première vue improbable, c'est pourtant celui de Duel (1971). Premier long-métrage réalisé par Steven Spielberg (inconnu à l'époque), Duel fut à l'origine uniquement destiné au petit écran, avant de se voir ensuite honoré d'une sortie en salles, sa diffusion télévisée ayant été un véritable succès.

Il est d'ailleurs bien dommage de voir qu'aujourd'hui, cette œuvre est un peu oubliée lorsque l'on demande au public de faire un classement des meilleurs films de Spielberg. Car même si ce n'est que son premier passage derrière la caméra, Duel figure à mes yeux comme l'un des sommets du cinéaste. Un coup d'essai transformé en coup de maître. À la manière d'Hitchcock, Spielberg fait naître le suspense en ne montrant presque rien, mais en suggérant beaucoup. La mécanique de son art repose sur une réalisation banale et sobre, qui joue avec nos nerfs en mettant en scène un automobiliste face auquel nous n'avons aucun mal à nous identifier et à nous reconnaître.

Point de héros, ni de méchant. David Mann, l'automobiliste traqué (subtilement interprété par Dennis Weaver), n'a absolument rien d'un Superman. Il est père, est marié et entretient d'ailleurs une relation assez complexe avec son épouse, qui le mène un peu à la baguette.

Lorsqu'il croise sur son chemin cet énigmatique << chauffeur chauffard >>, son existence paisible se retrouve totalement bouleversée en l'espace de seulement quelques heures. Ne pouvant compter que sur lui-même, David devra apprendre à agir en homme tout au long de cette poursuite infernale et de cette lutte à mort. Une épreuve dont il sortira métamorphosé et grandi. Bref, sous ses allures de huit-clos routier, Duel se révèle également être un road-movie initiatique sur le rapport que l'homme a avec la machine (ici, la machine est une voiture).

On trouve également dans Duel une petite touche de western-spaghetti, Spielberg multipliant les gros plans sur les yeux terrifiés de Dennis Weaver, et le tout se déroulant dans des paysages désertiques, nous rappelant ainsi les décors enchanteurs utilisés dans les westerns italiens (ceux de Leone, notamment).

La musique, bien qu'elle ne soit pas encore signée John Williams (le complice habituel de Spielberg), est néanmoins tout à fait honorable et distille une tension permanente, qui atteint son paroxysme lors de la course-poursuite finale, véritable moment d'anthologie et de bravoure.

  

EN GUISE DE CONCLUSION:

Trois ans plus tard, en 1975, Steven Spielberg terrorisera à nouveau les foules avec un autre long-métrage à suspense se situant cette fois-ci dans le milieu aquatique et qui rencontrera un triomphe planétaire... je veux bien entendu parler des << Dents de la mer >>, monument incontournable du 7e Art. Si bon nombre de gens considèrent << Les dents de la mer >> comme l'un des plus grands thrillers jamais réalisés, Duel - à mon humble avis ! - le surpasse largement en terme d'angoisse et de sueurs froides; du fait que primo, on ne sait pas pourquoi le chauffeur du camion cherche à tuer l'automobiliste, et deuxio, on ne voit jamais son visage (même pas à la fin); ce qui ne fait qu'accentuer encore davantage ce climat oppressant qui règne pendant les 85 minutes que dure Duel. Attachez vos ceintures !

K.H.

Nominations et récompenses obtenues, le détail complet > ICI

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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 17:57

Amies lectrices, amis lecteurs,

Pour cause de pause estivale, Le Terrier de la Lapine Cinéphile ferme temporairement ses portes et vous donne rendez-vous à la rentrée pour de nouvelles aventures cinématographiques :)

En attendant de vous retrouver, je vous souhaite de très bonnes vacances à toutes et à tous ! ;-)



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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 16:25

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

ENSEMBLE, C'EST TOUT

Film français

Date de sortie: 21 mars 2007

Genre: Comédie dramatique  Durée: 1h32  Tous publics

Conseil personnel: Pour toute la famille.

Disponible en DVD

Site officiel

La rencontre de quatre destins croisés qui vont finir par s'apprivoiser, se connaître, s'aimer, vivre sous le même toit. Camille, jeune femme anorexique, fait des ménages le soir dans les bureaux et dessine avec grâce à ses heures perdues. Philibert est un jeune aristocrate féru d'Histoire, bègue, timide, émotif et solitaire. Il occupe un grand appartement que possède sa famille, et qu'il partage en colocation avec Franck, cuisinier au caractère plutôt grognon mais plein de tendresse. Franck aime infiniment sa grand-mère, Paulette, vieille dame drôle et fragile dont il aimerait s'occuper davantage si il n'était pas autant absorbé par son travail. Leurs doutes, leurs chagrins, c'est ensemble que ces quatre personnages radicalement différents les uns des autres vont apprendre à les adoucir, pour avancer et réaliser leurs rêves. Ils vont se découvrir et comprendre qu'ensemble, on est plus fort...

   

MON AVIS:

Si j'ai un goût très prononcé pour les films romanesques et/ou à grand spectacle, je suis aussi très friande d'un cinéma plus populaire, plus simple, plus modeste; qui prône les vraies valeurs de la vie (l'amitié, l'amour, l'entraide, la foi) et met également en images la beauté de la nature et du monde qui nous entoure. Et dans cette catégorie plutôt particulière il est vrai (!), des longs-métrages tels que << Les Enfants du Marais >>, ou << Le Papillon >>, par exemple, font partie de mes références.

Réalisé par le regretté Claude Berri (qui signait justement ici son dernier film... peut-être le plus réussi), Ensemble, c'est tout, sorti en 2007, trouverait tout à fait sa place dans cette catégorie. Inspiré du best-seller éponyme (que je n'ai pas lu) de la romancière Anna Gavalda (dont l'un des précédents ouvrages, << Je l'aimais >>, a d'ailleurs récemment fait l'objet d'un film avec Daniel Auteuil), Ensemble, c'est tout est une œuvre qui ne me disait franchement rien, mais alors rien du tout.

J'en avais vaguement (très vaguement, à vrai dire...) entendu parlé, mais ignorant totalement de quoi il s'agissait et n'ayant rien fait non plus pour en savoir davantage (j'avoue, j'aime faire preuve de mauvaise foi quand ça m'arrange... mais j'imagine que je ne suis pas la seule, non ?...), je ne me suis donc nullement intéressée à ce Ensemble, c'est tout qui aura pourtant suscité l'événement lors de sa sortie en salles et s'est vite imposé comme l'un des beaux succès de l'année 2007, avec pas loin de 3 millions d'entrées.

Mais le hasard (qui fait si bien les choses...) m'a malgré moi conduite à découvrir ce long-métrage, il y a quelques semaines à peine. Après visionnage, je dois bien admettre que j'aurai eu tort de ne pas le regarder... car à mon grand étonnement, j'ai immédiatement été conquise et n'avait plus qu'une seule envie en éteignant mon lecteur DVD: le revoir aussitôt.

Curieux paradoxe chez moi, ce sont souvent les films qui ne m'attirent pas du tout qui me plaisent finalement le plus... et à l'inverse, les films que je veux absolument voir ont de temps en temps tendance à me décevoir et à me laisser perplexe... (je vous rassure tout de suite, ce n'est pas toujours ainsi que ça se passe, que ce soit pour la première ou la deuxième situation, et heureusement d'ailleurs !). D'autre part, il est vrai qu'à cause de mon caractère de tête de mule (et oui, je suis très têtue... mais que voulez-vous, personne n'est parfait !), je rate parfois des films qui avaient pourtant des chances de me séduire. La magie du DVD me donne alors l'occasion de me rattraper lorsque j'ai zappé un film qui valait le coup d'œil... comme ce Ensemble, c'est tout, par exemple.

Si sa prestation dans << Le fabuleux destin d'Amélie Poulain >> (autre film qui a fait grand bruit au moment de sa sortie, mais qui m'a personnellement déçue en raison de sa sophistication et de son intelligentsia poussées à l'extrême, ce qui en devient un brin agaçant) ne m'avait pas laissé un souvenir spécialement mémorable, j'ai en revanche trouvé Audrey Tautou bien plus touchante dans le rôle de Camille, cette jeune femme paumée et anorexique, méprisée par sa mère (Danièle Lebrun, excellente) qui ne la comprend pas.

Gouailleur et viril, Guillaume Canet incarne avec conviction Franck, le cuisinier talentueux et rebelle de l'histoire, pourrait-on dire; qui dissimule derrière son épaisse carapace de dur à cuire un véritable cœur d'artichaut. Principalement acteur de théâtre et sociétaire de la Comédie-Française, Laurent Stocker délaisse temporairement les planches afin d'incarner ici ce qui s'avère être à mes yeux le personnage le plus attachant de cette joyeuse bande: Philibert, aristocrate timide et à l'éducation raffinée, qui n'hésite pas à se moquer gentiment de ses origines bourgeoises et voit sa vie monotone chamboulée grâce à sa rencontre fortuite (et amicale, précisons-le !) avec Camille. Françoise Bertin (alias Paulette, la mamy de Franck) compose quant à elle une grand-mère fort sympathique, dont la fragilité émeut tout particulièrement dans la mesure où elle peut ramener le spectateur à quelques-uns de ses propres souvenirs.

Le scénario est tout ce qu'il y a de plus ordinaire, puisqu'il narre la rencontre de quatre personnes - qu'à priori - tout oppose et qui vont pourtant se lier d'amitié (et peut-être plus pour certains...). En ce sens, la mise en scène de Claude Berri (qui fait preuve d'une belle simplicité) est très réussie, car elle suit attentivement et lentement l'évolution des relations entre chaque individu (et surtout entre Camille et Franck, qui entretiennent d'abord un contact explosif et plus que tendu !).

Mais là où le cinéaste étonne et frappe vraiment très fort, c'est que son film, contrairement à ce qu'on pourrait croire à première vue; ne se dirige jamais vers l'émotion facile ou le larmoyant. L'acidité des dialogues entre Camille et Franck, par exemple, empêche Ensemble, c'est tout de tomber dans une romance à l'eau de rose, ce qui se révèle être un atout considérable pour la bonne continuité du récit. La musique de Frédéric Botton ne s'embarrasse pas non plus d'effets inutiles, préférant miser sur la douceur discrète et la sobriété.

Avant de conclure, j'aimerais juste ajouter que l'appartement dans lequel se situe cette fine observation des rapports humains (et qui n'est en fait qu'un décor bâti pour les besoins du tournage !) constitue également un personnage à part entière dans le déroulement de l'intrigue, car c'est le lieu où tous les protagonistes vont apprendre à faire connaissance et à fraterniser.

Lorsque les êtres se séparent, décidant d'aller vers différents horizons afin de voler eux-mêmes de leurs propres ailes; l'appartement, lui, redevient ce qu'il était au commencement: une banale résidence, luxueuse et vaste; sans cesse appelée à voir de nouveaux visages, de nouvelles histoires et aussi, pourquoi pas, de nouvelles amitiés.

  

EN BREF:

Le cinéma est un immense paquet-cadeau qui nous offre jour après jour son lot de surprises (bonnes ou mauvaises, selon le film concerné !). Ensemble, c'est tout, lui, fait partie de ces bonnes surprises auxquelles on ne s'attend pas forcément et qui cependant, une fois déballées, nous enchantent et nous mettent du baume au cœur en même temps que des lueurs brillantes au fond des yeux, des lueurs pétillantes d'émotion et de bonheur. Un bien joli film, à voir de préférence en famille ou entre amis, afin de partager un bon moment ensemble... et puis c'est tout !...

K.H.

NOMINATIONS ET RÉCOMPENSES PRINCIPALES:

Ensemble, c'est tout a été nominé 3 fois aux Césars en 2008 (dans les catégories meilleure adaptation pour Claude Berri, meilleur second rôle masculin pour Laurent Stocker et meilleur espoir masculin pour Laurent Stocker). Il n'a finalement obtenu qu'un seul César, celui du meilleur espoir masculin.

Au total, 3 nominations et 3 récompenses ont couronné ce long-métrage (le détail complet > ICI).

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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 12:11

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

L'ARMÉE DES OMBRES

Film français, italien

Date de sortie: 12 septembre 1969  Date de reprise: 12 janvier 2005

Genre: Drame, guerre, histoire  Durée: 2h16  Tous publics

Conseil personnel: Pour adolescents et adultes.

Disponible en DVD et VHS

20 octobre 1942, en France occupée. Soupçonné de pensées gaullistes, Philippe Gerbier, ingénieur distingué des Ponts et Chaussées; est arrêté par la police de Vichy et placé dans un camp. Quelques jours plus tard, il est transféré au siège de la Gestapo, à Paris, d'où il parvient à s'évader en tuant une sentinelle. Il rejoint les membres de son groupe, à Marseille. Là, avec Félix et Le Masque, deux de ses hommes; il exécute Dounat, le traître responsable de son arrestation...

  

MON AVIS:

Vingt-cinq ans: c'est le temps qu'il aura fallu à Jean-Pierre Melville avant de pouvoir réaliser L'Armée des Ombres. Vingt-cinq longues années avant que le maître incontesté du polar à la française (on lui doit notamment << Le Samouraï >> et << Le Cercle Rouge >>) ne puisse mener à bien son projet le plus ambitieux et sans doute aussi le plus personnel. Melville s'inspirera en effet de son propre passé de résistant pour mettre en scène ce long-métrage, adapté d'un roman éponyme de Joseph Kessel.

Sorti en salles peu de temps après les événements de Mai 68, L'Armée des Ombres reçut un accueil assez mitigé de la part du public, qui à travers ce drame haletant, voyait ressurgir le douloureux souvenir de l'Occupation; encore très ancré dans les mémoires à cette époque de troubles et de doutes. Beaucoup de gens reprochèrent à Melville son indéfectible fidélité envers le général De Gaulle, tandis que d'autres critiquèrent sa mise en scène, trop identique à celle de ses films noirs.

Finalement, le temps aidant, c'est avec les années que L'Armée des Ombres s'est peu à peu forgé sa réputation de chef-d'œuvre majeur du cinéma français. Et assurément, il demeure à ce jour le plus grand film jamais réalisé sur la Résistance, ainsi que le sommet de la filmographie de son auteur. Pour preuve, lors de sa sortie tardive aux États-Unis, en 2006, L'Armée des Ombres a été unanimement applaudi par les critiques spécialisés et fut même classé << meilleur film de l'année >> par un magazine américain !

D'ores et déjà, L'Armée des Ombres s'annonce passionnant de par son casting exceptionnel, qui réunit toute la crème du cinéma hexagonal d'alors.

Après << Le deuxième souffle >>, Lino Ventura retrouvait pour la seconde et dernière fois Jean-Pierre Melville, qui lui offrait là l'un des rôles les plus marquants de toute sa carrière, celui de Philippe Gerbier, résistant à la forte personnalité.

Pour l'anecdote, il paraît que le comédien et le réalisateur ne s'adressèrent pas la parole durant tout le tournage de L'Armée des Ombres. Quelques temps plus tôt, Melville avait déclaré à la presse que Ventura eut énormément de mal à monter dans le train au début du film << Le deuxième souffle >>. En réalité, le cinéaste avait caché à l'acteur qu'il avait donné l'ordre d'augmenter la vitesse du train...

Quoiqu'il en soit, Lino Ventura nous livre - comme de coutume - une prestation des plus impressionnantes et des plus émouvantes.

Concernant les seconds rôles, Jean-Pierre Melville a su - là aussi - s'entourer des meilleurs de l'époque et a sélectionné chacun de ses interprètes d'une manière on ne peut plus judicieuse.

Paul Meurisse, notamment, est inoubliable sous les traits de Luc Jardie, le chef du réseau de résistance qui n'en n'a pas vraiment l'air; et Jean-Pierre Cassel est formidable dans le rôle de Jean-François Jardie (le frère de Luc, qui ignore tout des activités de celui-ci), une tête brûlée qui ne rêve que d'aventures et parviendra à se faire intégrer au sein du réseau avant de se rendre ensuite à l'ennemi. Paul Crauchet (Félix), Christian Barbier (Le Bison) et Claude Mann (Le Masque) sont magnifiques dans leurs petits rôles respectifs, tandis que Simone Signoret campe avec son talent habituel une résistante à la Lucie Aubrac. À noter également la brève apparition de Serge Reggiani, dans un rôle très court mais ô combien sublime, puisqu'il incarne le coiffeur pétainiste qui aide malgré tout Ventura à échapper aux Nazis.

Là où L'Armée des Ombres surprend et se démarque totalement des autres productions du même type, c'est que Jean-Pierre Melville ne cherche - à aucun moment - à glorifier les différents protagonistes. Il les présente comme des êtres humains tout à fait ordinaires, des gens comme vous et moi, qui ont simplement fait le choix de se battre contre l'ennemi au péril de leur vie.

Ils vivent chaque jour dans le doute et la peur d'être dénoncés et arrêtés. Ils endurent la souffrance sans crier gare et tremblent comme des enfants perdus lorsqu'on les amène à ce qui pourrait être qualifié d'un << abattoir >>. Ils tuent non pas par plaisir, mais par obligation lorsque le danger d'être trahi devient trop grand. Ils agissent non pas par orgueil ou par amour du risque, mais par devoir. Ils sont les << combattants de l'ombre >>, ceux qui sont plus tard entrés dans la lumière par leur courage et par leurs actes, et dont les sacrifices prennent ici bien plus d'importance que les faits héroïques.

Bref, on retrouve dans cette intrigue trois thèmes particulièrement chers au réalisateur: la solitude, l'échec et la mort; qui sont ici traduits par une mise en scène austère et impassible. La qualité minutieuse des reconstitutions confère à L'Armée des Ombres un réalisme absolument frappant.

À la photographie - froide et sombre comme un matin d'hiver - s'ajoute enfin la bande originale poignante du compositeur Éric Demarsan, dont l'un des principaux morceaux musicaux restera d'ailleurs célèbre pour avoir servi de générique à la fameuse émission télévisée << Les dossiers de l'écran >>.

  

EN BREF:

Comme je l'ai déjà souligné ci-dessus, L'Armée des Ombres reste sans aucun doute LE film de référence sur la Résistance, et je recommande à tous ceux qui ne connaissent pas encore ce classique incontournable du cinéma français de le voir impérativement. Une œuvre prenante, rigoureuse et grave, dirigée avec maestria et servie par une interprétation de très grande qualité.

K.H.



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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 14:53

Non, cet article n'a absolument aucun rapport avec le cultissime << Jour de fête >> de Jacques Tati (!). J'en imagine déjà plus d'un se demander ce que peut donc signifier ce billet, puisqu'en ce lundi 29 juin 2009, il n'y a aucun événement spécial ou de fête officielle qui soit inscrite sur le calendrier postal (ou sur le calendrier des pompiers, c'est au choix ! ;-)). Pourtant, dans ma mémoire de blogueuse, le 29 juin constitue pour moi une date clé. Tout simplement parce qu'il y a trois ans jour pour jour, je faisais mes premiers pas de blogueuse sur Allociné, sans savoir (et surtout sans imaginer !) que je serai encore là, trois ans plus tard...

Le jeudi 29 juin 2006 précisément, je donnais naissance à mon premier blog, << Le Cinéma de Kleinhase >>, avec pour seule motivation la curiosité. Une curiosité qui m'a finalement poussée bien plus loin que je ne le pensais au départ, lorsque je vois à quelle vitesse se sont écoulées ces trois années... Je peux bien l'avouer aujourd'hui, quand j'ai commencé cette aventure par le plus grand des hasards, le mot << blog >> ressemblait pour moi à du chinois... J'ignorais totalement ce que c'était, ne savait pas vraiment à quoi ça servait et le pire, ne savait pas du tout comment ça fonctionnait... Bref, en démarrant cette expérience (qui n'était d'ailleurs pas appelée à tenir plus d'un mois !), j'étais une novice. Une novice dans tous les sens du terme. Car en m'inscrivant sur Allociné, le lundi 27 février 2006, mon but était simplement de pouvoir écrire des petites critiques sur des films qui m'avaient plus ou moins touchée. Devenir maîtresse d'un blog était une chose qui me semblait complètement impossible.

Et puis, la curiosité a malgré tout pris le dessus lorsqu'en ce jeudi 29 juin 2006, d'une main légèrement tremblante et hésitante, j'ai ouvert mon premier blog. Au fil des jours, des semaines, des mois; et à ma plus grande surprise, la curiosité a peu à peu fait place à une passion de plus en plus importante. Moi qui avait tenté cette expérience à priori sans lendemain, je fus bien étonnée en constatant que j'y prenais lentement goût ! Et la merveilleuse aventure du << Cinéma de Kleinhase >> aura finalement duré deux ans et demi. Deux ans pendant lesquels j'aurai abordé plus de 260 films et plus d'une vingtaine de stars.

Le dimanche 9 novembre 2008, j'ai mis un terme définitif à l'aventure du << Cinéma de Kleinhase >> afin de me consacrer à ce second blog, Le Terrier de la Lapine Cinéphile, toujours axé sur le 7e Art mais qui se veut plus sélectif dans le choix des films évoqués. Si les débuts ont été difficiles et si il lui arrive encore de rencontrer des hauts et des bas, Le Terrier de la Lapine Cinéphile parvient néanmoins à trouver son rythme et j'ai fini par m'y attacher; au même titre que je m'étais jadis attachée au << Cinéma de Kleinhase >>.

Alors, en ce jour de fête, j'aimerais simplement dire merci à tous les visiteurs (de passage ou les habitués) qui m'ont soutenue pendant deux ans et demi sur << Le Cinéma de Kleinhase >> et qui ont bien voulu me suivre sur Le Terrier de la Lapine Cinéphile. Merci pour votre fidélité, vos commentaires et pour l'attention toute particulière que vous portez à chacune de mes modestes critiques. Si à travers mes écrits je vous ai donné envie de découvrir ou de revoir tel ou tel film, j'en suis très heureuse, car cela voudra dire que j'ai réussi à atteindre mon objectif: vous présenter le cinéma que j'aime, qui me touche, m'émerveille, me tient à cœur. Atteindre cet objectif représente ma première fierté.

Champagne ! :D

Kleinhase

Pour fêter cet anniversaire en musique, et en hommage à Michael Jackson - disparu le 25 juin dernier à l'âge de 50 ans -, je vous propose de (re)découvrir le clip musical de la chanson << We are the world >>; écrite par Jackson en 1985 et qui avait pour but caritatif de collecter des fonds afin de lutter contre la famine en Éthiopie. Cette chanson devenue mondialement célèbre est ici interprétée par Michael Jackson en solo (à l'origine, elle fut interprétée par une vingtaine d'artistes, dont notamment Lionel Richie - qui a également participé à son écriture -, Tina Turner ou encore Ray Charles).



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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 14:35

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

OSCAR

Film français

Date de sortie: 11 octobre 1967  Date de reprise: 11 juin 2009

Genre: Comédie  Durée: 1h20  Tous publics

Conseil personnel: Pour toute la famille.

Disponible en DVD et VHS

Site officiel

Riche industriel, Bertrand Barnier mène une vie prospère auprès de Germaine, son épouse, et de sa fille, Colette. Mais il voit sa paisible existence bouleversée le jour où Christian Martin, son homme de confiance, débarque chez lui à l'improviste et le fait chanter dans le but d'obtenir une augmentation ainsi que la main de sa fille, dont il est l'amant. Christian lui avoue en outre qu'il le vole depuis des années. Pour Bertrand, les ennuis ne font que commencer...

  

MON AVIS:

Impossible pour moi de ne pas évoquer Oscar dans ce blog. En tant que fan absolue de Louis de Funès depuis ma plus tendre enfance (ceux qui me connaissent déjà par mon ancien blog l'auront sûrement remarqué...), je ne pouvais pas me permettre de faire l'impasse sur ce qui s'avère certainement être son meilleur film... l'un des plus réussis en tout cas, et celui, surtout, où l'acteur est le plus énervé (pas étonnant que De Funès ait été victime de trois infarctus - le troisième lui étant fatal - se dit-on à la vue de cet Oscar particulièrement mouvementé !).

Et j'ajoute que par un heureux hasard (mais est-ce bien un hasard ?...), il se trouve qu'à l'heure où j'écris ces lignes, Oscar vient justement de ressortir dans une vingtaine de salles... belle occasion pour ceux qui n'auraient pas encore vu ce classique multirediffusé (si il y en a !), et qui ont la chance d'habiter dans les villes où il est projeté, de le découvrir sur un grand écran !

Réalisé par Édouard Molinaro en 1967, Oscar est à l'origine une pièce de théâtre écrite par Claude Magnier et qui fut jouée pour la première fois en 1958, par Pierre Mondy (dans le rôle de Bertrand Barnier) et Jean-Paul Belmondo (dans le rôle de Christian Martin), avant que Bébél ne soit ensuite remplacé par Jean-Pierre Cassel. Mais c'est grâce à Louis de Funès, qui l'interpréta pas moins de 600 fois sur les planches (!), qu'elle rencontrera le succès. Quelques extraits de cette pièce sont d'ailleurs visibles sur le net, mais elle ne fut malheureusement jamais filmée dans son intégralité.

Pour la petite anecdote, Oscar fit également en 1991 l'objet d'un remake américain, intitulé << L'embrouille est dans le sac >> et avec Sylvester Stallone en tête d'affiche.

Oui, je sais, Stallone reprenant un rôle initialement tenu par De Funès, c'est plutôt louche... mais je vous rassure tout de suite, je ne suis pas devenue << zinzin >> (contrairement à De Funès dans Oscar...) et je n'ai pas non plus fumé de l'herbe aromatisante avant de m'installer devant mon ordinateur !...

Car aussi incroyable que ça puisse paraître, tout ceci est pourtant exact et ce remake << made in Hollywood >> existe bel et bien; mais personnellement, je ne l'ai jamais vu et à vrai dire, ça ne me tente pas du tout; d'autant plus que Stallone, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé ! Et puis bon, ce n'est pas pour jeter de l'huile sur le feu, mais honnêtement, Stallone qui se prend pour De Funès... on aura tout vu. Comme dirait un célèbre personnage de bande dessinée dont je préfère préserver l'anonymat (mais dont le nom se termine toutefois en << ix >>, si vous voyez de qui je veux parler...): << Ils sont fous, ces Romains Ricains ! >>.

En pleine forme, Louis de Funès endosse ici l'un des rôles les plus marquants de toute sa carrière, et aussi - bien sûr - l'un des plus hilarants. Se donnant à fond du début jusqu'à la fin, il se livre à un irrésistible festival de grimaces et de pitreries, tout en ne cessant de s'agiter pour le plus grand plaisir du spectateur.

Et comme dans plusieurs autres films de l'artiste, Oscar contient SA scène culte, à savoir celle où notre Fufu national pète totalement les plombs et mime avec autant de folie que de brio un nez qui s'allonge encore et encore avant d'éclater en lambeaux, devant les yeux ahuris de Claude Gensac, Mario David et Agathe Natanson. Dans les seconds rôles, on retrouve quelques fidèles complices du comédien, tels que Claude Gensac, son inséparable << biche >>; Mario David, qui offre sa carrure athlétique à un kinésithérapeute très costaud mais légèrement abruti sur les bords; et Paul Préboist, à qui l'habit de domestique va à ravir. On retiendra aussi les très bonnes interprétations de Claude Rich, excellent en maître chanteur rusé comme un renard; et d'Agathe Natanson, parfaitement agaçante sous les traits d'une fille pleurnicheuse.

Débordant d'imagination et d'humour, le scénario respecte à la lettre la trame vaudevillesque d'origine. Il faut d'ailleurs souligner qu'au niveau de la mise en scène, ce film est construit comme une pièce de théâtre: peu de personnages, décor unique et absence quasi totale de musique (et à vrai dire, il n'y a pas spécialement besoin de musique, car c'est Fufu qui donne le tempo, de par sa prestation survoltée et délirante).

Les gags et les quiproquos s'enchaînent sur un rythme effréné, et l'intrigue - abracadabrante à souhait ! - se complexifie de plus en plus au fil des minutes, à tel point qu'on en perd un peu le fil. Qu'importe, le rire est au rendez-vous de la première à la dernière seconde, et c'est bien là l'essentiel (on ne saurait bouder son plaisir pour si peu, pas vrai ?...).

  

EN BREF:

Emmené par un Louis de Funès littéralement déchaîné et au zénith de son talent, Oscar constitue un divertissement familial de haute qualité, à savourer sans modération et de préférence autour d'un bon feu, lorsque l'humeur est maussade et que l'on cherche un moyen efficace pour retrouver rapidement le sourire. Une question encore, avant de conclure: pourquoi les films les plus drôles sont-ils toujours les plus courts ?...

K.H.



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