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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 14:15

L'alter ego féminin de James Dean: voilà la première pensée qui me vient à l'esprit lorsque l'on évoque le nom de Marilyn Monroe. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si j'ai décidé de mettre Marilyn Monroe à l'honneur juste après avoir rédigé un premier portrait (voir ICI) consacré à James Dean. L'héroïne glamour des << Hommes préfèrent les blondes >> et l'adolescent rebelle de << La fureur de vivre >> partagent effectivement, selon moi, plusieurs points communs: une enfance difficile, une gloire soudaine et définitive, une mort tragique et prématurée, et surtout, un type de rôles bien défini qui leur collera à la peau durant toute leur carrière et les emprisonnera dans une image réductrice (pour James Dean, cette image sera celle de l'éternel jeune premier incompris et bagarreur en quête d'affection; pour Marilyn Monroe, ce sera l'image de la blonde sexy et pulpeuse, mais souvent très nunuche), sous-estimant ainsi leur vrai talent. Et Marilyn Monroe, tout comme James Dean, avait une personnalité et un caractère extrêmement complexes, insaisissables, tourmentés, énigmatiques. Marilyn Monroe: une déesse en détresse.

 Avec Anne Baxter, Bette Davis et George Sanders dans Eve (1950)

Née à Los Angeles le 1 juin 1926, Marilyn Monroe, de son vrai nom Norma Jeane Mortenson, vit une enfance mouvementée et sans bonheur: ne pouvant s'occuper d'elle, sa mère la placera dans plusieurs familles d'accueil, foyers et autres orphelinats. La petite Marilyn ne connaîtra jamais son père et aura, en guise de famille, de nombreux parents adoptifs. Après son premier mariage avec un voisin, ouvrier dans la première usine de drones radio-commandés, Marilyn débute en 1944 une carrière de mannequin et pose pour différentes revues. Son physique avantageux ne tarde pas à la faire remarquer. Elle fait ses premiers pas au cinéma en 1947, dans << Scudda Hoo ! Scudda Hey ! >>, avant d'enchaîner avec << Les reines du music-hall >> et << La pêche au trésor >>, où elle effectue des apparitions mineures. En 1950, sa carrière prend un nouveau tournant, elle joue sous la direction de deux réalisateurs renommés: John Huston, qui la dirige dans << Quand la ville dort >>, et Joseph L. Mankiewicz, avec qui elle tourne << Eve >>.

 Avec Cary Grant et Charles Coburn dans Chérie, je me sens rajeunir (1952)

Mais ce sont des films comme << Chérie, je me sens rajeunir >>, << Niagara >>, << Comment épouser un millionnaire >> ou encore << Sept ans de réflexion >> qui la consacrent véritablement aux yeux du grand public et de la profession. Les triomphes se succèdent (<< Rivière sans retour >>, << Arrêt d'autobus >>, << Certains l'aiment chaud >>...) mais aussi parfois les échecs (<< La joyeuse parade >>, << Le prince et la danseuse >>, << Le milliardaire >>...). Hollywood est à ses pieds, les plus grands metteurs en scène (Howard Hawks, Billy Wilder, Laurence Olivier, Otto Preminger, George Cukor...) se l'arrachent, et elle donne la réplique à toute la crème du 7e Art (Cary Grant, Lauren Bacall, Robert Mitchum, Jane Russell, Tony Curtis, Ginger RogersYves Montand...).

 Avec Jane Russell dans Les hommes préfèrent les blondes (1953)

Entre temps, Marilyn Monroe se sera remariée à deux reprises, d'abord avec le joueur de base-ball Joe DiMaggio en 1954, puis avec le dramaturge Arthur Miller en 1956, son dernier époux, dont elle divorcera en 1961. Durant toute sa vie, on prêtera à l'actrice de nombreuses liaisons, notamment avec John Fitzgerald Kennedy (pour qui elle chantera le mémorable << Happy Birthday, Mister Président >> lors de la célébration d'anniversaire de ce dernier) et son frère, Robert Kennedy. En 1957 et 1958, la jeune femme est victime de deux fausses couches. Peu après, elle aurait également subi un avortement. S'ensuit une lourde dépression dont Marilyn Monroe, déjà très perturbée sur le plan psychologique, ne se remettra jamais, malgré l'aide que plusieurs médecins tentent de lui apporter.

 Arrêt d'autobus (1956)

Peu à peu, elle sombre dans l'alcool et prend de plus en plus de médicaments dont elle devient inévitablement dépendante, et finit même par être internée dans un hôpital psychiatrique dont elle ressortira au bout de trois semaines de soins. Pour ne rien arranger, ses caprices de star, mais aussi et surtout ses incessants retards sur les plateaux et sa difficulté permanente à apprendre ses répliques, lui attirent les foudres de différents cinéastes ou comédiens, à l'image de Clark Gable, avec qui elle aura une relation particulièrement tendue pendant le tournage des << Désaxés >>, film qui permet par ailleurs à Marilyn de retravailler avec le réalisateur qui a jadis lancé sa carrière, John Huston. Dans ce long-métrage sombre, incompris et méprisé à sa sortie, Marilyn partage également l'affiche avec Montgomery Clift et Eli Wallach. En avril 1962, elle effectue quelques prises de << Something's got to give >>, film au tournage maudit, qui restera inachevé.

 Les Désaxés (1960)

Dans la nuit du 4 au 5 août 1962, Marilyn Monroe meurt brutalement (visiblement victime d'une overdose médicamenteuse), à l'âge de 36 ans. Les circonstances de son décès (suicide, accident, assassinat ?...) ne seront jamais élucidées, ce qui ne fera qu'amplifier encore davantage le mythe absolu qui règne, aujourd'hui encore, autour d'elle et de son statut d'icône mondiale. Une écorchée vive s'en est à jamais allée, emportant avec elle, dans sa dramatique descente aux enfers, un trésor précieux qu'elle aura cherché à conquérir pendant toute son existence, sans jamais parvenir à le trouver: l'amour véritable. L'amour d'une mère qui l'a abandonnée dès son plus jeune âge, l'amour d'un père dont elle ignorait l'identité, l'amour des enfants qu'elle n'a jamais pu avoir... et tout simplement, l'amour tout court.

ARRÊT SUR IMAGES:

Avec Louis Calhern dans Quand la ville dort (1950)

Dans Niagara (1953)

Avec Robert Mitchum dans Rivière sans retour (1954)

Avec Laurence Olivier dans Le prince et la danseuse (1957)

Avec Tony Curtis dans Certains l'aiment chaud (1959)

Avec Yves Montand dans Le milliardaire (1960)

Si je l'ai beaucoup aimée dans ses comédies (notamment dans << Les hommes préfèrent les blondes >> et << Certains l'aiment chaud >>) c'est peut-être cependant dans son rôle dramatique des Désaxés que Marilyn Monroe m'a, à ce jour, le plus impressionnée (et encore, je n'ai pas vu toute sa filmographie !). Un rôle d'une rare puissance émotionnelle, un rôle taillé sur mesure pour une actrice qui fut soudainement happée puis brisée par la gloire, un rôle fort et grave qui donne enfin à Marilyn Monroe la véritable (et hélas ultime, puisque Les Désaxés sera son dernier film) occasion de prouver qu'elle est une artiste à part entière, non seulement une artiste comique de génie, mais également une artiste dramatique d'exception. Un rôle tout en nuances et en profondeur psychologique, dans lequel Marilyn Monroe joue en fait son propre rôle et affronte ses propres démons, crevant ainsi l'écran. Cette seule et sublime scène dans le désert où, totalement perdue et ravagée, elle crie violemment à l'encontre des trois personnages masculins incarnés par Clark Gable, Montgomery Clift et Eli Wallach, et semble en même temps se révolter contre elle-même et contre sa propre souffrance, résume admirablement qui était la << vraie >> Marilyn Monroe: une beauté fragile, aux allures de femme fatale.

Ci-dessous découvrez une vidéo-hommage dans laquelle Marilyn Monroe interprète de sa voix suave et inoubliable << I wanna be loved by you >>, chanson phare du film << Certains l'aiment chaud >>.

Site officiel

Nominations et récompenses obtenues, le détail complet > ICI

ELLE L'A DIT:

<< Une carrière, c'est fantastique, mais on ne peut pas se blottir contre elle la nuit quand on a froid... >>



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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 08:25

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

Pour Manny, Sid et Diego, la vie est beaucoup plus douce depuis que les glaces fondent et que la température remonte. Mais sous l'effet du réchauffement, un immense barrage de glace qui retient l'océan est sur le point de se rompre et menace d'engloutir leur petit coin de paradis. Leur seule chance de survie se trouve à l'autre bout de la vallée... Voilà nos trois héros, accompagnés d'Ellie - une charmante femelle mammouth - et de ses << frères >> Crash et Eddie, deux insupportables opossums, lancés dans un périlleux voyage...

Nous avions fait leur connaissance en 2002, lors d'un premier << Âge de glace >> hilarant et inventif, alors réalisé par Chris Wedge et Carlos Saldanha, qui s'était rapidement imposé comme un classique du cinéma d'animation. Succès oblige, nous les avons retrouvés en 2006 dans cet Âge de glace 2, que Carlos Saldanha a cette fois-ci réalisé en solo. Depuis, ils ont rempilé pour un << Âge de glace 3 >>, situé au temps des dinosaures, et sorti en salles au cours de l'été 2009 (et que je n'ai, pour ma part, pas eu l'occasion de voir, je précise !). En revanche, par un drôle de hasard, j'ai découvert il y a tout juste un mois cet Âge de glace 2... qui sera justement diffusé sur TF1 dans les jours qui viennent !... Curieux, non ?...

Mais au fait, de qui parle-je (oups, ça se dit ??...) lorsque je dis Nous avions fait leur connaissance ?... Pardi, du mammouth Manny, du paresseux Sid et du tigre à dents de sabre Diego... en plus clair, je parle des héros de cette croustillante saga !... Que nous retrouvons avec un immense plaisir dans ce second opus de leurs tribulations préhistorico-humoristico-glaciaires. Parmi les nouveaux venus de cette aventure, il y a - entre autres - la douce Ellie, une attachante femelle mammouth dont le charme ne laisse pas le solitaire Manny de glace (jeu de mots facile, je sais !...), mais qui, hélas pour lui, se prend pour un opossum... la faute à Crash et Eddie, les frères adoptifs d'Ellie... qui sont de vrais opossums, eux !... Bref, des nouveaux venus hauts en couleur et forts en caractère, qui renvoient délicieusement la balle à ces personnages déjà bien trempés que sont Manny, Sid et Diego. Il ne faut pas oublier de mentionner l'auguste de service, l'écureuil Scrat, toujours aussi obstiné à poursuivre son gland et qui continue à déclencher, bien malgré lui (!), une série de catastrophes pour la plus grande jubilation du spectateur (j'avoue, cette petite bestiole me fait fondre de rire... je ne dois pas être la seule dans ce cas, non ?...). Pour ce qui est du scénario, on ne s'attardera pas trop dessus, car il sert surtout de support aux gags et à l'animation, absolument virtuose (signalons tout de même que l'histoire, même si elle est toujours axée sur le registre comique et un brin parodique, a le mérite d'aborder un grave problème d'actualité, qui est le réchauffement climatique et ses lourdes conséquences). Le doublage français (Gérard Lanvin, Elie Semoun, Vincent Cassel, Christophe Dechavanne...) fait à nouveau merveille et la musique se révèle à la fois trépidante et touchante, à l'image de cette odyssée rocambolesque qui célèbre avec drôlerie le sens de l'amitié et de la famille.

Malgré quelques légères longueurs de-ci de-là, cet Âge de glace 2 se suit avec un réel bonheur et constitue un excellent divertissement, barré et joyeusement loufoque, à savourer de préférence en famille ou entre amis. À noter aussi la renversante séquence finale, irrésistible de bout en bout, et qui justifie le coup d'œil à elle toute seule !...

K.H.



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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 16:35

Santé, bonheur, paix et réussite: voilà les vœux que je formule en ces premières semaines de l'année 2010 (pas très original, mais c'est pareil tous les ans, vous me direz...). Bye bye 2009, adieu à une décennie qui fut particulièrement marquante, l'heure est maintenant venue de faire travailler ses méninges et sa mémoire afin de dresser le traditionnel (et incontournable) bilan annuel. Que retiendrons-nous, que retiendrez-vous de 2009, d'un point de vue global ?... L'élection de Barack Obama, la grippe A de l'arnaque et du fric, la révélation de Susan Boyle, la folle course d'Usain Bolt, la main de Thierry Henry ou encore les problèmes de santé de notre Johnny Hallyday national...

Tant d'événements en une année qu'il est impossible de tous les retenir et les citer. Gardons donc simplement en mémoire le meilleur (ou le pire !) de ce que le 7e Art a pu nous offrir au cours de ces douze mois. Place donc au top, à mon top ciné 2009.

Si vous souhaitez réagir en exposant votre propre top, libre à vous de vous exprimer par l'entremise des commentaires. Même si je n'ai vu que 7 films durant cette année 2009 (et oui, le cinéma, c'est bien mais c'est trop cher... voilà pourquoi je préfère me ruer sur les DVD ou le petit écran, lorsqu'il propose des programmes intéressants...), je serais vraiment curieuse et ravie de découvrir vos coups de cœur, vos coups de gueule, vos bonnes surprises et vos déceptions de l'année. N'hésitez donc pas à faire connaître votre opinion, les débats sont ouverts !

AND NOW, LADIES AND GENTLEMEN, THIS IS MY TOP 2009 ! :-D

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TOP CINÉ:

Par ordre de préférence, mon classement des films découverts en salles en 2009.

1) GRAN TORINO de CLINT EASTWOOD

Parce que dans le rôle d'un vieux con hargneux, raciste et solitaire à jamais marqué par les atrocités qu'il a dû commettre pendant la guerre de Corée et qui va (malgré lui) apprendre les sens des mots amitié, foi, famille, tolérance et rédemption; Clint Eastwood excelle et tire sa révérence d'acteur en beauté. Parce que c'est amusant, et en même temps très touchant, de voir Eastwood parodier - avec une autodérision des plus croustillantes - sa propre légende, en rendant hommage, d'une certaine manière, à quelques uns des personnages emblématiques qui ont jadis fait sa gloire. Parce que derrière la trame de fond - assez classique, il est vrai - se cache une vraie réflexion sur la délinquance juvénile et la loi des armes, réflexion qui atteint son paroxysme dans l'inattendu et déchirant final, admirable plaidoyer contre la violence. Parce que c'est le deuxième film DE Clint Eastwood que je vois en salles après << L'Échange >>, mais c'est surtout le premier film AVEC Clint Eastwood que je vois sur grand écran. Forcément, ça ne s'oublie pas de sitôt, surtout lorsqu'on a en plus l'ultime privilège de le découvrir en VO, chose plutôt rare dans le cinoche de mon quartier. Grand film, grand moment, grand réalisateur: un chef-d'œuvre, c'est bien le mot.

Pour plus de détails, lire ma chronique > ICI

2) L'ÉTRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON de DAVID FINCHER

Parce que l'intrigue est absolument passionnante (un homme qui vit sa vie à l'envers, quoi de plus captivant ?...) et offre un regard original sur l'existence, l'amour, la mort, le temps qui passe trop vite sans qu'on puisse jamais le rattraper totalement. Parce que la mise en scène de Fincher est romanesque à souhait (réussissant, par exemple, à rendre extraordinaire une chose apparemment tout à fait anodine) et rend un bel hommage au cinéma hollywoodien des années 50, âge d'or des fresques à grand spectacle dont L'étrange histoire de Benjamin Button s'impose sans conteste possible comme une digne héritière. Parce que dans le rôle principal, Brad Pitt (dont je ne connais rien à la filmographie, il va falloir que je me rattrape !) m'a tout simplement bluffée, et le couple qu'il forme à l'écran avec la délicate Cate Blanchett est de ceux qui font vibrer les cœurs. Parce que malgré quelques légères longueurs, j'ai tout de même pleuré à deux reprises (à la fin, notamment), chose qui m'arrive pourtant assez rarement au cinéma. Et parce que 13 nominations aux Oscars, ce n'est pas rien, même si il n'en a remporté que 3 !...

Pour plus de détails, lire ma chronique > ICI

3) TWILIGHT - CHAPITRE 1: FASCINATION de CATHERINE HARDWICKE

Parce que c'est par hasard et par curiosité que je suis allée voir ce film, après avoir lu un résumé du scénario dans une revue (résumé qui, je dois le reconnaître, m'a emballée); et contre toute attente, j'en suis ressortie captivée et conquise, avide de connaître la suite de cette histoire d'amour impossible fantastico-gothique entre une lycéenne maladroite (Kristen Stewart, lumineuse) et un ténébreux vampire (Robert Pattinson, charmant). Parce que l'intrigue, contrairement à ce qu'on pourrait croire, est particulièrement complexe, soulevant des questions aussi pertinentes que troublantes. Parce que ce film modernise avec humour et tact le mythe des vampires. Pour moi, la bonne surprise de l'année 2009.

Pour plus de détails, lire ma chronique > ICI

4) TWILIGHT - CHAPITRE 2: TENTATION de CHRIS WEITZ

Parce qu'après un premier opus plutôt réussi, l'impatience de découvrir la suite des amours impossibles d'une lycéenne et d'un vampire était immense. Parce que l'intrigue s'étoffe davantage et pose de nouvelles interrogations, toujours aussi passionnantes et difficiles à résoudre. Parce que les effets spéciaux prennent plus d'importance et s'avèrent spectaculaires (les scènes avec les loups-garous). Et parce que même si la mise en scène perd un peu en rythme ce qu'elle gagne en profondeur scénaristique, la tension qui entoure les protagonistes est plus que palpable, et la complémentarité et la sensualité du couple Kristen Stewart/Robert Pattinson (sans oublier le non moins séduisant Taylor Lautner, véritable révélation de ce film) compensent les quelques faiblesses de la réalisation, par ailleurs assez efficace malgré beaucoup de longueurs.

Pour plus de détails, lire ma chronique > ICI

5) UN HOMME ET SON CHIEN de FRANCIS HUSTER

Parce que j'aime l'esprit de contradiction et surtout parce que j'aime défendre - envers et contre tous ! - les films que la critique prend visiblement un malin plaisir à descendre pour des raisons qui me paraissent souvent assez injustifiées. Parce que l'histoire de ce vieil homme usé par la vie est des plus bouleversantes et m'a, personnellement, émue aux larmes. Parce que Jean-Paul Belmondo, dont c'était là le grand retour au cinéma, est toujours un immense acteur, quoiqu'on puisse en dire (le simple fait qu'il ait accepté de tourner ce film à condition de pouvoir se montrer tel qu'il est dans la vraie vie - c'est à dire avec son handicap et sa vieillesse - prouve qu'il est bel et bien un grand artiste, qui ne triche pas avec son public). Parce que même si la réalisation est un peu maladroite et tire parfois trop vers le larmoyant (c'est vrai, je l'admets), la démarche de Francis Huster (qui est, rappelons-le, de rendre hommage à ce monstre sacré que représente Bébél dans l'histoire du cinéma français) est profondément sincère, et cette sincérité transparaît naturellement à l'écran. Et parce que de même que pour Clint Eastwood dans Gran Torino (voir ci-dessus), c'était la première fois (et peut-être bien la seule...) que je découvrais sur grand écran un film avec Belmondo.

Pour plus de détails, lire ma chronique > ICI

6) LÀ-HAUT de PETE DOCTER & BOB PETERSON

Parce que chaque nouvelle production Pixar constitue toujours un événement majeur attendu avec une effervescence particulière. Parce que les maîtres du studio à la lampe montrent une nouvelle fois qu'ils n'ont pas peur de casser les règles habituelles du cinéma d'animation, en choisissant par exemple de prendre un vieux grand-père de 78 ans, solitaire et ronchon, pour héros; ce qui n'est pas si fréquent dans les dessins animés ! Parce que l'animation est, comme toujours, virtuose (même si je n'ai pas eu la chance de le voir en 3D) et l'histoire fait preuve d'une savoureuse loufoquerie (même si je l'ai trouvée beaucoup moins aboutie que dans les précédents films de Pixar... on sent bien qu'il faut que ça dure 1h30 !...). Parce que le début, sorte de flash-back en accéléré, est infiniment émouvant (pour tout vous dire, j'en ai pleuré !) et reste à mes yeux la plus belle partie de ce film, par ailleurs pas toujours aussi surprenant qu'on aurait pu l'espérer.

Pour plus de détails, lire ma chronique > ICI

7) CINÉMAN de YANN MOIX

À propos de Cinéman, je serais claire et brève: ce film aura été ma déception de l'année 2009. Pourtant, cette œuvre avait tout pour plaire: un scénario astucieux, d'excellentes trouvailles visuelles (qui, à mon avis, n'ont pas été suffisamment exploitées) et l'occasion unique de rendre un hommage original et décalé au 7e Art. Hélas, après un début prometteur, la mise en scène s'enfonce dans la caricature vulgaire et les gags pas drôles. Avec en outre une fin totalement bâclée. Seul point positif: l'amour sincère que le réalisateur porte envers le 7e Art se ressent tout de même, malgré tous ces défauts. Dommage, pour une fois qu'une comédie française partait avec une bonne idée de départ... et encore plus dommage vis-à-vis de Franck Dubosc, dont je ne suis habituellement pas fan, mais qui là, pour une fois, ne s'en sortait pas trop mal...

Pour plus de détails, lire ma chronique > ICI

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JE LES AI LOUPÉS, À MON GRAND REGRET:

Quelques films que j'aurais aimé voir ou que je serais peut-être allée voir par curiosité lors de leur sortie en salles, mais que j'ai malheureusement manqués, faute de chance et de temps. Parmi eux:

<< Slumdog Millionaire >> de Danny Boyle

<< LOL - Laughing Out Loud >> de Lisa Azuelos

<< Le Concert >> de Radu Mihaileanu

<< L'homme de chevet >> de Alain Monne

<< Le drôle de Noël de Scrooge >> de Robert Zemeckis

<< Arthur et la vengeance de Maltazard >> de Luc Besson

<< Loup >> de Nicolas Vanier

......

Entre autres...

      

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TOP 5 DVD/TV:

Parce que le cinéma ne se découvre pas seulement en salles mais aussi grâce à la magie du DVD et de la télévision, voici donc un petit top - par ordre de préférence, évidemment ! - de cinq films (sélectionnés - non sans difficulté, vous vous en doutez ! - parmi tous ceux vus à la télé et en DVD) que j'ai pu découvrir cette année sur le petit écran.

1) INTO THE WILD de SEAN PENN (2007)

Parce que le scénario (qui s'inspire d'une histoire vraie) est particulièrement prenant et aborde avec grandeur et sobriété des thèmes qui, je pense, peuvent parler au cœur de tout le monde (la quête de soi et des autres, la recherche absolue de liberté et de vérité, et surtout, ce besoin vital de pouvoir vivre en totale harmonie avec la nature; sont des thèmes forts qui, à moins d'être parfaitement insensible, ne peuvent laisser indifférent...). Parce que le scénario, justement, nous offre l'occasion d'embrasser du regard des paysages de toute beauté, au caractère littéralement époustouflant. Parce que Sean Penn ne se contente pas seulement de filmer la splendeur quasi irréelle de la nature, il la dépeint aussi, avec une rare puissance dramatique, dans toute sa cruauté et sa dangerosité. Parce que dans le rôle titre, le jeune Emile Hirsch (entouré d'une pléiade d'excellents seconds rôles) se révèle éblouissant de justesse et de maturité. Parce que ce film m'a secouée et remuée les tripes (c'est le cas de le dire !...) comme aucun autre film ne l'avait jamais fait auparavant (ou de façon beaucoup moins intense, en tout cas !...), allant même jusqu'à me titiller dans mon sommeil (n'empêche, c'est vrai !...). Parce qu'il m'aurait presque fallu un drap (et le pire, c'est que c'est vrai !...) pour essuyer toutes les larmes que j'ai versé en le découvrant (et je n'ose même pas imaginer ce que ça aurait pu être si je l'avais vu au cinéma !...). Assurément mon grand coup de cœur DVD de l'année 2009. Coup de cœur et coup de poing, un coup de poing au cœur. Putain, quel film !...

Pour plus de détails, lire ma chronique > ICI

2) L'HISTOIRE SANS FIN de WOLFGANG PETERSEN (1984)

Parce que le scénario, là encore, vous captive immédiatement, dès les premières secondes, et ne vous lâche plus avant le surprenant et somptueux dénouement, véritable instant de grâce et de poésie. Parce que l'intrigue nous invite à vivre une fabuleuse et étonnante épopée à travers le monde de l'enfance et du rêve, mais dans laquelle la féerie du récit n'exclue pas pour autant l'invitation à la réflexion, passionnante de bout en bout, irrésistiblement prenante parce que tellement véridique. Parce que la mise en scène de Wolfgang Petersen est majestueuse, réussissant à mettre en images ce que l'on voit dans notre imaginaire lorsqu'on lit le roman du même titre; et est sublimée en cela par des effets spéciaux réjouissants, des décors grandioses et une bande son envoûtante. Parce que les enfants acteurs se révèlent incroyablement naturels dans leur jeu (ce qui est plutôt rare), et sont infiniment attachants. Parce que ce film a accompli un véritable exploit en me donnant tout à coup l'envie folle de lire le roman original dont il s'inspire (en partie). Et croyez-moi, pour me donner envie de lire un roman (qui, d'emblée, s'annonce assez important, sur le plan de la longueur), il faut ce qu'on peut communément appeler un miracle !... Ce film a réussi à accomplir ce miracle, et à l'heure où j'écris ces lignes, je peux vous dire - non sans un brin de fierté... car pour moi qui n'ait jamais aimé lire de romans (sauf une ou deux exceptions...), cela représente un événement de taille ! - que je suis littéralement plongée dans le bouquin, et ceci depuis déjà plusieurs jours. Mais croisez tout de même les doigts pour moi, pour que j'arrive (même si je pense pouvoir y arriver... du moins, je l'espère... c'est bien parti pour, en tout cas !...) à le lire en entier... Sur ce, je ne veux pas m'attarder davantage et retourne de suite à ma lecture !...

Pour plus de détails, lire ma chronique > ICI

3) VICTOR VICTORIA de BLAKE EDWARDS (1982)

Parce que si le récit peut au premier abord paraître totalement tiré par les cheveux et même un tantinet scabreux, il n'en est heureusement rien, et s'avère finalement être un magnifique hymne à la tolérance; qui pose également un regard acerbe et empreint d'humour sur la condition féminine et les rapports hommes/femmes. Parce que ça démarre d'une manière plutôt sombre, sur un ton assez proche de la tragi-comédie (voir la scène poignante où l'héroïne marche désespérément, sans but, dans les rues enneigées de Paris, le corps grelottant de froid et de faim), et ça s'achève sur une véritable bulle de champagne, sur une note pleine de fraîcheur et d'optimisme. Parce que Blake Edwards a réussi avec virtuosité à conjuguer les gags visuels (pour la plupart très burlesques) et l'humour verbal, sans jamais tomber dans la caricature facile ou la vulgarité. Parce que les chansons sont sublimes et les chorégraphies, prodigieuses (n'oublions pas que nous sommes face à une comédie musicale, l'une des plus belles - mais aussi, hélas, l'une des plus méconnues - produites par Hollywood). Parce que Julie Andrews, échappée de l'inoubliable << Mary Poppins >>, endosse là l'un de ses meilleurs rôles et est en outre secondée par deux partenaires de chic et de choc, James Garner et Robert Preston. Parce que c'est un film qui fait franchement du bien et constitue un remède idéal contre la morosité du quotidien. Parce que... je suis à court d'arguments, alors voyez-le vite si ce n'est déjà fait !...

Pour plus de détails, lire ma chronique > ICI

4) VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER de MICHAEL CIMINO (1978)

Parce que pour moi qui ne suis habituellement pas fan des films de guerre, j'ai découvert là un pur chef-d'œuvre, une véritable perle, un trésor du cinéma américain et, plus généralement, du cinéma mondial. Parce que bien plus qu'un film DE guerre, Voyage au bout de l'enfer est un drame SUR la guerre, qui a la particularité de montrer à quoi la vie d'une bande de potes inséparables comme les cinq doigts de la main pouvait ressembler avant, pendant et après la Guerre du Viêtnam; que ce soit lorsqu'ils font joyeusement la fête à l'occasion du mariage de l'un d'eux, que ce soit lorsqu'ils sont prisonniers au fin fond de la jungle viêtnamienne, que ce soit lorsqu'ils reviennent chez eux à la fin du conflit, meurtris dans leurs corps et mutilés dans leurs âmes. Parce que la mise en scène de Cimino, volontairement lente, prend le temps d'installer l'histoire et les différents protagonistes afin que l'on puisse s'attacher et s'identifier à eux; et ne s'embarrasse pas d'effets inutiles, préférant miser sur une sobriété qui se révèle finalement beaucoup plus bouleversante qu'un quelconque discours. Parce que les acteurs (Robert de Niro, Christopher Walken, Meryl Streep...) sont tous très investis dans leurs rôles et se montrent également très complices les uns avec les autres, ce qui ne fait que renforcer encore davantage cette émotion délicate qui inonde déjà tout le film.

Pour plus de détails, lire ma chronique > ICI

5) LES SENTIERS DE LA GLOIRE de STANLEY KUBRICK (1957)

Parce que le scénario, qui s'inspire d'un épisode incroyable et cependant authentique de la Première Guerre Mondiale (et oui, encore un film de guerre... mais quel film !...), est absolument révoltant et dénonce de manière tout à fait implacable la vanité des hommes, leur bêtise illimitée (à tel point qu'elle en devient foutrement ridicule...) et surtout, leur folie meurtrière. Parce que ce récit s'attache à nous montrer que, contrairement à ce qu'on pourrait croire, le pire ennemi de l'homme n'est pas seulement la guerre, mais l'homme lui-même... l'homme est son propre ennemi, son propre prédateur, sa propre proie, son propre bourreau, sa propre victime. Parce que Stanley Kubrick, dont c'est là l'un des premiers films, montrait déjà qu'il était un grand cinéaste en même temps qu'un provocateur de génie, qui avait l'art de déranger les esprits bien-pensants tout en créant la polémique (les films qu'il réalisera par la suite ne feront que confirmer cela...). Parce que le final, poignant, contraste avec le ton volontairement cynique de l'ensemble. Parce que Kirk Douglas, magistral de charisme et de présence, endosse ici l'un des plus beaux rôles de toute sa vie, si ce n'est le plus beau. À ce jour, mon Kubrick préféré.

Pour plus de détails, lire ma chronique > ICI

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ILS NOUS ONT QUITTÉS...

Cette rétrospective est aussi l'occasion de rendre un ultime hommage à tous ces illustres artistes disparus au cours de cette année 2009. R.I.P. et merci à eux qui ont su apporter un peu de rêve et de paillettes dans notre quotidien.

 Claude Berri (1 juillet 1934 - 12 janvier 2009)

 Patrick McGoohan (19 mars 1928 - 13 janvier 2009)

 Maurice Jarre (13 septembre 1924 - 29 mars 2009)

 David Carradine (8 décembre 1936 - 3 juin 2009)

 Farrah Fawcett (2 février 1947 - 25 juin 2009)

 Michael Jackson (29 août 1958 - 25 juin 2009)

 Karl Malden (22 mars 1912 - 1 juillet 2009)

 Jean-Paul Roussillon (5 mars 1931 - 31 juillet 2009)

 Sim (21 juillet 1926 - 6 septembre 2009)

 Patrick Swayze (18 août 1952 - 14 septembre 2009)

 Jocelyn Quivrin (14 février 1979 - 15 novembre 2009)

 Dominique Zardi (2 mars 1930 - 14 décembre 2009)

 Jennifer Jones (2 mars 1919 - 17 décembre 2009)

Et aussi...

Pat Hingle (19 juillet 1924 - 3 janvier 2009)

Georges Cravenne (24 janvier 1914 - 10 janvier 2009)

James Withmore (1 octobre 1921 - 6 février 2009)

Sydney Chaplin (31 mars 1926 - 3 mars 2009)

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MES ATTENTES POUR 2010...

Une nouvelle année qui vient de commencer et déjà pas mal de films très prometteurs à l'horizon. Pour ma part, il y en a déjà deux qui retiennent tout particulièrement mon attention. Tout d'abord, le troisième volet de la saga fantastico-romantique << Twilight >>, intitulé << Hésitation >>; et qui, d'après les premières news, devrait débarquer sur nos écrans à partir du 7 juillet (date à confirmer, bien entendu !...).

Ensuite, dans un tout autre registre, mais avec une impatience aussi grande (si ce n'est plus !), je guette d'un œil gourmand le << Robin des Bois >> revisité par Ridley Scott, dont la sortie est annoncée pour le 19 mai prochain. Pour sa cinquième collaboration avec mister Scott, l'ex général Maximus - alias Russell Crowe, pour qui ce rôle aura valu l'Oscar du meilleur acteur - du péplum << Gladiator >> (film qui fêtera d'ailleurs ses 10 ans cette année... déjà !...) endosse à nouveau les habits (et la barbe !...) d'un héros légendaire... pour un film qui résonnera dans l'éternité ?... Espérons-le.

Pas encore sûr pour l'instant, j'irais peut-être également voir (par pure curiosité) le nouveau Clint Eastwood consacré à la fin de l'Apartheid, << Invictus >> (en salles depuis le 13 janvier), avec Morgan Freeman et Matt Damon dans les rôles principaux, bien que le sujet ne m'attire pas spécialement.

Tout simplement, j'espère que sur le plan cinématographique, 2010 sera aussi étonnante et exceptionnelle que 2009, avec plein de découvertes, d'expériences, de surprises et d'émotions; et que le 7e Art va encore et encore nous ébahir tout en nous faisant toujours rêver (ce qu'il sait si bien faire !...).

BONNE ANNÉE 2010 À TOUTES ET À TOUS ! ;-)

  



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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 15:44

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

L'HISTOIRE SANS FIN (Die Unendliche Geschichte)

Film allemand, américain

Date de sortie: 21 novembre 1984

Genre: Conte, fantastique, aventures  Durée: 1h30  Tous publics

Conseil personnel: Pour toute la famille.

Disponible en DVD et VHS - Couleur

Depuis la mort de sa mère, Bastien, 10 ans, s'est replié sur lui-même et s'est bâti un monde imaginaire nourri des romans d'aventures qu'il dévore. Un jour, il découvre dans la librairie du vieil excentrique Mr Koreander un livre richement relié et intitulé << L'histoire sans fin >>, qu'il dérobe. Après s'être enfermé dans le grenier de l'école, il en commence la lecture. Dès les premières pages, Bastien se sent entraîné dans l'univers merveilleux du Pays Fantastique...

  

LA CHRONIQUE DE KLEINHASE:

Il était une fois, il y a de nombreuses années de cela, un romancier de génie qui s'appelait Michael Ende et qui écrivit un beau jour un livre merveilleux, qu'il baptisa << L'histoire sans fin >>. Il était une fois, à peine quelques années plus tard, un cinéaste de grand talent, répondant au nom de Wolfgang Petersen, et qui eut un beau jour l'envie et la brillante idée de tirer une adaptation cinématographique de ce bouquin. Il était une fois, peu de temps après, un long-métrage enchanteur intitulé L'histoire sans fin et qui n'allait pas tarder à devenir LE film culte de toute une génération de spectateurs.

Il était une fois de nombreuses (très nombreuses !...) années plus tard une spectatrice passionnée de cinéma, répondant au nom de Kleinhase, qui découvrit un beau jour L'histoire sans fin et qui, à la vue de ce superbe film d'héroïc fantasy, se sentit à son tour irrésistiblement transportée au pays des contes de fées, au pays de l'enfance, au pays de Fantasia, dont les rêves et les espoirs des hommes constituent la fondation principale. Mais depuis quelques temps déjà, Fantasia est victime d'un mal étrange, d'un mystérieux Néant (sorte de grand vide qui se forme peu à peu parce que les hommes ont oublié de rêver et, par conséquent, d'espérer) qui, aidé par une Créature de l'Ombre (le Gmork, espèce de loup-garou aux yeux verts diaboliques et à la mâchoire dangereuse), détruit tout.

Afin de combattre ce Néant, l'Impératrice de Fantasia sollicite le courage d'un jeune et valeureux guerrier, répondant au nom d'Atreyu. L'avenir de Fantasia repose désormais sur les frêles épaules de ce garçonnet, dont l'apparence à priori enfantine n'a pourtant d'égale que la bravoure et la ruse d'un homme. Une cascade de péripéties (toutes plus imprévisibles les unes que les autres) et d'incroyables rencontres attendent Atreyu.

Il était une fois, à des milliards de kilomètres de là, dans un tout autre monde appelé réalité (monde qui a ses limites, contrairement au monde de l'imagination qui, lui, est sans frontières...) un petit garçon de 10 ans, Bastien, qui en lisant et en découvrant les multiples exploits accomplis par Atreyu, eut peu à peu l'impression de cheminer à ses côtés et de vivre son aventure, au même moment, à la même seconde. Tout simplement, il était une fois une formidable usine à rêves, appelée cinéma, qui avait (et qui a toujours, d'ailleurs !) l'étonnant pouvoir de transformer les récits les plus fous en de surprenantes réalités, dans lesquelles le spectateur voudrait parfois se projeter. Être à la place de Bastien, ce jeune garçon introverti et triste passionné de lecture et qui entre un jour dans un livre aux pouvoirs magiques, qui n'en a pas déjà rêvé, ne serait-ce qu'une seule fois ?...

C'est bien ce qui fait toute la magie et toute la singularité de L'histoire sans fin, sorti dans les salles en 1984 (plus de vingt ans déjà... on a du mal à le croire !). Le réalisateur Wolfgang Petersen peut se féliciter d'avoir réussi un sacré tour de force, en faisant non seulement rentrer le spectateur dans la peau (et l'imagination !) de Bastien, le jeune lecteur, mais surtout en le faisant rentrer dans le livre que Bastien découvre en même temps que nous.

C'est donc un double, je dirais même un triple tour de force dont Petersen peut se vanter, ayant réussi à nous faire rentrer à la fois dans la peau de Bastien, dans son livre, mais aussi dans la peau d'Atreyu, le jeune guerrier dont Bastien découvre les extraordinaires aventures grâce à ce livre fascinant. Déjà trois bonnes raisons de voir L'histoire sans fin si vous ne le connaissez pas encore !

Pour ce qui est de l'interprétation, Wolfgang Petersen a su trouver en la personne de Barret Oliver le Bastien idéal. Tour à tour mélancolique, attachant, effrayé, surpris et surprenant, le comédien en herbe livre une composition plutôt remarquable (peu de jeunes acteurs parviennent à être aussi justes sans tomber dans la caricature) et pleine de sensibilité, et l'on s'identifie très facilement à lui.

Et en décidant de confier le rôle d'Atreyu, le jeune guerrier sans peur et sans reproche qui risque plusieurs fois sa vie pour sauver Fantasia, à l'adorable Noah Hathaway, Petersen a encore une fois fait preuve d'un excellent flair. Sans forcer son jeu ni son charisme (reconnaissons qu'il est effectivement bien charmant, ce garçon !), Noah Hathaway réussit à nous convaincre tout en restant très naturel (ce qui mérite à nouveau d'être salué) et incarne magnifiquement un jeune héros (qui n'est pas sans rappeler des personnages légendaires, tels que Robin des Bois ou Lancelot, par exemple), qui a lui aussi ses faiblesses et ses doutes. Le fait que ce héros justement, Atreyu, soit un enfant, est d'ailleurs très amusant à souligner, car quelque part, ça nous ramène un peu à notre enfance... qui d'entre nous, gamin, ne s'est jamais pris pour un grand héros issu de la littérature, du cinéma ou de sa propre imagination ?... Magistrale aussi, dans un rôle pourtant très court (elle incarne l'Impératrice de Fantasia), l'inoubliable Tami Stronach, en princesse de rêve, illumine l'écran de par sa beauté rayonnante et sa candeur encore enfantine. Quant aux seconds rôles, ils se révèlent - chacun dans leurs genres - absolument fabuleux.

Captivant de bout en bout, le scénario alterne habilement l'invitation à la féerie et l'invitation à la réflexion, nous faisant réfléchir avec beaucoup de subtilité au besoin quasi vital qu'a l'homme de rêver et sur la place du rêve dans nos vies... nos vies qui n'ont parfois rien d'un rêve (mais comme le dit si bien le proverbe: << Si on avait la vie qu'on rêve, on rêverait de la vie qu'on a >>... à méditer !).

Une réflexion passionnante qui trouve tout son sens lors de l'étonnante fin (car oui, il y a bien une fin à cette histoire, contrairement à ce que laisse penser le titre !), qui clôt ce film sous la forme d'une fulgurante apothéose. On notera également la jolie qualité des effets spéciaux (effets spéciaux qui, pour une fois, se mettent vraiment au service de l'intrigue et du merveilleux, et non l'inverse, comme c'est trop souvent le cas dans les productions plus actuelles...), qui n'ont pas vieillis et s'avèrent assez impressionnants pour l'époque (n'oublions pas que ce film date des années 80... ce qui signifie que les trucages numériques n'étaient pas encore nés). Le tout sublimé par des paysages au caractère grandiose et une éblouissante photographie (le générique de début justifie le coup d'œil à lui tout seul !), et renforcé par une musique majestueusement envoûtante (aux notes parfois très mystiques) que l'on doit aux compositeurs talentueux que sont Klaus Doldinger et Giorgio Moroder (merci à eux pour cette extraordinaire bande son... le film est à la fois un régal pour les yeux, mais aussi pour les oreilles !).

En tout cas, je n'ai jamais (mais alors jamais !) été portée sur la lecture (à part des revues, des BD et un ou deux romans qui font vraiment figure d'exception !) et je ne connais pas du tout le roman éponyme de Michael Ende dont ce long-métrage s'inspire (ce long-métrage que Ende n'aurait d'ailleurs pas beaucoup apprécié - je me demande bien pourquoi ! - refusant que son nom apparaisse au générique... il y apparaît quand même, cela dit !...), mais si il y a bien une chose que je peux vous dire avant de terminer, c'est que ce film, justement et contre toute attente, m'a furieusement donné envie de lire ce roman, et j'espère donc pouvoir m'y mettre très prochainement (en espérant aussi, si je commence à le lire, que ce sera en entier... ce qui n'est pas non plus gagné, ayant déjà eu - à plusieurs reprises - cette fâcheuse habitude de commencer un bouquin et de m'arrêter bien avant la fin, le plus souvent par flemme... que voulez-vous, nul n'est parfait !...).

J'espère également pouvoir visionner quelques unes des nombreuses suites qui ont été données à ce film. Même si, d'après les différentes critiques que j'ai pu lire ici ou là, ces suites n'ont ni la valeur, ni la saveur, et encore moins la magie de ce premier opus... Qu'importe, j'espère tout de même en voir au moins une, ne serait-ce qu'une fois, par curiosité. Et vous qui êtes en train de lire ces lignes et qui connaissez peut-être déjà L'histoire sans fin et ses suites, que me conseilleriez-vous ?... De me contenter uniquement de ce premier épisode ?... Ou de voir aussi ses successeurs, juste histoire... bah, de les voir, histoire de me faire ma propre opinion ?... Qu'en pensez-vous, hum ?...

  

EN GUISE DE CONCLUSION:

L'histoire sans fin est tout à fait le genre de film que l'on n'a pas envie de quitter (mais alors pas du tout envie !) et qui, au final, nous laisse repartir avec des étoiles plein les yeux et plein l'esprit. Du grand et beau spectacle, au service d'un message généreux et plus profond qu'il n'y paraît, et que je recommande aussi bien aux petits (pas trop petits, quand même... certaines scènes sont susceptibles d'effrayer les plus jeunes) qu'aux plus grands. Certes, les plus grands auront peut-être un peu plus de mal à adhérer pleinement à l'histoire, car pour cela, il faut évidemment accepter d'oublier la réalité qui nous entoure (ce qui, entre nous, n'est pas tellement compliqué, si on le désire vraiment...) afin de retrouver son âme éternelle d'enfant pendant 90 minutes de pur émerveillement. 90 minutes qui s'écoulent à une vitesse folle sans qu'on les voient jamais défiler... à peine le temps d'être totalement happé par le rêve qu'il s'achève déjà !... Mais c'est probablement aussi pour cette raison que l'on a immédiatement l'envie irrésistible de revoir ce film, sitôt le générique de fin passé... Y a pas d'doute: rêver, ça fait franchement du bien, et avoir la tête dans les nuages, c'est de temps en temps bien agréable !... Z'êtes pas d'mon avis, vous autres ??...

K.H.



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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 10:58

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

TWILIGHT - CHAPITRE 2: TENTATION (New Moon)

Film américain

Date de sortie: 18 novembre 2009

Genre: Fantastique  Durée: 2h10  Tous publics

Conseil personnel: Pour adolescents et adultes.

Couleur

Site officiel

<< Tu ne me reverras plus. Je ne reviendrai pas. Poursuis ta vie, ce sera comme si je n'avais jamais existé >>. Abandonnée par Edward, celui qu'elle aime passionnément, Bella ne s'en relève pas. Comment oublier son amour pour un vampire et revenir à une vie normale ?... Pour combler son vide affectif, Bella court après le danger et prend des risques de plus en plus inconsidérés. Edward n'étant plus là pour la protéger, c'est Jacob, l'ami discret et indéfectible, qui va la défendre et veiller sur elle. Mais peu à peu, elle réalise l'ambiguïté des sentiments qu'ils éprouvent l'un envers l'autre...

  

LA CHRONIQUE DE KLEINHASE:

Pour les fans absolus de la saga cinématographico-littéraire << Twilight >> comme pour ceux qui étaient allés, en janvier dernier, voir (par hasard, par curiosité, ou à cause des deux... ce qui fut mon cas !) le premier film << Fascination >> (adapté du premier bouquin de cette saga que l'on doit à la romancière Stephenie Meyer, et qui en compte quatre au total), l'attente aura été bien longue jusqu'à la sortie de ce deuxième chapitre, intitulé Tentation.

Moins d'un an donc après la sortie du premier film, la douce Bella et son amoureux, le ténébreux vampire Edward, sont de retour pour de nouvelles aventures fantastico-romantiques. Quoi de neuf pour nos deux tourtereaux ?... Et bien, les choses vont sacrément se compliquer et leur amour va à nouveau être contrarié par le destin. Quoi de neuf artistiquement et cinématographiquement parlant ?... Et bien, tout d'abord, exit Catherine Hardwicke, c'est le réalisateur Chris Weitz qui prend les commandes de Tentation. Ensuite, là où le premier film était plutôt timide en effets spéciaux, ce second opus leur offre au contraire la part belle. Enfin, l'histoire, savamment corsée, explore avec force des sentiments nouveaux, tels que la jalousie, le chagrin d'amour ou encore l'amitié amoureuse. Bref, autant le dire tout de suite, ce ne sont pas les rebondissements qui manquent dans Tentation !

Point de vue interprétation, le couple Kristen Stewart/Robert Pattinson se révèle toujours aussi complémentaire et sensuel. Lumineuse, Kristen Stewart semble plus sûre d'elle et nous offre une composition puissante, tout en introspection et en sensibilité. De son côté, Robert Pattinson se montre une nouvelle fois très magnétique dans son attitude et ses regards, et fait preuve d'un charisme irrésistible.

Mais la véritable révélation (petit clin d'œil au quatrième livre de la saga, qui, dans l'édition française, porte ce titre !) de Tentation, c'est Taylor Lautner, alias Jacob, le jeune loup-garou aux dents longues, ami fidèle de Bella. C'est presque exclusivement autour de ce personnage que tourne l'intrigue de Tentation. Il faut dire qu'avec son immense gentillesse, son sens du dévouement et son physique de beau gosse, il ferait presque de l'ombre à notre cher vampire Edward !... Parmi les nouveaux personnages qui font également leur apparition dans Tentation, n'oublions pas les cruels Volturi, interprétés avec conviction par Michael Sheen, Jamie Campbell Bower et Cameron Bright (entre autres). Il est malheureusement impossible de citer tout le casting, alors je me contenterais simplement de dire que tous les seconds rôles sont très bons.

Le synopsis, comme je le disais déjà quelques paragraphes plus haut, se montre particulièrement alambiqué... bien plus en tout cas que ce qu'on pourrait croire au premier abord. Si la rivalité amoureuse est effectivement LE cœur du sujet, la difficulté permanente qui jalonne l'intrigue est bien plus profonde que cela, et s'agrandit encore lors du scotchant final, qui met littéralement l'eau à la bouche (à oreille... ok, c'était naze !...).

Je suis en revanche incapable de vous dire si le scénario est fidèle au livre dont il s'inspire, ne l'ayant pas lu (je n'ai d'ailleurs lu aucun des livres de la saga... entre la lecture et moi, j'avoue que ça n'a jamais été l'amour fou !...). Dans l'ensemble, l'action est plutôt bien soutenue, les péripéties s'enchaînent sur un rythme explosif et l'adrénaline monte crescendo pour le spectateur en même temps que pour l'héroïne, Bella. Plus présents aussi dans ce second volet, les effets spéciaux, très bien faits (les scènes avec les loups-garous, notamment, sont tout à fait impressionnantes). Seuls les effets de ralentis, trop nombreux et assez inutiles, deviennent un peu lassants à la longue. Niveau musique, rien à redire, ça << déchire grave >>, pour parler << d'jeun >> (bientôt les fêtes de fin d'année, faut se lâcher un peu... non ?!...).

On regrettera juste les quelques séquences de longs bavardages, qui auraient sans doute gagnées à être légèrement raccourcies. L'étude psychologique (bien qu'intéressante sur le fond) des personnages est en effet tellement appuyée qu'elle prend un peu trop le pas sur l'action qui, du coup, a parfois tendance à faiblir, ce qui est dommage.

Un petit détail certes pardonnable, puisque globalement, le plaisir est plus que jamais au rendez-vous (on en redemande !), et c'est bien là l'essentiel. Et même si d'autres scènes peuvent faire sourire par leur côté volontairement un peu << kitsch >>, c'est aussi ce qui fait la magie et l'univers si singulier de Twilight. Bref, pour ma part, j'adhère !... Je << kiffe >>, comme qui dirait !... Mais n'allez pas croire non plus, en lisant ces lignes, que je suis une de ces (nombreuses...) fans hystériques qui rêve ardemment qu'un beau vampire - ou un loup-garou, pourquoi pas ! - vienne lui croquer le cou (ou autre chose !!!...).

  

EN GUISE DE CONCLUSION:

Plus complexe, plus sombre, plus érotique, plus spectaculaire, plus rythmé: Tentation tient la plupart de ses promesses et réussit à nous divertir tout en nous tenant furieusement en haleine. En plus clair, mission accomplie: personnellement, je succombe déjà à la tentation (c'est le cas de le dire !) de voir le troisième opus, << Hésitation >>, qui ne devrait pas sortir en salles avant l'été 2010... une attente qui s'annonce d'ores et déjà interminable. Il va falloir serrer les dents et se mordre les lèvres, à défaut de pouvoir mordre de façon << vampirique >>...

K.H.

À LIRE AUSSI SUR LE BLOG, DANS LA MÊME SAGA:

(Cliquez sur les images pour accéder à l'article concerné)

 



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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 17:26

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER (The Deer Hunter)

Film américain, britannique

Date de sortie: 7 mars 1979  Date de reprise: 1 juin 2005

Genre: Guerre, drame  Durée: 2h56  Interdit aux moins de 12 ans

Conseil personnel: Pour adolescents et adultes.

Disponible en DVD, VHS et Blu-Ray - Couleur

Cinq ouvriers sidérurgistes - Michael, Nick, Steven, Stan et Axel - affrontent les hauts fourneaux d'une petite ville de Pennsylvanie et partent ensemble chasser le cerf. Parce que c'est la Guerre du Viêtnam, trois d'entre eux (Michael, Nick et Steven) sont mobilisés et deviennent soldats sur le départ. Deux ans plus tard, la guerre sévit toujours et ces derniers se retrouvent prisonniers dans un camp vietcong...

  

LA CHRONIQUE DE KLEINHASE:

Pour parler de la guerre, il n'y a que des larmes: cette citation, que l'on attribue à une poétesse brésilienne du nom de Henriqueta Lisboa, prend tout son sens lorsqu'on l'applique à Voyage au bout de l'enfer. Ce long-métrage de Michael Cimino, qui date de 1978, s'est immédiatement imposé comme LE premier grand film consacré à la Guerre du Viêtnam. D'ailleurs sorti en salles quelques années à peine après la fin de ce tragique conflit qui aura duré pas moins de 16 ans, de 1959 à 1975, Voyage au bout de l'enfer est très vite devenu l'objet d'une vive polémique.

Lors de sa présentation au Festival de Berlin, notamment, il sera hué par une grande partie de la salle et provoqua la colère de l'URSS et de quatre pays d'Europe de l'Est, qui quittèrent le Festival afin de dénoncer << l'insulte faite au peuple viêtnamien >>. Autre scandale: la fameuse scène de la roulette russe, certaines critiques ayant déclaré que ce jeu morbide n'a jamais été une pratique courante pendant la Guerre du Viêtnam (pour l'anecdote, il paraît également que cette scène aurait déclenché une vague de suicides... ce qui n'a jamais pu être prouvé).

Pour autant, toutes ces accusations n'ont pas empêché Voyage au bout de l'enfer de se hisser - au fil des années - au rang des classiques incontournables du 7e Art, et de rafler de multiples récompenses (dont 5 Oscars). D'ailleurs, Voyage au bout de l'enfer est aujourd'hui unanimement considéré comme LE film de référence sur la Guerre du Viêtnam, avec << Apocalypse Now >> et << Platoon >> (deux autres films que je compte découvrir très prochainement).

Si je suis globalement ouverte à tous les genres cinématographiques existants, il y a cependant trois d'entre eux auxquels je n'ai jamais vraiment adhéré: le film de science-fiction/anticipation (imaginer à quoi pourra ressembler le futur: intéressant mais pas mon truc... je préfère visiter le passé, d'où mon affection pour les films d'époque), les films d'épouvante/horreur (je n'en ai jamais regardé car j'ai peur... d'avoir peur ! Con, hein ?...) et les films de guerre (plutôt un genre destiné aux mecs, à mon sens... car trop viril).

C'est dans cette troisième et dernière catégorie que se range Voyage au bout de l'enfer. LE film, j'ai envie de dire, qui fait exception à la règle. Bien sûr, comme vous aussi sans doute, j'ai déjà vu un bon nombre de films où la guerre sert de toile de fond (je pense notamment au << Dictateur >>, << Fortunat >>, << Le Pianiste >>...), mais dans mes souvenirs, les films DE guerre (c'est à dire les films qui montrent vraiment en détail les champs de bataille) que j'ai visionnés sont plutôt rares. Voyage au bout de l'enfer est, lui, un film DE guerre (quoique, on n'y voit aucun champ de bataille, mais bon...), que j'ai récemment découvert (à noter aussi que c'est le premier film sur la Guerre du Viêtnam que je vois) et que j'ai vraiment beaucoup apprécié. Un film de guerre qui sort des sentiers battus de par le ton et la façon dont la guerre est représentée, le réalisateur Michael Cimino ayant choisi d'en faire une immense fresque de près de trois heures, qui montre la vie avant, pendant et après la Guerre du Viêtnam.

Voyage au bout de l'enfer, c'est d'abord l'histoire de cinq copains, cinq potes de toujours aux personnalités et aux caractères bien différents, mais qui sont liés par une solide amitié, travaillant ensemble dans la même usine de sidérurgie et partageant ensemble cette même passion pour la chasse au cerf.

À noter que le titre original, << The Deer Hunter >>, peut justement se traduire par << Le chasseur de cerf >>... titre bien plus évocateur et poétique que << Voyage au bout de l'enfer >>, car il donne au film toute sa symbolique, en montrant de quelle manière un homme - après avoir été happé par le tourbillon infernal qu'est la guerre, épreuve dont l'impact physique, mais surtout psychique, demeure aussi indélébile qu'une empreinte gravée dans la pierre - se retrouve tout bonnement incapable de tuer ce qui apparaît finalement comme un banal gibier.

Entre l'obstiné Michael (Robert De Niro, dans l'un de ses plus grands rôles), le discret Nick (Christopher Walken, tout en nuances et en regards), l'inquiet Steven (John Savage, pour qui ce tournage aura été particulièrement marquant d'un point de vue personnel, comme on peut le voir sur les bonus du DVD Collector), le séducteur Stan (John Cazale, dans son ultime rôle... il mourut d'un cancer peu de temps après la fin du tournage) et le costaud Axel (Chuck Aspegren, qui n'était pas du tout acteur avant de faire ce film !), c'est en effet l'histoire d'une grande complicité.

Presque une histoire de famille, tant ils sont soudés comme les doigts de la main et aussi inséparables que des frères. Régulièrement, à la sortie du boulot, les cinq compères se retrouvent chez John (George Dzundza, dans un personnage savoureux), un ami, qui tient un bar. Si Steven s'apprête à épouser la sensible Angela (Rutanya Alda, sublime de douceur), qui attend un enfant, Michael et Nick sont en revanche amoureux de la même femme: la belle Linda (Meryl Streep, qui accepta ce rôle afin d'être avec John Cazale, son compagnon de l'époque), qui, de son côté, en pince aussi pour les deux (on comprend cependant très vite qu'elle est davantage attirée par Nick...).

Dans la seconde partie du film (c'est à dire au bout d'une heure environ), Michael, Nick et Steven se retrouvent bombarbés dans l'enfer de la jungle viêtnamienne. Prisonniers d'un camp vietcong, ils sont contraints de jouer les uns contre les autres lors d'une oppressante partie de roulette russe, mais parviennent à s'enfuir grâce à une ruse de Michael. C'est à partir de là que les chemins des trois amis vont se séparer, à cause de cette saloperie, de cette foutue, de cette putain de guerre.

Michael, de retour au pays, tente de reprendre une vie normale, avec le soutien de Linda, Stan, Axel et John. Steven, amputé des deux jambes après une périlleuse chute, se retrouve cloué dans un fauteuil roulant, enfermé entre les quatre murs d'un sinistre hôpital. Quant à Nick, piégé par un trafiquant à Saïgon, il reste - malgré lui - accro au jeu de la roulette russe, qui lui sera finalement fatal. Mais si à première vue, Michael et Steven semblent être les seuls à être revenus sains et saufs de cette tragédie, ils sont pourtant, au plus profond d'eux-mêmes, comme Nick: la flamme de l'innocence et de l'insouciance qui brûlait en eux avant leur départ pour le Viêtnam s'est définitivement éteinte, et il ne leur reste guère plus que les bons souvenirs d'une époque révolue pour essayer de rester accrochés aux branches d'une vie perdue, d'une existence brisée. Michael et Steven errent sans but comme des morts-vivants hantés par les fantômes d'un passé trop lourd.

Le début de Voyage au bout de l'enfer, volontairement lent, prend le temps d'installer l'histoire et les différents personnages, de manière à ce qu'on puisse s'attacher à eux et suivre leur évolution. Là où la mise en scène de Michael Cimino frappe vraiment très fort, c'est qu'on a l'impression d'être aux côtés des protagonistes et de vivre les divers événements avec eux, de ressentir ce qu'ils ressentent.

On rit avec eux dans les instants de joie et de bonne humeur, on tremble avec eux dans les séquences angoissantes, on pleure avec eux lorsque la tristesse et la nostalgie se font trop violentes. Et si Voyage au bout de l'enfer secoue autant les tripes et se révèle tellement poignant, c'est aussi grâce à une exceptionnelle musique du compositeur Stanley Myers qui, pour cette œuvre ambitieuse, nous a concocté une partition pleine de mélancolie et de romantisme.

Parmi les moments les plus marquants de Voyage au bout de l'enfer, on retiendra notamment la longue scène du mariage (magnifique de par sa sincérité et de par l'esprit d'équipe qui se dégage de cette troupe de joyeux lurons), la terrible scène de roulette russe (vraiment flippante) et l'émouvant dénouement, sans oublier la confrontation finale Robert De Niro/Christopher Walken.

En bref, pour reprendre un peu tout ce qui est dit sur les bonus du DVD Collector, tout ce qui est montré dans Voyage au bout de l'enfer n'a absolument rien d'un film, c'est la réalité (triste réalité, il est vrai...). C'est probablement pour cette raison que ce long-métrage a touché - et continue encore de toucher - autant de gens.

  

EN GUISE DE CONCLUSION:

Je crois que l'essentiel a été évoqué, alors que peut-on encore écrire sur Voyage au bout de l'enfer qui n'aurait pas déjà été dit dans cette chronique ?... Que c'est un chef-d'œuvre majeur du 7e Art, et que le voir au moins une fois dans sa vie est un acte immanquable pour tout cinéphile qui se respecte ?... Mais ça, je pense que tout le monde l'aura déjà compris bien avant de lire ces quelques lignes, non ?...

K.H.

Nominations et récompenses obtenues, le détail complet > ICI



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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 11:23

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

CINÉMAN

Film français

Date de sortie: 28 octobre 2009

Genre: Comédie satirique, fantastique  Durée: 1h30  Tous publics

Conseil personnel: Pour toute la famille.

Couleur et noir & blanc

Site officiel

Professeur de mathématiques acerbe et intransigeant, Régis Deloux habite à Montreuil, dans un immeuble promis à la destruction, et poursuit maladroitement sa quête du grand amour. Un jour, après s'être piqué le doigt avec une broche découverte par hasard, il est victime de curieux symptômes et se rend aussitôt chez un médecin, qui lui conseille de prendre contact avec l'acteur Pierre Richard. Lequel l'informe, de manière aussi incroyable que sérieuse, qu'il a été désigné pour sauver une princesse prisonnière d'un psychopathe... dans un film (un western spaghetti, plus précisément) !... Et c'est par la broche - magique - que Régis va pouvoir se projeter dans ce film, puis dans une dizaine d'autres, remontant ainsi toute l'Histoire du cinéma et rencontrant, par la même occasion, la femme de ses rêves...

  

LA CHRONIQUE DE KLEINHASE:

Avant toute chose, je tiens d'abord à préciser que je n'ai jamais été (et que je ne suis toujours pas !) fan de Franck Dubosc. La manière dont il cabotine à l'écran a plutôt tendance à m'agacer, et son humour de potache ne m'a jamais vraiment fait rire (même si je comprends parfaitement qu'on puisse aimer ce type d'humour, cela dit). Alors, dans ce cas, pourquoi être allée voir Cinéman, vous demandez-vous sans doute en lisant ces lignes, film dont il est la star ?...

Certainement pas pour la belle gueule et les beaux yeux de l'acteur-humoriste. Non. Du tout. En fait, c'est après avoir vu (par hasard) une photo de Dubosc grimé en Clint Eastwood (où la ressemblance avec le légendaire interprète de << Dirty Harry >> était absolument sidérante), et après avoir lu un bref résumé du scénario, que je me suis décidé à aller voir ce long-métrage de Yann Moix. En plus clair, si je suis allée voir Cinéman, c'est parce que je trouvais le concept particulièrement séduisant et l'idée de départ assez astucieuse. Alors, après visionnage, qu'en est-il vraiment ?...

Et bien pour être tout à fait franche, je dois dire que le bilan au sortir de la projection s'est avéré plutôt... mitigé. Assez mitigé, même. Si sur la forme, Cinéman fonctionne bien, le fond est en revanche moins travaillé, moins abouti. Mais peut-on pour autant blâmer Yann Moix, pour qui ce tournage aura été très ardu ?... En effet, plusieurs problèmes sont survenus sur le tournage de Cinéman.

Première chose, Benoît Poelvoorde (qui avait déjà été dirigé par Yann Moix pour les besoins de << Podium >>, en 2004, et qui devait initialement tenir la vedette dans Cinéman) refuse soudainement le rôle (pour des raisons qui, aujourd'hui encore, restent assez floues...), qui est alors proposé à Jean Dujardin, lequel le décline à son tour, ce qui repousse une nouvelle fois le début du tournage. Deuxième chose, des problèmes de son obligent les acteurs à réenregistrer les dialogues, d'où un léger décalage image/son que l'on peut constater lorsque leurs lèvres s'animent. Enfin, troisième et dernière ombre au tableau, le suicide, en mai dernier, à l'âge de 29 ans, de l'actrice britannique Lucy Gordon (Cinéman lui est justement dédié), et qui n'a sans doute pas facilité la promotion du film, immédiatement massacré par la presse lors de sa sortie en salles (ce qui, d'ailleurs, ne m'étonne guère de la part des critiques professionnels, ahem... bien que pour une fois, je ne leur donne pas entièrement tort, sans vouloir être de mauvaise foi...). Autant de soucis qui expliquent peut-être la demi-réussite de Cinéman.

Si je ne l'apprécie toujours que très moyennement, j'ai néanmoins trouvé Franck Dubosc convaincant et tout à fait à son aise dans son rôle de professeur autoritaire et maladroit, dont l'existence paisible (trop, sans doute...) est soudainement chamboulée, bien que l'évolution de son personnage grâce à ce << miracle >> du destin soit traitée sur un mode trop proche du cliché.

En princesse tout droit sortie d'un conte de fées, la regrettée Lucy Gordon insuffle sa grâce et sa délicatesse à une héroïne qui ne manque pas de charme, ni de cran, et encore moins de toupet. Pierre-François Martin-Laval, quant à lui, prête ses traits à Douglas Craps (un nom qui en dit long sur la profondeur psychologique du personnage, bref...), le méchant de l'histoire. Un méchant bien vicieux comme on les aime, mais dont le sadisme n'a d'égal que l'absence d'âme, et donc, d'intérêt... un méchant très caricatural que l'on pourrait qualifier de << bouffon >>. Côté seconds rôles, saluons principalement Anne Marivin et Jean-Christophe Bouvet. Quel plaisir aussi de retrouver Pierre Richard dans son propre rôle, toujours égal à lui-même, ainsi que Michel Galabru et Marisa Berenson, qui effectuent une apparition furtive mais ô combien savoureuse.

L'histoire, elle, tient solidement la route et se suit avec un réel intérêt, même si les éternels insatisfaits risquent de la trouver lassante au bout de dix minutes (!). La mise en scène, inventive, fait preuve d'une belle énergie et regorge d'excellentes trouvailles visuelles, telles la scène du sous-titrage ou celle de l'arrêt sur image.

Concernant les multiples clins d'œil << cinéphiliques >> (évidemment très attendus, on s'en doute !), ils sont bien amenés et s'insèrent habilement dans le récit, par ailleurs porté par la voix si caractéristique de Franck Dubosc qui, pour l'occasion, joue aussi les narrateurs. Parmi les quelques films mythiques du 7e Art qui sont ici parodiés et revisités (avec plus ou moins d'élégance...), on s'amusera notamment à reconnaître << Pour une poignée de dollars >>, << Barry Lyndon >>, << Taxi Driver >>, << Les aventures de Robin des Bois >> ou encore << Orange mécanique >>. Quant à l'action, elle est plutôt bien soutenue et ne souffre d'aucun temps mort particulier. Il faut dire aussi que la musique aide bien en ce sens, car elle est très dynamique et apporte vraiment beaucoup de rythme à l'ensemble.

Cependant, comme je le disais déjà ci-dessus, Cinéman est loin d'être un film réussi, et il n'est pas non plus à la hauteur des attentes que l'on était en droit d'avoir en découvrant la bande-annonce. La faute à un humour pas toujours très fin, qui a une fâcheuse tendance à aligner les gags d'un goût parfois très douteux et les répliques vulgaires (hélas, trois fois hélas...).

La fin est en outre totalement bâclée et donne l'amère impression que Yann Moix n'a pas su comment clore son histoire. Mais il est en revanche impossible de remettre en question l'amour que le réalisateur porte envers le 7e Art et qui transparaît immédiatement dès le générique du début, ainsi que dans le générique final, véritable hommage au cinéma muet. De ce côté, Cinéman fait preuve d'une sincérité incontestable et c'est bien ce qui fait son point fort.

  

EN GUISE DE CONCLUSION:

À condition de ne pas se montrer trop exigeant et de fermer les yeux sur les défauts qui gâchent un peu le plaisir, Cinéman constitue un divertissement agréable et sans prétention, que je recommande en priorité à tous les mordus de cinéma. En bref, Cinéman est un film mineur mais sympathique, comme il en sort (presque...) chaque semaine. Ni plus, ni moins !...

K.H.



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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 14:37

9 NOVEMBRE 2008 - 9 NOVEMBRE 2009

Les heures tournent, les journées s'achèvent aussi vite qu'elles ont démarré, les semaines défilent à toute allure, les mois passent sans qu'on puisse les arrêter et une année déjà vient de s'écouler pour LE TERRIER DE LA LAPINE CINÉPHILE. Une année déjà que ce blog est né, une année déjà que ce blog a ouvert ses portes, une année déjà que j'ai mis un terme définitif à mon premier blog LE CINÉMA DE KLEINHASE pour me lancer dans une toute nouvelle aventure. Une aventure qui a connu des débuts très difficiles, car il est assez déchirant de se séparer du jour au lendemain d'un blog qu'on a tenu pendant deux ans et demi afin d'en commencer un second... D'autant plus que lancer un nouveau blog exige énormément de temps et d'investissement... Mais une année, ça veut dire aussi près d'une quarantaine d'articles rédigés pour une bonne centaine de commentaires (merci à vous ! ;-)), et un peu plus de 20 000 visites. Une année, ça veut dire aussi 365 jours à courir après l'inspiration pour pouvoir commenter des films pas toujours évidents à aborder. Une année, ça veut dire aussi 12 mois de passion et de découverte, pendant lesquels le cinéma n'a pas cessé de m'étonner et de m'éblouir. Une année, ça veut dire beaucoup, tout simplement...

Alors, à l'heure où le 7e Art s'apprête à nous offrir ses cadeaux de Noël, et à l'heure où l'on se prépare (doucement mais sûrement !) à entrer dans une nouvelle année cinématographique, je voudrais juste vous remercier pour votre soutien et votre fidélité, et également pour vos commentaires toujours très pertinents. Merci aussi à Allociné, qui me permet de poursuivre mon aventure sur la blogosphère. Et d'avance, je prends mon agenda et vous donne rendez-vous le 9 novembre 2010, même lieu, même date, afin de souffler comme il se doit une deuxième petite bougie...

LET'S GO ! :D



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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 22:51

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

Été 1963. Frédérique Houseman (dite << Bébé >>), 17 ans, fait la connaissance d'un groupe de danseurs formé par les animateurs du village de vacances où elle séjourne. L'ambiance est électrique, les couples se contorsionnent sur les rythmes syncopés du célèbre << Dirty Dancing >>. Au milieu de tous ces danseurs, dont le talent n'est plus à prouver, il y a aussi le sulfureux Johnny Castle, un beau professeur, dont Bébé devient bientôt la partenaire suite à un concours de circonstances...

Le 14 septembre dernier, dans l'indifférence quasi générale, l'acteur américain Patrick Swayze (célèbre pour ses rôles dans << Ghost >> et << La cité de la joie >>, notamment) décédait à l'âge de 57 ans, des suites d'un cancer du pancréas contre lequel il aura lutté avec force et courage jusqu'au dernier souffle. Outrée mais surtout très déçue par l'attitude des chaînes françaises, qui n'ont même pas évoqué sa mort dans leurs journaux télévisés, j'ai donc décidé de rendre aujourd'hui un petit hommage à ce formidable comédien disparu trop tôt, en revenant - en quelques lignes - sur le film culte qui lança sa carrière au cinéma... je veux évidemment parler de l'incontournable Dirty Dancing. Un hommage certes assez tardif, mais néanmoins profondément sincère.

Il est parfois des films qui n'ont à priori rien d'extraordinaire mais que l'immense succès (bien souvent surprise) rencontré au moment de leur sortie en salles propulse immédiatement au rang de mythe pour toute une génération de spectateurs. C'est justement le cas de Dirty Dancing, sorti en 1987. Signé Emile Ardolino (à qui l'on doit aussi le premier << Sister Act >>), ce long-métrage - disons-le franchement - ne présente rien dans son propos ou dans sa réalisation qui soit exceptionnel ou novateur pour le 7e Art. Mais la réussite de Dirty Dancing est ailleurs, dans une histoire qui nous dit (avec une justesse assez rare pour être signalée) de toujours aller au bout de nos rêves, et dans une mise en scène qui fait la part belle à la danse et à la musique. À ce titre, il faut préciser que les numéros chorégraphiques sont absolument prestigieux et tous plus époustouflants les uns que les autres, et la bande originale - à la fois douce et rythmée - déchire tout sur son passage. Et comme dans tout film qui se respecte, la comédie musicale cède peu à peu place à la comédie tout court, ainsi qu'à la comédie sentimentale, l'humour et le romantisme étant également savamment dosés. Sans être particulièrement transcendante, l'intrigue offre une belle occasion au regretté Patrick Swayze de nous montrer ses talents d'acteur, de danseur et même de chanteur, puisqu'il va jusqu'à pousser la chansonnette sur une mélodie de sa composition. Il est en outre escorté par une bien jolie compagne, la délicieuse Jennifer Grey, qui n'a malheureusement pas eu la carrière qu'elle aurait mérité.

Beaucoup moins lisse que ce que pouvait au départ laisser entrevoir sa trame, Dirty Dancing constitue un divertissement familial sympathique et attachant, que l'on revoit toujours avec beaucoup de plaisir, mais aussi avec une petite pointe de nostalgie. Nul doute que là où il se trouve désormais, Patrick Swayze fait danser les anges, à défaut de leur faire jouer de la harpe...

K.H.



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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 17:39

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

LES SENTIERS DE LA GLOIRE (Paths of Glory)

Film américain

Date de sortie: 26 mars 1975  Date de reprise: 10 novembre 2004

Genre: Guerre, histoire, drame  Durée: 1h24  Tous publics

Conseil personnel: Pour adolescents et adultes.

Disponible en DVD et VHS - Noir & blanc

France, 1916. Terrés dans leurs tranchées, soldats français et allemands se livrent à une interminable guerre d'usure. Ce qui ne fait pas l'affaire du général Broulard, lequel a besoin d'une victoire pour consolider sa réputation. Il ordonne donc au général Mireau de s'emparer d'une position-clef (dite << La Fourmilière >>) tenue par les Allemands. Cette mission, on ne peut plus dangereuse, est confiée aux hommes du colonel Dax...

  

LA CHRONIQUE DE KLEINHASE:

Qu'il y a-t-il de pire au monde, outre la guerre, la violence ou l'injustice; qui existe depuis la nuit des temps et que personne n'a jamais su/voulu arrêter, et qui n'a donc aucune limite, même lorsqu'elle franchit le seuil de l'absurdité totale ?... La bêtise humaine, tout simplement. C'est en tout cas ce que Stanley Kubrick laisse entendre - à juste titre - à travers Les Sentiers de la Gloire.

Avec un propos aussi véridique que dérangeant, ce film propice à la controverse (qui s'impose sans conteste possible comme l'un des premiers coup de maître de son illustre géniteur, si ce n'est le premier) déclencha de vives polémiques au moment de sa sortie, en 1957, et se vit purement et carrément interdit de projection dans de nombreux pays... dont la France, où il ne fut pas diffusé avant 1972, soit 15 ans plus tard.

La raison de cette longue censure ?... Pour l'une des toutes premières fois dans l'histoire du 7e Art (et plus précisément dans l'histoire du cinéma de guerre), Stanley Kubrick ne livre pas une œuvre bien-pensante ou << vengeresse >>, qui présenterait de manière caricaturale les soldats français comme les << gentils >> et les soldats allemands comme les << méchants >> (il l'a d'ailleurs dit lui-même, il aurait aussi bien pu situer son intrigue du côté allemand). Kubrick, avec Les Sentiers de la Gloire (qui est en fait l'adaptation cinématographique d'un roman éponyme d'Humphrey Cobb, paru en 1935), ne s'attaque même pas à la guerre en elle-même.

Non, il s'attaque à la vanité des hommes et à leur folie meurtrière, en retraçant avec force et sobriété le parcours tragique et parfaitement authentique de tous ces soldats injustement fusillés pour l'exemple, afin de satisfaire l'orgueil aveugle de généraux incompétents, qui envoyaient des milliers d'hommes à la mort dans le but d'obtenir une ridicule médaille et la reconnaissance de la nation; mais qui, en cas d'échec, refusaient d'admettre leurs actes (si on dit que les hommes sont incapables d'assumer les conséquences de leurs bêtises, ce n'est pas pour rien !...) et préféraient faire tuer des innocents, dont la bravoure sur les champs de bataille n'était pourtant plus à prouver.

L'affiche des Sentiers de la Gloire, présentée en haut de page, est d'ailleurs très évocatrice à ce sujet, puisqu'elle représente une médaille face à un petit sentier au bout duquel se trouve une croix; symbole de cette << gloire >> funèbre qui appelle inévitablement à la rébellion et à l'anarchie. C'est donc cette effarante et triste réalité que le cinéaste dénonce dans Les Sentiers de la Gloire... On comprend mieux, à présent, pourquoi ce film aura été au cœur d'un important scandale (certaines personnes - qui n'avaient soi-disant rien à se reprocher, ahem... - auraient sans doute préféré que cet épisode inimaginable et honteux de la Grande Guerre soit définitivement tenu au secret). Toute vérité n'est pas bonne à dire et à entendre, surtout lorsque le cinéma s'en mêle...

Fin observateur du monde, Stanley Kubrick n'en reste pas moins un auteur totalement hors norme dans l'histoire du 7e Art, ainsi qu'un éternel pessimiste dans sa description de l'âme humaine. La preuve avec Les Sentiers de la Gloire. Sans parti pris ni jugement, il se contente seulement de filmer l'homme sous son plus mauvais jour, dans toute sa stupidité, sa folie, sa fierté, sa noirceur.

La justesse de sa réalisation repose sur une mise en scène simple et presque pathétique, qui parvient à éviter tout manichéisme ou tout côté un peu trop moralisateur. Dans un noir & blanc froid comme la mort, la puissance dramatique du récit cède peu à peu place à la puissance émotionnelle de la situation, aussi absurde qu'incroyable. La musique, quant à elle, garde quelques distances avec le scénario tout en le sublimant grâce à des notes d'une rare gravité (le générique de début, dans lequel on entend << La Marseillaise >>, donne immédiatement le ton et semble résonner comme une raillerie à l'encontre d'un certain << patriotisme >> que l'on pourrait vulgairement qualifier de << foutaise >>).

Point de vue casting, il faut évidemment saluer la magistrale performance d'un Kirk Douglas en pleine forme, dans l'un des plus beaux rôles de sa vie; celui du colonel Dax, officier courageux qui n'a pas peur de dire ce qu'il pense afin de faire triompher la justice, mais se heurte violemment à ses supérieurs, deux pourritures de généraux superbement interprétés par les détestables Adolphe Menjou et George MacReady.

Un petit mot aussi pour applaudir les compositions très émouvantes de Timothy Carey, Ralph Meeker et Joe Turkel; qui prêtent leurs traits à trois soldats injustement fusillés pour l'exemple. Si on ressent naturellement beaucoup de compassion pour eux (au point de vouloir les sauver !...), on éprouve surtout le même sentiment que le personnage de Kirk Douglas: de la révolte. Une révolte incontrôlable, qui donne furieusement envie de cracher à la figure de ces deux faux jetons de généraux et de leur foutre une bonne paire de baffes dans la gueule (passez-moi l'expression !). On ne peut s'empêcher de penser, en regardant ce long-métrage, que ce sont ces incapables de généraux qui auraient mérités d'être fusillés, simplement pour leur manque total de responsabilité mais aussi et surtout pour leur lâcheté; eux qui se permettaient de traiter leurs hommes de poules mouillées en restant tranquillement assis derrière un beau bureau à siroter une boisson et à attendre que les choses se passent; alors que leurs soldats, justement, étaient en train d'affronter la mort au même moment.

  

EN GUISE DE CONCLUSION:

<< Il est des instants, et celui-ci est l'un d'eux, où j'ai honte d'appartenir à la race des hommes >>: cette terrible réplique, prononcée par Kirk Douglas lors de la scène grandiose du procès (un procès qui devrait plutôt être appelé << connerie suprême >>), résume à elle seule la force des Sentiers de la Gloire. Un film implacable et incontournable, un chef-d'œuvre indispensable pour tout cinéphile qui se respecte. Le regarder au moins une fois dans sa vie représente un devoir de mémoire essentiel. Du grand art.

K.H.

Nominations et récompenses obtenues, le détail complet > ICI



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