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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 15:28

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

TWILIGHT - CHAPITRE 3: HÉSITATION (Eclipse)

Film américain

Date de sortie: 7 juillet 2010

Genre: Fantastique  Durée: 2h04  Tous publics

Conseil personnel: Pour adolescents et adultes.

Couleur

Site officiel

Seattle est le théâtre d'une série de morts inexpliquées, qui laissent présager l'intervention des impitoyables Volturi, chargés de faire régner l'ordre parmi les vampires. Lesquels pourraient découvrir qu'Edward et sa famille n'ont toujours pas accompli leur promesse: faire de leur jeune protégée, Bella, l'une des leurs. Mais une autre menace pèse sur cette dernière: en effet, Victoria, qui a juré la perte de Bella, rôde dans les parages. Edward, le vampire, et Jacob, le loup-garou, vont devoir oublier leurs rivalités pour sauver celle qu'ils aiment...

  

LA CHRONIQUE DE KLEINHASE:

Jamais deux sans trois. Après << Fascination >> et << Tentation >>, les deux premiers chapitres de la saga Twilight (respectivement sortis en salles en janvier et novembre 2009), inspirés du phénomène littéraire éponyme de Stephenie Meyer, Hésitation débarque sur les écrans. Après Catherine Hardwicke et Chris Weitz, c'est à présent au cinéaste David Slade, spécialiste de l'horreur (on lui doit le film << 30 jours de nuit >>), que la réalisation de ce troisième volet a été confiée.

À part ça, quoi de neuf dans l'univers de Twilight ?... Et bien, tout d'abord, bonne nouvelle pour ceux qui avaient trouvé le deuxième film un peu lent et long (une lenteur/longueur qui était voulue par le scénario, il faut tout de même le rappeler), ce dernier est nettement plus rythmé et plus palpitant que son prédécesseur; même si les éternels insatisfaits reprocheront sans doute à l'intrigue amoureuse de tarder à décoller et de tourner un peu en rond (c'est pas faux, mais bon, d'un autre côté... c'est l'histoire qui veut ça !). Et encore d'un autre côté, n'oublions pas non plus que la saga Twilight se destine d'abord aux adolescent(e)s, il est donc normal que les spectateurs un peu plus âgés y voient d'interminables longueurs... mais il faut faire durer le plaisir, ai-je envie de dire !...

Si le couple Kristen Stewart/Robert Pattinson est toujours aussi sensuel et complémentaire, leur performance de comédiens n'a en revanche pas beaucoup évolué depuis les deux premiers films, et leur jeu quelque peu monotone se révèle - à la longue - assez lassant (sans parler de leur jeu de visages, qui manquent vraiment d'expressions, se résumant presque toujours à la même mine patibulaire et triste).

En revanche, on notera l'excellente prestation du ténébreux Taylor Lautner (alias Jacob, le loup-garou), qui se révèle particulièrement émouvant en amoureux malheureux et torturé, souffrant de voir sa Bella lui préférer un vampire au regard de braise. Face à ce charmant trio, les seconds rôles défilent et se renvoient la réplique de manière assez convaincante dans l'ensemble (bon point notamment pour l'acteur Xavier Samuel, qui incarne avec charisme un vampire impassible mais naïf, pris au piège de l'amour).

N'ayant toujours pas lu les différents tomes de la saga, je ne sais donc pas si l'histoire est fidèle au livre dont elle s'inspire, mais je peux néanmoins affirmer que le scénario (hormis l'intrigue amoureuse qui est longue à démarrer, mais surtout, à se terminer...) est plutôt prenant et très intéressant dans la mesure où il permet d'en apprendre un peu plus sur quelques-uns des personnages et sur leur passé.

Si elle n'évite pas toujours les maladresses et les clichés, la mise en scène possède un style plutôt bien foutu, qui jongle habilement entre l'action, le romantisme et l'humour savamment dosé. On notera également une nette amélioration du côté des effets spéciaux, plus crédibles que dans les deux précédents films, même si des défauts persistent encore de-ci de-là. Mention aussi pour la photographie et la lumière, esthétiquement très soignées et visuellement superbes. À noter enfin la beauté des décors et de la musique, qui accroche dès les premières notes.

  

EN GUISE DE CONCLUSION:

Sans toutefois atteindre le charme naïf que possédait le premier long-métrage de la saga (qui, dans mon souvenir, reste à ce jour le meilleur), Hésitation n'en reste pas moins un divertissement de bonne facture, qui malgré ses imperfections, devrait sans problème ensorceler tou(te)s les mordu(e)s du genre. À suivre donc...

K.H.

À LIRE AUSSI SUR LE BLOG, DANS LA MÊME SAGA:

(Cliquez sur les images pour accéder à l'article concerné)

 



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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 15:30

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

AZUR ET ASMAR

Film français, belge, espagnol, italien

Date de sortie: 25 octobre 2006

Genre: Animation  Durée: 1h34  Tous publics

Conseil personnel: Pour toute la famille.

Disponible en DVD et Blu-Ray - Couleur

Il y a bien longtemps, deux enfants étaient bercés par la même femme. Azur, blond aux yeux bleus, fils du châtelain, et Asmar, brun aux yeux noirs, fils de la nourrice. Élevés comme deux frères, les enfants sont séparés brutalement. Mais Azur, marqué par la légende de la Fée des Djinns que lui racontait sa nourrice, n'aura de cesse de la retrouver, au-delà des mers. Les deux frères de lait devenus grands partent chacun à la recherche de la Fée. Rivalisant d'audace, ils iront à la découverte de terres magiques, recelant autant de dangers que de merveilles...

  

LA CHRONIQUE DE KLEINHASE:

Petit enfant deviendra grand, il franchira les océans... il sauvera la Fée des Djinns et tous les deux seront heureux, seront heureux... et tous les deux seront heureux, seront heureux... C'est presque, pourrait-on dire, par ces mots (qui une fois mis en musique forment une berceuse des plus envoûtantes, au doux parfum d'Orient) que débute l'histoire d'Azur et Asmar. L'histoire de deux garçons qui s'aimaient comme des frères mais qui vont apprendre, malgré eux, que la vie est pleine d'obstacles et de barrières, et qu'il est parfois nécessaire de se séparer pour mieux se retrouver. C'est à Michel Ocelot, auteur de l'inoubliable << Kirikou et la sorcière >> (1998), que l'on doit ce magnifique Azur et Asmar, présenté au Festival de Cannes en 2006, dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs; et sorti sur nos écrans en octobre de cette même année.

Après l'Afrique de Kirikou et la sorcière, le cinéaste français nous transportait ici au pays des Mille et Une Nuits, à travers un récit fantastique digne d'Aladdin. Dans l'Europe médiévale, il était une fois Azur, blond aux yeux bleus, fils du châtelain, et Asmar, brun aux yeux noirs, fils de la nourrice, qui les élevait comme des frères, dans un pays vert et fleuri. La vie les sépare brutalement. Mais Azur n'oublie pas les compagnons de son enfance ni les histoires de fées de sa nourrice, au pays du soleil. Devenu grand, il rejoint le pays de ses rêves, à la recherche de la Fée des Djinns. Il y retrouve Asmar, lui aussi déterminé à trouver et gagner la Fée, bravant pour cela tous les dangers et les sortilèges d'un univers de merveilles.

D'une trame de départ plutôt classique (mais qui réserve cependant bien des surprises au spectateur), Michel Ocelot tire une œuvre enchanteresse, à mi-chemin entre le conte de fées et la fable initiatique. S'appuyant sur un scénario en béton, beaucoup plus cousu qu'il n'en a l'air, il réussit à brasser - en seulement 90 minutes, et tout ça sous la forme d'un dessin animé, ce qui n'est pas forcément évident - quelques-uns des thèmes qui lui sont chers.

Des thèmes à la portée universelle et intemporelle, puisque Azur et Asmar parle - avec intelligence et poésie - d'amour, de tolérance, de partage, d'amitié, de paix, de fraternité entre les peuples. Mais le moteur principal de l'histoire d'Azur et Asmar est, par dessus tout, la différence. La différence sous tous ses angles et sous toutes ses variétés: différences physiques, différences culturelles, différences de caractères, différences d'âges, différences d'origines, différences de religions, différences de langues. Azur et Asmar est un film sur la différence, et plus que tout, il est un hymne - vibrant - à la différence. Nos différences, aussi multiples et aussi importantes soient-elles, ne sont pas des obstacles, bien au contraire; elles constituent une force permettant que chaque personne devienne un être unique, à part entière, avec ses qualités comme ses défauts. Azur et Asmar illustre admirablement cela, par l'entremise d'un scénario puissant et passionnant, regorgeant d'idées et de trouvailles tout à fait audacieuses, surtout pour un dessin animé.

On saluera par exemple le choix judicieux (et foutrement culotté, il faut bien le dire !) de Michel Ocelot, qui a volontairement décidé de ne pas sous-titrer en français les passages en arabes de son film. Comme il l'explique très bien dans le petit portrait qui lui est consacré sur le DVD d'Azur et Asmar (voir les bonus), cela permet au spectateur de mieux comprendre ce que ressent le personnage principal, Azur, perdu dans un pays qu'il ne connaît pas, face à une langue qu'il ne comprend pas (ou de manière très vague, en tout cas); et ainsi, de s'identifier plus facilement à lui.

On ne se plaindra donc pas de ce choix (qui ne doit pas rebuter, même si il peut légèrement effrayer), d'autant plus que le DVD permet, si on le souhaite, de voir le film dans ses deux versions; c'est à dire dans sa VO non sous-titrée ou, à l'inverse, dans une version exclusive comportant des sous-titres français pour tous les passages en langue arabe. Et puisque nous en sommes rendus à la symbolique de l'œuvre, arrêtons-nous un instant sur ce titre quelque peu évocateur, Azur et Asmar, déjà très symbolique en lui-même; azur signifiant bleu en français et asmar signifiant brun en arabe; comme aime à le raconter Michel Ocelot dans le petit portrait qui lui est dédié sur le DVD du film (superbe portrait au passage, riche en anecdotes et en secrets sur la naissance et l'élaboration d'Azur et Asmar).

Utilisant pour la première fois la technique de l'animation 3D, par images de synthèse (Kirikou et la sorcière était fait sur le mode de l'animation traditionnelle), le réalisateur livre un long-métrage qui, sur le plan purement visuel, est d'une beauté proprement renversante et sidérante. Personnages, décors, couleurs, finesse des traits et des détails: rien n'a été laissé au hasard et l'animation rime ici avec perfection, atteignant une quintessence rarissime en terme de splendeur et de grandeur artistiques (même les dessins Disney, à côté, paraissent bien fades).

Alors certes, au début, le spectateur peut se sentir un peu dépaysé face à ces personnages que l'on croirait directement sortis des Sims, mais une fois que l'histoire démarre pour de bon et que le film trouve peu à peu son rythme, on s'y habitue et on ne peut à ce moment-là admettre qu'une seule chose; c'est que jamais encore des personnages de dessin animé n'avaient été aussi beaux (et quand je dis beaux, je ne parle pas uniquement de la beauté du dessin en lui-même ou de l'aspect physique des différents protagonistes; mais également de leur beauté intérieure), et surtout, n'avaient semblé aussi réalistes (on a presque l'impression, par moments, de se retrouver face à de véritables acteurs en chair et en os, ce qui est absolument troublant et fascinant !). C'est sans doute ce qui constitue la plus grande réussite d'Azur et Asmar, en même temps que le coup de maître total de Michel Ocelot: l'animation s'efface lentement, et on en oublie que tout ça n'est que du dessin (et quel dessin !).

Comme je le disais plus haut, l'histoire peut - au premier abord - paraître très classique, pour ne pas dire complètement banale. Pourtant, elle se révèle beaucoup plus approfondie qu'elle ne veut bien le montrer au début, et ménage d'étonnantes surprises; que ce soit au niveau des rebondissements (assez imprévisibles dans l'ensemble), ou au niveau des personnages (certains d'entre eux sont tout à fait surprenants, à l'image de Crapoux, de la princesse Chamsous Sabah, ou encore du Lion écarlate aux griffes bleues).

Mais la vraie surprise d'Azur et Asmar réside dans sa fin. Une fin à la fois inattendue et sublime, à la fois grandiose et féerique, à la fois touchante et lumineuse; pleine d'optimisme, de fraîcheur et de gaieté. Une fin qui a le mérite de surprendre agréablement le spectateur dans la mesure où elle évite brillamment l'écueil de l'émotion facile afin d'offrir au récit davantage de complexité, d'intemporalité, d'universalité. Une fin majestueuse, en forme d'apothéose pour un film décidément bien plus surprenant qu'on l'aurait cru. Bref, une fin qui a du sens mais surtout, de l'audace. Beaucoup d'audace.

Côté doublage, il est globalement excellent (bien que les voix des deux protagonistes principaux, Azur et Asmar, respectivement interprétées par Cyril Mourali et Karim M'Riba, manquent peut-être parfois d'un peu de naturel et de conviction). On gardera surtout en mémoire les jolies prestations vocales d'Hiam Abbass (alias Jenane) et de Patrick Timsit (alias Crapoux), lequel semble avoir pris beaucoup de plaisir à doubler cet hilarant personnage. Un plaisir naturellement partagé par le spectateur.

Délicieusement orientale dans ses notes et dans ses instruments, la musique composée par Gabriel Yared baigne le long-métrage de Michel Ocelot dans une atmosphère onirique, dans laquelle on aimerait parfois pouvoir s'abandonner indéfiniment. Si Azur et Asmar est d'abord un régal pour les yeux, il est aussi un régal pour les oreilles, grâce à cette bande originale envoûtante et ensorcelante comme les premières notes d'une comptine enfantine. Régal pour les oreilles aussi grâce aux deux langues (française et arabe) parlées dans le film et qui se mêlent en parfaite unisson, nous faisant ainsi vivre un dépaysement auditif des plus réjouissants.

Avant de conclure, j'aimerais juste en profiter pour faire un petit coup de pub et vous informer que, si vous avez aimé Azur et Asmar et si vous aimez le travail de Michel Ocelot, alors vous devriez aussi aimer le superbe DVD récemment paru aux éditions France Télévisions, Les trésors cachés de Michel Ocelot, réunissant pour la première fois quelques-uns des - nombreux ! - courts-métrages (l'un d'entre eux fait d'ailleurs suite à Azur et Asmar) réalisés par le cinéaste français lorsqu'il n'était pas encore connu. Au total, pas loin de trois heures de courts-métrages, le tout agrémenté de passionnants bonus (présentés par Ocelot lui-même) mettant en lumière le formidable travail de cet artiste pour le moins atypique, retraçant ainsi la genèse atypique d'une œuvre... atypique.

  

EN GUISE DE CONCLUSION:

Avec Azur et Asmar, Michel Ocelot prouve que le cinéma français d'animation a de beaux jours devant lui et n'a strictement rien à envier à nos amis américains. Pour petits et grands, un bijou à ne pas manquer.

K.H.

Nominations et récompenses obtenues, le détail complet > ICI



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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 00:00

- Ce mardi 29 juin 2010 -

C'est l'heure !...

Mais l'heure de quoi, au juste ??... Et bien tout simplement, l'heure de fêter ma quatrième année de présence sur la blogosphère. Si LE TERRIER DE LA LAPINE CINÉPHILE n'existe que depuis un an et demi maintenant, cela fait en vérité quatre ans, jour pour jour, que je blogue. Avant, bien avant que LE TERRIER DE LA LAPINE CINÉPHILE ne pointe le bout de son nez sur la toile d'Allociné, il y eut d'abord LE CINÉMA DE KLEINHASE. Mon premier blog. Ouvert le jeudi 29 juin 2006. Il y a quatre ans. Déjà. Je jurerais pourtant que c'était hier.

Que puis-je dire d'autre que je n'aurais pas encore dit ?... Bon anniversaire ?... Pourvu que ça dure ?... Et rendez-vous en novembre pour les deux ans du TERRIER DE LA LAPINE CINÉPHILE ?...

Par cette chaleur, mieux vaut éviter les longs discours bavards et assommants. Une p'tite coupe* de champagne virtuel suffira amplement, pas vrai ?...

* L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

:-D



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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 13:00

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

ROBIN DES BOIS (Robin Hood)

Film britannique, américain

Date de sortie: 12 mai 2010

Genre: Aventures  Durée: 2h20  Tous publics

Conseil personnel: Pour adolescents et adultes.

Couleur

Site officiel

À l'aube du XIIIe siècle. Après avoir vu périr le roi Richard Cœur de Lion sur le champ de bataille en Normandie, Robin Longstride, humble archer, regagne l'Angleterre avec trois compagnons. En chemin, ils volent au secours de l'escorte qui rapporte la couronne, victime d'une embuscade. Un chevalier à l'agonie confie à Robin le soin de donner son épée à son père, sire Walter Loxley, un seigneur des environs de Nottingham. Arrivé à Londres, Robin remet la couronne à la reine, qui en coiffe le peu reluisant prince Jean, frère cadet de Richard Cœur de Lion...

  

LA CHRONIQUE DE KLEINHASE:

Robin des Bois. Un nom. Une vie. Un homme. Une destinée. Un justicier. Une aventure. Un héros. Une épopée. Un mythe. Une histoire de légende elle-même devenue légendaire. À lui tout seul, le simple sobriquet de Robin des Bois évoque un individu mystérieux et brave, à la fois rebelle et charismatique, en lutte contre l'injustice et la tyrannie, et qui vole aux riches pour donner aux pauvres. L'archétype même du défenseur de la veuve et de l'orphelin, bourreau des cœurs par excellence et véritable modèle pour les enfants (quel môme, en jouant, n'a jamais tenté d'imiter ou de ressembler à Robin des Bois ?...). Ce personnage (a-t-il seulement existé, au juste ?... Nul ne le sait, et ne le saura probablement jamais...) illustre à merveille tout ce dont le 7e Art - et le spectateur !... - raffole depuis la nuit des temps... ou presque (!): héroïsme à toute épreuve, bagarres, félonie, sens de l'honneur et de la droiture, complots en tous genres et autres guets-apens, romance interdite.

Pour preuve, voici près de 100 ans, depuis une toute première version remontant à 1912, que le brigand de Sherwood est devenu un héros plus ou moins récurrent du grand écran. Entre Allan Dwan (<< Robin des Bois >>, 1922), Michael Curtiz (<< Les aventures de Robin des Bois >>, 1938), Richard Lester (<< La rose et la flèche >>, 1976), ou plus actuellement encore Kevin Reynolds (<< Robin des Bois prince des voleurs >>, 1991 - lire ma récente chronique), nombreux sont les réalisateurs à avoir déjà livré leur propre vision du personnage, dans des adaptations plus ou moins différentes; et tout aussi nombreux sont les acteurs qui ont prêté leurs traits au célèbre hors-la-loi, de Douglas Fairbanks à Kevin Costner, en passant par Errol Flynn et Sean Connery; pour ne citer que les plus connus.

Aussi n'est-il pas étonnant, aujourd'hui, qu'un metteur en scène de l'envergure de Ridley Scott, habitué et spécialiste des fresques à grand spectacle (on lui doit << Gladiator >> et << Kingdom of Heaven >>, entre autres), se penche à son tour sur ce mythe universel et intemporel. Mais comment s'approprier et comment, surtout, personnaliser à sa sauce l'énième relecture d'un récit vieux comme le monde, déjà visité d'innombrables fois au cinéma et, qui plus est, sur toutes les formes et sur tous les tons ?... Le défi s'annonce vite de taille, et le risque de se planter apparaît encore plus immense.

Pour commencer, il semble tout d'abord nécessaire - pour ne pas dire inévitable - de donner un gros coup de jeune à une histoire archi-connue qui, si elle n'a pas pris la moindre ride, sent quand même le déjà-vu, il faut bien l'avouer. C'est alors que Ridley Scott trouve une idée proprement lumineuse et particulièrement alléchante: pourquoi ne pas imaginer de quelle manière Robin est devenu LE Robin des Bois que tout le monde connaît aujourd'hui ?... Pourquoi ne pas imaginer comment la légende de Robin des Bois est-elle née et comment, par la suite, s'est-elle propagée ?... Tout simplement ?... Il n'empêche que le projet n'en reste pas moins ambitieux et périlleux, d'autant plus que ce Robin des Bois version 2010, projeté en ouverture du dernier Festival de Cannes, restera longtemps dans les cartons avant de voir enfin le jour, au prix d'un tournage véritablement... drastique. Mais le tournage en lui-même ne fut pas la seule difficulté rencontrée par Ridley Scott. Ô que non.

Longtemps, bien longtemps avant que le tournage de ce film (initialement intitulé Nottingham) ne débute, c'est le scénario qui pose problème. Remanié à plusieurs reprises, il passera entre différentes mains avant d'arriver à sa version définitive, fruit du travail de Brian Helgeland, Ethan Reiff et Cyrus Voris.

La grève des scénaristes, en 2008, retardera aussi considérablement l'écriture et la fixation du scénario et, par conséquent, la mise en chantier du film. Une fois les problèmes de scénario réglés, il reste encore à définir les lieux de tournage, ainsi que le choix des différents acteurs. Et là aussi, le casting subira de multiples changements avant d'être totalement (et définitivement) établi. Bref, un tournage épique, à l'image du personnage de Robin. Est-ce pour toutes ces raisons, qui perturbèrent sérieusement son lancement, que le long-métrage de Ridley Scott n'est pas aussi abouti qu'on aurait pu l'espérer et fait plutôt figure de demi-réussite, pour ne pas dire demi-échec ?...

Mais parlons d'abord du casting, justement, et de l'interprétation. Pour sa cinquième collaboration avec Ridley Scott, l'inégalable Russell Crowe (qui est aussi l'un des producteurs de ce film, au passage) incarne un Robin des Bois ténébreux et plus viril que jamais, bien que l'acteur m'ait paru un peu fatigué par moments (il faut dire que le tournage, sur le plan physique, n'aura pas été de tout repos pour la star).

Cate Blanchett, toujours aussi radieuse, incarne une lady Marianne très éloignée de la représentation qui nous est habituellement servie à l'écran: loin d'être une écervelée romantique en attente de son prince charmant-vaillant-sauveur (!), SA lady Marianne est une femme de poigne, volontiers batailleuse si cela s'impose (ce qui, pour le spectateur, est un peu bizarre à voir, il faut l'admettre !). Parmi les acteurs secondaires qui gravitent autour du personnage incarné par Russell Crowe, citons notamment Max von Sydow, William Hurt, Kevin Durand, Scott Grimes, Alan Doyle, Mark Addy et Danny Huston; qui interprètent respectivement les rôles de sire Walter Loxley, William Marshal, Petit Jean, Will l'Écarlate, Allan A'Dayle, frère Tuck et Richard Cœur de Lion.

Les méchants de l'histoire, eux, sont tout ce qu'il y a de plus caricatural. Entre Oscar Isaac (alias le prince Jean, plus fourbe et cupide que jamais), Mark Strong (alias Godefroy, l'homme de main infidèle du prince), Eileen Atkins (alias Aliénor d'Aquitaine, la mère du prince Jean, qui baisse les yeux devant son fils), et Matthew MacFayden (alias le shérif de Nottingham, absent pendant quasiment tout le film); les méchants sont ici extrêmement stéréotypés. À vrai dire, beaucoup trop pour être totalement crédibles... mais bon, passons.

Les plus susceptibles se vexeront peut-être aussi de l'image très négative qui est donnée des Français; qui, il faut le dire, n'ont pas vraiment le beau rôle dans cette superproduction; et apparaissent plutôt comme des faire-valoir (voir la scène de bataille finale, où les Français, pas courageux pour un sou, détalent comme des lapins devant l'ennemi...). En parlant de ça, on notera la présence au générique d'une actrice française, Léa Seydoux, qui prête ses traits à Isabelle d'Angoulême, la sensuelle compagne du prince Jean.

Niveau mise en scène, pas grand-chose à reprocher (hormis une curieuse et désagréable impression, par moments, de n'avoir aucun réel fil conducteur dans le montage; certains plans se succédant de manière plutôt expéditive, sans qu'on parvienne toujours à faire le rapprochement entre eux), c'est du Ridley Scott grand cru.

La signature du réalisateur britannique est aisément identifiable, que ce soit dans les scènes de bataille comme dans les diverses reconstitutions d'époque, superbes et absolument monumentales. Ridley Scott est un passionné du Moyen Âge et cela se ressent très fortement à l'écran, bien que son film ne soit pas totalement exempt de petites erreurs historiques et de quelques anachronismes. Non, à bien y réfléchir, le seul véritable regret que l'on pourrait formuler par rapport à la mise en scène, c'est qu'on aurait peut-être souhaité que Ridley Scott s'attarde moins sur l'action, très présente, et privilégie davantage les trop rares scènes intimistes qui parsèment son œuvre. Bon, ce qui est fait est fait, on ne va pas remettre en cause le parti pris par le cinéaste, d'autant plus que ce dernier trouve une nouvelle fois l'occasion d'exprimer sa maîtrise dans l'art de filmer des scènes de bataille comme on les aime, épiques et violentes à souhait.

Mais toute cette déferlente d'action et de combats n'empêche cependant pas Robin des Bois de souffrir de plusieurs longueurs, qui auraient sans doute pu être évitées. Ainsi, on regrettera certaines scènes tout à fait languissantes, bavardes et sans intérêt; et d'autres qui, au contraire, auraient gagnées à être plus approfondies (les scènes où il est question de l'enfance de Robin, par exemple).

Bon, ceci n'est qu'un détail, certes regrettable, mais ce n'est pourtant pas ça qui constitue le gros point faible de ce film. Je vais y venir dans un instant. Avant cela, juste un petit mot pour souligner l'ensorcelante et sublime musique du compositeur Marc Streitenfeld, qui se confond parfaitement avec les images et apporte à ce long-métrage une ambiance littéralement envoûtante, teintée de noirceur et d'héroïsme.

Mais alors, quel est donc le gros point faible de ce Robin des Bois version 2010 ?... Qu'est-ce qui fait que ce Robin des Bois, sans être pour autant un navet, est loin d'être le chef-d'œuvre annoncé ?... Qu'est-ce qui fait que la mayonnaise n'a pas complètement pris ?... Qu'est-ce qui fait que ce film, que j'attendais personnellement avec beaucoup de curiosité et d'impatience (assurément ma plus grosse attente cinématographique de l'année 2010), m'a laissée partir sur un goût amer d'inachevé et de déception (déception moyenne, mais déception quand même...) ?... Et bien, tout simplement, le responsable de cette déception n'est autre que... le scénario. Ironie de la situation: le scénario, après avoir longtemps posé problème aux scénaristes, pose maintenant problème au spectateur (du moins, pour ce qui me concerne); qui se perd dans les fils d'une intrigue particulièrement alambiquée, pour ne pas dire tirée par les cheveux.

Avoir voulu donner un nouveau souffle à l'histoire de Robin des Bois en imaginant de quelle manière il est devenu le redresseur de torts légendaire que tout le monde connaît, c'est très bien, mais qui dit relecture de la légende dit forcément remaniement total du récit initial. Qui dit remaniement du récit dit forcément arrivée de nouveaux personnages. Qui dit nouveaux personnages dit forcément nouvelles motivations. C'est là que le bât blesse: les nouveaux personnages sont nombreux, mais ils ne sont pas suffisamment exploités, et du coup, on a un peu de mal à comprendre leurs motivations, qu'est-ce qui les pousse à faire ceci ou cela (par exemple, pourquoi Godefroy, l'homme de main du prince Jean, s'allie soudainement avec les Français et se retourne ainsi contre son prince ??...). Un autre détail dans le scénario qui m'a également gênée, c'est la façon dont le roi Richard Cœur de Lion est présenté: on le décrit comme un vulgaire pillard, et non plus comme le bon roi mythique, juste et généreux, que l'on croyait connaître jusqu'à présent. Et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Bref, pour faire court, le scénario s'enlise, s'embrouille, la confusion règne en permanence; et ce sont naturellement - et malheureusement - le film et le spectateur qui en pâtissent.

  

EN GUISE DE CONCLUSION:

Si la réalisation et l'interprétation restent honorables malgré quelques légères imperfections, le scénario de ce Robin des Bois, lui, mérite plutôt la mention à revoir. Quel dommage, on a le sentiment, au sortir de la projection, que Ridley Scott est passé à côté de ce qu'il aurait pu faire... distrayant, sans plus.

K.H.



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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 08:26

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

Évocation de la légende de Robert Roy MacGregor, dit Rob Roy, chef d'un clan de deux cents villageois au début du XVIIIe siècle, dans les Highlands, et qui tint tête à une aristocratie félonne et corrompue...

En 1995 sortirent deux films quelque peu similaires dans leur sujet et dans leur genre: << Braveheart >>, réalisé par Mel Gibson, et Rob Roy, du cinéaste Michael Caton-Jones. Effectivement, bien que ces deux films présentent plusieurs différences majeures (notamment pour l'époque où l'histoire est située, BRAVEHEART se déroulant à la fin du XIIIe siècle alors que Rob Roy se passe au début du XVIIIe siècle), force est de reconnaître qu'il existe cependant d'importantes ressemblances dans les grandes trames des récits, et aussi dans les ambiances que dégagent ces deux œuvres, qui semblent se compléter l'une et l'autre. Mais si BRAVEHEART (que je ne suis d'ailleurs même pas certaine - honte à moi ! - d'avoir déjà vu en entier... j'ai dû voir des extraits, tout au plus...) jouit d'une notoriété inaltérable et est considéré comme un classique par la majorité des spectateurs, en revanche, Rob Roy, lui, est un film qui apparaît comme assez méconnu (ou oublié, du moins) et en outre injustement sous-estimé. Alors que ce long-métrage, sans être un chef-d'œuvre absolu, constitue un divertissement de qualité, qui mérite d'être redécouvert et apprécié à sa juste valeur.

De la même manière que BRAVEHEART, qui tirait sa source de la vie d'un personnage historique, Rob Roy s'inspire lui aussi d'un personnage ayant réellement existé, Robert Roy MacGregor, surnommé le Robin des Bois écossais; et dont l'histoire a également inspiré un roman de Sir Walter Scott (à qui l'on doit un autre classique de la littérature, << Ivanhoé >>, aussi porté sur le grand écran à plusieurs reprises, et notamment dans un célèbre film datant de 1952, avec Robert Taylor et Elizabeth Taylor dans les rôles principaux). Mais revenons plutôt à notre sujet de départ, si vous le voulez bien (!). Bien que l'intrigue de Rob Roy soit assez ordinaire, globalement parlant, la réalisation enlevée de Michael Caton-Jones emporte malgré tout facilement l'adhésion, ménageant habilement le suspense et l'intérêt jusqu'à la superbe image finale, aussi inattendue qu'émouvante. Les acteurs (Liam Neeson, Jessica Lange, Tim Roth et John Hurt, pour ne citer que les principaux) sont tous excellents et très convaincants dans leurs rôles respectifs. Si l'on ajoute à tout cela la majesté sans égale des décors naturels et la musique envoûtante du compositeur Carter Burwell, aux notes forcément (!) et délicieusement celtiques (n'oublions pas que ce récit se déroule en Écosse... qui dit Écosse dit musique celtique... logique, non ?...); alors oui, pas de doute, le plaisir est plus que jamais au rendez-vous et l'on passe vraiment un très agréable moment de détente devant ce magnifique film d'aventures historiques, qui, malgré quelques légères longueurs de-ci de-là, reste prenant de bout en bout.

Bref, peut-être pas un chef-d'œuvre mais sûrement pas non plus un navet (contrairement à ce que j'ai pu lire dans certaines critiques...), Rob Roy s'avère être un divertissement emballant et remarquablement joué et orchestré; à voir ne serait-ce que pour la splendeur exceptionnelle de ses paysages écossais, face auxquels, avouons-le, il est bien difficile de rester de marbre. À noter d'ailleurs que Rob Roy a récemment bénéficié d'une toute nouvelle réédition, en Blu-Ray... une occasion idéale, pour ceux qui possèdent un lecteur adapté, de (re)découvrir ce joli film.

K.H.



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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 08:33

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

ROBIN DES BOIS PRINCE DES VOLEURS (Robin Hood prince of thieves)

Film américain

Date de sortie: 7 août 1991

Genre: Aventures  Durée: 2h18  Tous publics

Conseil personnel: Pour adolescents et adultes.

Disponible en DVD, VHS et Blu-Ray - Couleur

En 1193, fuyant les prisons de Jérusalem, Robin de Locksley et son compagnon de croisade, le maure Azeem, regagnent l'Angleterre. Là-bas, une mauvaise surprise attend Robin: son père a été exécuté comme hérétique et son domaine confisqué par le cruel shérif de Nottingham, qui fait régner la tyrannie sur les habitants de la région. Ayant réussi à échapper aux hommes de celui-ci, Robin, Azeem et Duncan, un vieux serviteur à qui les sbires du shérif ont crevé les yeux; se réfugient dans la forêt - réputée maudite - de Sherwood et y rencontrent Petit Jean, chef d'une bande de hors-la-loi. Après une bagarre épique entre Robin et ce dernier, ils deviennent amis, et Robin, Azeem et Duncan se joignent aussitôt à la bande. Tous ensemble, ils vont s'opposer au shérif de Nottingham et essayer de ramener la paix et la justice dans le royaume, tandis que Robin va également tenter de conquérir le cœur de la belle Marianne, sur qui il a été chargé de veiller par un ami défunt...

  

LA CHRONIQUE DE KLEINHASE:

Alors que le très attendu << Robin des Bois >> revisité par Ridley Scott fait aujourd'hui même, en ce mercredi 12 mai 2010, l'ouverture du 63e Festival de Cannes et sort simultanément dans toutes les salles de France, j'aimerais revenir sur l'un des derniers grands films qui ait été consacré à ce personnage de légende: je veux évidemment parler de Robin des Bois prince des voleurs, réalisé par Kevin Reynolds en 1991 (19 ans déjà... bon Dieu qu'ça passe vite !...).

Depuis l'avènement du 7e Art jusqu'à nos jours, le personnage de Robin des Bois fait partie - avec ceux de Lancelot du Lac, d'Ivanhoé ou encore du roi Arthur - de ces héros mythiques que les metteurs en scène affectionnent tant et qui continuent à inspirer le grand écran, qui se régale à adapter - avec plus ou moins de réussite - ses aventures et exploits. Et déjà nombreuses sont les œuvres cinématographiques consacrées à ce justicier au grand cœur.

Parmi les films les plus célèbres relatant l'histoire de Robin des Bois, on garde notamment en mémoire << Les aventures de Robin des Bois >> de Michael Curtiz, tourné en 1938 avec Errol Flynn dans le rôle titre; le << Robin des Bois >> animé des studios Disney, datant de 1973 et dans lequel l'intrigue - transposée dans le royaume animalier - offre à Robin les traits d'un renard rusé et espiègle; ou encore, beaucoup moins connu (j'avoue que moi-même, je ne l'ai jamais vu !) mais qui fait pourtant figure de classique, << La rose et la flèche >> (1976), où Robin est interprété par Sir Sean Connery. Sean Connery qui fait justement une apparition surprise en forme de clin d'œil à la fin de ce Robin des Bois prince des voleurs, le temps d'une scène brève mais ô combien savoureuse, au cours de laquelle on le voit endosser la couronne du bon roi Richard Cœur de Lion (pour notre plus grand plaisir, d'ailleurs !).

Ici, point d'Errol Flynn, point de renard, point de Sean Connery. L'inénarrable héros a le visage et le charme d'un Kevin Costner en grande forme, plus bondissant que jamais, qui l'incarne avec énormément de panache et de conviction, trouvant là l'un de ses meilleurs rôles. Il donne la réplique à un Morgan Freeman magnifique dans le rôle du maure Azeem, l'ami fidèle et valeureux de Robin.

Mary Elizabeth Mastrantonio compose de son côté une très jolie Marianne, tandis qu'Alan Rickman incarne avec une jubilation des plus délectables un shérif de Nottingham parfaitement immonde et affreux. Il ne faut pas oublier non plus de mentionner les différents personnages secondaires qui gravitent autour du protagoniste principal et qui sont interprétés avec talent par des acteurs très enjoués. On saluera plus particulièrement les croustillantes prestations de Nick Brimble (alias Petit Jean), Christian Slater (alias Will Scarlett), Michael McShane (alias Frère Tuck), Michael Wincott (alias Guy de Gisborne), et Walter Sparrow (alias Duncan); entre autres.

L'intrigue - si elle est globalement de facture assez classique - réserve néanmoins son lot de surprises et de nouveautés, et est revisitée avec modernité et intelligence par Kevin Reynolds, qui confère à ce mythe universel une seconde jeunesse et une fraîcheur bienvenue. Certains personnages du récit initial ont par exemple été supprimés (le prince Jean Sans Terre) pour laisser la place à d'autres plus surprenants (à l'instar de l'horrible sorcière associée au shérif de Nottingham, interprétée par l'effrayante Geraldine McEwan).

Orchestrée tambour battant avec un sens inné du spectacle et de l'aventure, la mise en scène multiplie les rebondissements, enchaîne les actes de bravoure, alterne les cavalcades et autres courses-poursuites sur une action non-stop et dans des décors d'une renversante beauté; propres à créer cette ambiance héroïque qui inonde constamment l'histoire et ses personnages. Pour la petite anecdote, plusieurs scènes de ce film ont été tournées autour et dans la Cité de Carcassonne qui, il est vrai, constitue un lieu idéal pour ce type de production (Robin des Bois prince des voleurs n'est d'ailleurs pas le seul film à avoir été tourné là-bas, si je ne m'abuse !). L'ensemble est en outre émaillé d'une bonne dose d'humour, ainsi que d'une délicate touche de romantisme. Enfin, j'ajouterais juste un dernier mot pour souligner la superbe bande originale de Michael Kamen, dont les notes intensément épiques apportent un souffle supplémentaire à la réalisation - déjà très enlevée - de Kevin Reynolds.

  

EN GUISE DE CONCLUSION:

Bagarres, félonie, humour, magie, amour, sorcellerie: tous les ingrédients sont au rendez-vous pour faire de ce Robin des Bois prince des voleurs une ébouriffante réussite et un divertissement familial de haut niveau (pour les plus jeunes spectateurs, attention toutefois à la violence de certaines scènes, qui peut heurter), que l'on prend encore et toujours plaisir à revoir, 19 ans plus tard. Bref, un film qui se bonifie avec le temps, cela étant très probablement dû à la qualité exceptionnelle de l'interprétation et de la réalisation, romanesque et fougueuse à souhait. Pas forcément un chef-d'œuvre, mais du bien bel ouvrage dont on aurait vraiment tort de se priver !...

K.H.

Nominations et récompenses obtenues, le détail complet > ICI



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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 09:59

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

MACADAM COWBOY (Midnight Cowboy)

Film américain

Date de sortie: 15 octobre 1969  Date de reprise: 17 décembre 2008

Genre: Drame  Durée: 1h53  Interdit aux moins de 12 ans

Conseil personnel: Pour adolescents et adultes.

Disponible en DVD et VHS - Couleur et noir & blanc

Joe Buck, blond et beau gosse, quitte sa petite bourgade du Texas pour monter à New York, où il espère se faire entretenir par des femmes riches. Mais la dureté de la ville lui fait rapidement perdre ses illusions. Seul, sans un sou, il fait alors la connaissance de Rico Ratso Rizzo, un immigré italien chétif, boiteux et tuberculeux. Parce que ce dernier a l'air encore plus seul que lui, Joe accepte de partager son appartement miteux. À l'opposé l'un de l'autre, ils partagent pourtant la même misère dans les bas-fonds new-yorkais, s'accrochant tous deux au même rêve: partir vivre sous le soleil de Floride...

  

LA CHRONIQUE DE KLEINHASE:

Récemment rediffusé sur Arte (chaîne, je crois l'avoir déjà dit, dont on parle bien trop peu et qui pourtant, est souvent synonyme d'excellence dans son choix de films proposés), dans le cadre d'une soirée Thema consacrée à ce sentiment mystérieux qu'est l'amitié, Macadam Cowboy fait partie de ces nombreux films au parfum de scandale, qui ont inévitablement déclenché la polémique en leur temps puis se sont peu à peu imposés comme des classiques incontournables du 7e Art. Adapté d'un roman - que je n'ai, pour ma part, jamais lu - de James Leo Herlihy (intitulé Midnight Cowboy, qui est aussi le titre original de ce film... dans le jargon de la langue anglaise, il peut se traduire par Gigolo), ce long-métrage de John Schlesinger a bien failli ne jamais voir le jour.

En effet, lorsque John Schlesinger fit part de son désir de porter ce roman sur grand écran, les producteurs se montrèrent plutôt frileux (il est facile de comprendre pourquoi en voyant ce film !); mais le réalisateur ne céda pas et ayant réussi à réunir le budget nécessaire, il commença aussitôt le tournage de ce Macadam Cowboy, classé X lors de sa sortie en salles aux USA, en 1969. Un an plus tard, Macadam Cowboy remporte - contre toute attente - trois Oscars (dont celui du meilleur film, devenant ainsi le premier film classé X à gagner la précieuse statuette !) et verra alors sa censure allégée, passant du X à l'interdiction aux moins de 17 ans. D'ailleurs censuré dans plusieurs autres pays, Macadam Cowboy fut interdit aux moins de 12 ans à sa sortie en France.

Situé à New York (ville symbolique du rêve américain, où la pauvreté se dissimule derrière une beauté exacerbée), Macadam Cowboy narre le parcours et les déboires de deux marginaux rejetés par la société, de deux paumés en quête d'une vie meilleure et que le hasard va rapprocher, au gré d'une amitié inattendue.

Blondinet idéaliste, naïf et vulnérable, Joe Buck (Jon Voight, formidable de sensibilité et de mélancolie) quitte son Texas natal et s'établit à New York, avec la ferme intention de mener une carrière de gigolo (quelle femme en effet refuserait les services d'un beau gosse comme lui ?...). Mais à peine arrivé, Joe découvre rapidement la cruauté impitoyable de la ville et de ses habitants, et ses rêves ne tardent pas à s'évanouir. Livré à lui-même, il fait alors la connaissance de Rico Ratso Rizzo (Dustin Hoffman, incroyable et méconnaissable dans ce qui apparaît aujourd'hui comme étant l'un de ses plus grands rôles), un immigré italien maladif et solitaire, magouilleur minable à ses heures perdues et qui va d'abord escroquer Joe avant de le prendre finalement en affection. C'est le début d'une grande amitié, au cours de laquelle nos deux anti-héros constateront qu'ils ont le même rêve commun: partir vivre sous le soleil de Floride, dans l'espoir d'un avenir plus radieux.

À travers l'histoire émouvante de ces deux êtres torturés par la vie, que tout oppose et qui vont malgré tout se lier d'amitié, partageant leur misère et leur dérive; le réalisateur John Schlesinger signe une œuvre âpre et profondément tragique, qui n'est pas sans rappeler << Les Désaxés >> de John Huston, où le cow-boy était déjà représenté comme un mythe en perdition.

Avec Macadam Cowboy, c'est toute une époque qui disparaît, c'est la fin de l'âge d'or du western, les années 70 arrivent et annoncent un grand chamboulement social et médiatique; la libération des mœurs étant en marche. C'est tout cela que raconte Macadam Cowboy, en abordant des sujets alors très tabous, tels que la prostitution masculine ou l'homosexualité. Assez proche - dans son propos et dans sa réalisation - du film phare de Dennis Hopper, << Easy Rider >>, sorti la même année, Macadam Cowboy est un drame aux allures de road-movie tragi-comique, une balade désenchantée et nostalgique dans les quartiers crasseux et glauques du New York des pauvres. Que dire aussi de la musique sublime composée par le maestro John Barry, et en particulier de l'inoubliable chanson Everybody's Talkin' interprétée par Harry Nilsson, que l'on prend toujours plaisir à écouter et à fredonner, plus de 40 ans après ?... Cette chanson légendaire contribua, en grande partie, à la réussite de ce très beau film.

Le seul petit reproche que l'on pourrait faire à Macadam Cowboy, c'est que la mise en scène de John Schlesinger se montre, par moments, un peu difficile à suivre et parfois même confuse, puisqu'elle alterne les flash-back et les retours dans le présent sans vraiment fournir d'explication sur le sens de ces flash-back.

Du coup, on en apprend finalement très peu sur le passé du protagoniste principal, Joe Buck, et c'est dommage car ces flash-back auraient gagnés à être davantage approfondis et exploités; dans la mesure où ils auraient pu nous permettre de mieux cibler le caractère de ce personnage et peut-être aussi de mieux comprendre cette motivation en vérité assez mystérieuse qui le pousse à vouloir devenir un gigolo. Bref, la mise en scène s'embrouille légèrement de temps à autre, mais bon, ça n'altère toutefois en rien l'émotion véhiculée par cette œuvre à la fois atypique et sobre, teintée d'amertume et de mélancolie.

  

EN GUISE DE CONCLUSION:

Si les deux grands thèmes (à savoir la prostitution masculine et l'homosexualité) de ce récit - poignant - d'une errance ne font plus vraiment scandale aujourd'hui, et si la réalisation semble un peu alambiquée et désuète sur certains aspects, Macadam Cowboy est en revanche toujours aussi actuel dans sa description - implacable - de la misère et du rêve américain bafoué; d'autant plus que les compositions du tandem Jon Voight/Dustin Hoffman n'ont absolument rien perdu de leur intensité dramatique et encore moins de leur puissance émotionnelle. Culte.

K.H.

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 16:15

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

LES GOONIES (The Goonies)

Film américain

Date de sortie: 4 décembre 1985

Genre: Comédie d'aventures  Durée: 1h49  Tous publics

Conseil personnel: Pour toute la famille.

Disponible en DVD, VHS et Blu-Ray - Couleur

Mickey et Brand Walsh appartiennent au club des Goonies et leur bande est en pleine effervescence: la découverte providentielle d'une carte au trésor va leur permettre d'éviter que des promoteurs immobiliers ne rachètent la maison des parents Walsh. Mais les embûches sont nombreuses et redoutables jusqu'au fameux trésor, et les valeureux Goonies vont s'en apercevoir à leur dépends...

  

LA CHRONIQUE DE KLEINHASE:

Ils se font appeler LES GOONIES. La carte perdue. Le vieux phare. Les cavernes secrètes. Les pièges maléfiques. Le trésor caché. Et... le Cinoque. Prenez part à l'aventure. Cette longue tagline (ou phrase d'accroche, si vous préférez) que l'on peut lire sur l'affiche présentée en tout début de cet article résume admirablement, et avec beaucoup d'humour, ce film irrésistible qu'est Les Goonies (titre qui pourrait se traduire par Les Crétins... avouez que ça sonne beaucoup moins bien !). Réalisé en 1985 par Richard Donner (à qui l'on doit d'autres classiques, tels que << Superman >>, ou << L'arme fatale >>, pour ne citer que ces deux-là), Les Goonies fait partie de ces films aujourd'hui devenus cultes, de ces films inoubliables qui ont marqué toute une génération de spectateurs (en l'occurrence, la génération 80) et dont les personnages nous sont devenus tellement familiers qu'on les retrouve, plus de vingt ans après, toujours avec le même plaisir lorsque l'occasion de revoir le film se présente devant nous, que ce soit par l'entremise d'une rediffusion télévisée ou, tout simplement, grâce à cette fabuleuse technique que l'on nomme DVD (!).

Les Goonies appartient à cette époque prolifique des années 80, à cet âge d'or du cinéma américain où les longs-métrages de genre principalement fantastique, anticipation/science-fiction, aventures, ainsi que héroïc fantasy; avaient alors le vent très en poupe, comme en témoigne la multitude de productions sorties au cours de ces années-là... des productions aussi légendaires et aussi variées que, par exemple, la saga << Retour vers le futur >>, << Blade Runner >>, la saga << Indiana Jones >> ou encore << Willow >>. Les Goonies, lui, se range dans la catégorie des films d'aventures (bien qu'en vérité, il se rapproche plus de la comédie d'aventures un brin satirique que du vrai film d'aventures type Indiana Jones).

Et pourtant, comme on peut le constater en voyant le film, l'esprit Indiana Jones n'est jamais tout à fait loin, et perce constamment au travers de l'intrigue des Goonies. Déjà parce que primo, les (jeunes) héros des Goonies ont tous un petit quelque chose d'Indiana Jones, en version miniature... ce sont des Indiana Jones en culotte courte, pourrait-on dire !...

Ensuite parce que tout comme l'homme au chapeau et au fouet, les explorateurs en herbe des Goonies vont être amenés à vivre, par la force des choses, une épopée rocambolesque, une odyssée abracadabrante; qui va les propulser (malgré eux) dans des situations loufoques, des rebondissements farfelus et des péripéties imprévisibles qui, sans être aussi spectaculaires ou périlleuses que celles rencontrées par celui que l'on surnomme également Indy, ne sont pas exemptes de danger pour autant. Et enfin parce que tout comme ce cher professeur Jones au terme de ces innombrables exploits, les mini-aventuriers des Goonies vont sortir transformés et grandis par cette quête qui les emmènera finalement au bout d'eux-mêmes et leur apprendra à porter un regard différent et plus mature sur les gens et sur les choses.

Toutes ces légères ressemblances, discrètes mais toutefois bien réelles, avec le personnage d'Indiana Jones ne sont en rien anodines, comme on pourrait le croire au premier abord; puisque le scénario des Goonies, qui a été écrit par Chris Columbus, tire en vérité sa source d'une histoire originale imaginée par... Steven Spielberg... qui est en outre l'un des producteurs exécutifs des Goonies !...

Bien que Spielberg n'ait pas mis en scène ce long-métrage (plutôt étonnant, d'ailleurs...), son influence sur les grands thèmes du récit et sur l'ambiance globale - joyeusement barrée - qui règne tout au long de cette œuvre volontairement parodique se ressent néanmoins très intensément à l'écran. Et nul besoin d'être un fervent admirateur de Spielberg pour s'en rendre compte !... Ceux qui connaissent un peu la filmographie de ce géant du 7e Art et ont vu, surtout, la saga Indiana Jones (en même temps, qui n'a pas encore vu cette saga mythique, je vous le demande sérieusement ?!...) n'auront sans doute aucun mal à identifier l'ombre Spielbergienne qui plane au-dessus du scénario des Goonies.

Parlons du scénario, justement. Que dire sinon que l'intrigue, dès le début et une fois passé la longue scène d'ouverture (qui est un véritable morceau d'anthologie et de bravoure à elle toute seule !), se révèle absolument captivante et haletante de bout en bout, bien que de facture très classique ?... En effet, l'histoire en elle-même, si l'on y regarde de plus près, est assez banale et ne dégage rien qui soit véritablement exceptionnel ou novateur pour le 7e Art.

Mais son intérêt et sa force résident ailleurs. Dans une réalisation décapante et survitaminée, qui a le mérite de ne jamais se prendre au sérieux et fait la part belle à l'action et aux gags sur un rythme d'enfer, ne laissant pas le moindre moment de répit aux héros et encore moins au spectateur, qui en prend lui aussi plein les yeux et plein les oreilles sans que jamais le punch fougueux et incroyable de la mise en scène ne se relâche. Peu à peu, le danger permanent qui guette nos jeunes amis devient de plus en plus oppressant et menaçant, les coups de théâtre s'enchaînent à une vitesse effrénée et les courses-poursuites ne manquent pas non plus... on a à peine le temps de reprendre notre souffle qu'un nouveau rebondissement arrive déjà et en annonce un autre encore bien plus grand... autant dire qu'on ne s'ennuie pas une seconde !

Et puis, l'autre atout de la réalisation (en dehors du fait qu'elle soit délicieusement nerveuse et folle), ce sont tous ces petits clins d'œil, à la fois littéraires ou cinématographiques, qui s'incrustent subtilement dans le récit et lui confèrent une aura supplémentaire. On distinguera notamment les clins d'œil faits à << Peter Pan >>, << James Bond >> ou << Inspecteur Gadget >>.

Soulignons aussi que si Les Goonies, d'un point de vue global, est mené tambour battant avec un humour dévastateur et des répliques cinglantes, cela ne l'empêche pas de nous offrir des scènes plus intimistes et volontiers oniriques (comme par exemple la scène dans le Puits des Souhaits, où Bagou s'autorise à récupérer sa pièce de monnaie parce que son souhait ne s'est jamais exaucé; la scène du baiser à l'aveuglette entre Mickey et Andy; ou encore la scène du monologue de Mickey lorsqu'il découvre enfin le trésor du pirate Willy le Borgne), qui font preuve d'une tendresse inattendue et d'une émotion insoupçonnable, prenante parce qu'infiniment surprenante. Derrière toute cette drôlerie et toute cette action se dissimule donc une vraie réflexion sur l'esprit d'équipe, le dépassement de soi et... le rêve. En ce sens, le plan final - d'une magnificence exceptionnelle - illustre à la perfection cette place de choix qu'occupe le rêve dans ce film, et clôt cette formidable aventure de la plus poétique des manières. Le tout sublimé par une bande son à tomber de Dave Grusin, qui réussit à marier dynamisme, sensibilité et rêverie sur des accords harmonieux et des notes enivrantes qui inspirent la jeunesse et la fantaisie de l'enfance. Sans oublier les décors monumentaux et les trucages audacieux !

Menés par Michael Mickey Walsh (Sean Astin), le chef de bande, garçonnet asthmatique et déterminé; LES GOONIES se compose de Clark Bagou - Mouth dans la version originale - Devereaux (Corey Feldman), le bavard de l'équipe, souvent grande gueule dans ses paroles mais dont la connaissance de la langue espagnole sera d'une aide précieuse pour la recherche du trésor; Richard Data Wang (Jonathan Ke Quan), le plus rusé d'entre tous, dont les inventions frisent le génie malgré le fait qu'elles ne soient pas toujours très au point (!); Lawrence Choco - Chunk dans la V.O. - Cohen (Jeff Cohen), le lourdaud (au propre comme au figuré !) de la troupe, petit bonhomme rondouillard, gourmand et terriblement maladroit qui viendra pourtant à la rescousse de ses camarades lorsque ces derniers sembleront condamnés à une mort certaine; et de Brandon Brand Walsh (Josh Brolin), le grand frère de Mickey, jeune homme sportif et raisonnable, farouchement opposé à cette escapade depuis le début et qui s'y retrouve pourtant involontairement mêlé.

Ils seront bientôt rejoints par Andrea Andy Carmichael (Kerri Green), belle jeune fille qui sauvera tantôt ses comparses d'un terrible piège grâce à ses capacités à jouer au piano et dont Brand est fou amoureux; ainsi que par Stephanie Stef Steinbrenner (Martha Plimpton), une amie d'Andy, qui durant toute l'aventure ne cessera de se chamailler avec Bagou mais finira tout de même par reconnaître qu'il est plutôt sympathique derrière sa grande gueule (!). Bref, LES GOONIES, c'est d'abord une bande de joyeux p'tits lurons, tous très truculents dans leurs genres; et dont les tempéraments à priori diamétralement opposés se complètent en fait à merveille, d'autant plus que tous ces jeunes héros sont interprétés avec beaucoup de conviction et de naturel par des bambins attachants, aux frimousses littéralement craquantes, et qui sont en outre très complices les uns avec les autres, ce qui ne fait que renforcer le plaisir du spectateur.

Nos Indiana Jones juniors (!) croiseront sur leur chemin une famille de dangereux malfaiteurs, eux aussi avides de trouver le fameux trésor. Il y a d'abord la mère, Ma Fratelli (Anne Ramsey), femme irascible et impitoyable qui règne en tyran sur ses trois fils: Francis (Joe Pantoliano), Jake (Robert Davi), tous deux plus bêtes que foncièrement méchants; et... Lotney Cinoque - Sloth dans la V.O. - Fratelli (John Matuszak), souffre-douleur de la famille en raison de son physique difforme et monstrueux (attention, ce personnage est susceptible d'effrayer les plus jeunes spectateurs) mais qui, derrière sa laideur, cache un vrai cœur d'or.

Autant dire que les adultes n'ont pas vraiment le beau rôle dans ce film, et c'est bien là que réside la grande similitude avec l'histoire de Peter Pan. Car les enfants des Goonies, en se lançant dans cette aventure, veulent ainsi échapper à un monde d'adultes qui leur semble trop injuste. Et les seuls adultes qu'ils vont être amenés à rencontrer pendant leur périple sont, pour les premiers, des criminels en cavale et, pour les seconds, des pirates morts... ce qui, entre nous, n'encourage pas vraiment à grandir !

Alors certes, tous ces personnages (principaux ou secondaires, mais surtout principaux) peuvent paraître assez stéréotypés et même totalement caricaturaux, que ce soit dans leurs caractères et leur évolution (puisqu'au final, chacun a appris à se servir de ses petits défauts comme d'une grande force), mais cette caricature volontaire n'est absolument pas gênante puisqu'elle s'assume à 100 % et fait donc partie intégrante du jeu, contribuant à apporter à l'histoire une dimension encore plus comique et donc, plus croustillante.

Et puis, cette caricature correspond tout à fait à l'esprit voulu par ce film, qui est, rappelons-le, de divertir le spectateur avec une histoire sans prétention, qui ne se prend jamais au sérieux même si elle se permet tout de même de délivrer une réflexion pertinente (mais pas moralisatrice, c'est là toute sa réussite) sur l'enfance et le rêve.

  

EN GUISE DE CONCLUSION:

Un film fait avec des enfants, par des grands enfants, pour un public d'enfants mais aussi, sans doute, pour les spectateurs plus âgés qui voudraient parfois redevenir des enfants ou qui, du moins, n'ont pas oublié leur âme d'enfant: voilà comment résumer Les Goonies en une phrase. Dieu que le spectacle est jouissif !... On en prendrait bien volontiers une deuxième tournée, n'est-il pas ?...

K.H.

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 15:00

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES (Alice in Wonderland)

Film américain

Date de sortie: 24 mars 2010

Genre: Conte, fantastique  Durée: 1h49  Tous publics

Conseil personnel: Pour toute la famille.

Couleur

Site officiel

Alice, désormais âgée de 19 ans, retourne dans le monde fantastique qu'elle a découvert quand elle était enfant. Elle y retrouve ses amis, le Lapin Blanc, Bonnet Blanc et Blanc Bonnet, le Loir, la Chenille, le Chat du Cheshire et, bien entendu, le Chapelier Fou. Alice s'embarque alors dans une aventure extraordinaire et dangereuse, au cours de laquelle elle devra accomplir son destin: mettre fin au règne de terreur de la perfide Reine Rouge et vaincre son maléfique dragon champion, le terrifiant Jabberwocky...

  

LA CHRONIQUE DE KLEINHASE:

Nous avons tous en mémoire le conte inénarrable de Lewis Carroll, << Alice au pays des merveilles >>, publié pour la première fois en 1865; et surtout, nous avons tous vu (au moins une fois) dans notre enfance le fabuleux dessin animé du même titre, inspiré de ce conte, et produit par les studios Disney en 1951.

Soixante ans plus tard, la firme aux grandes oreilles a remis le couvert, en acceptant de produire une nouvelle adaptation cinématographique, en chair et en os cette fois, des (més)aventures d'Alice, avec aux commandes de ce projet ambitieux et quelque peu casse-gueule (il faut l'avouer, il n'est pas forcément évident de mettre en images un tel classique de la littérature jeunesse, qui a de plus été déjà maintes fois porté sur le grand écran) l'un des cinéastes les plus créatifs et les plus populaires de sa génération: Tim Burton. Carroll/Burton/Disney: l'affiche était alléchante. Pourtant, à quelques jours de la sortie en salles, c'est la stupéfaction générale: la presse, habituellement très enthousiaste envers les films Burtoniens, n'est pas tendre; et les quelques spectateurs ayant eu l'occasion de le découvrir en avant-première se disent, globalement, déçus. Mais qu'en est-il vraiment, dans le fond ?... Compte-rendu et impressions personnelles.

Mais avant toute chose, précisons d'abord que je ne suis pas une fanatique de Tim Burton, contrairement à la grande majorité des gens qui bavent littéralement d'admiration devant cet artiste hors norme et son œuvre tout aussi hors norme (allez-y, traitez-moi d'inculte, je ne vous en voudrais pas pour ça !).

De Burton, je n'ai vu - à ce jour - que trois films: << Edward aux mains d'argent >> (le seul que j'ai vraiment aimé), << L'étrange Noël de monsieur Jack >> (qui m'a laissée perplexe) et << Charlie et la chocolaterie >> (pas détesté mais pas franchement adoré non plus... un deuxième visionnage serait sans doute nécessaire). C'est donc par pure et simple curiosité, après avoir zieuté quelques brefs extraits sur le web, que je suis allée voir cet Alice au pays des merveilles, sans rien en attendre. Et pourtant, quelle ne fut pas ma surprise en découvrant ce long-métrage !... Parce qu'à mon grand étonnement, j'ai A-DO-RÉ !... Et je ne comprends vraiment pas les nombreuses mauvaises critiques que ce film s'est pris en pleine poire (passez-moi l'expression !), car ces critiques, à mes yeux, ne sont pas justifiées. À croire que les gens ne savent plus rêver... mais venons-en directement au film en lui-même, si vous le voulez bien.

À la fois déjanté et complexe, le scénario, incroyablement riche dans son développement et son analyse pertinente sur la limite entre réel et irréel; est donc une adaptation très libre, comme on le sait déjà, du roman original de Lewis Carroll et surtout de sa suite, intitulée << De l'autre côté du miroir >> et parue en 1871. Ce ton volontairement décalé qui imprègne constamment le récit de Carroll est justement donné dès le début du film, lorsque le père d'Alice lui confie, avec une pointe de malice dans la voix: << Oui, tu es folle. Mais la plupart des gens biens le sont >>. Une phrase à la fois énigmatique et lourde de sens, à laquelle on pourrait répondre par cette citation, véridique, d'Aristote: << Folie(s). Il n'y a point de génie sans un grain de folie >>.

Mais ce qui frappe véritablement dans la construction du film et dans l'évolution de l'intrigue, c'est la manière dont Tim Burton réussit à faire tomber la barrière qui sépare rêve et réalité, utilisant pour cela, avec une discrétion et une élégance rares, des petits éléments (les roses rouges, la cicatrice sur le bras d'Alice, les frères jumeaux et les sœurs jumelles, ou encore la légère ressemblance physique entre le Chapelier Fou et le lord qu'Alice doit épouser... ressemblance physique qui semble résonner comme une représentation de l'idéal masculin d'Alice, lorsque l'on compare les deux personnages et si l'on en croit la relation plutôt ambiguë qu'Alice entretient avec le Chapelier Fou...) qui finissent par se rejoindre dans chacun des deux mondes, laissant ainsi planer le doute et le mystère sur la véracité de l'aventure vécue par Alice au Pays des Merveilles.

Comme par exemple dans cette scène, infiniment touchante, où Alice explique au Chapelier Fou qu'il n'est pas réel, qu'il n'est que le fruit de son imagination... le Chapelier Fou n'existe que parce qu'Alice le veut et y croit de tout son cœur. Jolie façon de nous rappeler qu'il faut toujours croire en ses rêves, même les plus dingues... car le vrai rêveur est celui qui rêve de l'impossible, comme le dit si bien le proverbe.

Autre intérêt et singularité de ce scénario revu et corrigé par Burton: l'héroïne n'est plus une enfant. Alice n'est plus la petite fille naïve et candide que l'on connaissait au travers du conte et du dessin animé Disney, mais une grande et belle adolescente de 19 ans, volontiers rebelle et désobéissante, qui a tout oublié du Pays des Merveilles (comme si, finalement, en grandissant, on cessait subitement de rêver et donc, on oubliait ses rêves passés...) mais sait en revanche ce qu'elle veut et ce qu'elle ne veut pas. Au fil de son voyage dans le Pays des Merveilles, Alice apprendra à découvrir qui elle était et ce qu'elle est devenue... un voyage initiatique, en somme, teinté d'amertume et de nostalgie... mais aussi de maturité, comme en témoigne la sublime fin, où le deuil de l'enfance et l'acceptation du passage à l'âge adulte se font sous l'image métaphorique d'une chenille qui meurt et se transforme en un magnifique papillon s'envolant à la conquête du monde et de la vie, sans pour autant renier ses rêves d'autrefois... Une fin superbe et émouvante, bien plus aboutie que la fin un peu en queue de poisson du dessin animé Disney.

Baroques à souhait, les décors inspirent à la fois l'enchantement et la peur, la noirceur et la couleur, l'espoir et la tristesse, la rêverie et la cruauté. La végétation, tour à tour luxuriante ou oppressante, fait basculer l'héroïne et le spectateur dans un univers pas aussi rose qu'il n'y paraît, peuplé de créatures et de personnages pittoresques, mi-lucides, mi-cinglés.

Les images de synthèse, qui représentent environ 90 % du film, sont en outre très réussies et très jolies sur le plan visuel (bien que je n'ai pas eu la chance, pour ma part, de le voir en 3D) et les effets spéciaux, dans l'ensemble, s'avèrent plutôt grandioses (malgré cette désagréable impression, par moments, d'être plus devant un film d'héroïc fantasy qu'un conte fantastique...). La musique de Danny Elfman, habituel complice de Burton, achève de donner à ce long-métrage cette ambiance si spéciale, mêlant cauchemar et féerie.

Alors oui, évidemment, tout n'est pas parfait non plus dans cet Alice au pays des merveilles version 2010... il faut bien l'admettre, affirmer le contraire serait un mensonge d'une hypocrisie et d'une crétinerie totales. Comme dans tout film qui se respecte, et surtout parce que la perfection absolue n'existe pas, Alice au pays des merveilles regorge de hauts et de bas, de vraies bonnes idées et d'autres qui, sans être foncièrement mauvaises, auraient dû être laissées de côté.

On regrettera quelques scènes complètement ratées, comme par exemple cette fameuse danse du Chapelier Fou, très attendue mais tellement vite expédiée qu'elle en devient ridicule. D'autres scènes en revanche qui auraient sans doute gagnées à être davantage approfondies (notamment cette scène dont j'ai déjà parlé avant, où Alice explique au Chapelier Fou qu'il n'est pas réel). Et également une légère déception vis-à-vis de certains personnages qui n'ont pas été assez exploités ou sont trop stéréotypés pour qu'on puisse s'attacher ou s'identifier à eux (à l'instar de la Reine Blanche, qui manque cruellement d'âme et dont l'excentricité poussée à l'extrême la rend plus agaçante qu'autre chose, hélas...). Mais pourtant, c'est aussi dans ses faiblesses et dans ses défauts que ce film trouve tout son charme et que la magie opère. Car rien, ni personne, n'est parfait...

Arrêtons-nous maintenant sur l'interprétation. Hormis Anne Hathaway, charmante mais malheureusement parfaitement insignifiante en Reine Blanche (la faute à un caractère trop excentrique qui rend ce personnage complètement nunuche et inintéressant), le casting est par ailleurs tout à fait fabuleux.

De Johnny Depp (dont c'est ici la septième collaboration avec Tim Burton !), hallucinant et méconnaissable en Chapelier Fou et mélancolique; à Helena Bonham Carter (Madame Burton dans la vie, c'est d'ailleurs la sixième fois qu'elle travaille sous la direction de son époux !), génialement démente en Reine Rouge tellement obsédée par le coupage de têtes qu'elle en a elle-même attrapé la grosse tête (!); en passant par Matt Lucas, hilarant dans le double rôle des jumeaux Tweedledee et Tweedledum; ou encore Crispin Glover, démoniaque sous les traits d'un valet plus bête que méchant; chacun y va de sa petite touche personnelle pour apporter conviction et charisme à son personnage. Quant à Alice (et oui, n'oublions pas Alice !), elle est interprétée par une jeune actrice encore inconnue (mais sans doute plus pour très longtemps !), d'origine australienne: Mia Wasikowska, véritable révélation de ce film, toute de beauté grave et de douceur, qui s'impose sans problème à notre imaginaire. Son talent éclate ici au grand jour et elle se montre très à l'aise face à tous ces immenses comédiens déjà confirmés, dont elle n'a strictement rien à envier si ce n'est la longue expérience. Bref, une nouvelle venue dans le paysage cinématographique, à suivre de près. De très près.

En résumé, si l'on peut être quelque peu dépaysé, dérouté, irrité, ou tout simplement déçu par le parti pris par Burton, qui a choisi de donner à ce conte intemporel et universel une dimension très épique, saupoudrée de spectaculaire, d'héroïsme et de violence (attention, certaines scènes risquent d'effrayer les plus jeunes, évitez donc d'y aller avec des petits); cela apporte à l'histoire une touche de modernité plutôt bienvenue, qui accentue en outre le caractère déjà particulièrement romanesque (et fou !) du propos. Après, bien sûr, c'est selon les goûts de chacun, et tout dépend aussi avec quels yeux on découvre ce film... est-ce avec nos yeux d'adultes ou nos yeux d'enfants (en l'occurrence, de grands enfants...) ?... Car la beauté, dit-on, est dans l'œil de celui qui regarde...

  

EN GUISE DE CONCLUSION:

Si l'on évite la comparaison (certes difficilement inéluctable) entre le conte de Carroll (que je n'ai d'ailleurs jamais lu, honte à moi !) et le dessin animé de Disney, si l'on veut bien fermer les yeux sur les quelques petits bémols qui viennent parfois rompre cette belle harmonie dont cette œuvre fait par ailleurs preuve du début à la fin, si l'on se prend pleinement au jeu et si l'on accepte, surtout, de traverser le miroir éternel de l'enfance et du rêve que ce récit incontournable nous tend à bras ouverts; alors oui, plus de doute possible, la magie est bel et bien au rendez-vous, plus présente et plus forte que jamais, dans ce divertissement familial de très haute qualité artistique, scénaristique et esthétique. Quoiqu'il en soit et quoiqu'on en dise, ce long-métrage nous fournit une nouvelle preuve que le cinéma, lorsqu'il est fait avec savoir-faire et passion (comme c'est ici le cas), peut également s'avérer être, à sa manière et aussi particulière soit-elle, un sacré Pays des Merveilles, dans lequel on voudrait parfois rester indéfiniment... tout comme Alice, au final...

K.H.



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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 11:31

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

FANTASTIC MR. FOX

Film américain

Date de sortie: 17 février 2010

Genre: Animation  Durée: 1h28  Tous publics

Conseil personnel: Pour toute la famille.

Couleur

Site officiel

Écoutant son épouse, Felicity, enceinte, le rusé Mister Fox a renoncé à sa vie de voleur de poules pour devenir éditorialiste dans un journal local. Son fils, Ash, a 12 ans quand la famille accueille dans son foyer son cousin Kristofferson. Peu après, les Fox partent habiter à la campagne, tout près des élevages de trois fermiers particulièrement antipathiques et impitoyables. La vie jusqu'alors paisible (et ennuyante...) de la famille Fox ne tarde pas à être mise en péril lorsque Mr. Fox, plus incorrigible que jamais, ne peut s'empêcher de récidiver, reprenant sa sombre et dangereuse activité de voleur...

  

LA CHRONIQUE DE KLEINHASE:

Premier film de l'année 2010 que je vois (oui, je sais, je suis en retard... mais parmi tous les films sortis en salles depuis le début de l'année, je dois dire qu'aucun - sauf peut-être << Invictus >> de Clint Eastwood... que je n'ai finalement pas vu... - ne m'intéressait vraiment; contrairement en 2009 où, à la même période, il y avait pas mal - trop !... - de films qui attiraient ma curiosité...), première bonne surprise, premier coup de cœur, première étoile dans les yeux.

C'est en feuilletant nonchalamment les pages de mon programme TV (car ce n'est certainement pas sur le petit écran qu'il faut compter pour faire la promo de ce type de film, dont la sortie en salles aura été injustement discrète et limitée; comparée à d'autres films que l'on met excessivement en avant avec parfois un an d'avance sur la date de leur sortie... des films qui, finalement, n'ont rien de vraiment exceptionnel ou grandiose...) que j'ai eu vent de ce Fantastic Mr. Fox. Comme qui dirait, c'est grâce à cette chose étrange qu'on appelle hasard que j'ai pu découvrir ce fantastique (sans jeu de mots !) film. Et force est de reconnaître que ce cher hasard fait décidément bien les choses.

Car j'ai découvert là une vraie perle cinématographique, un petit bijou d'intelligence rare, un long-métrage exquis au goût marginal plus que prononcé et à la saveur délicieusement caustique et loufoque. Un film instantanément, totalement et définitivement hors du temps et de la mode, qui fait véritable figure d'OVNI dans le registre de l'animation d'aujourd'hui.

Avec Fantastic Mr. Fox, un brin de fraîcheur et de folie douce vient de souffler, telle une brise suave et délicate, sur le dessin animé actuel, renouant brillamment ici avec une animation dite à l'ancienne alors que la majorité des dessins animés sont désormais faits... en images de synthèse. Loin d'être un défaut ou un faible, cette méthode d'animation volontairement vieillotte apporte à Fantastic Mr. Fox un charme audacieux et nostalgique, qui respire également l'authenticité et la singularité. Il n'est donc pas exagéré d'affirmer que le cinéma d'animation retrouve, à travers cet ambitieux Fantastic Mr. Fox, ses racines, ses origines, ses lettres de noblesse qui firent jadis sa gloire et sa fortune. Et nous, spectateurs, on (enfin moi, en tout cas !...) ne s'en plaindra pas, à l'heure où la 3D - fabuleuse technique, cela dit !... - a littéralement envahie les écrans... et les esprits (!).

Réalisé par Wes Anderson, personnalité haute en couleur du cinéma américain qui signe d'ailleurs ici son premier film d'animation, Fantastic Mr. Fox s'inspire en fait d'un court roman de Roald Dahl (auteur incontournable à qui l'on doit de nombreux classiques de la littérature jeunesse, comme par exemple << Charlie et la chocolaterie >>), sobrement intitulé << Fantastique Maître Renard >> et paru en 1970.

Le scénario, malin, farfelu et haletant de bout en bout, s'adresse - évidemment ! - en priorité aux enfants, mais sait aussi se faire plus mature et plus complexe dans son fond (et également dans sa forme), interpellant habilement l'intérêt des spectateurs plus âgés en soulevant des questions fondamentales et très actuelles sur le fragile rapport entre la nature, l'animal et l'homme; et sur le devenir de la survie animale, de plus en plus menacée au fil des jours, suite à la pollution, au réchauffement climatique... et à l'être humain, qui détruit son propre avenir en détruisant la faune et la flore qui l'entourent. Outre cette question écologique, plus que jamais d'actualité, l'histoire s'attarde à dépeindre la difficulté de grandir et d'assumer ses responsabilités; et dresse un subtil portrait des relations distantes entre un fils maladroit et peu sportif en admiration devant un père athlétique et rusé, nous rappelant avec élégance les valeurs essentielles que sont la famille, le partage et l'écoute; et livrant au passage un très bel hymne à la différence et à la tolérance.

Virtuose et merveilleuse, l'animation constitue un plaisir des plus jouissifs pour l'œil du spectateur, qui en prend plein les mirettes sans que jamais la magie ne s'estompe ou ne se relâche. Bourrée de vitalité et de génie, l'animation nous emmène effectivement dans un univers visuel de toute beauté, à l'esthétique soignée et raffinée, qui déborde de multiples trouvailles aussi inattendues qu'euphorisantes.

Les décors, tout à fait féeriques, semblent provenir d'un livre pour enfants; dans lesquels les protagonistes, plus pittoresques et truculents les uns que les autres, évoluent avec sensibilité sur un ton résolument moderne et volontairement décalé. L'humour, omniprésent, donne lieu à des répliques proprement cinglantes et hilarantes. L'émotion n'est pas exclue pour autant, puisque le caractère malgré tout très sérieux (et même assez grave, sur certains points que j'ai évoqués plus haut) du sujet alterne gags, rebondissements et autres courses-poursuites tout en jonglant remarquablement avec des jolis moments de pure tendresse, face auxquels la gorge, irrésistiblement, se serre et l'estomac se noue; ce qui ne fait que renforcer encore davantage la force et la profondeur de l'intrigue, et l'attachement que l'on éprouve pour les divers personnages, qu'ils soient principaux ou secondaires (car les seconds rôles qui gravitent autour de notre héros sont développés avec tout autant de finesse et d'inventivité, fait assez rare pour être signalé).

Mais là où l'animation atteint véritablement le degré suprême de l'excellence et de la satire, c'est lorsqu'elle déballe son lot efficace de clins d'œil, à la fois bien envoyés et bien conçus. Les références (principalement cinématographiques) abondent, et le spectateur a tour à tour l'impression d'être devant un croustillant pastiche de << Chicken Run >>, << West Side Story >>, << Les Aristochats >>, << La Grande Évasion >>, ou même, plus surprenant encore, de westerns-spaghettis made in Sergio Leone (!).

Ajoutez à tout cela un doublage hautement décapant et prestigieux, qui est assuré par Mathieu Amalric et Isabelle Huppert pour la version française, et par George Clooney et Meryl Streep pour la version originale (pour ma part, je l'ai vu dans la langue de Molière, excellente bien que peut-être un tantinet monotone par moments); ainsi qu'une musique sublime, mêlant jovialité et retenue sur une mélodie harmonieuse et aussi agréable à entendre pour nos oreilles en affût que l'image qui l'accompagne est agréable à déguster pour nos yeux de spectateurs rêveurs, s'émerveillant de tout avec la naïveté et la candeur si caractéristique d'une enfance bien lointaine vers laquelle cette œuvre poétique nous ramène lentement, par petites touches discrètes et emplies d'une infinie pudeur. Parce que ce film, comme beaucoup d'autres d'ailleurs, nous rappelle une nouvelle fois (et à juste titre !) que chaque adulte a d'abord été un enfant, et qu'il est bon - pour ne pas dire primordial - de s'en souvenir, surtout en ces temps agités, où la difficulté du quotidien nous arrache à notre rêverie et à notre insouciance pour nous plonger dans les méandres de l'âge adulte... la difficulté de grandir et d'assumer ses responsabilités, c'est là le thème même de l'histoire de Fantastic Mr. Fox, ainsi que je l'ai déjà dit (ou plutôt écrit !) précédemment.

Seuls bémols que l'on peut reprocher à ce Fantastic Mr. Fox: un début assez laborieux et un peu maladroit, qui traîne un peu en longueur et tarde à se mettre en place; et quelques petites incohérences dans le déroulement de l'intrigue... enfin, incohérences n'est pas exactement le terme approprié, disons plutôt des oublis, des détails manquants... pour exemple, je citerais le personnage d'Agnès, la jeune renarde dont Ash et son cousin Kristofferson semblent tous deux épris: on ne sait pas trop qui elle est ni d'où elle vient, elle apparaît tout à coup comme un cheveu sur la soupe et disparaît subitement avant la fin (une fin magnifique d'ailleurs, à la fois jubilatoire et en même temps terriblement effrayante de par sa cruelle et désarmante lucidité), sans qu'on sache au juste ce qu'il advient d'elle. Bref, de légers oublis certes regrettables mais néanmoins tout à fait pardonnables. À bien y réfléchir, le seul véritable regret que l'on peut avoir au sortir de la projection, c'est que ce film se termine trop, beaucoup trop vite... flûte alors !...

  

EN GUISE DE CONCLUSION:

Tonique, coloré, dingue, vivifiant, facétieux, drôle: pas de doute, Fantastic Mr. Fox est LE rayon de soleil cinématographique de ces (longues...) vacances d'hiver. Un régal pour toute la famille, en attendant le printemps qui, comme toujours, a l'art (et surtout la manière !...) de se faire désirer. J'hésite entre trois et quatre étoiles, mais étant dans un bon jour (!), je vais lui en attribuer quatre; pour la simple et bonne raison que faire un film comme ça de nos jours est un exercice qui s'avère non seulement foutrement culotté mais aussi et surtout très risqué, ce qui mérite donc un sacré coup de chapeau en même temps qu'un immense merci... oui, bravo et merci monsieur Anderson, pour ce trésor d'humour et de tendresse, qui fait du bien par où il passe. Il y a bien quelques petites (toutes petites !...) faiblesses (lire le paragraphe ci-dessus), mais dans l'ensemble, on se délecte tellement à suivre les aventures mouvementées de Maître Renard qui, par l'odeur alléché... oups, je crois que ceci n'est point le même ramage, j'en conclus donc qu'il est grand temps pour moi de clore mon bavardage si je ne veux pas m'égarer davantage au gré de mon vagabondage... mes hommages, Mister Fox !...

K.H.

Nominations et récompenses obtenues, le détail complet > ICI



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