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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 08:14

Et ouais, v'là d'jà deux piges que LE TERRIER DE LA LAPINE CINÉPHILE a creusé son trou sur la blogosphère allocinéenne... c'était l'dimanche 9 novembre 2008, pour être plus précisément précise. Ça vaut bien un article spécial, non ?... D'autant plus que, comme on dit, les deux font la paire (mouais, pas toujours sûre que ce soit vrai, m'enfin bon... :-)).

À vot' santé ! :-D



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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 10:09

Le film suit Soren, une jeune chouette mâle fascinée par les histoires épiques que lui racontait son père sur les Gardiens de Ga'Hoole, une bande de mythiques guerriers ailés qui avait mené une grande bataille pour sauver la communauté des chouettes des Sangs Purs.

L'enfance de la chouette Soren est bercée par les récits épiques que son père lui conte à la tombée de la nuit. En dépit de son jeune âge, le vaillant oiseau rêve déjà de se joindre à ses héros favoris, les Gardiens de Ga'Hoole, ces guerriers ailés qui sauvèrent le Royaume des Chouettes de l'emprise maléfique des Sangs Purs. Kludd, son frère aîné, se moque de Soren et n'aspire pour sa part qu'à chasser, voler, s'attirer les bonnes grâces de son père et ainsi évincer son cadet. Sa jalousie aura des conséquences dramatiques: un jour, les deux frères tombent de leur arbre, faute de savoir suffisamment voler, et sont kidnappés par les Sangs Purs. Soren va alors révéler toute l'étendue de sa bravoure en s'évadant en compagnie de Gylfie, une jeune chouette femelle. C'est le début d'une grande et merveilleuse - mais aussi dangereuse - aventure à travers les mers, à la recherche des légendaires Gardiens de Ga'Hoole...

Avis:

Ma découverte hasardeuse, il y a quelques mois, de la bande-annonce qui vous est présentée en bas de page (bande-annonce ô combien superbe, qui m'aura personnellement donné des frissons dans le dos... c'est dire !) explique en grande partie la curiosité et l'envie qui m'ont poussée à aller voir LE ROYAUME DE GA'HOOLE LA LÉGENDE DES GARDIENS (LEGEND OF THE GUARDIANS THE OWLS OF GA'HOOLE, pour le titre original), en salles depuis quelques jours. Signé Zack Snyder (le réalisateur de 300, entre autres), ce film d'animation spécialement conçu pour la 3D (je n'ai pas eu la chance de le voir sous cette forme, malheureusement... la poisse des vieux cinoches de quartier !) s'inspire d'une série de livres pour enfants, œuvre de l'écrivaine Kathryn Lasky. Il me paraît toutefois important de préciser que ce film - malgré le fait que ce soit un dessin animé et contrairement à ce que peut laisser penser la bande-annonce, justement - ne s'adresse pas vraiment (à mon humble avis...) aux enfants (lesquels pourraient être impressionnés, voire effrayés pour les plus jeunes, par sa surprenante - mais néanmoins bienvenue - noirceur), mais plutôt aux adolescents, pré-adultes et même adultes tout court (!). LE ROYAUME DE GA'HOOLE se situe à mi-chemin entre le traditionnel conte initiatique d'apprentissage, où le héros découvre le monde et les autres autant qu'il se découvre lui-même, et le récit - plus sombre - d'héroïc fantasy, où la noirceur est sublimée et sert l'histoire autant que l'histoire la sert. Concernant l'histoire d'ailleurs, elle se révèle passionnante et particulièrement palpitante (malgré certains détails parfois confus, quelques petites longueurs de-ci de-là et une fin trop rapidement expédiée à mon goût mais qui semble appeler à une suite), même si on peut lui reprocher un léger manque d'originalité; puisqu'il est encore une fois question ici de l'éternelle et interminable lutte entre le bien et le mal, doublée d'un message sur le courage, l'honneur, la confiance en soi, la fraternité, la foi, l'importance du rêve, et, surtout, le dépassement de soi. Une histoire plutôt classique en somme, mais qui est racontée avec un savoir-faire indéniable et bénéficie en outre d'une réalisation fougueuse et virtuose; nous transportant ainsi dans un univers merveilleux et magique, où les mythes et les légendes perdurent à travers les siècles. En fait, le véritable tour de force opéré par LE ROYAUME DE GA'HOOLE réside dans son animation, saisissante de réalisme et d'une beauté à couper le souffle. Jamais encore un film d'animation n'était allé aussi loin dans le soin - littéralement scrupuleux - apporté aux dessins, inouïs de détails et d'une richesse visuelle pour le moins éblouissante. Si les décors sont féeriques, ce sont surtout tous les personnages d'oiseaux qui marquent l'œil du spectateur, toutes les différentes espèces de chouettes et de hiboux étant ici admirablement représentées, avec une précision véritablement exceptionnelle; ce qui est assez rare pour être souligné. Qui dit oiseaux dit forcément vols d'oiseaux, et LE ROYAUME DE GA'HOOLE a parfaitement su tirer profit de cela, nous offrant de prodigieuses et spectaculaires séquences de ballets et de combats aériens, où les rapaces sont amenés à survoler de majestueux paysages, de façon plus vraie que nature. Les nombreux ralentis, marque de fabrique de Zack Snyder (!), pourront peut-être en agacer certains mais force est de reconnaître qu'ils sont globalement très réussis et donnent l'occasion de contempler pleinement, dans toute sa splendeur et sa grandeur, le formidable travail effectué sur l'animation; tout en permettant également au réalisateur d'apposer et de personnaliser au maximum son empreinte. Un bémol, en revanche: les scènes de combats sont tellement rapides que l'on finit un peu par s'y perdre, ne sachant plus trop qui se bat contre qui. Mais ce n'est heureusement qu'un détail, d'autant que deux scènes que l'on croirait touchées par la grâce émergent de ce film et déchirent tout sur leur passage: la scène sous la pluie, juste sublime, sans aucun doute la plus belle séquence jamais créée dans un dessin animé; et celle où Soren traverse le feu, monumentale et épique à souhait. Ajoutons à tout cela un doublage plutôt convaincant, une musique au top et un amusant court-métrage faisant office de savoureuse mise en bouche, et l'on obtient ce chouette (jeu de mots facile, je sais !...) dessin animé. Un dessin animé qui, en tout cas, a le mérite d'avoir de la gueule... ou plutôt, devrai-je dire, du bec (!).

Si l'on pourra regretter un humour parfois trop enfantin (notamment au début), une action qui s'enchaîne quelquefois tellement rapidement que l'on a par moments l'impression qu'il n'y a pas vraiment de fil conducteur, et une introduction un peu laborieuse, LE ROYAUME DE GA'HOOLE prend peu à peu son envol et atteint dès lors des sommets inattendus, comblant nos attentes au-delà de toute espérance; la quintessence quasi miraculeuse de l'animation faisant très vite oublier les légères maladresses de l'ensemble. Plus de doute possible, LE ROYAUME DE GA'HOOLE s'impose donc, incontestablement, comme l'un des films d'animation les plus audacieux et les plus aboutis de cette année 2010. Bref, voici une œuvre qui vole haut dans le ciel cinématographique. Très haut. À quand la suite ?...



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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 15:44

Désormais infiltré parmi les hommes, Maltazard le Maudit entend former une armée de séides (le nom de ses sbires) géants pour dominer la Terre. C'est sans compter sur Arthur - qui va devoir retrouver sa taille humaine pour faire des étincelles -, Sélénia et Bétamèche. Quand Maltazard attaque, les Minimoys contre-attaquent !...

Maltazard, qui mesure à présent plus de deux mètres, a réussi à se hisser parmi les hommes. Son but est clair: former une armée de séides géants pour imposer son règne à l'univers. Seul Arthur semble en mesure de pouvoir le contrer... à condition qu'il parvienne à rentrer chez lui et à regagner sa chambre, afin de reprendre sa taille habituelle, ceci grâce à l'élixir magique de son grand-père Archibald ! Bloqué à l'état de Minimoy, Arthur peut évidemment compter sur l'aide précieuse de Sélénia et de son petit frère, Bétamèche, mais aussi - surprise ! - sur le soutien de Darkos, le propre fils de Maltazard, qui semble vouloir changer de camp. À pied, en vélo, en voiture et en Harley Davidson, la petite troupe est prête à tout pour mener le combat final contre Maltazard. Allumez le feu !...

Avis:

Ayant manqué le début (j'ai dû rater environ une bonne demi-heure, peut-être moins, peut-être plus, je ne saurai trop dire au juste !...) du premier film ARTHUR ET LES MINIMOYS (2006), lors de sa première diffusion télévisée sur TF1, il y a près d'un an (si j'ai raté le début, c'est tout simplement pour la bonne raison que ce film ne m'attirait pas, aussi n'en ai-je vu que la moitié et ai aussitôt regretté de ne pas l'avoir regardé dans son entier... car, à ma grande surprise, le peu que j'en ai vu m'a plu !... Drôle de paradoxe chez moi, les films qui ne m'attirent pas sont ceux qui, curieusement, me plaisent... ou qui, du moins, ont des chances de me plaire !...); et n'ayant pas du tout vu le second (bah oui, j'avais raté le début du premier, alors pourquoi serai-je allée voir le deuxième, je vous le demande !... Même si ce ne sont pas l'envie et la curiosité qui me manquaient, néanmoins !...) épisode ARTHUR ET LA VENGEANCE DE MALTAZARD (qui, d'après les critiques, n'est pas terrible, comparé au premier... je ne me permettrai pas de juger, puisque je ne l'ai pas vu, tout du moins pas encore !...), sorti en salles en décembre 2009; je n'avais donc - à priori - aucune raison d'aller voir le troisième et dernier opus, ARTHUR 3 LA GUERRE DES DEUX MONDES, à l'affiche depuis quelques jours. Aucune raison, si ce n'est qu'entre-temps (en février dernier, pour être exacte !), la curiosité m'a poussée à lire l'intégralité de la saga. Et oui, parce qu'il ne faut pas oublier que, ARTHUR ET LES MINIMOYS, avant de devenir une saga cinématographique à succès, c'est d'abord une saga littéraire à succès, née de l'imagination de Luc Besson (lequel a également signé la réalisation des trois films... logique !), et découpée en quatre tomes, le premier et le deuxième tome ayant été condensés dans le premier film, le troisième tome dans le second film et le quatrième tome dans le troisième film... ça va, vous me suivez ?... Donc, disai-je (!), j'ai lu l'intégralité de cette saga, et ceci avec un plaisir sans pareil, qui m'a immédiatement fait retomber en enfance. Et c'est ainsi, en ayant encore en mémoire le souvenir de cette lecture si agréable et si rafraîchissante, que je me suis finalement décidée - après moult hésitation ! - à aller voir, sur grand écran, ce chapitre final, ARTHUR 3 LA GUERRE DES DEUX MONDES, inspiré du livre éponyme. Tout d'abord, la première chose qui saute tout de suite aux yeux en découvrant ce long-métrage, c'est qu'il fait preuve d'une très grande fidélité scénaristique, le gros du bouquin et de son intrigue ayant été respectés à la lettre, jusque dans les moindres dialogues; et ce malgré le fait que quelques détails aient été éludés (normal, c'est impossible de mettre tout un livre dans un film de 90 minutes !). Bref, niveau scénario, rien à redire, l'adaptation - d'un point de vue global - est plus que fidèle au livre (peut-être même trop fidèle, certaines séquences supportant plus ou moins bien la transposition sur un grand écran... je pense notamment à ce gag de la fourmi géante, hilarant dans le bouquin, mais beaucoup moins amusant dans le film... les plus jeunes spectateurs ne devraient toutefois avoir aucun mal à se prendre au jeu, tant les trucages sont, par ailleurs, remarquablement bien faits). Débordante d'énergie et d'efficacité, la mise en scène multiplie les morceaux de bravoure (parmi les scènes les plus impressionnantes, on retiendra notamment en mémoire cette incroyable course-poursuite/bagarre dans le train électrique, ainsi que l'attaque des moustiques géants sur la ville) et enchaîne les rebondissements sans laisser le moindre répit aux héros (et au spectateur !), à tel point qu'on a parfois l'impression que les séquences se succèdent sans qu'il y ait de véritable fil conducteur. Par ailleurs, la mise en scène alterne habilement animation et prises de vues réelles, avec un réalisme pour le moins frappant. En parlant de l'animation justement, il faut reconnaître qu'elle est une vraie mine d'or pour les yeux du spectateur, alliant à la fois perfection technique, sens inné du détail et, par dessus tout, magnificence visuelle (ah, cette scène de la ruche... rien que pour cette scène, ARTHUR 3 vaut d'être vu sur grand écran !...). Le doublage - pour ce qui est de l'animation - est en outre de qualité, entre Mylène Farmer pour la voix de la princesse Sélénia (une voix qui colle parfaitement à ce personnage, même si on peut parfois reprocher à Farmer de réciter un peu son texte...), Gérard Darmon pour Maltazard ou encore Marc Lavoine pour Darkos (meilleure voix, avec ses zozotements plutôt touchants). L'interprétation s'avère assez convaincante dans l'ensemble, même si, là encore, on peut parfois reprocher un certain manque de naturel dans le jeu de quelques acteurs (la faute aussi à un doublage très inégal, il faut bien le dire...). Heureusement, Freddie Highmore, qui prête pour la troisième fois consécutive ses traits au personnage d'Arthur, tire brillamment son épingle du jeu. La musique d'Eric Serra, quant à elle, ne manque pas de peps et encore moins de rythme.

Si quelques maladresses et faiblesses perdurent ici et là, et si on peut regretter une fin un peu trop rapide (pour ne pas dire brusque); ARTHUR 3 n'en reste pas moins, malgré tout, un divertissement honorable et attachant, qui se déguste avec un réel plaisir. À noter d'ailleurs que si ce troisième opus marque la fin (?) sur grand écran des aventures d'Arthur et ses comparses, le jeune héros devrait toutefois avoir encore de beaux jours devant lui, le récit de ses exploits faisant bientôt l'objet d'une adaptation en dessin animé, destinée à la télévision... à voir (en principe) en 2012, sur France 3. En attendant, cette GUERRE DES DEUX MONDES devrait aisément faire le bonheur des petits... et des grands enfants (!). Quant aux anti-Arthur et autres anti-Besson, qu'ils passent leur chemin, au lieu de s'évertuer stupidement et inutilement à cracher sur un film avant même de l'avoir vu...



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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 09:50

Dans le Chicago des années 30, un agent fédéral forme une équipe de flics intègres pour mettre hors d'état de nuire l'organisation du gangster Al Capone.

Années 30, à Chicago. À l'apogée de sa puissance, Al Capone fait régner la terreur et la corruption sur la ville. Racket, contrebande d'alcool, prostitution, jeux; rien n'échappe à son contrôle. Eliot Ness, un jeune agent fédéral fraîchement débarqué dans la métropole de l'Illinois, s'est pourtant mis en tête de saper son empire. Mais sa première descente dans un entrepôt suspect est un fiasco, et il devient aussitôt la risée de ses collègues et de la presse. Pour Ness, il est à présent clair que bon nombre de policiers et de magistrats sont à la solde de Capone. Il décide alors de rassembler autour de lui une équipe d'agents incorruptibles, et recrute ainsi le chevronné Jim Malone, le jeune George Stone, tireur d'élite, ainsi qu'Oscar Wallace, pour ses compétences en matière de comptabilité...

Avis:

Nous avons tous, au moins une fois dans notre vie, entendu parler (à défaut d'avoir vu, pour les plus jeunes spectateurs... dont je fais moi-même partie !) de la célèbre série télévisée américaine LES INCORRUPTIBLES (avec Robert Stack dans le rôle principal), retraçant la lutte - véridique - de flics intègres contre l'organisation du gangster Al Capone, et qui fit les beaux jours du petit écran pendant quatre ans, de 1959 à 1963. En 1987, le réalisateur Brian De Palma - alors auréolé du fulgurant succès de SCARFACE, son film précédent - eut la brillante idée de tirer une adaptation cinématographique de cette série, qui était elle-même basée (rappelons-le) sur l'ouvrage biographique éponyme écrit en 1957 par Eliot Ness en personne (lequel mourut peu avant sa publication). Brillante idée, car son film - également (et logiquement !) intitulé LES INCORRUPTIBLES, THE UNTOUCHABLES pour la V.O. - allait vite devenir l'un des plus gros succès de l'année 87 et s'imposer, en même temps, comme une référence majeure du polar et un classique incontournable du cinéma des années 80 (période ô combien prolifique pour le 7e Art !). Vingt-trois ans plus tard, force est de constater que LES INCORRUPTIBLES n'a pas pris la moindre ride et aurait même plutôt tendance à faire partie de ces films dits intemporels, qui ne vieillissent pas mais au contraire, se bonifient encore et encore à mesure que le temps passe. Comme un bon vin, en somme (seule différence, c'est que ce vin-là peut se consommer sans modération !). Si le scénario est bien sûr toujours identique à celui de la série, Brian De Palma s'en éloigne toutefois nettement, conférant à ses INCORRUPTIBLES un ton très personnel, très enlevé, très rétro. Un ton qui se rapproche finalement beaucoup de celui d'un bon vieux film noir des années 30. Un ton qui se révèle aussi très violent, très spectaculaire, et donc très efficace. Explosive comme un bâton de dynamite, la mise en scène du cinéaste multiplie les morceaux de bravoure et les séquences d'anthologie (à l'image de cette inoubliable scène du landau, clin d'œil direct et virtuose au film LE CUIRASSÉ POTEMKINE), ménageant un suspense croissant et littéralement insoutenable; le tout dans une ambiance particulièrement sombre, teintée de nostalgie et d'amertume. Autre tour de force opéré par De Palma: il a su insufflé au récit un humour souvent bienvenu, et une touche subtile d'émotion (comment ne pas avoir la gorge nouée devant les morts de Wallace et, surtout, de Malone ?...). En outre, on ne peut que saluer le travail monumental qui a été effectué du côté des décors, absolument superbes et nous offrant une plongée plus vraie que nature dans le Chicago des années 30; ainsi que la musique du maestro Ennio Morricone, comme d'habitude magnifique, mêlant habilement action et gravité sur des notes propres au compositeur italien. Mais la réussite des INCORRUPTIBLES réside aussi dans son casting exceptionnel, Brian De Palma ayant réuni pour nous un fabuleux parterre d'acteurs, nous gratifiant ainsi d'une affiche de rêve. Un casting doré en premier lieu duquel se distingue Kevin Costner, charismatique Eliot Ness, que ce rôle devait alors propulser vers la gloire. Autour de lui brillent quatre autres comédiens, tous parfaits dans leurs rôles respectifs: Sean Connery (qui remporta l'Oscar du meilleur second rôle grâce à sa prestation, impériale et flegmatique à souhait), Andy Garcia (qui se fit remarquer trois ans plus tard en endossant le costume d'un truand, pour les besoins du PARRAIN 3), Charles Martin Smith et Robert De Niro, impressionnant Al Capone, qui se fit grossir de près de 12kg pour ressembler le plus possible au mythique truand... le moins que l'on puisse dire, c'est que la transformation est sidérante de réalisme !... L'excellence des seconds rôles ne fait qu'ajouter au plaisir.

Interprétation au sommet, rebondissements en cascade, réalisation magistrale, rythme soutenu, reconstitutions criantes de vérité, bande originale de légende: tous les ingrédients ont été réunis pour faire de ces INCORRUPTIBLES un must absolu du film policier moderne et une somptueuse saga à la gloire d'Eliot Ness et des siens; doublée d'une réflexion passionnante sur la corruption, la violence et la justice. Un bémol, cependant: dommage que dans la version française, Kevin Costner soit affublé d'une voix horrible, qui dénature complètement son jeu et gâche quelque peu le plaisir du spectateur. C'est d'autant plus frustrant et rageant que le doublage est, par ailleurs, de qualité...



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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 09:20

Voici 40 ans, le 23 septembre 1970, Bourvil tirait sa révérence, à l'âge de seulement 53 ans. C'est l'occasion idéale pour rendre un petit hommage à cet immense artiste trop tôt disparu, qui fut longtemps abonné aux rôles de simplets naïfs et maladroits (à l'instar de Fernandel, son idole et modèle... Bourvil, au début de sa carrière, se fera d'ailleurs appeler Andrel, en clin d'œil à celui qu'il admirait tant et qui devait plus tard lui donner la réplique dans une fameuse CUISINE AU BEURRE...), avant que son véritable talent d'acteur dramatique n'éclate au grand jour et ne le propulse définitivement dans la cour des grands. Portrait d'un comédien attachant au rire tendre, qui savait mieux que personne manier l'humour et l'émotion, et pouvait, en un instant, faire passer le spectateur du rire aux larmes et des larmes au rire.

 Avec Jean Gabin dans La Traversée de Paris (1956)

Né le 27 juillet 1917 à Prétot-Vicquemare, en Seine-Maritime, Bourvil (de son vrai nom André Robert Raimbourg) ne connaîtra jamais son père, tué durant la Grande Guerre. Il passe néanmoins une enfance heureuse auprès de sa mère et du nouveau mari de celle-ci, dans le village de Bourville, en Haute-Normandie, qui lui inspira plus tard son célèbre pseudonyme. À l'école, Bourvil est bon élève, et ses parents espèrent qu'il sera professeur. Mais le garçon montre très tôt un vif intérêt pour le monde du spectacle, et rêve déjà, à 13 ans, de devenir une vedette. D'abord apprenti dans une boulangerie, il s'achète un accordéon avec ses économies et court les fêtes de villages pour se faire la main. En 1937, il s'engage dans l'armée pour deux ans de service militaire et devient cornettiste dans la fanfare du 24e régiment d'infanterie, à Paris. C'est durant cette période que Bourvil va peaufiner son personnage de Français moyen, un peu benêt sur les bords, mais toujours d'une générosité et d'une honnêteté extrêmes.

 Avec Pierrette Bruno dans Le Capitan (1960)

Une fois son service militaire achevé, Bourvil est résolu à tenter sa chance. Avec son épouse (qui lui donnera deux fils), il s'installe à Vincennes dans un minuscule appartement, et essaye de débuter une carrière musicale, en commençant par se produire dans des radio-crochets. Il enchaîne ensuite avec des numéros de comique-paysan, avant que la chanson Les Crayons ne le lance véritablement au music-hall, en 1945, et lui offre également la chance de faire ses premiers pas de comédien, dans des films alors très mineurs (comme POISSON D'AVRIL, par exemple) mais qui lui permettent néanmoins de se faire remarquer et de côtoyer de futures stars; à l'image de Brigitte Bardot, qui lui donne la réplique dans LE TROU NORMAND.

 Avec Peter Lawford dans Le jour le plus long (1962)

Mais Bourvil devra attendre 11 ans et LA TRAVERSÉE DE PARIS de Claude Autant-Lara, en 1956, qui le met en scène aux côtés de Jean Gabin (qu'il retrouvera d'ailleurs deux ans plus tard pour LES MISÉRABLES, sous la houlette du réalisateur Jean-Paul Le Chanois, et avec notamment Bernard Blier), pour enfin accéder au rang de vedette absolue et être à son tour considéré comme une valeur sûre du cinéma français. Grâce à La Traversée de Paris et à son rôle de brave chauffeur de taxi au chômage qui, sous l'Occupation, traverse toute la capitale en compagnie d'un artiste peintre (Gabin) fort en gueule et en caractère, avec un chargement de viande destinée au marché noir; Bourvil remporte la coupe Volpi (le prix d'interprétation masculine) à la Mostra de Venise et voit, dès lors, sa carrière cinématographique s'envoler.

 Avec Fernandel dans La cuisine au beurre (1963)

Les réalisateurs se l'arrachent. André Hunebelle, Alex Joffé, Jean-Pierre Mocky, Gérard Oury, Robert Enrico, Jean-Pierre Melville; tout le monde veut tourner avec celui que l'on surnomme, à juste titre, un acteur de la gentillesse. Bourvil partage l'affiche avec les monstres sacrés de l'époque (Jean Marais, Michèle Morgan, Francis Blanche, Louis de Funès, Lino Ventura, Alain Delon...), dans des films tels que LE BOSSU, LE CAPITAN, FORTUNAT, UN DRÔLE DE PAROISSIEN, LE CORNIAUD, LA GRANDE VADROUILLE ou encore LES GRANDES GUEULES. En 1962, il fait même partie du casting poids lourd de la superproduction historique hollywoodienne LE JOUR LE PLUS LONG, dans laquelle il fait face à des stars internationales comme John Wayne, Robert Mitchum, Henry Fonda ou Sean Connery. Chacune de ses apparitions au cinéma est un événement, et certains de ses films, comme Le Corniaud (11,7 millions d'entrées en 1964) et La Grande Vadrouille (17,2 millions d'entrées en 1966), explosent le box-office.

 Avec Jean-Paul Belmondo dans Le Cerveau (1968)

Tout bascule en 1967. Cette année-là, Bourvil découvre qu'il est atteint d'une forme de cancer qui s'attaque à la moelle osseuse. L'artiste ne s'avoue pas vaincu pour autant et continue d'enchaîner les longs-métrages, dissimulant comme il peut le terrible mal qui le ronge secrètement jour après jour. En 1968, il retrouve pour la troisième et dernière fois consécutive le réalisateur Gérard Oury, qui le dirige dans LE CERVEAU, une comédie inspirée de faits réels et où il a pour partenaires Jean-Paul Belmondo, David Niven et Eli Wallach. L'année suivante, il tient le second rôle de L'ARBRE DE NOËL, un mélodrame signé Terence Young, avec William Holden en tête d'affiche; tandis que la maladie, inexorablement, gagne du terrain et l'affaiblit davantage à mesure que le temps passe. De plus en plus souffrant, le comédien réussit péniblement à finir les tournages de ceux qui seront ses deux derniers films: LE MUR DE L'ATLANTIQUE et LE CERCLE ROUGE, sortis en salles à seulement quelques jours d'intervalle. Bourvil décède peu après, laissant le monde du cinéma orphelin et en deuil.

ARRÊT SUR IMAGES:

Avec Brigitte Bardot dans Le trou normand (1952)

Avec Michèle Morgan dans Fortunat (1960)

Avec Lino Ventura dans Les Grandes Gueules (1965)

Avec Louis de Funès dans La Grande Vadrouille (1966)

Dans Le Cercle Rouge (1970)

Si je l'ai beaucoup aimé dans ses comédies (Le Corniaud et La Grande Vadrouille, notamment) et dans ses drames (Fortunat et Le Cercle Rouge, plus particulièrement), c'est peut-être pourtant dans le film Les Misérables - où il endosse un rôle totalement à contre-emploi, puisqu'il prête ses traits au personnage plutôt antipathique et odieux de Thénardier - que Bourvil m'a, à ce jour, le plus impressionnée (et encore, je n'ai pas vu toute sa filmographie !). En aubergiste cupide et volontiers escroc sur les bords, Bourvil s'essaye brillamment à un registre tout à fait inattendu et littéralement imprévisible, interprétant pour l'une des rares (peut-être bien la seule, d'ailleurs) fois de sa carrière un rôle de méchant, et ceci avec beaucoup d'excellence et d'aisance. Un rôle qui lui donne en outre l'occasion de montrer une autre facette - méconnue et oubliée, et c'est fort dommage - de son immense talent. Artiste aux multiples visages: c'est sans doute le terme qui convient le mieux pour définir qui était Bourvil.

Ci-dessous découvrez une vidéo-hommage extraite de la pièce* de théâtre LA BONNE PLANQUE (1964), dans laquelle Bourvil, donnant la réplique aux acteurs Pierrette Bruno, Robert Rollis et Albert Michel; se trouve (bien malgré lui !) victime d'un fou rire téléphonique mémorable.

*NB: l'intégralité de cette pièce de théâtre - LA BONNE PLANQUE, donc - est accessible et disponible à tous dans le commerce, sous forme de DVD et de VHS. Plus d'infos ICI ou ICI. À lire également, sur mon ancien blog: une chronique détaillée de LA BONNE PLANQUE.

Site de fans

Nominations et récompenses obtenues, le détail complet > ICI

IL L'A DIT:

<< Le monde est rempli de Bourvil. Ma chance, c'est qu'ils croient que je suis le seul... >>



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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 09:38

"Chère moi-même, aujourd'hui j'ai 7 ans et je t'écris cette lettre pour t'aider à te souvenir des promesses que je fais à l'âge de raison, et aussi te rappeler ce que je veux devenir...". Ainsi commence la lettre que Margaret, femme d'affaires accomplie, reçoit le jour de ses 40 ans.

Margaret est une femme d'affaires accomplie et toujours pressée par le temps, sans aucune pitié pour conclure un contrat. Sa vie se résume à son travail et à son petit ami, Malcolm, lui aussi redoutable et intraitable homme d'affaires. Mais le jour de ses 40 ans, Margaret reçoit, des mains d'un mystérieux notaire, une lettre étrange. Une lettre qu'elle s'est elle-même écrite à l'âge de 7 ans et qui va soudain remettre en cause toute sa vie, ravivant également chez elle le souvenir d'un lourd passé. Qu'a-t-elle fait de ses rêves de petite fille ?...

Avis:

Que deviennent nos rêves d'enfant ?, peut-on lire sur l'affiche de L'ÂGE DE RAISON. Jolie question (bien que posée et traitée de nombreuses fois déjà au cinéma...) à laquelle ce long-métrage du réalisateur Yann Samuell tente d'apporter des réponses (prévisibles ?...), avec humour et tendresse, sans chercher à se prendre la tête; le but de ce film étant avant tout de distraire et de toucher les adultes nostalgiques que nous sommes (ou que nous pouvons parfois être !...). À partir d'un synopsis original et attrayant, qui ne peut que séduire d'emblée l'imaginaire du spectateur (quoi de plus captivant en effet que l'histoire d'une femme qui reçoit un beau jour des lettres qu'elle s'était elle-même écrite lorsqu'elle était enfant ?...), Yann Samuell signe une fable des temps modernes, au ton résolument personnel et enlevé; mais malheureusement pas aussi aboutie et pas aussi surprenante qu'on aurait pu l'espérer. À vouloir trop en dire en seulement 90 minutes, le cinéaste se perd dans les clichés et les dialogues parfois moralisateurs, faisant tomber le film dans une émotion qui a plutôt tendance, hélas, à flirter avec le larmoyant facile et les bons sentiments. De fait, l'intrigue, pourtant intéressante au départ, perd un peu en crédibilité et en sensibilité; d'autant que plusieurs détails peu approfondis sont expédiés beaucoup trop rapidement et que certains personnages frôlent la caricature, ce qui est quelque peu regrettable. Le style de la mise en scène, volontairement décalé, risquera peut-être aussi de rebuter certains spectateurs, habitués à une réalisation disons plus "classique". L'ensemble renferme néanmoins de beaux morceaux de pure poésie et de tendresse, et la musique est assez sympa, bien qu'un peu assourdissante par moments. Dans le rôle titre, la rayonnante Sophie Marceau - délicieusement mutine et espiègle - se révèle attachante et lumineuse, même si j'ai parfois trouvé qu'elle en faisait un peu trop et que son jeu manquait, par moments, de naturel. Les seconds rôles s'en sortent globalement assez bien (mention spéciale à Michel Duchaussoy, excellent), et les jeunes enfants acteurs sont incroyables de justesse et de malice. Bref, sans être aussi réussi qu'on pouvait le souhaiter, cet ÂGE DE RAISON, malgré ses quelques faiblesses et autres maladresses; constitue tout de même un divertissement gentillet et rafraîchissant, qui se laisse voir sans déplaisir, à condition bien sûr de ne pas se montrer trop exigeant.



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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 11:38

Le récit de la folle escapade d'un adolescent perturbé et fugueur, devenu un arnaqueur de haut vol.

Dans les années 1960, le jeune Frank Abagnale Jr. est passé maître dans l'art de l'escroquerie, allant jusqu'à détourner 2,5 millions de dollars et à figurer sur les listes du FBI comme l'un des dix individus les plus recherchés des États-Unis. Véritable caméléon, Frank revêt des identités aussi diverses que celles de pilote de ligne, de médecin, d'avocat, ou encore de professeur d'université. Carl Hanratty, agent du FBI à l'apparence stricte, fait de la traque de Frank Abagnale Jr. sa mission prioritaire, mais celui-ci demeurera longtemps insaisissable. Pour comprendre comment ce champion de l'escroquerie en est arrivé là, un petit retour en arrière s'impose. Frank a à peine 17 ans quand sa mère décide de divorcer de son père, harcelé par le fisc après une vague histoire de mystérieuses magouilles. Contraint de choisir avec lequel de ses parents il aimerait rester, l'adolescent volage préfère s'enfuir de chez lui. Après une longue et interminable succession de galères, Frank, grâce à d'astucieuses et multiples combines, se fait peu à peu passer pour ce qu'il n'est pas, commençant par s'inventer une carrière de pilote de ligne. Ce n'est que le début d'une vie mouvementée et hors du commun, faite de petits mensonges et de grandes illusions...

Avis:

Les histoires les plus captivantes sont souvent les plus incroyables. Et c'est encore plus vrai si il s'avère que ces histoires parfaitement incroyables sont néanmoins parfaitement authentiques. C'est ainsi que je résumerai ARRÊTE-MOI SI TU PEUX (CATCH ME IF YOU CAN, pour le titre original), film qui permet une nouvelle fois à Steven Spielberg de prouver - si il en est besoin ! - qu'il est un réalisateur touche à tout, s'essayant avec brio (et souvent succès) à tous les genres cinématographiques existants. Avec ARRÊTE-MOI SI TU PEUX, le papa des DENTS DE LA MER et de E.T. L'EXTRATERRESTRE délaisse momentanément le cinéma fantastique qui lui tient tant à cœur pour se concentrer sur un registre plutôt inhabituel dans son œuvre: la comédie. Réalisé en 2002, sorti en France en 2003, ARRÊTE-MOI SI TU PEUX est un subtil mélange de comédie policière et de comédie dramatique, teinté d'une discrète note biographique. Le scénario, inspiré de faits réels survenus aux États-Unis au cours des années 60, narre l'histoire parfaitement incroyable mais néanmoins parfaitement authentique (!) de Frank Abagnale Jr. (qui a d'ailleurs été conseiller sur ce film, en fait adapté de son livre éponyme), un adolescent fugueur devenu en à peine quelques années le roi de l'arnaque et l'homme le plus recherché des USA. À partir donc de ce fait divers véridique ahurissant (quelque peu édulcoré et romancé pour les besoins du film), véritable chassé-croisé, Spielberg nous tient en haleine à travers un captivant jeu du chat et de la souris, plein d'humour et de rebondissements; signant ici un divertissement euphorisant et pétillant, mais non dénué d'amertume et d'émotion, qui lui donne à nouveau l'occasion d'explorer des thèmes qui lui sont chers (l'enfance, la famille, le besoin d'ami...), et se révèle ainsi en même temps être l'un de ses films les plus personnels. Côté casting, le cinéaste a naturellement fait appel aux meilleurs, filmant la première rencontre - explosive ! - à l'écran de deux acteurs de chic et de choc: Leonardo DiCaprio (dont je ne suis habituellement pas fan, mais qui là, m'a littéralement bluffée !), plus charmeur que jamais sous les traits d'un imposteur sympathique et malicieux; et Tom Hanks (pour qui j'ai une certaine admiration, malgré le fait que je ne connaisse pas encore l'ensemble de sa filmographie), toujours égal à lui-même dans la peau d'un agent du FBI plutôt austère et pas franchement rigolo rigolo, mais qui au final, inspire également la sympathie et la bonhomie. Dans les seconds rôles, on retrouvera avec bonheur quelques pointures de renom, comme Christopher Walken et Nathalie Baye (pour ne citer qu'eux), qui forment un bien joli couple. Niveau décors et ambiance, la reconstitution des années sixties est particulièrement réussie et confère à ce film un petit côté rétro des plus savoureux. Quant à la musique - légère et délicieusement jazzy - de John Williams (complice inséparable de Spielberg), elle fait, une fois encore, merveille. À noter enfin le superbe générique de début, qui plonge immédiatement le spectateur en plein cœur du sujet grâce à des dessins évocateurs et un montage judicieux.

Si le rythme faiblit un tout petit peu par endroits, si quelques détails auraient sans doute gagnés à être davantage approfondis, et si l'on peut reprocher au scénario de prendre certaines libertés avec l'histoire originale (ce qui ne gâche toutefois rien !...); ARRÊTE-MOI SI TU PEUX n'en reste pas moins un long-métrage attachant et agréable, qui, pour sa mise en scène enlevée, son interprétation croustillante, et, surtout, son intrigue phénoménale, n'a pas volé ses quatre étoiles. Peut-être pas forcément un chef-d'œuvre, mais assurément un divertissement familial de haute volée, à côté duquel il serait fort dommage de passer, d'autant que tous les ingrédients ont été réunis pour nous faire vivre un excellent moment de suspense et de détente; qui plus est, en aussi charmante compagnie. Alors, pourquoi bouder son plaisir ?...

En photo à gauche: Leonardo DiCaprio et le "vrai" Frank Abagnale Jr.  ¤  En photo à droite: Leonardo DiCaprio, le réalisateur Steven Spielberg et Tom Hanks.



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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 10:15

Une évocation de l'existence tourmentée du peintre Vincent Van Gogh, et le récit de son amitié ambiguë avec Paul Gauguin.

En 1878, le jeune Vincent Van Gogh, fils de pasteur calviniste hollandais, débarque en Belgique où il est chargé d'une mission évangéliste chez les mineurs du Borinage. Bien qu'il apporte aide spirituelle et instruction religieuse à ces derniers, ses supérieurs s'inquiètent de son ardeur et de son dévouement jugés trop intenses. Dégoûté, Van Gogh abandonne alors son sacerdoce et regagne La Haye sur les conseils de son frère Théo, dont il est très proche. C'est là que le jeune homme passionné se lance avec tout autant de passion dans la peinture, et fait la connaissance de Paul Gauguin, qui ne tarde pas à devenir son ami, malgré le fait que les deux hommes ne partagent pas toujours les mêmes idées. Bientôt, Van Gogh s'installe en Provence, où Gauguin le rejoint...

Avis:

Pour avoir lu, il y a de cela quelques années déjà (!), un résumé de la vie du peintre Vincent Van Gogh sous la forme d'une bande dessinée (bande dessinée dans laquelle je me suis d'ailleurs replongée avec un grand intérêt suite au visionnage de ce film), LA VIE PASSIONNÉE DE VINCENT VAN GOGH est un long-métrage que j'ai découvert avec une vive curiosité lors de sa récente rediffusion télévisée sur la chaîne franco-allemande Arte (chaîne d'excellence dont on ne vante pas assez les mérites, hélas). Bien que n'étant pas du tout une fan ou une experte en matière de peinture (peu importe d'ailleurs, car il n'y a pas forcément besoin d'aimer ou de s'y connaître en tableaux et autres toiles de maître pour apprécier cette évocation biographique !), je dois néanmoins dire que LUST FOR LIFE (tel est le titre de ce film dans sa version originale), réalisé par Vincente Minnelli en 1956, est un long-métrage qui m'a beaucoup plu et beaucoup touchée. Très fidèle à la vie du véritable Vincent Van Gogh, LUST FOR LIFE est tout à la fois le portrait bouleversant de l'un des plus grands artistes que le XIXe siècle ait jamais connu, et une réflexion métaphysique sur la création artistique et la valeur symbolique de la peinture. À mesure qu'il retrace respectueusement le destin tourmenté de cet artiste hors du commun, sans rien oublier des grandes étapes de son existence (sa rencontre avec Paul Gauguin, ses échecs sentimentaux, sa correspondance avec son frère Théo dont Van Gogh était - on le sait - très proche...), et sans non plus chercher à faire l'impasse sur la personnalité trouble et ô combien complexe de cet homme amoureux de la vie mais incompris par une société qui semblait ne pas être faite pour lui, ce qui provoqua chez cet écorché vif des souffrances d'une violence indescriptible; le réalisateur s'interroge en parallèle sur le sens caché de la peinture, en posant des questions fondamentales qui ne peuvent laisser le spectateur indifférent: pourquoi Van Gogh (je dis Van Gogh parce qu'ici il s'agit de Van Gogh, mais je pense que ça aurait très bien pu être un autre peintre) éprouvait-il ce besoin vital de peindre ?... Que cherchait-il à montrer à travers la peinture ?... Que voulait-il exprimer à travers la peinture ?... Quel sens avait véritablement pour lui la peinture ?... Autant de questions passionnantes qui sont soulevées au dedans de ce portrait cinématographique d'un peintre, au dedans de ce portrait cinématographique de l'art de la peinture. Tourné dans les lieux mêmes où Van Gogh est passé, LUST FOR LIFE est également une œuvre d'une grande beauté visuelle. Les couleurs, chatoyantes à souhait, constituent un régal sans pareil pour l'œil du spectateur, qui en prend plein les mirettes sans que jamais l'émerveillement ne s'estompe; et le film lui-même semble avoir été construit comme un tableau de maître. À la beauté et la qualité visuelles s'ajoutent en outre la beauté et la qualité sonores... ou plutôt, devrais-je dire, la beauté et la qualité musicales (!). LUST FOR LIFE bénéficie en effet d'une bande son de premier choix, signée du compositeur Miklos Rozsa. Pour finir, je m'arrêterai sur l'interprétation. Entouré d'un casting prestigieux, parfait jusque dans les moindres seconds rôles, Vincente Minnelli met en scène le face-à-face inoubliable de deux monstres sacrés d'Hollywood: Anthony Quinn, furieusement génial sous les traits de Gauguin (ce qui lui permit de remporter l'Oscar du meilleur second rôle, alors qu'il n'apparaît à l'écran qu'une dizaine de minutes !... D'un autre côté, vous me direz, c'est probablement à ça que l'on reconnaît les vrais acteurs, seuls capables de marquer les mémoires malgré un rôle assez court), et Kirk Douglas, impressionnant Van Gogh. Il ne joue pas Van Gogh, il est Van Gogh; réussissant à se glisser dans la peau de son personnage avec une telle puissance, une telle authenticité, une telle profondeur; qu'on en vient presque à se demander si il n'a pas été Van Gogh dans une autre vie (!). Pour sa composition extraordinaire, Kirk Douglas se verra d'ailleurs auréolé d'une nomination à l'Oscar du meilleur acteur, qui malheureusement lui échappa. Une injustice incompréhensible.



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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 18:10

Les créateurs des très populaires films TOY STORY ouvrent à nouveau le coffre à jouets et invitent les spectateurs à retrouver le monde délicieusement magique de Woody et Buzz, au moment où Andy, le petit garçon devenu grand, s'apprête à partir pour l'université. L'histoire attachante de jouets qui veulent vieillir ensemble.

Woody, le cow-boy, Buzz l'Éclair, le ranger de l'espace, et leurs compagnons sont inquiets. Andy, leur propriétaire, a maintenant l'âge de rentrer à l'université. Résultat, les voilà promis à l'oubli et la poussière du grenier. Pire même: ils manquent d'être embarqués par le camion à ordures. Sauvés in extremis, ils échouent finalement dans une crèche, où les accueillent les nombreux jouets de l'endroit. Parmi ceux-ci, Ken et Lotso, un ours rose parfumé à la fraise, qui semble diriger la petite communauté. Malmenés par une horde de bambins déchaînés et destructeurs, Woody et ses amis déchantent vite. Seule solution pour la joyeuse troupe: s'évader de ce lieu effroyable qui, sous ses allures de paradis, cache un véritable enfer. L'aventure ne fait que commencer...

Avis:

Quand vient la fin de l'enfance (fin de l'enfance, fin de l'innocence...), c'est un peu comme si une première vie s'achevait, sans que l'on s'en rende tout à fait compte. La fin de l'enfance marque en fait la fin d'une double première vie: la nôtre et... celle de nos jouets. Lorsque nous grandissons, que deviennent nos copains de peluche, de plastique, de tissu ?... Que deviennent nos chers joujoux, ceux avec qui on a jadis partagé tant d'aventures, de rires, de bons moments ?... Que deviennent nos petits sujets en figurine et nos poupées de porcelaine, premiers héros de notre imaginaire ?... Que deviennent donc ces jouets que l'on a tant chéris, que l'on a parfois martyrisés sans vraiment le vouloir, mais qui nous sont toujours restés attachés ?... Que deviennent donc nos fidèles compagnons de jeux, premiers témoins de nos joies, premiers confidents de nos chagrins, premiers amis virtuels (si l'on peut dire !) de notre vie réelle; tout cela bien avant que les Facebook, MSN et autres forums prennent place dans notre quotidien ?...... Et encore... que sont devenus ces jouets que l'on a malencontreusement perdus au gré d'une promenade ?... Que sont devenus ces jouets dont on s'est un jour (à regret ?) séparés ?... Que sont devenus ces jouets qui nous ont tant fait rêvé ?......... Toutes ces questions - simples mais ô combien passionnantes - forment l'essence même de l'intrigue de TOY STORY 3, réalisé par Lee Unkrich, suite (et fin ?) logique de TOY STORY (1996) et TOY STORY 2 (2000), classiques du cinéma d'animation estampillés Pixar. Puisant son inspiration dans le commencement de la vie d'adulte et de la fin - inévitable - de l'enfance, le scénario de TOY STORY 3 en explore une fois encore toutes les facettes (bonnes comme mauvaises), toutes les énigmes, tous les paradoxes; réussissant à nous tenir en haleine et à nous faire vibrer avec une histoire bien plus riche et bien plus complexe qu'elle n'en a l'air. De fait, ce troisième opus de la saga TOY STORY - le meilleur, assurément - résonne comme étant celui de la sagesse et de la maturité. De la noirceur aussi. Mais surtout, de l'émotion. Tout à la fois tendre réflexion sur la nostalgie et la mélancolie du temps qui passe, et hymne fulgurant à l'amitié et à la solidarité, TOY STORY 3 effleure des degrés d'émotion rarement atteints dans un dessin animé, ce qui relève véritablement du miracle. L'émotion touchant à son paroxysme lors de la magnifique et renversante séquence finale, poignante, intense, déchirante, mais néanmoins lumineuse. Un adieu bouleversant à l'enfance et une fin en forme d'apothéose pour ce qui est unanimement considéré - à juste titre - comme l'une des plus belles sagas du cinéma d'animation et, tout simplement, du 7e Art en lui-même. Mais si c'est bel et bien l'émotion qui domine dans TOY STORY 3, les magiciens de Pixar n'ont cependant pas oublié d'y insuffler l'humour, l'action, le suspense, la dérision et l'inventivité si caractéristiques de leurs productions. Cet épisode est également marqué par l'arrivée de nombreux nouveaux personnages, hauts en couleur, et qui n'ont absolument rien à envier aux anciens (!). Du côté de l'animation (spécialement conçue pour la 3D, je n'ai personnellement pas eu la chance de le voir sous cette forme), ce n'est évidemment pas une surprise, elle est parfaite, accentuant encore davantage la proximité avec les différents protagonistes, dont les visages demeurent inouïs d'expressivité et de réalisme. L'ensemble étant en outre sublimé par une harmonieuse bande originale et un doublage français des plus croustillants. Cerise sur le gâteau, TOY STORY 3 est précédé d'un court-métrage (JOUR NUIT) rafraîchissant d'ingéniosité et de poésie, savoureuse mise en bouche dans la plus pure tradition Pixar.

Les lumières se rallument. Le film est terminé. Tout en scrutant (plus ou moins distraitement...) d'un œil brillant et quasiment absent (parce qu'encore très remué par le somptueux spectacle cinématographique qui vient de lui être donné...) l'écran où défile le générique de fin (superbe générique au passage, bourré de tendresse et de fantaisie), je sors machinalement un mouchoir de ma poche et sèche (plus ou moins discrètement...) mes yeux encore humides. L'émotion retombe doucement, lentement, timidement, sans pour autant disparaître totalement. Car dans l'air flotte encore ce drôle de parfum. Celui, enivrant, du vieux coffre à jouets, qui depuis le grenier où il a été rangé et oublié voici tant d'années, semble nous appeler pour nous inviter à goûter - ne serait-ce qu'un instant - à la joie et à la magie de l'enfance retrouvée. Un instant seulement pour déguster le bonheur et l'émerveillement de l'innocence enfantine ressuscitée. Nostalgie, quand tu nous tiens...



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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 12:43

Une nouvelle évocation de la vie et des aventures de Peter Pan, cet enfant qui n'a jamais grandi, face à son ennemi juré, le terrible capitaine Crochet. Le monument de la littérature enfantine pour la première fois filmé en prises de vues réelles. Une histoire universelle et intemporelle !

Chaque soir, Wendy Darling émerveille ses deux jeunes frères, John et Michael, avec ses fantastiques récits épiques; jusqu'au jour où son père décrète qu'elle est désormais trop grande pour partager leur chambre. Ce que les adultes ignorent, c'est qu'un autre garçon, Peter Pan, se passionne lui aussi pour les histoires de Wendy. Il vient de loin pour les écouter, et sa soudaine apparition va bientôt marquer le début d'aventures aussi fabuleuses qu'exaltantes. À travers le ciel étoilé, Peter, les enfants Darling et la minuscule fée Clochette prennent le chemin d'un endroit où le rêve est roi: le Pays Imaginaire. Là-bas, Wendy et ses frères découvrent les Garçons Perdus et leur repaire souterrain. Mais en ce lieu aussi fascinant que troublant, le danger rôde continuellement, et l'infâme capitaine Crochet, chef des pirates, est prêt à tout pour remporter le combat qui, depuis longtemps, l'oppose à Peter. Lequel lui a déjà tranché une main dont s'est régalé un crocodile qui, depuis, poursuit obstinément le capitaine dans l'espoir de le dévorer tout entier...

Avis:

All children grow up except one (Tous les enfants grandissent sauf un, pour la traduction française). C'est au travers de cette phrase clé - ô combien lourde de symbole - inscrite sur un magnifique fond couleur bleu nuit que s'ouvre ce film réalisé en 2003 (sorti en France en 2004) par le cinéaste australien P.J. Hogan, et que débute l'histoire extraordinaire de cet enfant pas tout à fait ordinaire, né sous la plume de l'écrivain J.M. Barrie voilà 100 ans. L'histoire d'un enfant venu d'un pays merveilleux, dans lequel il vivait de fabuleuses aventures en compagnie de fées, de sirènes, de pirates, d'indiens, de garçons que l'on disait perdus... Cet enfant aura même donné son nom à un célèbre syndrome, le syndrome de... de... ?... Bah, de Peter Pan, tout simplement. Évidemment. Ou le syndrome des enfants qui ne veulent pas grandir. L'histoire de Peter Pan fait partie de ces contes légendaires devenus des classiques de la littérature jeunesse, et dont la popularité n'a cessé de s'accroître au fil du temps, en grande partie grâce au cinéma qui s'est toujours délecté à transposer ce type de récit sur le grand écran. On se souvient notamment de l'adaptation en dessin animé des studios Disney, datant de 1953; et de la version plus personnelle de Steven Spielberg, en 1991. Mais il a fallu attendre 2003 et ce film de P.J. Hogan pour enfin voir apparaître devant nos yeux de spectateurs désireux de retourner en enfance une adaptation de Peter Pan digne de ce nom. Très respectueux vis-à-vis de l'œuvre de Barrie, Hogan en livre une vision moderne et globalement très fidèle, signant ici un long-métrage ambitieux et emballant, qui allie harmonieusement grand spectacle, innocence et invitation au rêve; sans pour autant perdre de vue la mélancolie et la cruauté douce-amère qui se dégagent de ce conte plus sombre et plus complexe qu'il n'y paraît. Avec des effets spéciaux de haute envergure qui - chose de plus en plus rarissime dans les productions récentes - se mettent pleinement au service du scénario, des décors époustouflants et une musique aérienne de James Newton Howard, Hogan donne vie au mythe de Peter Pan et le sublime par l'utilisation judicieuse de métaphores aussi intelligentes que touchantes. C'est d'ailleurs ce qui fait la richesse et la magnificence du récit (et de ce film), c'est que l'histoire de Peter Pan, constamment, tourne autour des métaphores et en joue, en tire astucieusement partie, à l'instar de cette intrigue - infiniment jolie et poétique - du dé à coudre et du baiser caché, point de départ de cette formidable épopée; où l'humour, l'action et le romanesque le disputent au romantisme naïf et à l'émotion épurée. Les séquences intimistes - telle cette féerique (c'est le cas de le dire !) danse de Peter et Wendy, véritable instant de grâce - succèdent aux multiples bagarres et aux savoureuses joutes verbales dont l'affrontement Peter/Crochet regorge en nombre. L'interprétation n'est pas en reste non plus. Face à un Jason Isaacs impressionnant de charisme dans le double rôle du capitaine Crochet et de Mr Darling (comme le veut la tradition, c'est le même acteur qui endosse à la fois le costume du célèbre pirate et l'habit du maladroit père de famille), le blondinet Jeremy Sumpter affirme sa spontanéité, sa jeunesse et sa vitalité, campant avec aisance et enthousiasme un Peter Pan plus vrai que nature (un Peter Pan qui, en outre, n'avait jamais été aussi joli garçon... mais je m'égare !); aux côtés d'une Rachel Hurd-Wood toute en retenue et en sensibilité dans le rôle de la douce Wendy; tandis que la française Ludivine Sagnier incarne avec drôlerie une fée Clochette terriblement jalouse et espiègle. Les acteurs secondaires, depuis les enfants jusqu'aux adultes, sont convaincants; et le fait d'avoir ajouté une voix off pour narrer le récit constitue une idée particulièrement brillante, qui accentue encore davantage le charme délicat et délicieusement naïf de l'ensemble.

Ah, si seulement toutes les adaptations cinématographiques d'œuvres littéraires pouvaient être aussi fidèles et, surtout, plus compliqué encore, aussi réussies... Après avoir vu un film pareil, il est bien difficile de remettre les pieds sur terre sans avoir encore une once de poussière de fée au fond du regard. Et comment, surtout, après avoir vu un tel film, comment ne pas ressentir l'envie irrésistible d'aller se coucher en laissant volontairement - et par tous les temps ! - la fenêtre de sa chambre ouverte, dans l'espoir secret qu'un beau et mystérieux garçon vienne et nous emmène avec lui sur le chemin - deuxième étoile à droite et tout droit jusqu'au matin ! - du Pays Imaginaire, où il nous entraînera vers d'extravagantes et inoubliables aventures, tout en nous apprenant à voler de nos propres ailes ?...



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