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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 18:10

Les créateurs des très populaires films TOY STORY ouvrent à nouveau le coffre à jouets et invitent les spectateurs à retrouver le monde délicieusement magique de Woody et Buzz, au moment où Andy, le petit garçon devenu grand, s'apprête à partir pour l'université. L'histoire attachante de jouets qui veulent vieillir ensemble.

Woody, le cow-boy, Buzz l'Éclair, le ranger de l'espace, et leurs compagnons sont inquiets. Andy, leur propriétaire, a maintenant l'âge de rentrer à l'université. Résultat, les voilà promis à l'oubli et la poussière du grenier. Pire même: ils manquent d'être embarqués par le camion à ordures. Sauvés in extremis, ils échouent finalement dans une crèche, où les accueillent les nombreux jouets de l'endroit. Parmi ceux-ci, Ken et Lotso, un ours rose parfumé à la fraise, qui semble diriger la petite communauté. Malmenés par une horde de bambins déchaînés et destructeurs, Woody et ses amis déchantent vite. Seule solution pour la joyeuse troupe: s'évader de ce lieu effroyable qui, sous ses allures de paradis, cache un véritable enfer. L'aventure ne fait que commencer...

Avis:

Quand vient la fin de l'enfance (fin de l'enfance, fin de l'innocence...), c'est un peu comme si une première vie s'achevait, sans que l'on s'en rende tout à fait compte. La fin de l'enfance marque en fait la fin d'une double première vie: la nôtre et... celle de nos jouets. Lorsque nous grandissons, que deviennent nos copains de peluche, de plastique, de tissu ?... Que deviennent nos chers joujoux, ceux avec qui on a jadis partagé tant d'aventures, de rires, de bons moments ?... Que deviennent nos petits sujets en figurine et nos poupées de porcelaine, premiers héros de notre imaginaire ?... Que deviennent donc ces jouets que l'on a tant chéris, que l'on a parfois martyrisés sans vraiment le vouloir, mais qui nous sont toujours restés attachés ?... Que deviennent donc nos fidèles compagnons de jeux, premiers témoins de nos joies, premiers confidents de nos chagrins, premiers amis virtuels (si l'on peut dire !) de notre vie réelle; tout cela bien avant que les Facebook, MSN et autres forums prennent place dans notre quotidien ?...... Et encore... que sont devenus ces jouets que l'on a malencontreusement perdus au gré d'une promenade ?... Que sont devenus ces jouets dont on s'est un jour (à regret ?) séparés ?... Que sont devenus ces jouets qui nous ont tant fait rêvé ?......... Toutes ces questions - simples mais ô combien passionnantes - forment l'essence même de l'intrigue de TOY STORY 3, réalisé par Lee Unkrich, suite (et fin ?) logique de TOY STORY (1996) et TOY STORY 2 (2000), classiques du cinéma d'animation estampillés Pixar. Puisant son inspiration dans le commencement de la vie d'adulte et de la fin - inévitable - de l'enfance, le scénario de TOY STORY 3 en explore une fois encore toutes les facettes (bonnes comme mauvaises), toutes les énigmes, tous les paradoxes; réussissant à nous tenir en haleine et à nous faire vibrer avec une histoire bien plus riche et bien plus complexe qu'elle n'en a l'air. De fait, ce troisième opus de la saga TOY STORY - le meilleur, assurément - résonne comme étant celui de la sagesse et de la maturité. De la noirceur aussi. Mais surtout, de l'émotion. Tout à la fois tendre réflexion sur la nostalgie et la mélancolie du temps qui passe, et hymne fulgurant à l'amitié et à la solidarité, TOY STORY 3 effleure des degrés d'émotion rarement atteints dans un dessin animé, ce qui relève véritablement du miracle. L'émotion touchant à son paroxysme lors de la magnifique et renversante séquence finale, poignante, intense, déchirante, mais néanmoins lumineuse. Un adieu bouleversant à l'enfance et une fin en forme d'apothéose pour ce qui est unanimement considéré - à juste titre - comme l'une des plus belles sagas du cinéma d'animation et, tout simplement, du 7e Art en lui-même. Mais si c'est bel et bien l'émotion qui domine dans TOY STORY 3, les magiciens de Pixar n'ont cependant pas oublié d'y insuffler l'humour, l'action, le suspense, la dérision et l'inventivité si caractéristiques de leurs productions. Cet épisode est également marqué par l'arrivée de nombreux nouveaux personnages, hauts en couleur, et qui n'ont absolument rien à envier aux anciens (!). Du côté de l'animation (spécialement conçue pour la 3D, je n'ai personnellement pas eu la chance de le voir sous cette forme), ce n'est évidemment pas une surprise, elle est parfaite, accentuant encore davantage la proximité avec les différents protagonistes, dont les visages demeurent inouïs d'expressivité et de réalisme. L'ensemble étant en outre sublimé par une harmonieuse bande originale et un doublage français des plus croustillants. Cerise sur le gâteau, TOY STORY 3 est précédé d'un court-métrage (JOUR NUIT) rafraîchissant d'ingéniosité et de poésie, savoureuse mise en bouche dans la plus pure tradition Pixar.

Les lumières se rallument. Le film est terminé. Tout en scrutant (plus ou moins distraitement...) d'un œil brillant et quasiment absent (parce qu'encore très remué par le somptueux spectacle cinématographique qui vient de lui être donné...) l'écran où défile le générique de fin (superbe générique au passage, bourré de tendresse et de fantaisie), je sors machinalement un mouchoir de ma poche et sèche (plus ou moins discrètement...) mes yeux encore humides. L'émotion retombe doucement, lentement, timidement, sans pour autant disparaître totalement. Car dans l'air flotte encore ce drôle de parfum. Celui, enivrant, du vieux coffre à jouets, qui depuis le grenier où il a été rangé et oublié voici tant d'années, semble nous appeler pour nous inviter à goûter - ne serait-ce qu'un instant - à la joie et à la magie de l'enfance retrouvée. Un instant seulement pour déguster le bonheur et l'émerveillement de l'innocence enfantine ressuscitée. Nostalgie, quand tu nous tiens...



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commentaires

P
Complètement d'accord avec toi, ce film est très réussi (bien meilleur que les deux premiers, à tous points de vues) et m'a beaucoup ému (bin oui, je suis triste de savoir qu'il n'y aura plus d'autres aventures de Woody et ses amis!). Le film clot magistralement cette savoureuse saga dont on ne se lasse pas. Un de mes films préférés de l'année 2010!
D
J'avais pas spécialement accroché aux deux précédentes aventures de Buzz et Woody mais le dernier est juste sublime. A la fois drôle et touchant comme les derniers Pixars/Disney d'ailleurs...<br /> Le court métrage Day & Night diffusé avant le film est une pure merveille !
K
Non non non, ce film n'est pas réservé uniquement aux enfants. Même adulte on peut aller le voir. Ces jouets qui ont une sorte "d'âme" nous en font voir beaucoup sur nôtre supériorité d'adulte. C'est bien là toute sa qualité. Si, il est vrai comme le dit KSCHOICE dans son commentaire "film plus sombre et plus triste que ses prédécesseurs" on redécouvre aussi la solidarité, l'amitié et surtout d'autres émotions qui remontent bien loin en arrière. Parfaitement réalisés ces personnages sont très vivants,et qui sait, après les films animés, peut-être qu'un jour les jouets auront aussi une "âme"
K
Je ne peux qu'adhérer à ton propos ma chère, j'y suis allé de ma petite larme à la fin (Ah quand les gros durs se mettent à fondre...c'est quelque chose) et ce volet est bien le meilleur des trois, comme je l'écris dans mon article, bien que le film soit plus sombre et plus triste que les deux autres, mais quand c'est terriblement bien fait, je suis pour à 100%.<br /> Par contre je l'ai vu en 3D, mais au détriment du court métrage avant le film...je me suis d'ailleurs posé la question de l' absence de cette tradition pour le moins plaisante. Il sera sûrement sur le Blu-ray, aussi je ne m'inquiète pas trop.