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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 10:09

Le film suit Soren, une jeune chouette mâle fascinée par les histoires épiques que lui racontait son père sur les Gardiens de Ga'Hoole, une bande de mythiques guerriers ailés qui avait mené une grande bataille pour sauver la communauté des chouettes des Sangs Purs.

L'enfance de la chouette Soren est bercée par les récits épiques que son père lui conte à la tombée de la nuit. En dépit de son jeune âge, le vaillant oiseau rêve déjà de se joindre à ses héros favoris, les Gardiens de Ga'Hoole, ces guerriers ailés qui sauvèrent le Royaume des Chouettes de l'emprise maléfique des Sangs Purs. Kludd, son frère aîné, se moque de Soren et n'aspire pour sa part qu'à chasser, voler, s'attirer les bonnes grâces de son père et ainsi évincer son cadet. Sa jalousie aura des conséquences dramatiques: un jour, les deux frères tombent de leur arbre, faute de savoir suffisamment voler, et sont kidnappés par les Sangs Purs. Soren va alors révéler toute l'étendue de sa bravoure en s'évadant en compagnie de Gylfie, une jeune chouette femelle. C'est le début d'une grande et merveilleuse - mais aussi dangereuse - aventure à travers les mers, à la recherche des légendaires Gardiens de Ga'Hoole...

Avis:

Ma découverte hasardeuse, il y a quelques mois, de la bande-annonce qui vous est présentée en bas de page (bande-annonce ô combien superbe, qui m'aura personnellement donné des frissons dans le dos... c'est dire !) explique en grande partie la curiosité et l'envie qui m'ont poussée à aller voir LE ROYAUME DE GA'HOOLE LA LÉGENDE DES GARDIENS (LEGEND OF THE GUARDIANS THE OWLS OF GA'HOOLE, pour le titre original), en salles depuis quelques jours. Signé Zack Snyder (le réalisateur de 300, entre autres), ce film d'animation spécialement conçu pour la 3D (je n'ai pas eu la chance de le voir sous cette forme, malheureusement... la poisse des vieux cinoches de quartier !) s'inspire d'une série de livres pour enfants, œuvre de l'écrivaine Kathryn Lasky. Il me paraît toutefois important de préciser que ce film - malgré le fait que ce soit un dessin animé et contrairement à ce que peut laisser penser la bande-annonce, justement - ne s'adresse pas vraiment (à mon humble avis...) aux enfants (lesquels pourraient être impressionnés, voire effrayés pour les plus jeunes, par sa surprenante - mais néanmoins bienvenue - noirceur), mais plutôt aux adolescents, pré-adultes et même adultes tout court (!). LE ROYAUME DE GA'HOOLE se situe à mi-chemin entre le traditionnel conte initiatique d'apprentissage, où le héros découvre le monde et les autres autant qu'il se découvre lui-même, et le récit - plus sombre - d'héroïc fantasy, où la noirceur est sublimée et sert l'histoire autant que l'histoire la sert. Concernant l'histoire d'ailleurs, elle se révèle passionnante et particulièrement palpitante (malgré certains détails parfois confus, quelques petites longueurs de-ci de-là et une fin trop rapidement expédiée à mon goût mais qui semble appeler à une suite), même si on peut lui reprocher un léger manque d'originalité; puisqu'il est encore une fois question ici de l'éternelle et interminable lutte entre le bien et le mal, doublée d'un message sur le courage, l'honneur, la confiance en soi, la fraternité, la foi, l'importance du rêve, et, surtout, le dépassement de soi. Une histoire plutôt classique en somme, mais qui est racontée avec un savoir-faire indéniable et bénéficie en outre d'une réalisation fougueuse et virtuose; nous transportant ainsi dans un univers merveilleux et magique, où les mythes et les légendes perdurent à travers les siècles. En fait, le véritable tour de force opéré par LE ROYAUME DE GA'HOOLE réside dans son animation, saisissante de réalisme et d'une beauté à couper le souffle. Jamais encore un film d'animation n'était allé aussi loin dans le soin - littéralement scrupuleux - apporté aux dessins, inouïs de détails et d'une richesse visuelle pour le moins éblouissante. Si les décors sont féeriques, ce sont surtout tous les personnages d'oiseaux qui marquent l'œil du spectateur, toutes les différentes espèces de chouettes et de hiboux étant ici admirablement représentées, avec une précision véritablement exceptionnelle; ce qui est assez rare pour être souligné. Qui dit oiseaux dit forcément vols d'oiseaux, et LE ROYAUME DE GA'HOOLE a parfaitement su tirer profit de cela, nous offrant de prodigieuses et spectaculaires séquences de ballets et de combats aériens, où les rapaces sont amenés à survoler de majestueux paysages, de façon plus vraie que nature. Les nombreux ralentis, marque de fabrique de Zack Snyder (!), pourront peut-être en agacer certains mais force est de reconnaître qu'ils sont globalement très réussis et donnent l'occasion de contempler pleinement, dans toute sa splendeur et sa grandeur, le formidable travail effectué sur l'animation; tout en permettant également au réalisateur d'apposer et de personnaliser au maximum son empreinte. Un bémol, en revanche: les scènes de combats sont tellement rapides que l'on finit un peu par s'y perdre, ne sachant plus trop qui se bat contre qui. Mais ce n'est heureusement qu'un détail, d'autant que deux scènes que l'on croirait touchées par la grâce émergent de ce film et déchirent tout sur leur passage: la scène sous la pluie, juste sublime, sans aucun doute la plus belle séquence jamais créée dans un dessin animé; et celle où Soren traverse le feu, monumentale et épique à souhait. Ajoutons à tout cela un doublage plutôt convaincant, une musique au top et un amusant court-métrage faisant office de savoureuse mise en bouche, et l'on obtient ce chouette (jeu de mots facile, je sais !...) dessin animé. Un dessin animé qui, en tout cas, a le mérite d'avoir de la gueule... ou plutôt, devrai-je dire, du bec (!).

Si l'on pourra regretter un humour parfois trop enfantin (notamment au début), une action qui s'enchaîne quelquefois tellement rapidement que l'on a par moments l'impression qu'il n'y a pas vraiment de fil conducteur, et une introduction un peu laborieuse, LE ROYAUME DE GA'HOOLE prend peu à peu son envol et atteint dès lors des sommets inattendus, comblant nos attentes au-delà de toute espérance; la quintessence quasi miraculeuse de l'animation faisant très vite oublier les légères maladresses de l'ensemble. Plus de doute possible, LE ROYAUME DE GA'HOOLE s'impose donc, incontestablement, comme l'un des films d'animation les plus audacieux et les plus aboutis de cette année 2010. Bref, voici une œuvre qui vole haut dans le ciel cinématographique. Très haut. À quand la suite ?...



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commentaires

A
Joli film d'animation, avec une histoire un peu classique mais aussi ce petit plus sur la foi, pouvoir croire en quelque chose que l'on connaît uniquement par des récits, mais, qu'on a jamais vu... Les scènes de ralenti sont d'une minutie extraordinaire. Le seul petit bémol est la confusion dans les scènes d'affrontements entre les gentils et les méchants. On s'y perd un petit peu...mais le reste est tellement joli à contempler qu'on en oublie ces détails
P
Autant je n'ai jamais trop accroché à l'héroic fantasy pour enfants ("Harry Potter", "Narnia", "A la recherche de la boussole d'or"), autant comme toi, je me suis laissé séduire par ce "Ga'Hoole", la qualité de son récit et la beauté de son animation. Voilà qui me donne envie d'en voir la suite!