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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 12:43

Une nouvelle évocation de la vie et des aventures de Peter Pan, cet enfant qui n'a jamais grandi, face à son ennemi juré, le terrible capitaine Crochet. Le monument de la littérature enfantine pour la première fois filmé en prises de vues réelles. Une histoire universelle et intemporelle !

Chaque soir, Wendy Darling émerveille ses deux jeunes frères, John et Michael, avec ses fantastiques récits épiques; jusqu'au jour où son père décrète qu'elle est désormais trop grande pour partager leur chambre. Ce que les adultes ignorent, c'est qu'un autre garçon, Peter Pan, se passionne lui aussi pour les histoires de Wendy. Il vient de loin pour les écouter, et sa soudaine apparition va bientôt marquer le début d'aventures aussi fabuleuses qu'exaltantes. À travers le ciel étoilé, Peter, les enfants Darling et la minuscule fée Clochette prennent le chemin d'un endroit où le rêve est roi: le Pays Imaginaire. Là-bas, Wendy et ses frères découvrent les Garçons Perdus et leur repaire souterrain. Mais en ce lieu aussi fascinant que troublant, le danger rôde continuellement, et l'infâme capitaine Crochet, chef des pirates, est prêt à tout pour remporter le combat qui, depuis longtemps, l'oppose à Peter. Lequel lui a déjà tranché une main dont s'est régalé un crocodile qui, depuis, poursuit obstinément le capitaine dans l'espoir de le dévorer tout entier...

Avis:

All children grow up except one (Tous les enfants grandissent sauf un, pour la traduction française). C'est au travers de cette phrase clé - ô combien lourde de symbole - inscrite sur un magnifique fond couleur bleu nuit que s'ouvre ce film réalisé en 2003 (sorti en France en 2004) par le cinéaste australien P.J. Hogan, et que débute l'histoire extraordinaire de cet enfant pas tout à fait ordinaire, né sous la plume de l'écrivain J.M. Barrie voilà 100 ans. L'histoire d'un enfant venu d'un pays merveilleux, dans lequel il vivait de fabuleuses aventures en compagnie de fées, de sirènes, de pirates, d'indiens, de garçons que l'on disait perdus... Cet enfant aura même donné son nom à un célèbre syndrome, le syndrome de... de... ?... Bah, de Peter Pan, tout simplement. Évidemment. Ou le syndrome des enfants qui ne veulent pas grandir. L'histoire de Peter Pan fait partie de ces contes légendaires devenus des classiques de la littérature jeunesse, et dont la popularité n'a cessé de s'accroître au fil du temps, en grande partie grâce au cinéma qui s'est toujours délecté à transposer ce type de récit sur le grand écran. On se souvient notamment de l'adaptation en dessin animé des studios Disney, datant de 1953; et de la version plus personnelle de Steven Spielberg, en 1991. Mais il a fallu attendre 2003 et ce film de P.J. Hogan pour enfin voir apparaître devant nos yeux de spectateurs désireux de retourner en enfance une adaptation de Peter Pan digne de ce nom. Très respectueux vis-à-vis de l'œuvre de Barrie, Hogan en livre une vision moderne et globalement très fidèle, signant ici un long-métrage ambitieux et emballant, qui allie harmonieusement grand spectacle, innocence et invitation au rêve; sans pour autant perdre de vue la mélancolie et la cruauté douce-amère qui se dégagent de ce conte plus sombre et plus complexe qu'il n'y paraît. Avec des effets spéciaux de haute envergure qui - chose de plus en plus rarissime dans les productions récentes - se mettent pleinement au service du scénario, des décors époustouflants et une musique aérienne de James Newton Howard, Hogan donne vie au mythe de Peter Pan et le sublime par l'utilisation judicieuse de métaphores aussi intelligentes que touchantes. C'est d'ailleurs ce qui fait la richesse et la magnificence du récit (et de ce film), c'est que l'histoire de Peter Pan, constamment, tourne autour des métaphores et en joue, en tire astucieusement partie, à l'instar de cette intrigue - infiniment jolie et poétique - du dé à coudre et du baiser caché, point de départ de cette formidable épopée; où l'humour, l'action et le romanesque le disputent au romantisme naïf et à l'émotion épurée. Les séquences intimistes - telle cette féerique (c'est le cas de le dire !) danse de Peter et Wendy, véritable instant de grâce - succèdent aux multiples bagarres et aux savoureuses joutes verbales dont l'affrontement Peter/Crochet regorge en nombre. L'interprétation n'est pas en reste non plus. Face à un Jason Isaacs impressionnant de charisme dans le double rôle du capitaine Crochet et de Mr Darling (comme le veut la tradition, c'est le même acteur qui endosse à la fois le costume du célèbre pirate et l'habit du maladroit père de famille), le blondinet Jeremy Sumpter affirme sa spontanéité, sa jeunesse et sa vitalité, campant avec aisance et enthousiasme un Peter Pan plus vrai que nature (un Peter Pan qui, en outre, n'avait jamais été aussi joli garçon... mais je m'égare !); aux côtés d'une Rachel Hurd-Wood toute en retenue et en sensibilité dans le rôle de la douce Wendy; tandis que la française Ludivine Sagnier incarne avec drôlerie une fée Clochette terriblement jalouse et espiègle. Les acteurs secondaires, depuis les enfants jusqu'aux adultes, sont convaincants; et le fait d'avoir ajouté une voix off pour narrer le récit constitue une idée particulièrement brillante, qui accentue encore davantage le charme délicat et délicieusement naïf de l'ensemble.

Ah, si seulement toutes les adaptations cinématographiques d'œuvres littéraires pouvaient être aussi fidèles et, surtout, plus compliqué encore, aussi réussies... Après avoir vu un film pareil, il est bien difficile de remettre les pieds sur terre sans avoir encore une once de poussière de fée au fond du regard. Et comment, surtout, après avoir vu un tel film, comment ne pas ressentir l'envie irrésistible d'aller se coucher en laissant volontairement - et par tous les temps ! - la fenêtre de sa chambre ouverte, dans l'espoir secret qu'un beau et mystérieux garçon vienne et nous emmène avec lui sur le chemin - deuxième étoile à droite et tout droit jusqu'au matin ! - du Pays Imaginaire, où il nous entraînera vers d'extravagantes et inoubliables aventures, tout en nous apprenant à voler de nos propres ailes ?...



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commentaires

C
Adorable version de l'histoire de Peter Pan. Celle de Spielberg manquait beaucoup de charme, moins de poésie, plus rugueuse! Là tous les ingrédients ont été réunis pour plaire aux enfants et évidemment aux adultes qui ont encore un petit bout de leur âme d'enfants!!!!
I
Certes cette version est la plus fidèle à celle du roman (que j'ai lu il y a très longtemps) mais je n'ai pas accroché sur 2 personnages = Peter joué par Sumpter et Wendy jouée par Hurd-Wood) Par-contre, pour les décors, là il y a eu un super travail !
K
En réponse à IdeyvonneBonjour Ideyvonne, merci de tes visites et de tes commentaires ;-)<br /> <br /> Cette version de "Peter Pan" est effectivement assez spéciale et assez originale dans son genre, et je comprends tout à fait qu'on puisse ne pas aimer (comme on dit, un film qui a touché une personne en particulier ne touchera pas forcément tout le monde en particulier, et vice-versa ! C'est tout l'intérêt du cinéma).<br /> Toutefois, il aurait été intéressant que tu développes davantage ton commentaire, en expliquant plus en détail ce qui t'a déplu dans ce film, que j'ai, pour ma part, découvert par hasard il y a quelques mois. C'est d'ailleurs en découvrant ce film que je me suis aperçue que je connaissais l'histoire de "Peter Pan" sans vraiment la connaître, aussi me suis-je plongée avec une vive curiosité dans le roman original de J.M. Barrie. Et après l'avoir lu, la première chose qui saute tout de suite aux yeux dans ce film, c'est qu'il est globalement très fidèle au texte de Barrie, fidèle à l'histoire mais aussi fidèle à l'ambiance si particulière qui ressort de ce bouquin. Beaucoup plus fidèle en tout cas que n'ont pu jadis l'être les adaptations de Disney et de Spielberg (pour ne citer que ces deux-là).<br /> <br /> À bientôt,<br /> Kleinhase
I
j'ai pas du tout aimé cette version