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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 09:38

"Chère moi-même, aujourd'hui j'ai 7 ans et je t'écris cette lettre pour t'aider à te souvenir des promesses que je fais à l'âge de raison, et aussi te rappeler ce que je veux devenir...". Ainsi commence la lettre que Margaret, femme d'affaires accomplie, reçoit le jour de ses 40 ans.

Margaret est une femme d'affaires accomplie et toujours pressée par le temps, sans aucune pitié pour conclure un contrat. Sa vie se résume à son travail et à son petit ami, Malcolm, lui aussi redoutable et intraitable homme d'affaires. Mais le jour de ses 40 ans, Margaret reçoit, des mains d'un mystérieux notaire, une lettre étrange. Une lettre qu'elle s'est elle-même écrite à l'âge de 7 ans et qui va soudain remettre en cause toute sa vie, ravivant également chez elle le souvenir d'un lourd passé. Qu'a-t-elle fait de ses rêves de petite fille ?...

Avis:

Que deviennent nos rêves d'enfant ?, peut-on lire sur l'affiche de L'ÂGE DE RAISON. Jolie question (bien que posée et traitée de nombreuses fois déjà au cinéma...) à laquelle ce long-métrage du réalisateur Yann Samuell tente d'apporter des réponses (prévisibles ?...), avec humour et tendresse, sans chercher à se prendre la tête; le but de ce film étant avant tout de distraire et de toucher les adultes nostalgiques que nous sommes (ou que nous pouvons parfois être !...). À partir d'un synopsis original et attrayant, qui ne peut que séduire d'emblée l'imaginaire du spectateur (quoi de plus captivant en effet que l'histoire d'une femme qui reçoit un beau jour des lettres qu'elle s'était elle-même écrite lorsqu'elle était enfant ?...), Yann Samuell signe une fable des temps modernes, au ton résolument personnel et enlevé; mais malheureusement pas aussi aboutie et pas aussi surprenante qu'on aurait pu l'espérer. À vouloir trop en dire en seulement 90 minutes, le cinéaste se perd dans les clichés et les dialogues parfois moralisateurs, faisant tomber le film dans une émotion qui a plutôt tendance, hélas, à flirter avec le larmoyant facile et les bons sentiments. De fait, l'intrigue, pourtant intéressante au départ, perd un peu en crédibilité et en sensibilité; d'autant que plusieurs détails peu approfondis sont expédiés beaucoup trop rapidement et que certains personnages frôlent la caricature, ce qui est quelque peu regrettable. Le style de la mise en scène, volontairement décalé, risquera peut-être aussi de rebuter certains spectateurs, habitués à une réalisation disons plus "classique". L'ensemble renferme néanmoins de beaux morceaux de pure poésie et de tendresse, et la musique est assez sympa, bien qu'un peu assourdissante par moments. Dans le rôle titre, la rayonnante Sophie Marceau - délicieusement mutine et espiègle - se révèle attachante et lumineuse, même si j'ai parfois trouvé qu'elle en faisait un peu trop et que son jeu manquait, par moments, de naturel. Les seconds rôles s'en sortent globalement assez bien (mention spéciale à Michel Duchaussoy, excellent), et les jeunes enfants acteurs sont incroyables de justesse et de malice. Bref, sans être aussi réussi qu'on pouvait le souhaiter, cet ÂGE DE RAISON, malgré ses quelques faiblesses et autres maladresses; constitue tout de même un divertissement gentillet et rafraîchissant, qui se laisse voir sans déplaisir, à condition bien sûr de ne pas se montrer trop exigeant.



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commentaires

F
Une jolie histoire simple, mais racontée d'une façon très compliquée....Le 1er quart d'heure est très agité et on ne sait plus très bien ou on va...Mais en acceptant d'être patient on voit doucement le puzzle se mettre en place et, enfin, commencer à apprécier l'histoire. La courte apparition de Michel Duchaussoy est très apaisante dans ce film un peu mouvementé. D'ailleurs, Sophie Marceau appuie trop son rôle de femme dirigeante, elle réussit mieux dans ses émotions lors de ses souvenirs d'enfance.<br /> Il est vrai que certains clichés sont exagérés, mais c'est surtout cette mise en scène qui est un peu lassante. Dommage, le film méritait mieux!