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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 10:35

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

LES HOMMES PRÉFÈRENT LES BLONDES (Gentlemen prefer blondes)

Film américain

Date de sortie: 21 avril 1954  Date de reprise: 9 juillet 2008

Genre: Comédie musicale  Durée: 1h27  Tous publics

Conseil personnel: Pour toute la famille.

Disponible en DVD et VHS - Couleur

Dorothy Shaw et Lorelei Lee sont deux ravissantes chanteuses de cabaret. L'amoureuse, c'est Dorothy: une grande brune apparemment cynique qui, en fait, s'éprend du premier venu... pourvu qu'il soit beau garçon !... Lorelei, elle, est tout le contraire. Cette blonde incendiaire, qui séduit les hommes d'un seul clignement de l'œil, prétend être une idiote pour mieux sonder la fortune de ses soupirants. D'ailleurs, elle a fait son choix. Sa prochaine << victime >> sera Gus Esmond, fils de milliardaire timide et légèrement niais sur les bords...

  

LA CHRONIQUE DE KLEINHASE:

Si l'on me demandait de citer le nom d'une star de cinéma que j'apprends à découvrir depuis quelques mois et dont le style me séduit de plus en plus de film en film au point d'en tomber amoureuse (artistiquement parlant, entendons-nous bien !), je répondrais sans hésiter Marilyn Monroe. Ah, Marilyn !... Mythe sacré d'Hollywood, icône glamour par excellence, Marilyn Monroe est une star à qui je ne portais aucun intérêt particulier il y a encore quelques années, et qui est pourtant en train de devenir l'une de mes actrices fétiches (comme quoi !...). Chacun de ses films est un paquet-cadeau, source d'un plaisir toujours nouveau et différent. 

Ainsi, après avoir vécu un délicieux moment de détente devant << Rivière sans retour >>, << Sept ans de réflexion >> et << Certains l'aiment chaud >>, et en attendant de voir ses autres films (qui, je l'espère, me plairont tout autant !); j'ai récemment découvert Les hommes préfèrent les blondes. Avec un régal semblable à celui éprouvé face aux longs-métrages précédemment évoqués et une joie identique, peut-être même encore plus grande.

Réalisé par Howard Hawks en 1953, Les hommes préfèrent les blondes offrait à Marilyn Monroe son premier vrai rôle important, le rôle qui allait définitivement lui ouvrir les portes de la gloire et faire d'elle la star que l'on sait. Rappelons d'ailleurs que la belle avait déjà travaillé sous la direction de ce cinéaste, pour les besoins de << Chérie, je me sens rajeunir >>, en 1952. Il faut aussi préciser que Les hommes préfèrent les blondes fut la seule comédie musicale réalisée par Howard Hawks qui, bien que mélomane, ne se sentait pas très à l'aise dans ce genre cinématographique plutôt spécial, il est vrai (!).

Le scénario, diablement coquin et farceur, aborde avec une certaine ingéniosité deux sujets plutôt osés et assez tabous pour l'époque: le sexe et l'argent. Effectivement, si l'histoire peut aujourd'hui prêter à sourire par son côté un peu désuet (absolument charmant, d'ailleurs !), il faut dire qu'en son temps, elle bluffa tout le monde de par la légèreté et l'espièglerie avec laquelle elle traite des relations hommes/femmes et du pouvoir que le << Dieu Fric >> exerce sur nous, pauvres imbéciles que nous sommes à nous mettre dans tous nos états pour quelques malheureux billets...

Ce qui peut fortement agacer de nos jours, car le sexe masculin comme le sexe féminin n'est nullement épargné et la caricature est poussée jusqu'à l'extrême, entre la représentation de la brune très maligne mais qui se laisse mener par le bout du nez à cause de l'amour, la blonde un peu cruche qui jubile dès qu'on prononce devant elle le mot << diamant >>, le vieux riche qui passe du bon temps avec de jeunes et jolies femmes sans se soucier de son épouse mais fait néanmoins preuve d'une certaine lâcheté, le détective beau gosse et manipulateur, et le fils << à Papa >> milliardaire mais assez crétin. Cette caricature volontairement excessive peut énerver, mais elle apporte justement à l'histoire tout son sel et toute sa saveur.

Surtout que derrière ce ton très grotesque se révèle une vraie profondeur, Howard Hawks ayant réussi à dresser une fine peinture des rapports garçons/filles, et cela avec beaucoup d'élégance et de maîtrise. En outre, on ne peut que vanter la splendeur étourdissante des chorégraphies et de la musique, ainsi que la magnificence incroyable et divinement envoûtante du Technicolor.

À noter également la richesse et la précision des gags, souvent forts drôles sans jamais être lourds ou déplacés (voilà bien ce qui manque dans le cinéma comique actuel: l'humour qui fait vraiment rire sans être vulgaire ou méchant... de nos jours, si on n'entend pas le mot << cul >> toutes les dix répliques, ce n'est pas drôle... Mais bon sang, on peut faire rire sans forcément se sentir obligé d'employer la grossièreté !... La preuve avec Les hommes préfèrent les blondes... non, c'est trop compliqué de faire rire sans être malpoli ?... Bah tant pis alors, faudra se contenter des vieilles comédies...).

Enfin, point de vue casting, on applaudira bien sûr la remarquable performance de Marilyn Monroe, au sommet de sa beauté et de son talent, plus craquante que jamais dans le rôle de la femme fatale à qui aucun homme (ni aucun diamant !...) ne résiste. On ne peut d'ailleurs s'empêcher de penser, en voyant ce film, que sa mort brutale et prématurée constitua une perte majeure pour le 7e Art... chienne de vie, tiens !

Pour autant, même si les hommes préfèrent peut-être les blondes, les brunes ne comptent pas pour des prunes (!) et on soulignera donc le jeu subtil de Jane Russell, qui forme avec Marilyn un duo hilarant et très complémentaire, qui tire brillamment profit de l'opposition de leurs caractères et de leurs personnalités, donnant ainsi lieu à un face-à-face enlevé et explosif (la scène du tribunal, où Jane Russell se fait passer pour Marilyn, vaut le détour à elle seule !). Devant ce tandem à priori improbable, les personnages masculins peuvent sembler bien fades mais tiennent toutefois une place capitale dans le déroulement de l'intrigue, alors saluons comme il se doit tous ces messieurs qui ont contribué, par leur présence et par leurs prestations, à la réussite de Les hommes préfèrent les blondes: Charles Coburn (le vieux riche), Elliott Reid (le détective) et Tommy Noonan (le fils milliardaire timide et naïf). Sans oublier l'apparition inattendue, dans un second rôle, du comédien français Marcel Dalio.

  

EN GUISE DE CONCLUSION:

Les hommes préfèrent les blondes est le genre de film que l'on peut revoir plusieurs fois d'affilée sans se lasser, car c'est du cinéma multicolore, pétillant, joyeux, farfelu, enchanteur; servi avec entrain et classe par deux partenaires de chic et de choc, Jane Russell et Marilyn Monroe, la brune à l'esprit rapide et la blonde faussement stupide, la brune romantique à la répartie bien caustique et la blonde un peu machiavélique aux idées gentiment diaboliques, la brune aussi amoureuse que généreuse et la blonde langoureuse aux mains cajoleuses. En bref, nous avons affaire ici à un véritable bijou de malice et d'humour, qui donne furieusement envie de chanter et de danser, mais qu'il est préférable de voir en version originale car le doublage français (excepté une ou deux voix) a très mal vieilli et est globalement assez moche, surtout dans les passages musicaux (quel massacre d'avoir adapté - si l'on peut dire ! - les chansons dans la langue de Molière, ça dénature totalement l'histoire et ça casse le rythme...). Doubler un film, c'est bien, mais lorsqu'il s'agit d'une comédie musicale, il vaudrait mieux ne pas toucher aux chansons et les traduire par l'entremise de sous-titres... au moins, le spectateur pourrait profiter des voix originales tout en comprenant les paroles... mais c'est encore un autre débat... Quoiqu'il en soit, voyez au plus vite Les hommes préfèrent les blondes si vous ne le connaissez pas encore !

K.H.

Nominations et récompenses obtenues, le détail complet > ICI



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commentaires

J
Symphatique comédie musicale. Howard Hawks plutôt connu pour les westerns a réussi parfaitement dans ce genre. Il est vrai qu'il avait su choisir les interprètes en vogue dans ces années là. Marilyn est toujours aussi pétillante et a peut-être involontairement tendance à effacer Jane Russell. Sans doute sa blondeur, ses moues ...son côté petite fille ingénue et charmeur. <br /> A noter aussi les couleurs chaudes du technicolor qui n'existe plus aujourd'hui.<br /> Un bon film pour passer un agréable moment dans la bonne humeur.