Samedi 18 septembre 2010 6 18 /09 /Sep /2010 11:38

Le récit de la folle escapade d'un adolescent perturbé et fugueur, devenu un arnaqueur de haut vol.

Dans les années 1960, le jeune Frank Abagnale Jr. est passé maître dans l'art de l'escroquerie, allant jusqu'à détourner 2,5 millions de dollars et à figurer sur les listes du FBI comme l'un des dix individus les plus recherchés des États-Unis. Véritable caméléon, Frank revêt des identités aussi diverses que celles de pilote de ligne, de médecin, d'avocat, ou encore de professeur d'université. Carl Hanratty, agent du FBI à l'apparence stricte, fait de la traque de Frank Abagnale Jr. sa mission prioritaire, mais celui-ci demeurera longtemps insaisissable. Pour comprendre comment ce champion de l'escroquerie en est arrivé là, un petit retour en arrière s'impose. Frank a à peine 17 ans quand sa mère décide de divorcer de son père, harcelé par le fisc après une vague histoire de mystérieuses magouilles. Contraint de choisir avec lequel de ses parents il aimerait rester, l'adolescent volage préfère s'enfuir de chez lui. Après une longue et interminable succession de galères, Frank, grâce à d'astucieuses et multiples combines, se fait peu à peu passer pour ce qu'il n'est pas, commençant par s'inventer une carrière de pilote de ligne. Ce n'est que le début d'une vie mouvementée et hors du commun, faite de petits mensonges et de grandes illusions...

Avis:

Les histoires les plus captivantes sont souvent les plus incroyables. Et c'est encore plus vrai si il s'avère que ces histoires parfaitement incroyables sont néanmoins parfaitement authentiques. C'est ainsi que je résumerai ARRÊTE-MOI SI TU PEUX (CATCH ME IF YOU CAN, pour le titre original), film qui permet une nouvelle fois à Steven Spielberg de prouver - si il en est besoin ! - qu'il est un réalisateur touche à tout, s'essayant avec brio (et souvent succès) à tous les genres cinématographiques existants. Avec ARRÊTE-MOI SI TU PEUX, le papa des DENTS DE LA MER et de E.T. L'EXTRATERRESTRE délaisse momentanément le cinéma fantastique qui lui tient tant à cœur pour se concentrer sur un registre plutôt inhabituel dans son œuvre: la comédie. Réalisé en 2002, sorti en France en 2003, ARRÊTE-MOI SI TU PEUX est un subtil mélange de comédie policière et de comédie dramatique, teinté d'une discrète note biographique. Le scénario, inspiré de faits réels survenus aux États-Unis au cours des années 60, narre l'histoire parfaitement incroyable mais néanmoins parfaitement authentique (!) de Frank Abagnale Jr. (qui a d'ailleurs été conseiller sur ce film, en fait adapté de son livre éponyme), un adolescent fugueur devenu en à peine quelques années le roi de l'arnaque et l'homme le plus recherché des USA. À partir donc de ce fait divers véridique ahurissant (quelque peu édulcoré et romancé pour les besoins du film), véritable chassé-croisé, Spielberg nous tient en haleine à travers un captivant jeu du chat et de la souris, plein d'humour et de rebondissements; signant ici un divertissement euphorisant et pétillant, mais non dénué d'amertume et d'émotion, qui lui donne à nouveau l'occasion d'explorer des thèmes qui lui sont chers (l'enfance, la famille, le besoin d'ami...), et se révèle ainsi en même temps être l'un de ses films les plus personnels. Côté casting, le cinéaste a naturellement fait appel aux meilleurs, filmant la première rencontre - explosive ! - à l'écran de deux acteurs de chic et de choc: Leonardo DiCaprio (dont je ne suis habituellement pas fan, mais qui là, m'a littéralement bluffée !), plus charmeur que jamais sous les traits d'un imposteur sympathique et malicieux; et Tom Hanks (pour qui j'ai une certaine admiration, malgré le fait que je ne connaisse pas encore l'ensemble de sa filmographie), toujours égal à lui-même dans la peau d'un agent du FBI plutôt austère et pas franchement rigolo rigolo, mais qui au final, inspire également la sympathie et la bonhomie. Dans les seconds rôles, on retrouvera avec bonheur quelques pointures de renom, comme Christopher Walken et Nathalie Baye (pour ne citer qu'eux), qui forment un bien joli couple. Niveau décors et ambiance, la reconstitution des années sixties est particulièrement réussie et confère à ce film un petit côté rétro des plus savoureux. Quant à la musique - légère et délicieusement jazzy - de John Williams (complice inséparable de Spielberg), elle fait, une fois encore, merveille. À noter enfin le superbe générique de début, qui plonge immédiatement le spectateur en plein cœur du sujet grâce à des dessins évocateurs et un montage judicieux.

Si le rythme faiblit un tout petit peu par endroits, si quelques détails auraient sans doute gagnés à être davantage approfondis, et si l'on peut reprocher au scénario de prendre certaines libertés avec l'histoire originale (ce qui ne gâche toutefois rien !...); ARRÊTE-MOI SI TU PEUX n'en reste pas moins un long-métrage attachant et agréable, qui, pour sa mise en scène enlevée, son interprétation croustillante, et, surtout, son intrigue phénoménale, n'a pas volé ses quatre étoiles. Peut-être pas forcément un chef-d'œuvre, mais assurément un divertissement familial de haute volée, à côté duquel il serait fort dommage de passer, d'autant que tous les ingrédients ont été réunis pour nous faire vivre un excellent moment de suspense et de détente; qui plus est, en aussi charmante compagnie. Alors, pourquoi bouder son plaisir ?...

En photo à gauche: Leonardo DiCaprio et le "vrai" Frank Abagnale Jr.  ¤  En photo à droite: Leonardo DiCaprio, le réalisateur Steven Spielberg et Tom Hanks.



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Samedi 11 septembre 2010 6 11 /09 /Sep /2010 10:15

Une évocation de l'existence tourmentée du peintre Vincent Van Gogh, et le récit de son amitié ambiguë avec Paul Gauguin.

En 1878, le jeune Vincent Van Gogh, fils de pasteur calviniste hollandais, débarque en Belgique où il est chargé d'une mission évangéliste chez les mineurs du Borinage. Bien qu'il apporte aide spirituelle et instruction religieuse à ces derniers, ses supérieurs s'inquiètent de son ardeur et de son dévouement jugés trop intenses. Dégoûté, Van Gogh abandonne alors son sacerdoce et regagne La Haye sur les conseils de son frère Théo, dont il est très proche. C'est là que le jeune homme passionné se lance avec tout autant de passion dans la peinture, et fait la connaissance de Paul Gauguin, qui ne tarde pas à devenir son ami, malgré le fait que les deux hommes ne partagent pas toujours les mêmes idées. Bientôt, Van Gogh s'installe en Provence, où Gauguin le rejoint...

Avis:

Pour avoir lu, il y a de cela quelques années déjà (!), un résumé de la vie du peintre Vincent Van Gogh sous la forme d'une bande dessinée (bande dessinée dans laquelle je me suis d'ailleurs replongée avec un grand intérêt suite au visionnage de ce film), LA VIE PASSIONNÉE DE VINCENT VAN GOGH est un long-métrage que j'ai découvert avec une vive curiosité lors de sa récente rediffusion télévisée sur la chaîne franco-allemande Arte (chaîne d'excellence dont on ne vante pas assez les mérites, hélas). Bien que n'étant pas du tout une fan ou une experte en matière de peinture (peu importe d'ailleurs, car il n'y a pas forcément besoin d'aimer ou de s'y connaître en tableaux et autres toiles de maître pour apprécier cette évocation biographique !), je dois néanmoins dire que LUST FOR LIFE (tel est le titre de ce film dans sa version originale), réalisé par Vincente Minnelli en 1956, est un long-métrage qui m'a beaucoup plu et beaucoup touchée. Très fidèle à la vie du véritable Vincent Van Gogh, LUST FOR LIFE est tout à la fois le portrait bouleversant de l'un des plus grands artistes que le XIXe siècle ait jamais connu, et une réflexion métaphysique sur la création artistique et la valeur symbolique de la peinture. À mesure qu'il retrace respectueusement le destin tourmenté de cet artiste hors du commun, sans rien oublier des grandes étapes de son existence (sa rencontre avec Paul Gauguin, ses échecs sentimentaux, sa correspondance avec son frère Théo dont Van Gogh était - on le sait - très proche...), et sans non plus chercher à faire l'impasse sur la personnalité trouble et ô combien complexe de cet homme amoureux de la vie mais incompris par une société qui semblait ne pas être faite pour lui, ce qui provoqua chez cet écorché vif des souffrances d'une violence indescriptible; le réalisateur s'interroge en parallèle sur le sens caché de la peinture, en posant des questions fondamentales qui ne peuvent laisser le spectateur indifférent: pourquoi Van Gogh (je dis Van Gogh parce qu'ici il s'agit de Van Gogh, mais je pense que ça aurait très bien pu être un autre peintre) éprouvait-il ce besoin vital de peindre ?... Que cherchait-il à montrer à travers la peinture ?... Que voulait-il exprimer à travers la peinture ?... Quel sens avait véritablement pour lui la peinture ?... Autant de questions passionnantes qui sont soulevées au dedans de ce portrait cinématographique d'un peintre, au dedans de ce portrait cinématographique de l'art de la peinture. Tourné dans les lieux mêmes où Van Gogh est passé, LUST FOR LIFE est également une œuvre d'une grande beauté visuelle. Les couleurs, chatoyantes à souhait, constituent un régal sans pareil pour l'œil du spectateur, qui en prend plein les mirettes sans que jamais l'émerveillement ne s'estompe; et le film lui-même semble avoir été construit comme un tableau de maître. À la beauté et la qualité visuelles s'ajoutent en outre la beauté et la qualité sonores... ou plutôt, devrais-je dire, la beauté et la qualité musicales (!). LUST FOR LIFE bénéficie en effet d'une bande son de premier choix, signée du compositeur Miklos Rozsa. Pour finir, je m'arrêterai sur l'interprétation. Entouré d'un casting prestigieux, parfait jusque dans les moindres seconds rôles, Vincente Minnelli met en scène le face-à-face inoubliable de deux monstres sacrés d'Hollywood: Anthony Quinn, furieusement génial sous les traits de Gauguin (ce qui lui permit de remporter l'Oscar du meilleur second rôle, alors qu'il n'apparaît à l'écran qu'une dizaine de minutes !... D'un autre côté, vous me direz, c'est probablement à ça que l'on reconnaît les vrais acteurs, seuls capables de marquer les mémoires malgré un rôle assez court), et Kirk Douglas, impressionnant Van Gogh. Il ne joue pas Van Gogh, il est Van Gogh; réussissant à se glisser dans la peau de son personnage avec une telle puissance, une telle authenticité, une telle profondeur; qu'on en vient presque à se demander si il n'a pas été Van Gogh dans une autre vie (!). Pour sa composition extraordinaire, Kirk Douglas se verra d'ailleurs auréolé d'une nomination à l'Oscar du meilleur acteur, qui malheureusement lui échappa. Une injustice incompréhensible.



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Mardi 7 septembre 2010 2 07 /09 /Sep /2010 18:10

Les créateurs des très populaires films TOY STORY ouvrent à nouveau le coffre à jouets et invitent les spectateurs à retrouver le monde délicieusement magique de Woody et Buzz, au moment où Andy, le petit garçon devenu grand, s'apprête à partir pour l'université. L'histoire attachante de jouets qui veulent vieillir ensemble.

Woody, le cow-boy, Buzz l'Éclair, le ranger de l'espace, et leurs compagnons sont inquiets. Andy, leur propriétaire, a maintenant l'âge de rentrer à l'université. Résultat, les voilà promis à l'oubli et la poussière du grenier. Pire même: ils manquent d'être embarqués par le camion à ordures. Sauvés in extremis, ils échouent finalement dans une crèche, où les accueillent les nombreux jouets de l'endroit. Parmi ceux-ci, Ken et Lotso, un ours rose parfumé à la fraise, qui semble diriger la petite communauté. Malmenés par une horde de bambins déchaînés et destructeurs, Woody et ses amis déchantent vite. Seule solution pour la joyeuse troupe: s'évader de ce lieu effroyable qui, sous ses allures de paradis, cache un véritable enfer. L'aventure ne fait que commencer...

Avis:

Quand vient la fin de l'enfance (fin de l'enfance, fin de l'innocence...), c'est un peu comme si une première vie s'achevait, sans que l'on s'en rende tout à fait compte. La fin de l'enfance marque en fait la fin d'une double première vie: la nôtre et... celle de nos jouets. Lorsque nous grandissons, que deviennent nos copains de peluche, de plastique, de tissu ?... Que deviennent nos chers joujoux, ceux avec qui on a jadis partagé tant d'aventures, de rires, de bons moments ?... Que deviennent nos petits sujets en figurine et nos poupées de porcelaine, premiers héros de notre imaginaire ?... Que deviennent donc ces jouets que l'on a tant chéris, que l'on a parfois martyrisés sans vraiment le vouloir, mais qui nous sont toujours restés attachés ?... Que deviennent donc nos fidèles compagnons de jeux, premiers témoins de nos joies, premiers confidents de nos chagrins, premiers amis virtuels (si l'on peut dire !) de notre vie réelle; tout cela bien avant que les Facebook, MSN et autres forums prennent place dans notre quotidien ?...... Et encore... que sont devenus ces jouets que l'on a malencontreusement perdus au gré d'une promenade ?... Que sont devenus ces jouets dont on s'est un jour (à regret ?) séparés ?... Que sont devenus ces jouets qui nous ont tant fait rêvé ?......... Toutes ces questions - simples mais ô combien passionnantes - forment l'essence même de l'intrigue de TOY STORY 3, réalisé par Lee Unkrich, suite (et fin ?) logique de TOY STORY (1996) et TOY STORY 2 (2000), classiques du cinéma d'animation estampillés Pixar. Puisant son inspiration dans le commencement de la vie d'adulte et de la fin - inévitable - de l'enfance, le scénario de TOY STORY 3 en explore une fois encore toutes les facettes (bonnes comme mauvaises), toutes les énigmes, tous les paradoxes; réussissant à nous tenir en haleine et à nous faire vibrer avec une histoire bien plus riche et bien plus complexe qu'elle n'en a l'air. De fait, ce troisième opus de la saga TOY STORY - le meilleur, assurément - résonne comme étant celui de la sagesse et de la maturité. De la noirceur aussi. Mais surtout, de l'émotion. Tout à la fois tendre réflexion sur la nostalgie et la mélancolie du temps qui passe, et hymne fulgurant à l'amitié et à la solidarité, TOY STORY 3 effleure des degrés d'émotion rarement atteints dans un dessin animé, ce qui relève véritablement du miracle. L'émotion touchant à son paroxysme lors de la magnifique et renversante séquence finale, poignante, intense, déchirante, mais néanmoins lumineuse. Un adieu bouleversant à l'enfance et une fin en forme d'apothéose pour ce qui est unanimement considéré - à juste titre - comme l'une des plus belles sagas du cinéma d'animation et, tout simplement, du 7e Art en lui-même. Mais si c'est bel et bien l'émotion qui domine dans TOY STORY 3, les magiciens de Pixar n'ont cependant pas oublié d'y insuffler l'humour, l'action, le suspense, la dérision et l'inventivité si caractéristiques de leurs productions. Cet épisode est également marqué par l'arrivée de nombreux nouveaux personnages, hauts en couleur, et qui n'ont absolument rien à envier aux anciens (!). Du côté de l'animation (spécialement conçue pour la 3D, je n'ai personnellement pas eu la chance de le voir sous cette forme), ce n'est évidemment pas une surprise, elle est parfaite, accentuant encore davantage la proximité avec les différents protagonistes, dont les visages demeurent inouïs d'expressivité et de réalisme. L'ensemble étant en outre sublimé par une harmonieuse bande originale et un doublage français des plus croustillants. Cerise sur le gâteau, TOY STORY 3 est précédé d'un court-métrage (JOUR NUIT) rafraîchissant d'ingéniosité et de poésie, savoureuse mise en bouche dans la plus pure tradition Pixar.

Les lumières se rallument. Le film est terminé. Tout en scrutant (plus ou moins distraitement...) d'un œil brillant et quasiment absent (parce qu'encore très remué par le somptueux spectacle cinématographique qui vient de lui être donné...) l'écran où défile le générique de fin (superbe générique au passage, bourré de tendresse et de fantaisie), je sors machinalement un mouchoir de ma poche et sèche (plus ou moins discrètement...) mes yeux encore humides. L'émotion retombe doucement, lentement, timidement, sans pour autant disparaître totalement. Car dans l'air flotte encore ce drôle de parfum. Celui, enivrant, du vieux coffre à jouets, qui depuis le grenier où il a été rangé et oublié voici tant d'années, semble nous appeler pour nous inviter à goûter - ne serait-ce qu'un instant - à la joie et à la magie de l'enfance retrouvée. Un instant seulement pour déguster le bonheur et l'émerveillement de l'innocence enfantine ressuscitée. Nostalgie, quand tu nous tiens...



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Samedi 28 août 2010 6 28 /08 /Août /2010 12:43

Une nouvelle évocation de la vie et des aventures de Peter Pan, cet enfant qui n'a jamais grandi, face à son ennemi juré, le terrible capitaine Crochet. Le monument de la littérature enfantine pour la première fois filmé en prises de vues réelles. Une histoire universelle et intemporelle !

Chaque soir, Wendy Darling émerveille ses deux jeunes frères, John et Michael, avec ses fantastiques récits épiques; jusqu'au jour où son père décrète qu'elle est désormais trop grande pour partager leur chambre. Ce que les adultes ignorent, c'est qu'un autre garçon, Peter Pan, se passionne lui aussi pour les histoires de Wendy. Il vient de loin pour les écouter, et sa soudaine apparition va bientôt marquer le début d'aventures aussi fabuleuses qu'exaltantes. À travers le ciel étoilé, Peter, les enfants Darling et la minuscule fée Clochette prennent le chemin d'un endroit où le rêve est roi: le Pays Imaginaire. Là-bas, Wendy et ses frères découvrent les Garçons Perdus et leur repaire souterrain. Mais en ce lieu aussi fascinant que troublant, le danger rôde continuellement, et l'infâme capitaine Crochet, chef des pirates, est prêt à tout pour remporter le combat qui, depuis longtemps, l'oppose à Peter. Lequel lui a déjà tranché une main dont s'est régalé un crocodile qui, depuis, poursuit obstinément le capitaine dans l'espoir de le dévorer tout entier...

Avis:

All children grow up except one (Tous les enfants grandissent sauf un, pour la traduction française). C'est au travers de cette phrase clé - ô combien lourde de symbole - inscrite sur un magnifique fond couleur bleu nuit que s'ouvre ce film réalisé en 2003 (sorti en France en 2004) par le cinéaste australien P.J. Hogan, et que débute l'histoire extraordinaire de cet enfant pas tout à fait ordinaire, né sous la plume de l'écrivain J.M. Barrie voilà 100 ans. L'histoire d'un enfant venu d'un pays merveilleux, dans lequel il vivait de fabuleuses aventures en compagnie de fées, de sirènes, de pirates, d'indiens, de garçons que l'on disait perdus... Cet enfant aura même donné son nom à un célèbre syndrome, le syndrome de... de... ?... Bah, de Peter Pan, tout simplement. Évidemment. Ou le syndrome des enfants qui ne veulent pas grandir. L'histoire de Peter Pan fait partie de ces contes légendaires devenus des classiques de la littérature jeunesse, et dont la popularité n'a cessé de s'accroître au fil du temps, en grande partie grâce au cinéma qui s'est toujours délecté à transposer ce type de récit sur le grand écran. On se souvient notamment de l'adaptation en dessin animé des studios Disney, datant de 1953; et de la version plus personnelle de Steven Spielberg, en 1991. Mais il a fallu attendre 2003 et ce film de P.J. Hogan pour enfin voir apparaître devant nos yeux de spectateurs désireux de retourner en enfance une adaptation de Peter Pan digne de ce nom. Très respectueux vis-à-vis de l'œuvre de Barrie, Hogan en livre une vision moderne et globalement très fidèle, signant ici un long-métrage ambitieux et emballant, qui allie harmonieusement grand spectacle, innocence et invitation au rêve; sans pour autant perdre de vue la mélancolie et la cruauté douce-amère qui se dégagent de ce conte plus sombre et plus complexe qu'il n'y paraît. Avec des effets spéciaux de haute envergure qui - chose de plus en plus rarissime dans les productions récentes - se mettent pleinement au service du scénario, des décors époustouflants et une musique aérienne de James Newton Howard, Hogan donne vie au mythe de Peter Pan et le sublime par l'utilisation judicieuse de métaphores aussi intelligentes que touchantes. C'est d'ailleurs ce qui fait la richesse et la magnificence du récit (et de ce film), c'est que l'histoire de Peter Pan, constamment, tourne autour des métaphores et en joue, en tire astucieusement partie, à l'instar de cette intrigue - infiniment jolie et poétique - du dé à coudre et du baiser caché, point de départ de cette formidable épopée; où l'humour, l'action et le romanesque le disputent au romantisme naïf et à l'émotion épurée. Les séquences intimistes - telle cette féerique (c'est le cas de le dire !) danse de Peter et Wendy, véritable instant de grâce - succèdent aux multiples bagarres et aux savoureuses joutes verbales dont l'affrontement Peter/Crochet regorge en nombre. L'interprétation n'est pas en reste non plus. Face à un Jason Isaacs impressionnant de charisme dans le double rôle du capitaine Crochet et de Mr Darling (comme le veut la tradition, c'est le même acteur qui endosse à la fois le costume du célèbre pirate et l'habit du maladroit père de famille), le blondinet Jeremy Sumpter affirme sa spontanéité, sa jeunesse et sa vitalité, campant avec aisance et enthousiasme un Peter Pan plus vrai que nature (un Peter Pan qui, en outre, n'avait jamais été aussi joli garçon... mais je m'égare !); aux côtés d'une Rachel Hurd-Wood toute en retenue et en sensibilité dans le rôle de la douce Wendy; tandis que la française Ludivine Sagnier incarne avec drôlerie une fée Clochette terriblement jalouse et espiègle. Les acteurs secondaires, depuis les enfants jusqu'aux adultes, sont convaincants; et le fait d'avoir ajouté une voix off pour narrer le récit constitue une idée particulièrement brillante, qui accentue encore davantage le charme délicat et délicieusement naïf de l'ensemble.

Ah, si seulement toutes les adaptations cinématographiques d'œuvres littéraires pouvaient être aussi fidèles et, surtout, plus compliqué encore, aussi réussies... Après avoir vu un film pareil, il est bien difficile de remettre les pieds sur terre sans avoir encore une once de poussière de fée au fond du regard. Et comment, surtout, après avoir vu un tel film, comment ne pas ressentir l'envie irrésistible d'aller se coucher en laissant volontairement - et par tous les temps ! - la fenêtre de sa chambre ouverte, dans l'espoir secret qu'un beau et mystérieux garçon vienne et nous emmène avec lui sur le chemin - deuxième étoile à droite et tout droit jusqu'au matin ! - du Pays Imaginaire, où il nous entraînera vers d'extravagantes et inoubliables aventures, tout en nous apprenant à voler de nos propres ailes ?...



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Jeudi 22 juillet 2010 4 22 /07 /Juil /2010 15:28

ATTENTION, RISQUE DE SPOILERS !

TWILIGHT - CHAPITRE 3: HÉSITATION (Eclipse)

Film américain

Date de sortie: 7 juillet 2010

Genre: Fantastique  Durée: 2h04  Tous publics

Conseil personnel: Pour adolescents et adultes.

Couleur

Site officiel

Seattle est le théâtre d'une série de morts inexpliquées, qui laissent présager l'intervention des impitoyables Volturi, chargés de faire régner l'ordre parmi les vampires. Lesquels pourraient découvrir qu'Edward et sa famille n'ont toujours pas accompli leur promesse: faire de leur jeune protégée, Bella, l'une des leurs. Mais une autre menace pèse sur cette dernière: en effet, Victoria, qui a juré la perte de Bella, rôde dans les parages. Edward, le vampire, et Jacob, le loup-garou, vont devoir oublier leurs rivalités pour sauver celle qu'ils aiment...

  

LA CHRONIQUE DE KLEINHASE:

Jamais deux sans trois. Après << Fascination >> et << Tentation >>, les deux premiers chapitres de la saga Twilight (respectivement sortis en salles en janvier et novembre 2009), inspirés du phénomène littéraire éponyme de Stephenie Meyer, Hésitation débarque sur les écrans. Après Catherine Hardwicke et Chris Weitz, c'est à présent au cinéaste David Slade, spécialiste de l'horreur (on lui doit le film << 30 jours de nuit >>), que la réalisation de ce troisième volet a été confiée.

À part ça, quoi de neuf dans l'univers de Twilight ?... Et bien, tout d'abord, bonne nouvelle pour ceux qui avaient trouvé le deuxième film un peu lent et long (une lenteur/longueur qui était voulue par le scénario, il faut tout de même le rappeler), ce dernier est nettement plus rythmé et plus palpitant que son prédécesseur; même si les éternels insatisfaits reprocheront sans doute à l'intrigue amoureuse de tarder à décoller et de tourner un peu en rond (c'est pas faux, mais bon, d'un autre côté... c'est l'histoire qui veut ça !). Et encore d'un autre côté, n'oublions pas non plus que la saga Twilight se destine d'abord aux adolescent(e)s, il est donc normal que les spectateurs un peu plus âgés y voient d'interminables longueurs... mais il faut faire durer le plaisir, ai-je envie de dire !...

Si le couple Kristen Stewart/Robert Pattinson est toujours aussi sensuel et complémentaire, leur performance de comédiens n'a en revanche pas beaucoup évolué depuis les deux premiers films, et leur jeu quelque peu monotone se révèle - à la longue - assez lassant (sans parler de leur jeu de visages, qui manquent vraiment d'expressions, se résumant presque toujours à la même mine patibulaire et triste).

En revanche, on notera l'excellente prestation du ténébreux Taylor Lautner (alias Jacob, le loup-garou), qui se révèle particulièrement émouvant en amoureux malheureux et torturé, souffrant de voir sa Bella lui préférer un vampire au regard de braise. Face à ce charmant trio, les seconds rôles défilent et se renvoient la réplique de manière assez convaincante dans l'ensemble (bon point notamment pour l'acteur Xavier Samuel, qui incarne avec charisme un vampire impassible mais naïf, pris au piège de l'amour).

N'ayant toujours pas lu les différents tomes de la saga, je ne sais donc pas si l'histoire est fidèle au livre dont elle s'inspire, mais je peux néanmoins affirmer que le scénario (hormis l'intrigue amoureuse qui est longue à démarrer, mais surtout, à se terminer...) est plutôt prenant et très intéressant dans la mesure où il permet d'en apprendre un peu plus sur quelques-uns des personnages et sur leur passé.

Si elle n'évite pas toujours les maladresses et les clichés, la mise en scène possède un style plutôt bien foutu, qui jongle habilement entre l'action, le romantisme et l'humour savamment dosé. On notera également une nette amélioration du côté des effets spéciaux, plus crédibles que dans les deux précédents films, même si des défauts persistent encore de-ci de-là. Mention aussi pour la photographie et la lumière, esthétiquement très soignées et visuellement superbes. À noter enfin la beauté des décors et de la musique, qui accroche dès les premières notes.

  

EN GUISE DE CONCLUSION:

Sans toutefois atteindre le charme naïf que possédait le premier long-métrage de la saga (qui, dans mon souvenir, reste à ce jour le meilleur), Hésitation n'en reste pas moins un divertissement de bonne facture, qui malgré ses imperfections, devrait sans problème ensorceler tou(te)s les mordu(e)s du genre. À suivre donc...

K.H.

À LIRE AUSSI SUR LE BLOG, DANS LA MÊME SAGA:

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