Samedi 6 novembre 2010 6 06 /11 /Nov /2010 10:09

Le film suit Soren, une jeune chouette mâle fascinée par les histoires épiques que lui racontait son père sur les Gardiens de Ga'Hoole, une bande de mythiques guerriers ailés qui avait mené une grande bataille pour sauver la communauté des chouettes des Sangs Purs.

L'enfance de la chouette Soren est bercée par les récits épiques que son père lui conte à la tombée de la nuit. En dépit de son jeune âge, le vaillant oiseau rêve déjà de se joindre à ses héros favoris, les Gardiens de Ga'Hoole, ces guerriers ailés qui sauvèrent le Royaume des Chouettes de l'emprise maléfique des Sangs Purs. Kludd, son frère aîné, se moque de Soren et n'aspire pour sa part qu'à chasser, voler, s'attirer les bonnes grâces de son père et ainsi évincer son cadet. Sa jalousie aura des conséquences dramatiques: un jour, les deux frères tombent de leur arbre, faute de savoir suffisamment voler, et sont kidnappés par les Sangs Purs. Soren va alors révéler toute l'étendue de sa bravoure en s'évadant en compagnie de Gylfie, une jeune chouette femelle. C'est le début d'une grande et merveilleuse - mais aussi dangereuse - aventure à travers les mers, à la recherche des légendaires Gardiens de Ga'Hoole...

Avis:

Ma découverte hasardeuse, il y a quelques mois, de la bande-annonce qui vous est présentée en bas de page (bande-annonce ô combien superbe, qui m'aura personnellement donné des frissons dans le dos... c'est dire !) explique en grande partie la curiosité et l'envie qui m'ont poussée à aller voir LE ROYAUME DE GA'HOOLE LA LÉGENDE DES GARDIENS (LEGEND OF THE GUARDIANS THE OWLS OF GA'HOOLE, pour le titre original), en salles depuis quelques jours. Signé Zack Snyder (le réalisateur de 300, entre autres), ce film d'animation spécialement conçu pour la 3D (je n'ai pas eu la chance de le voir sous cette forme, malheureusement... la poisse des vieux cinoches de quartier !) s'inspire d'une série de livres pour enfants, œuvre de l'écrivaine Kathryn Lasky. Il me paraît toutefois important de préciser que ce film - malgré le fait que ce soit un dessin animé et contrairement à ce que peut laisser penser la bande-annonce, justement - ne s'adresse pas vraiment (à mon humble avis...) aux enfants (lesquels pourraient être impressionnés, voire effrayés pour les plus jeunes, par sa surprenante - mais néanmoins bienvenue - noirceur), mais plutôt aux adolescents, pré-adultes et même adultes tout court (!). LE ROYAUME DE GA'HOOLE se situe à mi-chemin entre le traditionnel conte initiatique d'apprentissage, où le héros découvre le monde et les autres autant qu'il se découvre lui-même, et le récit - plus sombre - d'héroïc fantasy, où la noirceur est sublimée et sert l'histoire autant que l'histoire la sert. Concernant l'histoire d'ailleurs, elle se révèle passionnante et particulièrement palpitante (malgré certains détails parfois confus, quelques petites longueurs de-ci de-là et une fin trop rapidement expédiée à mon goût mais qui semble appeler à une suite), même si on peut lui reprocher un léger manque d'originalité; puisqu'il est encore une fois question ici de l'éternelle et interminable lutte entre le bien et le mal, doublée d'un message sur le courage, l'honneur, la confiance en soi, la fraternité, la foi, l'importance du rêve, et, surtout, le dépassement de soi. Une histoire plutôt classique en somme, mais qui est racontée avec un savoir-faire indéniable et bénéficie en outre d'une réalisation fougueuse et virtuose; nous transportant ainsi dans un univers merveilleux et magique, où les mythes et les légendes perdurent à travers les siècles. En fait, le véritable tour de force opéré par LE ROYAUME DE GA'HOOLE réside dans son animation, saisissante de réalisme et d'une beauté à couper le souffle. Jamais encore un film d'animation n'était allé aussi loin dans le soin - littéralement scrupuleux - apporté aux dessins, inouïs de détails et d'une richesse visuelle pour le moins éblouissante. Si les décors sont féeriques, ce sont surtout tous les personnages d'oiseaux qui marquent l'œil du spectateur, toutes les différentes espèces de chouettes et de hiboux étant ici admirablement représentées, avec une précision véritablement exceptionnelle; ce qui est assez rare pour être souligné. Qui dit oiseaux dit forcément vols d'oiseaux, et LE ROYAUME DE GA'HOOLE a parfaitement su tirer profit de cela, nous offrant de prodigieuses et spectaculaires séquences de ballets et de combats aériens, où les rapaces sont amenés à survoler de majestueux paysages, de façon plus vraie que nature. Les nombreux ralentis, marque de fabrique de Zack Snyder (!), pourront peut-être en agacer certains mais force est de reconnaître qu'ils sont globalement très réussis et donnent l'occasion de contempler pleinement, dans toute sa splendeur et sa grandeur, le formidable travail effectué sur l'animation; tout en permettant également au réalisateur d'apposer et de personnaliser au maximum son empreinte. Un bémol, en revanche: les scènes de combats sont tellement rapides que l'on finit un peu par s'y perdre, ne sachant plus trop qui se bat contre qui. Mais ce n'est heureusement qu'un détail, d'autant que deux scènes que l'on croirait touchées par la grâce émergent de ce film et déchirent tout sur leur passage: la scène sous la pluie, juste sublime, sans aucun doute la plus belle séquence jamais créée dans un dessin animé; et celle où Soren traverse le feu, monumentale et épique à souhait. Ajoutons à tout cela un doublage plutôt convaincant, une musique au top et un amusant court-métrage faisant office de savoureuse mise en bouche, et l'on obtient ce chouette (jeu de mots facile, je sais !...) dessin animé. Un dessin animé qui, en tout cas, a le mérite d'avoir de la gueule... ou plutôt, devrai-je dire, du bec (!).

Si l'on pourra regretter un humour parfois trop enfantin (notamment au début), une action qui s'enchaîne quelquefois tellement rapidement que l'on a par moments l'impression qu'il n'y a pas vraiment de fil conducteur, et une introduction un peu laborieuse, LE ROYAUME DE GA'HOOLE prend peu à peu son envol et atteint dès lors des sommets inattendus, comblant nos attentes au-delà de toute espérance; la quintessence quasi miraculeuse de l'animation faisant très vite oublier les légères maladresses de l'ensemble. Plus de doute possible, LE ROYAUME DE GA'HOOLE s'impose donc, incontestablement, comme l'un des films d'animation les plus audacieux et les plus aboutis de cette année 2010. Bref, voici une œuvre qui vole haut dans le ciel cinématographique. Très haut. À quand la suite ?...



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Samedi 23 octobre 2010 6 23 /10 /Oct /2010 15:44

Désormais infiltré parmi les hommes, Maltazard le Maudit entend former une armée de séides (le nom de ses sbires) géants pour dominer la Terre. C'est sans compter sur Arthur - qui va devoir retrouver sa taille humaine pour faire des étincelles -, Sélénia et Bétamèche. Quand Maltazard attaque, les Minimoys contre-attaquent !...

Maltazard, qui mesure à présent plus de deux mètres, a réussi à se hisser parmi les hommes. Son but est clair: former une armée de séides géants pour imposer son règne à l'univers. Seul Arthur semble en mesure de pouvoir le contrer... à condition qu'il parvienne à rentrer chez lui et à regagner sa chambre, afin de reprendre sa taille habituelle, ceci grâce à l'élixir magique de son grand-père Archibald ! Bloqué à l'état de Minimoy, Arthur peut évidemment compter sur l'aide précieuse de Sélénia et de son petit frère, Bétamèche, mais aussi - surprise ! - sur le soutien de Darkos, le propre fils de Maltazard, qui semble vouloir changer de camp. À pied, en vélo, en voiture et en Harley Davidson, la petite troupe est prête à tout pour mener le combat final contre Maltazard. Allumez le feu !...

Avis:

Ayant manqué le début (j'ai dû rater environ une bonne demi-heure, peut-être moins, peut-être plus, je ne saurai trop dire au juste !...) du premier film ARTHUR ET LES MINIMOYS (2006), lors de sa première diffusion télévisée sur TF1, il y a près d'un an (si j'ai raté le début, c'est tout simplement pour la bonne raison que ce film ne m'attirait pas, aussi n'en ai-je vu que la moitié et ai aussitôt regretté de ne pas l'avoir regardé dans son entier... car, à ma grande surprise, le peu que j'en ai vu m'a plu !... Drôle de paradoxe chez moi, les films qui ne m'attirent pas sont ceux qui, curieusement, me plaisent... ou qui, du moins, ont des chances de me plaire !...); et n'ayant pas du tout vu le second (bah oui, j'avais raté le début du premier, alors pourquoi serai-je allée voir le deuxième, je vous le demande !... Même si ce ne sont pas l'envie et la curiosité qui me manquaient, néanmoins !...) épisode ARTHUR ET LA VENGEANCE DE MALTAZARD (qui, d'après les critiques, n'est pas terrible, comparé au premier... je ne me permettrai pas de juger, puisque je ne l'ai pas vu, tout du moins pas encore !...), sorti en salles en décembre 2009; je n'avais donc - à priori - aucune raison d'aller voir le troisième et dernier opus, ARTHUR 3 LA GUERRE DES DEUX MONDES, à l'affiche depuis quelques jours. Aucune raison, si ce n'est qu'entre-temps (en février dernier, pour être exacte !), la curiosité m'a poussée à lire l'intégralité de la saga. Et oui, parce qu'il ne faut pas oublier que, ARTHUR ET LES MINIMOYS, avant de devenir une saga cinématographique à succès, c'est d'abord une saga littéraire à succès, née de l'imagination de Luc Besson (lequel a également signé la réalisation des trois films... logique !), et découpée en quatre tomes, le premier et le deuxième tome ayant été condensés dans le premier film, le troisième tome dans le second film et le quatrième tome dans le troisième film... ça va, vous me suivez ?... Donc, disai-je (!), j'ai lu l'intégralité de cette saga, et ceci avec un plaisir sans pareil, qui m'a immédiatement fait retomber en enfance. Et c'est ainsi, en ayant encore en mémoire le souvenir de cette lecture si agréable et si rafraîchissante, que je me suis finalement décidée - après moult hésitation ! - à aller voir, sur grand écran, ce chapitre final, ARTHUR 3 LA GUERRE DES DEUX MONDES, inspiré du livre éponyme. Tout d'abord, la première chose qui saute tout de suite aux yeux en découvrant ce long-métrage, c'est qu'il fait preuve d'une très grande fidélité scénaristique, le gros du bouquin et de son intrigue ayant été respectés à la lettre, jusque dans les moindres dialogues; et ce malgré le fait que quelques détails aient été éludés (normal, c'est impossible de mettre tout un livre dans un film de 90 minutes !). Bref, niveau scénario, rien à redire, l'adaptation - d'un point de vue global - est plus que fidèle au livre (peut-être même trop fidèle, certaines séquences supportant plus ou moins bien la transposition sur un grand écran... je pense notamment à ce gag de la fourmi géante, hilarant dans le bouquin, mais beaucoup moins amusant dans le film... les plus jeunes spectateurs ne devraient toutefois avoir aucun mal à se prendre au jeu, tant les trucages sont, par ailleurs, remarquablement bien faits). Débordante d'énergie et d'efficacité, la mise en scène multiplie les morceaux de bravoure (parmi les scènes les plus impressionnantes, on retiendra notamment en mémoire cette incroyable course-poursuite/bagarre dans le train électrique, ainsi que l'attaque des moustiques géants sur la ville) et enchaîne les rebondissements sans laisser le moindre répit aux héros (et au spectateur !), à tel point qu'on a parfois l'impression que les séquences se succèdent sans qu'il y ait de véritable fil conducteur. Par ailleurs, la mise en scène alterne habilement animation et prises de vues réelles, avec un réalisme pour le moins frappant. En parlant de l'animation justement, il faut reconnaître qu'elle est une vraie mine d'or pour les yeux du spectateur, alliant à la fois perfection technique, sens inné du détail et, par dessus tout, magnificence visuelle (ah, cette scène de la ruche... rien que pour cette scène, ARTHUR 3 vaut d'être vu sur grand écran !...). Le doublage - pour ce qui est de l'animation - est en outre de qualité, entre Mylène Farmer pour la voix de la princesse Sélénia (une voix qui colle parfaitement à ce personnage, même si on peut parfois reprocher à Farmer de réciter un peu son texte...), Gérard Darmon pour Maltazard ou encore Marc Lavoine pour Darkos (meilleure voix, avec ses zozotements plutôt touchants). L'interprétation s'avère assez convaincante dans l'ensemble, même si, là encore, on peut parfois reprocher un certain manque de naturel dans le jeu de quelques acteurs (la faute aussi à un doublage très inégal, il faut bien le dire...). Heureusement, Freddie Highmore, qui prête pour la troisième fois consécutive ses traits au personnage d'Arthur, tire brillamment son épingle du jeu. La musique d'Eric Serra, quant à elle, ne manque pas de peps et encore moins de rythme.

Si quelques maladresses et faiblesses perdurent ici et là, et si on peut regretter une fin un peu trop rapide (pour ne pas dire brusque); ARTHUR 3 n'en reste pas moins, malgré tout, un divertissement honorable et attachant, qui se déguste avec un réel plaisir. À noter d'ailleurs que si ce troisième opus marque la fin (?) sur grand écran des aventures d'Arthur et ses comparses, le jeune héros devrait toutefois avoir encore de beaux jours devant lui, le récit de ses exploits faisant bientôt l'objet d'une adaptation en dessin animé, destinée à la télévision... à voir (en principe) en 2012, sur France 3. En attendant, cette GUERRE DES DEUX MONDES devrait aisément faire le bonheur des petits... et des grands enfants (!). Quant aux anti-Arthur et autres anti-Besson, qu'ils passent leur chemin, au lieu de s'évertuer stupidement et inutilement à cracher sur un film avant même de l'avoir vu...



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Mercredi 6 octobre 2010 3 06 /10 /Oct /2010 09:50

Dans le Chicago des années 30, un agent fédéral forme une équipe de flics intègres pour mettre hors d'état de nuire l'organisation du gangster Al Capone.

Années 30, à Chicago. À l'apogée de sa puissance, Al Capone fait régner la terreur et la corruption sur la ville. Racket, contrebande d'alcool, prostitution, jeux; rien n'échappe à son contrôle. Eliot Ness, un jeune agent fédéral fraîchement débarqué dans la métropole de l'Illinois, s'est pourtant mis en tête de saper son empire. Mais sa première descente dans un entrepôt suspect est un fiasco, et il devient aussitôt la risée de ses collègues et de la presse. Pour Ness, il est à présent clair que bon nombre de policiers et de magistrats sont à la solde de Capone. Il décide alors de rassembler autour de lui une équipe d'agents incorruptibles, et recrute ainsi le chevronné Jim Malone, le jeune George Stone, tireur d'élite, ainsi qu'Oscar Wallace, pour ses compétences en matière de comptabilité...

Avis:

Nous avons tous, au moins une fois dans notre vie, entendu parler (à défaut d'avoir vu, pour les plus jeunes spectateurs... dont je fais moi-même partie !) de la célèbre série télévisée américaine LES INCORRUPTIBLES (avec Robert Stack dans le rôle principal), retraçant la lutte - véridique - de flics intègres contre l'organisation du gangster Al Capone, et qui fit les beaux jours du petit écran pendant quatre ans, de 1959 à 1963. En 1987, le réalisateur Brian De Palma - alors auréolé du fulgurant succès de SCARFACE, son film précédent - eut la brillante idée de tirer une adaptation cinématographique de cette série, qui était elle-même basée (rappelons-le) sur l'ouvrage biographique éponyme écrit en 1957 par Eliot Ness en personne (lequel mourut peu avant sa publication). Brillante idée, car son film - également (et logiquement !) intitulé LES INCORRUPTIBLES, THE UNTOUCHABLES pour la V.O. - allait vite devenir l'un des plus gros succès de l'année 87 et s'imposer, en même temps, comme une référence majeure du polar et un classique incontournable du cinéma des années 80 (période ô combien prolifique pour le 7e Art !). Vingt-trois ans plus tard, force est de constater que LES INCORRUPTIBLES n'a pas pris la moindre ride et aurait même plutôt tendance à faire partie de ces films dits intemporels, qui ne vieillissent pas mais au contraire, se bonifient encore et encore à mesure que le temps passe. Comme un bon vin, en somme (seule différence, c'est que ce vin-là peut se consommer sans modération !). Si le scénario est bien sûr toujours identique à celui de la série, Brian De Palma s'en éloigne toutefois nettement, conférant à ses INCORRUPTIBLES un ton très personnel, très enlevé, très rétro. Un ton qui se rapproche finalement beaucoup de celui d'un bon vieux film noir des années 30. Un ton qui se révèle aussi très violent, très spectaculaire, et donc très efficace. Explosive comme un bâton de dynamite, la mise en scène du cinéaste multiplie les morceaux de bravoure et les séquences d'anthologie (à l'image de cette inoubliable scène du landau, clin d'œil direct et virtuose au film LE CUIRASSÉ POTEMKINE), ménageant un suspense croissant et littéralement insoutenable; le tout dans une ambiance particulièrement sombre, teintée de nostalgie et d'amertume. Autre tour de force opéré par De Palma: il a su insufflé au récit un humour souvent bienvenu, et une touche subtile d'émotion (comment ne pas avoir la gorge nouée devant les morts de Wallace et, surtout, de Malone ?...). En outre, on ne peut que saluer le travail monumental qui a été effectué du côté des décors, absolument superbes et nous offrant une plongée plus vraie que nature dans le Chicago des années 30; ainsi que la musique du maestro Ennio Morricone, comme d'habitude magnifique, mêlant habilement action et gravité sur des notes propres au compositeur italien. Mais la réussite des INCORRUPTIBLES réside aussi dans son casting exceptionnel, Brian De Palma ayant réuni pour nous un fabuleux parterre d'acteurs, nous gratifiant ainsi d'une affiche de rêve. Un casting doré en premier lieu duquel se distingue Kevin Costner, charismatique Eliot Ness, que ce rôle devait alors propulser vers la gloire. Autour de lui brillent quatre autres comédiens, tous parfaits dans leurs rôles respectifs: Sean Connery (qui remporta l'Oscar du meilleur second rôle grâce à sa prestation, impériale et flegmatique à souhait), Andy Garcia (qui se fit remarquer trois ans plus tard en endossant le costume d'un truand, pour les besoins du PARRAIN 3), Charles Martin Smith et Robert De Niro, impressionnant Al Capone, qui se fit grossir de près de 12kg pour ressembler le plus possible au mythique truand... le moins que l'on puisse dire, c'est que la transformation est sidérante de réalisme !... L'excellence des seconds rôles ne fait qu'ajouter au plaisir.

Interprétation au sommet, rebondissements en cascade, réalisation magistrale, rythme soutenu, reconstitutions criantes de vérité, bande originale de légende: tous les ingrédients ont été réunis pour faire de ces INCORRUPTIBLES un must absolu du film policier moderne et une somptueuse saga à la gloire d'Eliot Ness et des siens; doublée d'une réflexion passionnante sur la corruption, la violence et la justice. Un bémol, cependant: dommage que dans la version française, Kevin Costner soit affublé d'une voix horrible, qui dénature complètement son jeu et gâche quelque peu le plaisir du spectateur. C'est d'autant plus frustrant et rageant que le doublage est, par ailleurs, de qualité...



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Jeudi 30 septembre 2010 4 30 /09 /Sep /2010 09:20

Voici 40 ans, le 23 septembre 1970, Bourvil tirait sa révérence, à l'âge de seulement 53 ans. C'est l'occasion idéale pour rendre un petit hommage à cet immense artiste trop tôt disparu, qui fut longtemps abonné aux rôles de simplets naïfs et maladroits (à l'instar de Fernandel, son idole et modèle... Bourvil, au début de sa carrière, se fera d'ailleurs appeler Andrel, en clin d'œil à celui qu'il admirait tant et qui devait plus tard lui donner la réplique dans une fameuse CUISINE AU BEURRE...), avant que son véritable talent d'acteur dramatique n'éclate au grand jour et ne le propulse définitivement dans la cour des grands. Portrait d'un comédien attachant au rire tendre, qui savait mieux que personne manier l'humour et l'émotion, et pouvait, en un instant, faire passer le spectateur du rire aux larmes et des larmes au rire.

 Avec Jean Gabin dans La Traversée de Paris (1956)

Né le 27 juillet 1917 à Prétot-Vicquemare, en Seine-Maritime, Bourvil (de son vrai nom André Robert Raimbourg) ne connaîtra jamais son père, tué durant la Grande Guerre. Il passe néanmoins une enfance heureuse auprès de sa mère et du nouveau mari de celle-ci, dans le village de Bourville, en Haute-Normandie, qui lui inspira plus tard son célèbre pseudonyme. À l'école, Bourvil est bon élève, et ses parents espèrent qu'il sera professeur. Mais le garçon montre très tôt un vif intérêt pour le monde du spectacle, et rêve déjà, à 13 ans, de devenir une vedette. D'abord apprenti dans une boulangerie, il s'achète un accordéon avec ses économies et court les fêtes de villages pour se faire la main. En 1937, il s'engage dans l'armée pour deux ans de service militaire et devient cornettiste dans la fanfare du 24e régiment d'infanterie, à Paris. C'est durant cette période que Bourvil va peaufiner son personnage de Français moyen, un peu benêt sur les bords, mais toujours d'une générosité et d'une honnêteté extrêmes.

 Avec Pierrette Bruno dans Le Capitan (1960)

Une fois son service militaire achevé, Bourvil est résolu à tenter sa chance. Avec son épouse (qui lui donnera deux fils), il s'installe à Vincennes dans un minuscule appartement, et essaye de débuter une carrière musicale, en commençant par se produire dans des radio-crochets. Il enchaîne ensuite avec des numéros de comique-paysan, avant que la chanson Les Crayons ne le lance véritablement au music-hall, en 1945, et lui offre également la chance de faire ses premiers pas de comédien, dans des films alors très mineurs (comme POISSON D'AVRIL, par exemple) mais qui lui permettent néanmoins de se faire remarquer et de côtoyer de futures stars; à l'image de Brigitte Bardot, qui lui donne la réplique dans LE TROU NORMAND.

 Avec Peter Lawford dans Le jour le plus long (1962)

Mais Bourvil devra attendre 11 ans et LA TRAVERSÉE DE PARIS de Claude Autant-Lara, en 1956, qui le met en scène aux côtés de Jean Gabin (qu'il retrouvera d'ailleurs deux ans plus tard pour LES MISÉRABLES, sous la houlette du réalisateur Jean-Paul Le Chanois, et avec notamment Bernard Blier), pour enfin accéder au rang de vedette absolue et être à son tour considéré comme une valeur sûre du cinéma français. Grâce à La Traversée de Paris et à son rôle de brave chauffeur de taxi au chômage qui, sous l'Occupation, traverse toute la capitale en compagnie d'un artiste peintre (Gabin) fort en gueule et en caractère, avec un chargement de viande destinée au marché noir; Bourvil remporte la coupe Volpi (le prix d'interprétation masculine) à la Mostra de Venise et voit, dès lors, sa carrière cinématographique s'envoler.

 Avec Fernandel dans La cuisine au beurre (1963)

Les réalisateurs se l'arrachent. André Hunebelle, Alex Joffé, Jean-Pierre Mocky, Gérard Oury, Robert Enrico, Jean-Pierre Melville; tout le monde veut tourner avec celui que l'on surnomme, à juste titre, un acteur de la gentillesse. Bourvil partage l'affiche avec les monstres sacrés de l'époque (Jean Marais, Michèle Morgan, Francis Blanche, Louis de Funès, Lino Ventura, Alain Delon...), dans des films tels que LE BOSSU, LE CAPITAN, FORTUNAT, UN DRÔLE DE PAROISSIEN, LE CORNIAUD, LA GRANDE VADROUILLE ou encore LES GRANDES GUEULES. En 1962, il fait même partie du casting poids lourd de la superproduction historique hollywoodienne LE JOUR LE PLUS LONG, dans laquelle il fait face à des stars internationales comme John Wayne, Robert Mitchum, Henry Fonda ou Sean Connery. Chacune de ses apparitions au cinéma est un événement, et certains de ses films, comme Le Corniaud (11,7 millions d'entrées en 1964) et La Grande Vadrouille (17,2 millions d'entrées en 1966), explosent le box-office.

 Avec Jean-Paul Belmondo dans Le Cerveau (1968)

Tout bascule en 1967. Cette année-là, Bourvil découvre qu'il est atteint d'une forme de cancer qui s'attaque à la moelle osseuse. L'artiste ne s'avoue pas vaincu pour autant et continue d'enchaîner les longs-métrages, dissimulant comme il peut le terrible mal qui le ronge secrètement jour après jour. En 1968, il retrouve pour la troisième et dernière fois consécutive le réalisateur Gérard Oury, qui le dirige dans LE CERVEAU, une comédie inspirée de faits réels et où il a pour partenaires Jean-Paul Belmondo, David Niven et Eli Wallach. L'année suivante, il tient le second rôle de L'ARBRE DE NOËL, un mélodrame signé Terence Young, avec William Holden en tête d'affiche; tandis que la maladie, inexorablement, gagne du terrain et l'affaiblit davantage à mesure que le temps passe. De plus en plus souffrant, le comédien réussit péniblement à finir les tournages de ceux qui seront ses deux derniers films: LE MUR DE L'ATLANTIQUE et LE CERCLE ROUGE, sortis en salles à seulement quelques jours d'intervalle. Bourvil décède peu après, laissant le monde du cinéma orphelin et en deuil.

ARRÊT SUR IMAGES:

Avec Brigitte Bardot dans Le trou normand (1952)

Avec Michèle Morgan dans Fortunat (1960)

Avec Lino Ventura dans Les Grandes Gueules (1965)

Avec Louis de Funès dans La Grande Vadrouille (1966)

Dans Le Cercle Rouge (1970)

Si je l'ai beaucoup aimé dans ses comédies (Le Corniaud et La Grande Vadrouille, notamment) et dans ses drames (Fortunat et Le Cercle Rouge, plus particulièrement), c'est peut-être pourtant dans le film Les Misérables - où il endosse un rôle totalement à contre-emploi, puisqu'il prête ses traits au personnage plutôt antipathique et odieux de Thénardier - que Bourvil m'a, à ce jour, le plus impressionnée (et encore, je n'ai pas vu toute sa filmographie !). En aubergiste cupide et volontiers escroc sur les bords, Bourvil s'essaye brillamment à un registre tout à fait inattendu et littéralement imprévisible, interprétant pour l'une des rares (peut-être bien la seule, d'ailleurs) fois de sa carrière un rôle de méchant, et ceci avec beaucoup d'excellence et d'aisance. Un rôle qui lui donne en outre l'occasion de montrer une autre facette - méconnue et oubliée, et c'est fort dommage - de son immense talent. Artiste aux multiples visages: c'est sans doute le terme qui convient le mieux pour définir qui était Bourvil.

Ci-dessous découvrez une vidéo-hommage extraite de la pièce* de théâtre LA BONNE PLANQUE (1964), dans laquelle Bourvil, donnant la réplique aux acteurs Pierrette Bruno, Robert Rollis et Albert Michel; se trouve (bien malgré lui !) victime d'un fou rire téléphonique mémorable.

*NB: l'intégralité de cette pièce de théâtre - LA BONNE PLANQUE, donc - est accessible et disponible à tous dans le commerce, sous forme de DVD et de VHS. Plus d'infos ICI ou ICI. À lire également, sur mon ancien blog: une chronique détaillée de LA BONNE PLANQUE.

Site de fans

Nominations et récompenses obtenues, le détail complet > ICI

IL L'A DIT:

<< Le monde est rempli de Bourvil. Ma chance, c'est qu'ils croient que je suis le seul... >>



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Jeudi 23 septembre 2010 4 23 /09 /Sep /2010 09:38

"Chère moi-même, aujourd'hui j'ai 7 ans et je t'écris cette lettre pour t'aider à te souvenir des promesses que je fais à l'âge de raison, et aussi te rappeler ce que je veux devenir...". Ainsi commence la lettre que Margaret, femme d'affaires accomplie, reçoit le jour de ses 40 ans.

Margaret est une femme d'affaires accomplie et toujours pressée par le temps, sans aucune pitié pour conclure un contrat. Sa vie se résume à son travail et à son petit ami, Malcolm, lui aussi redoutable et intraitable homme d'affaires. Mais le jour de ses 40 ans, Margaret reçoit, des mains d'un mystérieux notaire, une lettre étrange. Une lettre qu'elle s'est elle-même écrite à l'âge de 7 ans et qui va soudain remettre en cause toute sa vie, ravivant également chez elle le souvenir d'un lourd passé. Qu'a-t-elle fait de ses rêves de petite fille ?...

Avis:

Que deviennent nos rêves d'enfant ?, peut-on lire sur l'affiche de L'ÂGE DE RAISON. Jolie question (bien que posée et traitée de nombreuses fois déjà au cinéma...) à laquelle ce long-métrage du réalisateur Yann Samuell tente d'apporter des réponses (prévisibles ?...), avec humour et tendresse, sans chercher à se prendre la tête; le but de ce film étant avant tout de distraire et de toucher les adultes nostalgiques que nous sommes (ou que nous pouvons parfois être !...). À partir d'un synopsis original et attrayant, qui ne peut que séduire d'emblée l'imaginaire du spectateur (quoi de plus captivant en effet que l'histoire d'une femme qui reçoit un beau jour des lettres qu'elle s'était elle-même écrite lorsqu'elle était enfant ?...), Yann Samuell signe une fable des temps modernes, au ton résolument personnel et enlevé; mais malheureusement pas aussi aboutie et pas aussi surprenante qu'on aurait pu l'espérer. À vouloir trop en dire en seulement 90 minutes, le cinéaste se perd dans les clichés et les dialogues parfois moralisateurs, faisant tomber le film dans une émotion qui a plutôt tendance, hélas, à flirter avec le larmoyant facile et les bons sentiments. De fait, l'intrigue, pourtant intéressante au départ, perd un peu en crédibilité et en sensibilité; d'autant que plusieurs détails peu approfondis sont expédiés beaucoup trop rapidement et que certains personnages frôlent la caricature, ce qui est quelque peu regrettable. Le style de la mise en scène, volontairement décalé, risquera peut-être aussi de rebuter certains spectateurs, habitués à une réalisation disons plus "classique". L'ensemble renferme néanmoins de beaux morceaux de pure poésie et de tendresse, et la musique est assez sympa, bien qu'un peu assourdissante par moments. Dans le rôle titre, la rayonnante Sophie Marceau - délicieusement mutine et espiègle - se révèle attachante et lumineuse, même si j'ai parfois trouvé qu'elle en faisait un peu trop et que son jeu manquait, par moments, de naturel. Les seconds rôles s'en sortent globalement assez bien (mention spéciale à Michel Duchaussoy, excellent), et les jeunes enfants acteurs sont incroyables de justesse et de malice. Bref, sans être aussi réussi qu'on pouvait le souhaiter, cet ÂGE DE RAISON, malgré ses quelques faiblesses et autres maladresses; constitue tout de même un divertissement gentillet et rafraîchissant, qui se laisse voir sans déplaisir, à condition bien sûr de ne pas se montrer trop exigeant.



Par kleinhase - Publié dans : ¤ En salles ¤
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