Après avoir cambriolé une banque, trois bandits s'enfuient dans le désert. Ils y trouvent une femme mourante sur le point d'accoucher. Ils font alors le serment à la mère de recueillir et de protéger le bébé.
Après un hold-up, Robert, Pedro et William, trois hors-la-loi; fuient le shérif Buck et ses hommes, pour gagner le désert d'Arizona. Allant d'un point d'eau au suivant, ils découvrent bientôt les vestiges d'un chariot abandonné, où une mère mourante leur confie son nouveau-né... Dans un premier temps désemparés, les trois bandits finissent par trouver une malle portant la mention "pour bébé", et contenant quelques objets destinés au nourrisson, ainsi qu'une Bible. Peu à peu, ces trois "durs à cuire" au cur tendre s'attachent à l'enfant, le protégeant de tous les dangers, et prenant grand soin de lui. Mais le shérif Buck, inlassablement, les traque et les poursuit, prêt à tout pour les rattraper et les mettre sous les verrous...
Avis:
En ces ultimes - déjà !... - jours de l'année 2010, où Noël approche à grands pas et où l'excitation est à son comble, entre l'arrivée tant attendue des vacances et la neige qui a déjà enveloppé dans son épais manteau blanc une bonne partie de la France (!); me prend soudain l'envie de mettre à l'honneur sur ce blog (et aussi, pourquoi pas, de remettre au goût du jour...) un film trop méconnu et injustement oublié dans l'uvre de l'immense réalisateur qu'était John Ford. Un film assez singulier, qui commence comme un western ordinaire (Ford, on le sait, était un pionnier du genre, auquel il a d'ailleurs donné ses lettres de noblesse) et qui, au final, se rapproche plutôt du conte de Noël. Western, conte de Noël, récit initiatique, quête spirituelle, parabole métaphorique sur le bien et le mal: LE FILS DU DÉSERT, tourné en 1948, est tout cela à la fois. Il demeure également l'un des plus beaux films de John Ford. L'un des plus émouvants en tout cas, à ranger aux côtés de classiques tels que LES RAISINS DE LA COLÈRE ou QU'ELLE ÉTAIT VERTE MA VALLÉE.
S'inspirant d'une nouvelle de Peter B. Kyne (qui fut déjà portée à l'écran de nombreuses fois, notamment par... John Ford, en 1919 !), LE FILS DU DÉSERT se situe en plein cur de l'Arizona et narre l'histoire extraordinaire et merveilleuse de trois hors-la-loi qui, après avoir dévalisé une banque, sont pris en chasse par le shérif et ses hommes et prennent la fuite en direction du désert. Dans leur fugue, ils vont bientôt découvrir les vestiges d'un convoi abandonné, où une femme mourante va leur confier son fils nouveau-né, faisant ainsi d'eux les trois parrains (le titre original, THREE GODFATHERS, signifiant littéralement TROIS PARRAINS... personnellement, je trouve que LE FILS DU DÉSERT est un titre bien plus joli et bien plus symbolique...) improvisés de l'enfant. Transformés malgré eux en pères adoptifs, les trois hommes finiront pourtant par s'attacher au nourrisson, le protégeant de tous les dangers, tandis que le shérif s'acharne à les poursuivre... En lisant ce résumé, on pense évidemment tout de suite à l'histoire des Rois Mages (voyez, ce n'est pas un hasard si j'ai choisi d'évoquer ce film à seulement quelques jours de Noël...), qui est revisitée avec beaucoup d'audace et de talent par John Ford. Le mythe des Rois Mages n'est cependant pas la seule référence biblique que l'on décèlera dans ce film, qui en regorge de bout en bout. Outre la mise en scène magistrale de John Ford, qui mêle adroitement action, humour, émotion et même fantastique, nous offrant tantôt de véritables morceaux de bravoure, tantôt de grandes séquences intimistes; la principale réussite du FILS DU DÉSERT réside dans son interprétation, parfaite à tous les niveaux (malgré un côté parfois trop théâtral, certainement dû au poids - ô combien lourd ! - des années). Entouré des excellents Pedro Armendariz, Harry Carey Jr. et Ward Bond (lequel prête ses traits au redoutable shérif), l'inénarrable John Wayne (dont je suis pourtant loin d'être fan !) livre une composition d'une extrême intensité émotionnelle, conférant à son personnage de hors-la-loi sans foi ni loi (amusant, pour une fois, Wayne n'incarne pas le valeureux justicier, défenseur de la veuve et l'orphelin... quoique !) une humanité et une sensibilité des plus bouleversantes. À ce titre, le personnage de Wayne et son parcours intérieur sont de loin les plus intéressants de l'histoire: dans un premier temps athée (voir de quelle manière il rejette la Bible à plusieurs reprises !), il va malgré lui être amené à rentrer dans le droit chemin... Au-delà donc de son propos au caractère très religieux (il faut bien l'admettre !...), LE FILS DU DÉSERT résonne aussi et surtout comme un vibrant hymne au pardon, à la rédemption et à la foi; doublé d'une réflexion poignante sur les notions d'amitié, d'amour, de sacrifice et de justice. Une réflexion sublimée par des images et des décors (ah, ces grands espaces typiquement Fordiens !...) à la beauté quasi picturale, bénéficiant d'un Technicolor flamboyant et lumineux; et portée par la divine musique de Richard Hageman, envoûtante et par instants très mystique. Bref, LE FILS DU DÉSERT est non seulement un film captivant et rare, quelque peu atypique dans l'uvre de John Ford, mais il est par dessus tout un très beau livre d'images, naïf et coloré; et dont on déplie les pages avec un plaisir volontiers nostalgique, en pensant à la magie et à la quintessence d'un certain âge d'or cinématographique, aujourd'hui révolu...
Si la fin semble sans doute trop belle pour être totalement crédible (de même que l'intrigue elle-même d'ailleurs, qui est par moments trop improbable pour être complètement vraisemblable), il ne faut pas oublier que LE FILS DU DÉSERT est - certes un western, un grand western même - mais aussi et surtout une sorte de conte quelque peu fantastique et onirique sur le bien et le mal, qui use de symboles pour mieux transporter le spectateur et le toucher, par la même occasion, en plein cur. Vous l'aurez donc compris, LE FILS DU DÉSERT est l'exemple type du chef-d'uvre oublié, méconnu et sous-estimé; et qu'il faut absolument redécouvrir si ce n'est déjà fait. Pour clore ce dernier article de l'année 2010, je terminerai en vous souhaitant tout d'abord de très joyeuses fêtes à toutes et à tous, et enfin, en citant cette très belle maxime qui, je trouve, sonne très juste et prend tout son sens lorsqu'on l'applique au FILS DU DÉSERT: "Nous parlons des miracles. Le miracle, c'est la foi...".


Se servant d'une prostituée, un flic fabrique de toutes pièces un flagrant délit, dans l'espoir d'arrêter une bande de petits malfrats amateurs. Une sombre machination qui va rapidement se transformer en une implacable tragédie. Laquelle n'épargnera personne.
Max (Piccoli donc, inoubliable en flic manipulateur et menteur, plutôt antipathique et volontiers salaud sur les bords) est un ancien juge d'instruction qui s'est reconverti en inspecteur de police. Il n'a jamais digéré le fait d'avoir dû, lorsqu'il était juge, relâcher un suspect, faute de preuves; et nourrit depuis le désir obsessionnel de surprendre les malfrats en flagrant délit. Solitaire, aigri et frustré, il n'hésite pas, au moment où l'occasion se présente, à provoquer lui-même une situation de flagrant délit, en devenant indirectement l'instigateur d'un hold-up. Pour cela, il va se servir de Lily (Romy, au sommet de sa beauté et de son art... elle a d'ailleurs dû insister pour obtenir le rôle), une prostituée, à qui il fait croire qu'il est banquier. Lentement, la mécanique se met en place, prenant peu à peu Max lui-même à son propre piège... tel est pris qui croyait prendre. Si l'intrigue s'avère aussi passionnante, c'est peut-être parce qu'elle ne raconte pas seulement une banale histoire policière, mais aussi - quelque part - une histoire d'amour complexe entre Max et Lily, entre le flic et la fille des rues, entre deux êtres frustrés par la vie; et qui vont, jusqu'au surprenant dénouement, entretenir des rapports troubles et indéchiffrables. Mais MAX ET LES FERRAILLEURS est aussi une réflexion puissante sur la loi et la justice, qui montre de quelle manière un individu (en l'occurrence, Max) peut aller jusqu'au crime par obsession de la loi et de la justice... l'ironie à son paroxysme. Si Michel Piccoli et Romy Schneider - en osmose parfaite - se renvoient admirablement la réplique, les seconds rôles ne sont pas non plus en reste et crèvent littéralement l'écran, de 

Apprenant qu'Edward, son père, est sur le point de mourir, Will décide de se rapprocher de lui pour enfin connaître cet homme qui a bercé son enfance avec des contes plus ou moins fantastiques dans lesquels il se mettait en scène aux côtés de personnages extravagants et extraordinaires.
Mais avant d'atterrir entre les mains de Tim Burton, BIG FISH avait d'abord été proposé à 

Deux monstres employés à récolter des cris d'enfants se prennent d'affection pour une fillette, qui a inversé les rôles en pénétrant dans leur monde.
Seulement voilà: à la différence des productions Disney, qui se destinent à tous mais dont la cible principale reste tout de même les enfants (bah oui, il faut bien l'admettre... même si, personnellement, je n'ai absolument rien contre Disney, bien au contraire !...); les productions Pixar, elles, s'adressent aussi bien aux enfants qu'aux adultes, aux jeunes... qu'aux moins jeunes (!). Plusieurs raisons à cela. Tout d'abord, un scénario toujours très poussé, dont l'intelligence et l'originalité n'ont d'égales que la richesse et la maturité de la réflexion qui s'ensuit. Puis, un humour souvent assez proche de la dérision et du clin d'il, lisible à différents niveaux d'âge, selon que l'on soit enfant ou adulte. Enfin, une animation toujours au top, qui allie à la fois prouesse technologique et beauté plastique. Sans oublier, naturellement, toutes les autres qualités secondaires (à savoir des personnages souvent hauts en couleur, un doublage souvent prestigieux en VF comme en VO, ou encore toute une palette de sentiments - nostalgie, mélancolie, noirceur... - rarement exprimée dans un dessin animé...) qui ont contribué à faire de Pixar le maître absolu de l'animation en images de synthèse. Une place enviable que le géant américain n'est visiblement pas près de quitter de sitôt, lorsqu'on voit l'extraordinaire tour de force de son dernier bijou, 
Hormis peut-être quelques légères réserves quant à un début extrêmement (trop ?...) mouvementé et à l'inverse, une seconde partie plus lente; et des personnages secondaires parfois trop stéréotypés et prévisibles (le personnage du méchant, notamment), MONSTRES & CIE demeure par ailleurs l'un des films les plus aboutis et les plus riches de Pixar. En résumé, MONSTRES & CIE est à l'image même de son propos et de son univers: monstrueusement génial ! Une suite est d'ailleurs attendue pour 2012.

