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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 20:41

CARS 2

Flash McQueen, la star des circuits automobiles, et son fidèle compagnon Martin la dépanneuse reprennent la route pour de nouvelles aventures. Les voilà partis pour courir le tout premier Grand Prix Mondial, qui sacrera la voiture la plus rapide du monde ! Mais la route du championnat est pleine d'imprévus, de déviations et de surprises hilarantes, surtout lorsque Martin se retrouve malgré lui entraîné dans une histoire comme il n'en arrive qu'à lui: une affaire d'espionnage international ! Écartelé entre son désir d'assister Flash dans cette course particulièrement difficile et celui de mener à bien une mission d'espionnage top secrète, Martin se lance dans un voyage bourré d'action et une course-poursuite explosive sur les routes du Japon et de l'Europe, suivi par ses amis et regardé par le monde entier. Sur la route, Flash et Martin vont vivre mille rebondissements et rencontrer de nouveaux personnages: agents secrets, redoutables méchants et adversaires décidés sur les circuits automobiles...

 

MON AVIS (vu en 3D relief)

Autant le dire tout de suite: si il est bien la suite de CARS, sorti en 2006, CARS 2 (toujours dirigé par John Lasseter mais co-réalisé par Brad Lewis) est néanmoins très différent du premier opus. Alors que le film original avait pour personnage principal Flash McQueen, bolide arrogant et sûr de lui, obsédé par le fait de gagner les courses automobiles mais qui reverra peu à peu ses priorités au contact des habitants de Radiator Springs, bled paumé dans lequel il aura malgré lui échoué suite à un incident de la route; CARS 2, lui, met en avant Martin, la dépanneuse gaffeuse avec laquelle Flash s'était lié d'amitié dans le premier épisode. Autre différence majeure: là où CARS prêchait la lenteur et l'importance de savoir prendre son temps dans un monde où tout va toujours de plus en plus vite, CARS 2, au contraire, joue à fond la carte de la rapidité; avec une intrigue qui va à 100 à l'heure du début à la fin, entraînant les personnages - et les spectateurs ! - dans une rocambolesque histoire d'espionnage, digne des meilleurs JAMES BOND (!). Les clins d'œil affluent, de l'agent 007 à MISSION: IMPOSSIBLE, les références sont aussi nombreuses que savoureuses (à ce titre d'ailleurs, l'impressionnante scène d'ouverture en est un parfait exemple). L'intrigue, si elle est sans réelle surprise, maintient habilement le suspense et offre, une fois encore, une jolie réflexion sur l'amitié; tout en délivrant une morale écologique qui, au risque d'agacer certains, demeure cependant plus que jamais d'actualité.

La réalisation fait, quant à elle, preuve d'un rythme trépidant, enchaînant les courses-poursuites et les scènes d'action à une cadence infernale sans laisser le moindre répit aux personnages et aux spectateurs, lesquels regretteront alors peut-être le rythme beaucoup plus calme - il faut bien le dire !... - du premier opus. Côté animation, si la 3D demeure assez anecdotique dans l'ensemble, elle apporte néanmoins une belle profondeur de champ aux décors et aux dessins; ces derniers étant toujours aussi magnifiques et aussi sidérants de réalisme. L'ensemble est en outre porté par une bande originale certes un peu répétitive par moments mais toutefois agréable à l'oreille, et par un doublage français (Guillaume Canet, Cécile de France, Gilles Lellouche, Mélanie Doutey, Lambert Wilson...) de qualité. Ajoutons enfin que le court-métrage VACANCES À HAWAÏ (qui, comme le veut la tradition pixarienne, précède le film) est particulièrement savoureux dans la mesure où il nous permet de retrouver, avec un plaisir non dissimulé, une partie des différents personnages du dernier film Pixar, à savoir TOY STORY 3.

Bref, sans avoir l'ingéniosité ou la maturité d'autres films du studio à la lampe (on a connu Pixar plus inspiré...), CARS 2 reste tout de même un divertissement de haute envergure; qui devrait sans problème séduire petits (attention toutefois pour les plus jeunes, qui auront peut-être un peu plus de mal à suivre et à comprendre toute l'intrigue, laquelle se révèlera sans doute un chouilla trop complexe pour eux... drôle de paradoxe pour un film qui se destine en priorité à un jeune public !), grands et autres amoureux du volant et des belles bagnoles. Vroum !...



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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 06:56

À L'ATTENTION DES LECTEURS ET FIDÈLES DE CE BLOG...

- Merci de lire attentivement ce qui suit, sachant que je ne suis pas responsable de cette décision... -

Ce dimanche 17 juillet 2011: voici donc le message d'AlloCiné (voir capture d'écran ci-dessus) que les blogueurs auront découvert vendredi après-midi en ouvrant leur boîte mail. La nouvelle tant redoutée est finalement tombée, brutale, sèche, et sans appel: après des mois de bugs et de plaintes à répétition (qui dit bugs dit forcément plaintes, c'est inévitable...), AlloCiné abandonne donc ses blogueurs, qui devront désormais composer avec OverBlog, autre plateforme gratuite d'hébergement (mais qui, soit dit au passage, n'a strictement rien à voir avec AlloCiné...), afin de continuer à parler de leur passion du cinéma. Cette décision ne dépend ni de moi, ni des autres blogueurs. En attendant d'en savoir plus (car, à vrai dire, pour le moment, on sait peu de choses...), il va donc falloir se faire à cette idée de ce futur déménagement. Un déménagement qui, personnellement, ne m'enchante guère, et même, me fait peur, je dois bien l'avouer. Mais attendons. Je vous tiendrai naturellement informés de l'évolution des choses, en temps voulu. Par avance, merci de votre compréhension.

Ce lundi 8 août 2011: le compte à rebours est lancé, la migration va officiellement commencer (visiblement après le 15 août) et ne devrait pas durer plus de deux jours. Durant ce laps de temps, le blog concerné devrait toujours être accessible aux lecteurs, seules l'interface de gestion et la saisie du champ Écrire un commentaire étant temporairement désactivées. En attendant de voir comment tout cela va se passer, je vous annonce donc officiellement la migration prochaine de ce présent blog vers OverBlog, puisque j'ai finalement accepté (un peu à contre-cœur, je dois bien l'avouer...) le déménagement, en espérant que vous serez toujours aussi nombreux à me suivre... là-bas. Par avance, merci de votre fidélité et, encore une fois, de votre compréhension.



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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 06:58

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Le Terrier de la Lapine Cinéphile ! :D

Accès au sommaire

Le dicton populaire affirmant que personne ne voit jamais le même film (ce qui, d'ailleurs, n'est pas tout à fait faux si l'on y réfléchit bien, car chacun est différent et voit les choses à sa façon :-)) et parce que le 7e Art est pour moi une passion de toujours et l'écriture un besoin quasi vital (non, sans blague ?! :-D); alors autant réunir les deux, la pellicule et la plume, dans un seul et même blog qui se veut le témoin du cinéma que j'aime, que je découvre, qui m'émerveille et me tient à cœur.

Si vous souhaitez réagir sur mes chroniques de films ou sur les autres articles présentés dans ce blog, vous êtes bien sûr libre de vous exprimer, que ce soit par l'entremise des commentaires ou - si vous le préférez - par mail, en cliquant sur ÉCRIRE À L'AUTEUR. Pour toute question ou suggestion, faites-moi signe, je tâcherai de vous répondre dans les meilleurs délais. Et si le cœur vous en dit, n'hésitez pas à faire connaître ce blog à vos amis ! Ils seront également les bienvenus.

Bonne visite, bonne lecture et vive le cinéma qui, lui, nous fait tour à tour rire, pleurer et réfléchir, nous fait parfois peur, nous laisse rarement indifférent et surtout, nous fait toujours rêver... ;-)

VOIR AUSSI:

MON ANCIEN BLOG - MES CRITIQUES - MON PROFIL

DERNIERS FILMS CHRONIQUÉS:

(Cliquez sur les images pour accéder à l'article concerné)

   

DERNIERS ARTISTES CHRONIQUÉS:

(Cliquez sur les images pour accéder à l'article concerné)

  

<< LES CINÉASTES SONT LES CONTEURS D'AUJOURD'HUI... >>



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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 06:55

Ce sommaire (mis à jour au fur et à mesure) regroupe uniquement les chroniques de films ainsi que les artistes. Pour voir les autres articles du blog, il faut passer directement par les catégories elles-mêmes.

INDEX ALPHABÉTIQUE DES CHRONIQUES DE FILMS

- 0 à 9 -

2001: L'odyssée de l'espace (1968)

- A -

Âge de glace 2 (L') (2006) - Âge de raison (L') (2010)À l'Est d'Eden (1954) - Alice au pays des merveilles (2010) - Arrête-moi si tu peux (2002)Armée des Ombres (L') (1969)Arnaque (L') (1973) - Arthur 3 La guerre des deux mondes (2010) - Au-Delà (2011)Azur et Asmar (2006)

- B -

Barry Lyndon (1975) - Big Fish (2003)Boulevard du Crépuscule (1950)

- C -

Certains l'aiment chaud (1959) - Cinéman (2009) - Contes de la nuit (Les) (2011)

- D -

Dirty Dancing (1987)Discours d'un roi (Le) (2011)Duel (1971)

- E -

Échange (L') (2008) - El Dorado (1967) - Ensemble, c'est tout (2007)Étrange histoire de Benjamin Button (L') (2009) - Évadés (Les) (1994)

- F -

Fantastic Mr. Fox (2010) - Fille du puisatier (La) (2011)Fils du désert (Le) (1948)

- G -

Géant (1956) - Goonies (Les) (1985)Gran Torino (2009)

- H -

Histoire sans fin (L') (1984)Hommes préfèrent les blondes (Les) (1953)

- I -

Incorruptibles (Les) (1987)Into the Wild (2007)

- J -

- K -

- L -

Là-haut (2009)

- M -

Macadam Cowboy (1969)Magique (2008) - Max et les ferrailleurs (1971)Monstres & Cie (2001)Mystic River (2003)

- N -

Nom de la Rose (Le) (1986) - Nuit des Généraux (La) (1967)

- O -

Oscar (1967)

- P -

Peter Pan (2003)

- Q -

- R -

Rien à déclarer (2011)Robin des Bois (2010)Robin des Bois prince des voleurs (1991) - Rob Roy (1995) - Royaume de Ga'Hoole la légende des gardiens (Le) (2010)

- S -

Secret de Térabithia (Le) (2007)Sentiers de la Gloire (Les) (1957)

- T -

Toy Story 3 (2010)Twilight - Chapitre 1: fascination (2009) - Twilight - Chapitre 2: tentation (2009) - Twilight - Chapitre 3: hésitation (2010)

- U -

Un homme et son chien (2009)

- V -

Victor Victoria (1982) - Vie passionnée de Vincent Van Gogh (La) (1956)Virtuoses (Les) (1997) - Voyage au bout de l'enfer (1978)

- W -

- X -

- Y -

- Z -

INDEX ALPHABÉTIQUE DES ARTISTES

- A -

- B -

Bourvil

- C -

- D -

Dean (James)

- E -

- F -

- G -

- H -

- I -

- J -

- K -

- L -

- M -

Monroe (Marilyn)

- N -

- O -

- P -

- Q -

- R -

- S -

- T -

- U -

- V -

- W -

- X -

- Y -

- Z -



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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 06:48

LES CONTES DE LA NUIT

Tous les soirs, une fille, un garçon et un vieux technicien se retrouvent dans un petit cinéma qui semble abandonné, mais qui est plein de merveilles. Les trois amis inventent, se documentent, dessinent, se déguisent. Et ils jouent toutes les histoires dont ils ont envie, dans une nuit magique où tout est possible, créant ainsi six contes qui les mèneront dans des époques et lieux divers, de l'Afrique aux Antilles, en passant par le Tibet ou encore... en pays Aztèque. Au programme donc: LE LOUP-GAROU, TIJEAN ET LA BELLE-SANS-CONNAÎTRE, L'ÉLUE DE LA VILLE D'OR, LE GARÇON TAM-TAM, LE GARÇON QUI NE MENTAIT JAMAIS et LA FILLE-BICHE ET LE FILS DE L'ARCHITECTE...

MON AVIS (vu en 3D relief)

Le mois de juillet aura vu le numérique et la 3D s'installer - enfin !... - dans le vieux cinoche de mon quartier, offrant ainsi à ses (rares...) spectateurs un joli (?) cadeau pour démarrer l'été. Pour inaugurer l'arrivée de cette nouveauté, LES CONTES DE LA NUIT me paraissait être un film tout à fait approprié, d'autant plus que les critiques globalement enjouées de la presse m'ont naturellement confortée dans cette idée. Je ne me suis pas trompée, et ait eu raison de faire une nouvelle fois confiance à mon intuition, laquelle me guide souvent vers les films qui sont susceptibles de retenir mon attention. LES CONTES DE LA NUIT marque le grand retour de Michel Ocelot (papa de KIRIKOU et AZUR ET ASMAR, entre autres...) au théâtre d'ombres chinoises, plus de dix ans après son superbe PRINCES ET PRINCESSES, qui utilisait déjà ce procédé, reprenant des courts-métrages qu'Ocelot avait alors à l'origine réalisés pour le petit écran. À ce sujet justement, il faut préciser que les cinq premiers contes proposés dans ces CONTES DE LA NUIT sont également repris d'une série télévisée créée par Ocelot, intitulée DRAGONS ET PRINCESSES (que je n'ai pas vue), diffusée sur Canal+ l'an dernier, et qui comptait au total dix courts-métrages; dont Ocelot a sélectionné les cinq qui se prêteraient le mieux au relief afin de les réunir dans ce long-métrage, pour les besoins duquel il a imaginé et écrit une sixième histoire inédite. La technique, savoureusement désuète, des ombres chinoises offre au spectateur un délicieux voyage dans le temps, le ramenant aux balbutiements du 7e Art et des premiers films d'animation. Si ce n'est que, cette fois, Michel Ocelot a décidé d'y adjoindre les progrès du cinéma moderne et d'utiliser, pour la première fois dans l'histoire de son œuvre, la technologie 3D. Passé l'effet de dépaysement, la conjugaison - quelque peu inhabituelle et atypique - de ces deux techniques radicalement différentes fonctionne parfaitement, la 3D, bien qu'assez discrète et anecdotique dans l'ensemble, donnant une vraie profondeur de champ aux décors, tout à fait fabuleux au passage. Une fois encore, donc, Ocelot nous émerveille et nous en met plein les yeux avec une animation qui, si elle est absolument magnifique sur le plan purement esthétique, est littéralement fantastique sur le plan purement artistique.

Sur le plan purement scénaristique, il est bien évident que les six contes proposés s'adressent principalement aux enfants, lesquels devraient se régaler avec des histoires qui, si elles pourront sembler très simplistes et très naïves à un public plus adulte, feront sans aucun doute le bonheur des plus jeunes; qui trouveront là matière à réfléchir et à échanger autour de récits porteurs de valeurs (paix, amour, tolérance, liberté...) fondamentales et universelles qu'Ocelot, en parfait conteur, s'efforce de transmettre par le biais de ses petits héros de papier, auxquels chaque bambin peut aisément s'identifier. Bien sûr, les contes proposés ne sont pas tous aussi aboutis et aussi réussis qu'on aurait pu l'espérer, et n'évitent pas toujours la facilité. À cela s'ajoute un doublage de qualité parfois inégale, en outre pénalisé par une réalisation qui, par moments, manque sérieusement de rythme et s'étire en longueur, faisant naître un léger sentiment d'ennui chez le spectateur. L'absence quasi totale de musique n'aide pas non plus à accrocher. Mais l'ensemble, plein de poésie et d'onirisme, est heureusement suffisamment bien fait pour captiver jusqu'à son terme.

Peut-être pas aussi féerique que ne le laissait présager son titre, LES CONTES DE LA NUIT n'en demeure pas moins un agréable divertissement, à voir en famille, avec des yeux et une âme d'enfant.



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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 09:02

- Ce mercredi 29 juin 2011, l'humeur du jour -

Cinq années de présence sur la blogosphère, ça mérite bien un billet souvenir spécial anniversaire, en attendant, au mois de novembre (si je suis encore là d'ici là !...), de souffler comme il se doit les trois bougies - déjà !... - du TERRIER DE LA LAPINE CINÉPHILE. Bon, l'inspiration me manque et je ne sais guère quoi ajouter (l'embêtant avec les anniversaires, c'est que ce sont toujours les mêmes mots qui finissent par revenir d'année en année :-D), aussi je vais m'arrêter sur ces brèves lignes, en vous remerciant encore une fois avant pour votre fidélité et vos commentaires ;-)



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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 12:52

Dans les années 40, condamné à perpétuité pour le double meurtre de sa femme et de l'amant de celle-ci, un jeune banquier réservé se lie d'amitié avec un vieux taulard. Une émouvante histoire d'amitié derrière les barreaux, doublée d'une ode magnifique à l'espoir.

En 1947, Andy Dufresne, un jeune banquier, est condamné à la prison à vie pour le double meurtre de sa femme et de l'amant de celle-ci. Ayant beau clamer son innocence, il est alors transféré à la prison de Shawshank, le pénitencier le plus sévère de l'État du Maine, dirigé d'une main de fer par l'implacable directeur Norton et son adjoint, le brutal capitaine Hadley. Les conditions de vie y sont d'autant plus pénibles pour Andy qu'il est bientôt victime d'agressions, lesquelles deviennent de plus en plus fréquentes et violentes au fil du temps. Il surmonte pourtant peu à peu les épreuves et se lie d'amitié avec Red, un vétéran désabusé de Shawshank, détenu depuis 20 ans...

Avis:

Pour sa première réalisation, le cinéaste Frank Darabont frappait - déjà !... - très fort avec ce très beau THE SHAWSHANK REDEMPTION adapté d'une nouvelle de Stephen King, et plus connu en France sous le titre LES ÉVADÉS (titre d'ailleurs extrêmement décrié et jugé médiocre et stupide - ce qui en même temps n'est pas tout à fait faux... - dans la mesure où il dévoile d'emblée ce que Darabont s'est forcé de nous cacher pour mieux nous surprendre avec plus tard... titre pourtant assez joli si on l'interprète différemment, dans le sens métaphorique du terme où il semble en fait traduire l'évasion de l'esprit pratiquée par les deux personnages principaux...). Lauréat de nombreuses nominations et récompenses (très justement méritées, d'ailleurs !), LES ÉVADÉS fut pourtant un cuisant échec commercial lors de sa sortie en salles, en 1994, et ce malgré des critiques alors (déjà ?...) plus que positives. Ce n'est qu'une fois sorti en vidéo - et sans doute grâce aussi, par la suite, à ses multiples rediffusions sur le petit écran - qu'il a peu à peu acquis son statut de film culte et incontournable, figurant désormais en bonne place dans les listes consacrant les meilleurs films de tous les temps... paradoxal, non ?... Mais comme on dit, ce sont les années qui font la postérité... et non l'inverse. Belle revanche en tout cas pour un film qui a été, en son temps, injustement boudé et sous-estimé et est passé quelque peu inaperçu. S'ouvrant sur un procès (ou plutôt sur un verdict), l'histoire des ÉVADÉS se situe à la fin des années 40 (en 1947, plus précisément) et narre le parcours d'Andy Dufresne, un jeune banquier réservé, doublement condamné à la prison pour les meurtres de sa femme et de l'amant de cette dernière, et incarcéré à Shawshank, le pénitencier le plus sévère de l'État du Maine. Très vite, on comprend que la question principale de l'intrigue n'est pas tant de savoir si - oui ou non - Andy est coupable, mais plutôt si il va survivre à cet effroyable endroit, où les détenus finissent par se construire eux-mêmes leur propre prison intérieure à l'intérieur même de la prison qui les retient et leur ôte tout souvenir du monde extérieur; à l'image du vieux Brooks (interprété par James Whitmore), libéré au bout de cinquante ans de détention et qui se retrouve alors dans un monde qu'il a jadis connu mais qui a depuis bien changé, et auquel il sera incapable de s'adapter, connaissant une fin plus tragique encore que ne pouvait l'être son enfermement entre quatre murs. S'étalant sur près d'une vingtaine d'années, le récit suit l'évolution d'Andy (lequel fera bientôt montre de ses talents de banquier, blanchissant notamment l'argent pas toujours très net du directeur du pénitencier; devenant ainsi ironiquement - comme il le dira justement lui-même - un hors-la-loi en prison, après avoir été honnête durant toute sa vie en liberté !...), et s'attache à dépeindre les rapports amicaux très forts qui vont peu à peu se tisser entre Andy et un vieux taulard, Red, vétéran de Shawshank, détenu depuis vingt ans; et qui deviendra au fil du temps le meilleur ami d'Andy, bien que les deux hommes aient des caractères radicalement différents et ne partagent pas toujours les mêmes idées. Chacun transformera ainsi la vie de l'autre. Résumé ainsi, le synopsis peut sembler un rien classique: quoi d'original en effet dans l'histoire de deux détenus qui vont devenir amis ?... C'est sans compter sur le génie de Frank Darabont pour donner de la profondeur et de la richesse à une histoire en vérité beaucoup plus captivante et surprenante qu'il n'y paraît; une histoire qui parle d'amitié, de rédemption, de justice, de liberté (liberté du corps, mais surtout, liberté de l'esprit...), d'évasion (évasion de l'esprit et, par la suite, du corps...); une histoire qui parle avant tout, et surtout, d'espoir. "L'espoir", affirme Andy, "est une chose en nous que rien ne peut atteindre" ("Même à Shawshank, on n'enferme pas l'espoir", peut-on lire sur l'affiche qui vous est présentée en haut de page). Ce à quoi Red rétorque: "L'espoir, c'est dangereux. L'espoir peut rendre un homme fou"; et à quoi Andy répondra plus tard: "Je crois que tout se résume en un simple choix: dépêche-toi de vivre ou dépêche-toi de mourir". Hymne à la liberté, hymne à la vie, hymne à l'espérance, LES ÉVADÉS est aussi une réflexion quasi philosophique sur la prison et sur la force de l'amitié derrière les barreaux; mais dont la véritable réussite réside dans le fait d'avoir su dépeindre - de manière très réaliste, et sans aucune complaisance - l'horreur (au propre comme au figuré) et la langueur de l'enfermement; et, par dessus tout, la longueur du temps qui passe, et qui semble s'écouler incroyablement plus lentement pour des taulards; qui doivent alors absolument, comme le dit très justement Red, s'occuper l'esprit, de n'importe quelle manière que ce soit; afin de ne pas sombrer dans la folie de l'attente interminable de la liberté ("Shawshank", dira encore Red, "on vous y enferme pour la vie: c'est justement ce qu'ils vous prennent..."). Sobre et sans artifices, la mise en scène de Darabont maintient et accroît habilement l'intérêt du spectateur du début jusqu'à la fin, aidée en cela par une musique émouvante et particulièrement inspirée de Thomas Newman; et transcendée par une interprétation lumineuse, de très grande qualité et d'une vive intensité. En tête d'affiche, le formidable et très charismatique tandem Tim Robbins/Morgan Freeman fonctionne à merveille, se donnant la réplique avec un plaisir communicatif et livrant chacun une prestation puissante; démontrant qu'ils sont tous deux littéralement habités par leurs personnages (ô combien attachants, au passage !), leur insufflant cette pointe infinie d'humanité qui les caractérisent tout au long de l'histoire et les distinguent des autres détenus; lesquels sont respectivement interprétés par William Sadler et Gil Bellows (entre autres). On retiendra également les brillantes compositions de Bob Gunton, parfaitement cynique en directeur de prison implacable et obtus (pour reprendre les mots d'Andy !); et de Clancy Brown, machiavélique à souhait sous les traits d'un gardien sadique et assez peu aimable. Œuvre phare et emblématique du cinéma américain des années 90, LES ÉVADÉS s'impose aujourd'hui comme une référence majeure du 7e Art pour tout cinéphile qui se respecte. Cinq ans après ce film, son réalisateur retrouvera de nouveau le milieu carcéral et l'univers de Stephen King pour les besoins de LA LIGNE VERTE, avec Tom Hanks.



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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 15:00

Fille aînée d'un puisatier, Patricia s'éprend d'un aviateur. Lorsque la guerre éclate, celui-ci part au front, ignorant que Patricia attend un enfant de lui. Repoussée par les parents du jeune homme, Patricia sera en outre rejetée par son propre père, lequel devra alors apprendre à faire la part des choses entre question d'honneur et d'amour.

Fin des années 1930, en Provence. Pascal Amoretti creuse des puits dans la campagne provençale. Il est veuf et père de six filles, qu'il élève dignement. Il aimerait marier l'aînée, Patricia, à son ouvrier, le brave Felipe Rambert; mais la jolie demoiselle rencontre un jour le beau Jacques Mazel, officier dans l'aviation, et se laisse séduire par ce fils de riches commerçants. Malheureusement, peu après, la Seconde Guerre Mondiale éclate et le jeune homme est rappelé d'urgence pour des manœuvres en Afrique. Découvrant qu'elle est enceinte, Patricia est rejetée par son père et se croit alors abandonnée...

Avis:

C'est toujours un plaisir que de se replonger dans l'univers à la fois tendre et pittoresque de Marcel Pagnol, toujours un plaisir que de parcourir ses chaudes collines provençales illuminées par le soleil et bercées par le doux chant des cigales et des grillons, toujours un plaisir que de retrouver ses personnages au caractère bien trempé et à l'accent du Sud bien prononcé ("avé l'accent" !); ces personnages ordinaires dont les histoires extraordinaires sont un peu les nôtres, histoires d'un quotidien fait de grandes joies et de petits chagrins, histoires de la vie, tout simplement. Écrivain hors pair, cinéaste d'exception, dialoguiste subtil jouant avec les mots (et les maux...); Marcel Pagnol aura donné au cinéma français ses lettres de noblesse, lui offrant quelques-uns de ses plus grands chefs-d'œuvre: MARIUS, FANNY, CÉSAR, bien sûr; mais aussi LE SCHPOUNTZ, REGAIN, LA FEMME DU BOULANGER; ou encore, un peu tombé dans l'oubli aujourd'hui (et c'est fort regrettable...), LA FILLE DU PUISATIER, qui date de 1940. Rare film français à avoir été tourné en pleine Occupation, LA FILLE DU PUISATIER célébrait les retrouvailles de Pagnol avec son acteur fétiche, Raimu, tout en réunissant également - pour la première et dernière fois, hélas - un trio de chic et de choc: Pagnol et Raimu, donc, mais aussi... Fernandel, dans le rôle de Felipe, le brave ouvrier et ami du puisatier Pascal Amoretti (Raimu); amoureux de Patricia (Josette Day), la fille de ce dernier et qui, malheureusement pour notre pauvre Felipe, est éprise d'un autre: Jacques Mazel (Georges Grey), aviateur et fils du riche Mr Mazel (Fernand Charpin) et de sa femme, Mme Mazel (Line Noro). De cet amour naîtra un enfant non désiré. Alors que, pendant ce temps, la guerre éclate et Patricia se retrouve seule, repoussée par son père et par les parents de Jacques, lequel est parti au front et ignore tout... De cette trame scénaristique classique et sans surprise, Pagnol - metteur en scène touché par la grâce (!) - avait tiré un long-métrage exceptionnel, dans la droite lignée de ses films précédents, tour à tour drôle et poignant, aux répliques inoubliables et à l'interprétation magistrale; prouvant et démontrant une nouvelle fois au public que les histoires les plus simples sont peut-être les plus belles et les plus fortes (émotionnellement parlant), justement parce que leur simplicité apparente n'a d'égale que leur authenticité (et leur valeur...) permanente; trouvant matière à puiser dans des réflexions vitales, à la portée universelle et intemporelle. Près de soixante-dix ans plus tard, passant pour la première fois derrière la caméra, l'acteur Daniel Auteuil s'approprie l'univers de Pagnol pour signer sa propre version de LA FILLE DU PUISATIER. Ce qui, entre nous, n'a rien de surprenant; quand on sait que c'est justement à travers l'univers du célèbre écrivain-cinéaste qu'Auteuil s'est fait connaître du grand public, en tenant le rôle d'Ugolin dans le diptyque JEAN DE FLORETTE/MANON DES SOURCES réalisé par Claude Berri en 1986 et inspiré de l'œuvre éponyme de Pagnol; et qui vaudra à Auteuil de décrocher un César du meilleur acteur. Vingt-cinq ans après cette consécration mémorable, cette nouvelle version de LA FILLE DU PUISATIER résonne donc comme un retour aux sources pour le comédien, considéré depuis comme une valeur sûre du cinéma français. Pour ceux qui, comme moi, ont vu le film original de Pagnol, on ne pourra que s'incliner en constatant la fidélité et le respect d'Auteuil envers son modèle; Auteuil proposant ici une sage adaptation, qui reprend presque mot pour mot les dialogues du long-métrage initial et se contente d'en copier/coller les scènes clés. Aucune surprise donc de ce côté-là, l'histoire n'a pas changé (et en même temps, c'est tant mieux !). Ce qui a en revanche changé, c'est l'apparition de la couleur (le noir & blanc du film initial possédait un certain charme, même si la couleur - judicieusement utilisée, au passage - met merveilleusement en valeur la beauté des paysages provençaux), la mise en scène (plutôt prometteuse pour un réalisateur débutant, et ce malgré quelques maladresses de-ci de-là), et, naturellement, l'interprétation (de qualité assez inégale dans l'ensemble, il faut bien l'avouer). Sans crainte de se frotter au jeu - inévitable - de la comparaison, Daniel Auteuil reprend le rôle du puisatier jadis tenu par Raimu, rôle qui semble lui tenir particulièrement à cœur et qu'il défend, ma foi, avec tout le talent qu'on lui connaît (se montrant tantôt dur, tendre, drôle ou émouvant); même si il est loin d'égaler son illustre aïeul. Succédant, de son côté, à Fernandel, Kad Merad compose un attachant Felipe, à l'accent du Sud certes pas toujours très crédible, mais attachant. Toute en grâce et en sensibilité retenue, la lumineuse Astrid Bergès-Frisbey prête ses traits à Patricia, la (trop !...) jolie fille du puisatier qui fera tourner la tête du beau Nicolas Duvauchelle, alias Jacques Mazel, l'aviateur un brin volage. Tous deux forment un magnifique couple, même si l'on pourra regretter le petit manque de naturel qui émane parfois du jeu d'Astrid Bergès-Frisbey, et même si l'on pourra reprocher à Nicolas Duvauchelle d'être quelque peu froid et distant dans sa manière de jouer; donnant l'impression fâcheuse de réciter son texte plutôt que de le vivre. Si il ne peut nous faire oublier Fernand Charpin (inimitable Mr Mazel), Jean-Pierre Darroussin s'en tire cependant avec les honneurs, livrant une composition simple, certes, mais plutôt juste. On ne pourra en revanche pas dire la même chose du jeu - littéralement insupportable - de Sabine Azéma (alias Mme Mazel). Surjouant à l'extrême, elle se révèle vite particulièrement agaçante et apparaît finalement comme la seule véritable erreur de casting dans une distribution par ailleurs tout à fait honnête, ce qui est somme toute assez regrettable, dans la mesure où son personnage - bien que secondaire - joue néanmoins un rôle crucial dans le déroulement de l'intrigue. Point de vue réalisation, comme je l'ai déjà noté plus haut, la mise en scène tient globalement bien la route et se révèle plutôt prometteuse pour un cinéaste en herbe; bien qu'elle ne soit pas toujours exempte de quelques faiblesses et maladresses, et bien qu'elle manque un tantinet de vie - et semble donc un peu fade - comparée à la réalisation de Pagnol. La photographie est, quant à elle, superbe, et les décors naturels retranscrivent parfaitement la beauté et le charme de la Provence. Enfin, la musique d'Alexandre Desplat touche par sa simplicité et sa délicatesse. En résumé, sans être un film parfait, cette relecture de LA FILLE DU PUISATIER a au moins le mérite de remettre au goût du jour Pagnol et son œuvre; et émeut de par la sincérité évidente avec laquelle son metteur en scène et acteur principal la revisite; lequel semble d'ailleurs avoir trouvé en Pagnol une jolie source d'inspiration, puisqu'il envisage de réadapter prochainement - toujours pour le grand écran - la mythique Trilogie Marseillaise. Comme le dit, à un moment donné, le personnage de Pascal Amoretti en parlant de sa fille: "C'est comme un trésor que le Bon Dieu m'a donné". Et bien, pour paraphraser le brave homme, et en guise de conclusion; je dirai que Pagnol, ses films, son œuvre, c'est aussi "comme un trésor que le Bon Dieu nous a donné", comme un cadeau que le cinéma nous a offert et continue de nous offrir; un cadeau que l'on déballe avec toujours le même plaisir et la même émotion. Et pour ça, merci, monsieur Auteuil, de nous le rappeler.

POUR ALLER PLUS LOIN... QUELQUES LIENS UTILES:

- À PROPOS DU FILM ORIGINAL DE MARCEL PAGNOL -

Chronique complète du film sur mon ancien blog

Une analyse détaillée de l'œuvre, de son contexte historique et de son DVD par l'excellent site DVDClassik

Fiche du film sur Wikipédia

Fiche du film sur le site officiel de Marcel Pagnol, avec photos et extrait vidéo à l'appui

- À PROPOS DU FILM DE DANIEL AUTEUIL -

Site officiel du film

Fiche du film sur Wikipédia

Fiche du film sur le site officiel de Marcel Pagnol

Secrets et anecdotes de tournage sur la fiche Allociné du film

L'interview vidéo de Daniel Auteuil par Allociné

L'interview vidéo d'Astrid Bergès-Frisbey par Allociné

- Sans oublier, bien sûr, la bande-annonce officielle qui vous est présentée ci-dessous -



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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 06:43

Deux adolescents solitaires se lient d'amitié et s'inventent un monde imaginaire pour fuir la réalité de leur vie quotidienne. Une magnifique histoire d'amitié et d'aventures, doublée d'un voyage magique dans un univers féerique. Entrez dans le fabuleux royaume de Térabithia !

Jess, garçon solitaire et introverti issu d'une modeste famille nombreuse, se lie d'amitié avec Leslie, sa nouvelle voisine, fille unique d'un couple d'écrivains; qui vient tout juste d'emménager dans la maison faisant face à celle de Jess, et en outre nouvellement arrivée dans l'école - et dans la classe - de ce dernier. Constatant rapidement, l'un et l'autre, qu'ils partagent plusieurs points communs - notamment celui d'être tous deux rejetés par leurs camarades de classe, et quelque peu délaissés par leur famille respective - Jess et Leslie sympathisent et s'inventent bientôt un monde imaginaire et secret, Térabithia, pour fuir la réalité de leur quotidien. Mais lorsque cet univers magique prend soudainement vie, les deux adolescents se retrouvent - dès lors - confrontés à des aventures plus périlleuses que ce qu'ils avaient imaginé...

Avis:

Voici un film qui gagne à être davantage connu et, plus encore, reconnu. Découvert durant les dernières fêtes de Noël au hasard d'une programmation télévisée, revu en DVD à peine un mois plus tard, LE SECRET DE TÉRABITHIA fut et restera pour moi une très bonne surprise et un énorme coup de cœur, en même temps qu'une vraie claque émotionnelle. Je dois pourtant avouer qu'en m'installant devant ma télé, je n'attendais pas spécialement grand-chose de ce film, partant simplement avec l'espoir de passer un bon moment. Ce fut finalement bien plus qu'un simple bon moment. Ce fut un moment de vie dans ma vie de spectatrice. De la même manière que l'intrigue du SECRET DE TÉRABITHIA représente un moment de vie - bien particulier - dans la vie de son personnage principal, un moment de vie qui va changer sa vie et aussi, quelque part, la vie des personnages qui l'entourent. Sorti en 2007, ce long-métrage réalisé par Gabor Csupo est en fait l'adaptation cinématographique d'un roman - BRIDGE TO TERABITHIA, ce qui signifie littéralement LE PONT DE TÉRABITHIA, titre qui a d'ailleurs été donné à ce film dans la version québécoise - de Katherine Paterson (paru une première fois en France sous le titre LE ROYAUME DE LA RIVIÈRE, puis ensuite réédité - à l'occasion de la sortie de ce film - sous le titre LE SECRET DE TÉRABITHIA), véritable best-seller outre-Atlantique et livre culte de toute une génération. Je dois pour ma part reconnaître que je n'avais jamais entendu parler de ce bouquin avant de découvrir ce film, ce film qui, je dois le dire, m'a justement donné envie de lire ce bouquin; ce que j'espère pouvoir faire... bientôt (!). Précisons également que, lors de sa sortie dans les salles obscures (en 2007, donc), LE SECRET DE TÉRABITHIA a malgré lui pâti d'une mauvaise campagne promotionnelle et d'une bande-annonce (voir la vidéo présentée en bas de page) quelque peu mensongère le faisant - à tort - passer pour un banal et naïf conte pour enfants, teinté de fantastique, d'aventures et d'héroïc fantasy; et a, de fait, été injustement (et bêtement...) boudé par un public qui s'attendait tout naturellement à voir un énième film dans la lignée, par exemple, du MONDE DE NARNIA (le plus ironiquement drôle dans tout ça, c'est que les équipes qui avaient travaillé sur les effets spéciaux de NARNIA - mais aussi du SEIGNEUR DES ANNEAUX, comme on peut l'apprendre par les différents bonus proposés sur le DVD - ont justement travaillé sur les effets spéciaux de ce film-là... amusant, non ?...). Alors qu'il n'en est rien (ou du moins, disons qu'il ne se résume pas qu'à ça). Même si LE SECRET DE TÉRABITHIA est effectivement assez proche du conte, et même si le générique de début (superbe générique, au passage !...) met justement en avant le côté merveilleux - et fantastique - du propos, ce film s'apparente plutôt - au final - à un drame humain; dans lequel le fantastique, le rêve et l'imaginaire rapprochent et consolent (le fameux pont dont il est justement question dans le titre original illustre admirablement cela, représentant - de façon symbolique et métaphorique - le pont qui sépare - ou rapproche... - le rêve de la réalité), tout en prenant corps à partir d'éléments réels, ancrés dans la réalité du quotidien des personnages (ce qui s'avère être une idée particulièrement brillante et audacieuse, il faut bien l'avouer !). LE SECRET DE TÉRABITHIA est un drame humain, qui montre, avec force et subtilité, que le rêve continue, doit continuer, de la même manière que la vie reprend et continue après un drame. Le ton dramatique (et tragique, finalement, même si l'espoir parviendra à renaître...) de l'intrigue est d'ailleurs donné dès les premières minutes, lorsque nous faisons la connaissance de Jess, le personnage principal. Adolescent solitaire, introverti, mal dans sa peau, Jess est incompris par ses camarades de classe, qui le rejettent et se moquent constamment de lui; et par sa (nombreuse !) famille, qui ne lui prête que peu d'attention, entre des sœurs aînées qui ne lui témoignent guère d'affection, une mère quelque peu débordée et un père trop souvent absent et qui, en outre, lui préfère sa petite sœur Maybelle. Jusqu'au jour où le destin place sur son chemin Leslie, sa nouvelle voisine et nouvelle camarade de classe, fille unique d'un couple d'écrivains. Bien vite, cette dernière va à son tour subir les moqueries et rejets de ses camarades... sauf de Jess, qui comprend alors que Leslie est, en quelque sorte, son alter ego féminin. Entre eux, c'est le début d'une belle et grande histoire d'amitié, qui les conduira à créer un monde imaginaire et fabuleux, Térabithia, pour fuir la réalité de leur quotidien; changeant à jamais leur vie. À partir de cette trame scénaristique plutôt classique et sans surprise (du moins, au premier abord !), le réalisateur Gabor Csupo réussit à dresser un intelligent et fascinant parallèle entre le rêve et la réalité; tout en filmant la rencontre attachante de deux adolescents à la fois si différents et si semblables, narrant avec pudeur et retenue une formidable histoire d'amitié et d'aventures, qui va se révéler beaucoup plus profonde, sombre, complexe, mais également beaucoup plus émouvante qu'on ne pouvait s'y attendre. Alternant les genres, passant du drame humain à la chronique familiale, jonglant avec les codes du traditionnel film fantastique pour la jeunesse et une symbolique mystique plus adulte, Csupo signe une œuvre sobre et sans artifices, magnifique sur le plan visuel et intellectuel, au travers de laquelle les effets spéciaux se mettent pleinement au service du scénario; et qui touche de par l'universalité et l'intemporalité de son histoire, et de par la pureté et l'intensité de la réflexion humaniste qui s'en dégage. Soutenu par une musique aux notes envoûtantes et enchanteresses (que l'on doit au talentueux compositeur qu'est Aaron Zigman), LE SECRET DE TÉRABITHIA s'appuie en outre sur une solide interprétation, parfaite depuis les premiers jusqu'aux seconds rôles (lesquels ont aussi la part belle !), et d'où se distingue tout particulièrement le jeune tandem vedette Josh Hutcherson/AnnaSophia Robb (tous deux excellents dans les principaux rôles, se complètant et se renvoyant la balle à merveille, témoignage d'une réelle complicité qui va bien au-delà de l'histoire d'amitié fictive qui réunit leurs personnages à l'écran); ainsi que, dans les seconds rôles, Robert Patrick (impressionnant en père froid et absent) et Zooey Deschanel (charmante en prof de musique plutôt cool et volontiers taquine); avec enfin une mention spéciale à la petite et adorable Bailee Madison, qui - avec un naturel plutôt sidérant pour son jeune âge - campe Maybelle, l'espiègle petite sœur de Jess. Suscitant tour à tour l'émerveillement, le rire, l'émotion, la réflexion, LE SECRET DE TÉRABITHIA est une œuvre qui détonne dans ce genre de production contemporaine; prenant le spectateur par surprise avec une intrigue à la noirceur insoupçonnée et insoupçonnable, une intrigue qui, malgré son caractère dramatique, poignant mais jamais larmoyant (il est important, encore une fois, de le souligner), nous dit de toujours garder notre esprit bien ouvert. À noter que les passionnants bonus présentés sur le DVD permettent de mieux saisir toute la richesse de la dimension à la fois symbolique, métaphorique, onirique et mystique que possède la mise en scène (et en ce sens, d'ailleurs, le commentaire audio du réalisateur est une vraie mine d'or). En résumé, et pour conclure, LE SECRET DE TÉRABITHIA est un bijou, une véritable ode au rêve, à l'imaginaire, à l'amitié et à la vie; à partager en famille et, de préférence, en VO.



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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 09:49

Le roi d'Angleterre George VI (1895-1952), père de la reine Elizabeth II, souffrait de problèmes d'élocution. Ce film raconte comment un orthophoniste peu ordinaire, Lionel Logue, parvint à le guérir. Quand la petite histoire rencontre la grande ou le récit d'une incroyable histoire vraie que l'Histoire a oubliée.

D'après l'histoire vraie et méconnue du père de l'actuelle reine Elizabeth II, qui va devenir, contraint et forcé, le roi George VI, suite à l'abdication de son frère Édouard VIII. D'apparence fragile, incapable de s'exprimer en public, considéré par certains comme inapte à la fonction, George VI tentera de surmonter son handicap grâce au soutien indéfectible de sa femme et d'affronter ses peurs avec l'aide d'un thérapeute du langage aux méthodes peu conventionnelles. Il devra vaincre son bégaiement pour assumer pleinement son rôle, et faire de son empire le premier rempart contre l'Allemagne nazie...

Avis:

Grand favori de la dernière cérémonie des Oscars, avec un total record de 12 nominations (pour finalement 4 statuettes remportées: meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur et meilleur scénario original), LE DISCOURS D'UN ROI (THE KING'S SPEECH), succès surprise de ce premier trimestre 2011, est sans nul doute à classer parmi les meilleurs films de ce début d'année, et, tout simplement, parmi les meilleurs films du moment. Situé dans l'Angleterre des années 30, LE DISCOURS D'UN ROI narre l'histoire vraie (et cependant méconnue, parce qu'oubliée...) du prince Albert (Bertie), duc d'York, qui sera malgré lui précipité sur le trône suite à l'abdication de son frère Édouard VIII (lequel préféra l'amour d'une femme deux fois mariée et divorcée, ce qui était naturellement très mal vu par la société de l'époque; et en outre totalement contraire au protocole) et deviendra roi sous le nom de George VI. Souffrant d'une forme sévère de bégaiement, George VI devra se tourner vers un orthophoniste pour soigner son mal afin de pouvoir assurer pleinement ses fonctions (et ses obligations...) de souverain. Ou plutôt un thérapeute du langage aux méthodes peu ordinaires et au caractère bien trempé, peu impressionné par le fait que son patient - qui deviendra peu à peu son ami - soit prétendant à la couronne: Lionel Logue, australien d'origine et acteur raté de son état, qui a fait de sa vocation manquée une véritable institution du langage et de la parole. Si LE DISCOURS D'UN ROI touche autant, c'est peut-être parce qu'il est - bien au-delà de la simple évocation biographique, bien au-delà de la simple chronique historique - le portrait bouleversant d'un homme tourmenté et à fleur de peau, d'un homme en proie à ses démons et à ses blessures secrètes, et qui devra trouver au plus profond de lui-même le courage et la force d'affronter ses peurs, pour finalement accomplir la tâche dont il a été chargée. Un homme qui devra d'abord retrouver confiance en lui pour acquérir la confiance de ses pairs... et de son peuple. Sobre et plutôt classique, la mise en scène de Tom Hooper bénéficie d'une reconstitution très soignée et est en outre soutenue par la bande originale enchanteresse du compositeur français Alexandre Desplat (nominé aux Oscars), qui signe ici une partition inspirée, toute en délicatesse et en émotion contenue; et à laquelle viennent s'ajouter de grands morceaux de musique classique, parmi lesquels la fameuse Symphonie n°7 de Beethoven, qui semble n'avoir jamais été aussi belle que dans ce film. Les dialogues, parsemés d'un humour typiquement british des plus savoureux, rendent le propos d'autant plus intéressant et attrayant à suivre que le contexte historique de l'époque - si il peut dans un premier temps paraître complexe - est en fait très bien expliqué et retracé, sans pour autant que cela ne tourne à la leçon d'Histoire, donnant au contraire une valeur quasi documentaire au récit. La qualité exceptionnelle de l'interprétation (Colin Firth, Geoffrey Rush, Helena Bonham Carter, Guy Pearce...) ne fait qu'ajouter à la réussite incontestable de cette œuvre passionnée et passionnante, aux allures de classique instantané, qui s'avère également être une pertinente réflexion symbolique (presque métaphorique) sur la monarchie et, surtout, sur la force du langage et de la parole et, par dessus tout, sur le pouvoir de la communication. Réflexion qui atteint des sommets lors du flamboyant et tant attendu discours final qui donne son titre au film, magnifique de lyrisme et d'intensité, et qui laisse littéralement le spectateur pantois et... sans voix.



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